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LES CRISES PÉRIODIQUES
DE
SURPRODUCTION
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BIBLIOTHÈQUE GÉNÉRALE D'ÉCONOMIE POLITIQUE
LES
CRISES PÉRIODIQUES
DE
SIRPRODUCTIO.X
PAR
Albert AFTALION
Professeur à la Faculté de Droit de lUniversité de Lille
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TOME PREMIER .
Les variations périodiques des prix et des revenus Les théories dominantes
PARIS
LIBRAIRIE DES SCIENCES POLITIQUES ET SOCIALES ^ ^
Marcel RIVIÈRE et C'«
81, rue Jaeob et 1, rue Saint-Benoît
1913
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BIBLIOTHÈQUE QÊNÊRALE D'ÉCONOMIE POLITIQUE
LES
CRISES PÉRIODIQUES
DE
SIRPRODICTIO.X
PAR
Albert AFTALION
Professeur à la Faculté de Droit de 1 Université de Lille
TOME PREMIER •
Les variations périodiques des prix et des revenus Les théories dominantes
PARIS LIBRAIRIE DES SCIENCES POLITIQUES ET SOCIALES ^ / Marcel RIVIÈRE et C'« 1^V/(U
PREFACE
De tout temps l'humanité a connu ces perturbations de l'équilibre économique, ces états pathologiques de l'organisme social qu'on désigne du nom de crises. Mais c'est depuis une centaine d'années environ que se manifeste le phénomène des crises périodiques de surproduction. C'est ainsi que, pour ne pas remonter au delà du milieu du xix^ siècle, à des intervalles d'ail- leurs variables, ont successivement éclaté les crises de 1847, 1857, 1864-1866, 1873. 1881-1882, 1890, 1900, 1907. Quand la crise survient, les marchés semblent regorger de marchandises. Les prix s'effondrent. Les profits flé- chissent. Nombre d'entreprises sont acculées à la ruine. Nombre d'ouvriers se voient congédiés et réduits au chômage. Le mal ne se restreint pas à certaines indus- tries. L'ébranlement de l'organisme économique appa- raît général.
A mesure que l'attention du public et des économistes a été attirée sur ce sujet, son intérêt s'est révélé de plus
VI PREFACE
en plus considérable. On lui découvre chaque jour une plus grande ampleur.
Les premiers investigateurs du phénomène, frappés des désastres qui accompagnent la crise, ne considé- raient que la crise elle-même, la rupture violente de l'équilibre économique qui s'observe pendant un temps assez court. Ils négligeaient ce qui précède et ce qui suit. On sait aujourd'hui, grâce surtout à Juglar, que la crise est seulement un des moments d'un cycle entier qui se déroule périodiquement, le moment il est vrai le plus douloureux. Un rythme régulier fait succéder à une série d'années de prospérité, caractérisées par la hausse des prix, l'augmentation des revenus, la forte intensité de l'activité productrice, des années de dépres- sion où les prix restent avilis, où de lourds stocks pèsent sur le marché, où sévit le chômage du personnel ouvrier et du matériel des usines. La crise est le point d'intersection de ces deux périodes, le point où a lieu le passage de la prospérité à la dépression. Elle marque l'achèvement de l'une des phases et le début de l'autre. Elle accuse la cadence du rythme comme la rime fait pour le vers. Aussi ne saurait-on comprendre et expli- quer ce qui a lieu à la minute même de la crise sans avoir examiné l'ensemble du cycle: la prospérité qui prépare la crise, la dépression qui se traîne ensuite et qui achemine vers un retour des bonnes années. Quand la matière sera plus connue, on parlera moins des crises de surproduction et davantage des cycles écono- miques. Dans les travaux scientifiques, cette seconde expression tendra à se substituer à la première.
PREFACE VII
Gomme, à tout moment, on se trouve soit en période de prospérité, soit en période de dépression, l'étude de ce qu'on appellera dans cet ouvrage les fluctuations cycliques fmit donc par porter sur toutes les années qui s'écoulent. Il ne faudrait pas cependant aller jusqu'à penser qu'elle porte sur toutes les fluctuations qui s'efîectuent. Bien des oscillations n'ont rien de commun avec nos cycles. En particulier, existent ce qu'on dé- nommera les mouvements de longue durée, lesquels chevauchent à travers plusieurs cycles consécutifs. Le commerce extérieur progresse, on le verra, dans la pros- périté et se restreint dans la dépression. En même temps qu'il présente ces variations rythmiques, on devra dire qu'il bénéficie d'une augmentation de longue durée, tant que la comparaison des cycles successifs montre qu'à chaque prospérité et à chaque dépression ultérieure il atteint des chiffres plus élevés que dans le cycle pré- cédent. Ces oscillations de longue durée échappent par elles-mêmes à notre sujet. Elles ne l'intéressent que par linfluence qu'elles peuvent exercer sur les variations cycliques.
Le problème des- crises a gagné en étendue, non seu- lement quant au laps de temps auquel il se rapporte, mais encore quant au domaine qu'il embrasse.
Pendant longtemps on tendait à n'y voir qu'une des particularités du jeu du crédit et de la spéculation dans les sociétés modernes. Il suffit de jeter un coup d'œii sur la centaine de tableaux qui suivent, et auxquels on pourrait aisément adjoindre beaucoup d'autres, pour reconnaître combien la matière déborde au delà
/
VIII PREFACE
des limites où on l'avait tout d'abord enfermée. C'est toute la vie économique, dans ses aspects les plus di- vers, qui obéit aux fluctuations cycliques. C'est pour une foule innombrable de phénomènes que, dans les sphères les plus dissemblables de l'activité sociale et dans les contrées les plus différentes, se remarque le balancement de phases alternées.
Il faut proclamer ce que ce fait a de grandement, remarquable. Que malgré la complexité des relations économiques, qu'en dépit de la multiplicité des facteurs qui agissent en tous sens, se combinent, s'associent, se croisent ou se contrarient, on constate que tant de phé- nomènes, prix, salaires, intérêt, profits, chômage, coût, productivité, concentration, accidents du travail, pro duction, sociétés, outillage industriel, échanges, taux de l'escompte, portefeuille des banques, transports, commerce extérieur et une masse d'autres, que tant d'industries, industries métallurgiques, minières, tex- tiles, industries du bâtiment, des transports, et dans tant de pays, se laissent engager dans des oscillations rythmiques parallèles ou correspondantes, voilà qui. sans conteste est hautement instructif. Gomme on aura l'occasion de le répéter, comme on sera tenté de le redire à chaque page de ce travail, il doit y avoir peu de sujets qui offrent à l'observation une telle multitude de mouvements corrélatifs, qui prouvent aussi bien les mille liens noués entre les divers fragments du monde social, qui montrent aussi bien la possibilité de lois économiques, d'une science économique.
Je cède peut-être à la faiblesse commune aux auteurs
PREFACE IX
qui s'exagèrent l'importance de la matière qu'ils traitent. Mais il me semble qu'à cause de cette grande variété des faits entraînés dans des fluctuations cycliques, il est bien des questions économiques qu'on ne saurait comprendre dans leur plénitude ni expliquer de fa- çon satisfaisante sans tenir compte de ces fluctua- tions. Au lieu que les traités d'économie politique se bornent à consacrer aux crises un bref chapitre spécial, la considération des mouvements cycliques devrait en- trer dans l'élaboration de plusieurs parties de la science. Beaucoup d'entre elles recevraient de ce chef une lu- mière nouvelle (1).
Dans l'étude qui va suivre, on voudrait préciser les traits caractéristiques du phénomène des crises pério- diques, des cycles économiques. Et on voudrait surtout en chercher l'explication. La fin qu'on s'est proposée, plus explicative que descriptive, a commandé la mé- thode employée.
On a renoncé à tout exposé des crises successives. D'abord parce que l'histoire des crises a déjà fait l'objet
" (1) Notamment, la claire distinction des variations cycliques et des mouvements de longue durée donnerait la clef de maintes divergences d'opinions entre économistes. Elle permettrait de con- cilier, par exemple, certains des résultats contraires auxquels on arrive par l'usage de méthodes différentes, raisonnement déductif ou étude des faits, observation des tendances générales ou observa- tion du détail des variations. On verrait que l'une des opinions vaut pour les mouvements de longue durée et que l'autre s'attache au trouble que les fluctuations cycliques apportent au développement de la tendance générale. Quelques exemples de ces conciliations de thèses adverses seront signalés chemin faisant dans cet ouvrage. Mais il en est beaucoup d'autres.
PREFACE
de plusieurs ouvrages. Ensuite parce que cette histoire, dont on ne méconnaît pas le grand intérêt, qui est même indispensable pour la connaissance des faits spéciaux à chaque cycle, est moins utile pour la découverte de ce qu'il y a de commun aux divers cycles, de ce qui consti- tue leur ossature essentielle, ainsi que des facteurs qui les mènent. L'histoire nous présente nécessairement, pour chacun des cycles, un ensemble de faits hétéro- gènes étroitement entrelacés, d'où les phénomènes mo- teurs ne surgissent pas en pleine lumière. Et les cycles consécutifs étant formés par des amas complexes de traits dissemblables apparaissent malaisément compa- rables entre eux. Si l'historien prétend néanmoins mon- trer l'enchaînement des causes et des effets, on ne sait pas s'il ne s'est pas laissé abuser, s'il n'a pas érigé l'acci- dentel en loi, s'il n'a pas, d'après certains points qui par hasard l'ont davantage frappé, échafaudé une théorie imparfaite. Il a pu n'avoir remarqué dans les faits que ce qui confirmait ses vues et négligé le reste. Dans ses descriptions, par la manière dont il est porté à ordonner le sujet, par ce qu'il dit et par ce qu'il omet, il a pu n'avoir donné des choses qu'une représentation trom-^ peuse. On n'a pas la certitude de sa clairvoyance. On n'a nulle garantie qu'il n'ait pas imposé à la réalité des conceptions personnelles trop rapidement élaborées, totalement ou partiellement erronées.
Pour le but poursuivi ici, l'observation statistique est un guide plus précieux et plus sévère. La statistique a un pouvoir isolant qui la rend très suggestive. Elle sé- pare chacun des phénomènes de la masse des autres.
PREFACE XI
Elle permet de le suivre à travers les cycles successifs, d'apprendre comment il se comporte à chaque fois. Elle fait ressortir les traits qui se répètent et ceux qui ne sur- viennent qu'irrégulièrement. L'allure des divers phéno- mènes étant ainsi précisée, ils peuvent être confrontés les uns avec les autres. Les corrélations qui existent entre eux, leurs rapports de simultanéité, de dépendance peuvent être aisément aperçus. Lorsque la complexité du sujet l'exige, on peut même procéder à de sortes d'expériences, éliminer artificiellement l'action de cer- tains des facteurs possibles pour dégager l'action des autres agents. L'explication jaillit ainsi souvent d'elle- même.
S'il n'en est rien, les éléments de l'explication sont en tout cas fournis par la statistique. On peut alors recou- rir à la théorie économique, aux lois formulées par la science afln de parvenir à la solution des difficultés ou tout au moins de s'en rapprocher.
C'est à la statistique éclairée par la théorie écono- mique qu'on demandera donc, dans cet ouvrage, d'aider à l'élucidation du problème des crises. Mais pour l'étude statistique, on se bornera à des faits postérieurs au mi- lieu du XIX® siècle. Ce n'est guère que depuis cette époque qu'on dispose de documents assez nombreux et méritant quelque créance. En outre, il se peut bien que ce soit depuis lors que crises et cycles présentent nettement cer- tains de leurs traits actuels, un caractère plus industriel que commercial et aussi un caractère plus largement international.
En des articles parus, depuis 1908, dans la Revue
XII PREFACE
d'économie politique, dans la Revue économique inter- nationale et dans celle d'Histoire des doctrines écono- miques, j'avais déjà touché à certaines parties de la question traitée dans cet ouvrage. On retrouvera ici quelques-uns des développements déjà publiés, mais considérablement remaniés et fondus dans l'ensemble.
LIVRE I
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES
DES PRIX
CHAPITRE PREMIER Le rythme d'ensemble des prix
La crise consistant, selon la formule connue de Juglar, dans Tarrêt de la hausse des prix, c'est sur les fluctuations des prix que l'observation doit porter tout d'abord. Ce sont ces fluctuations qu'il faut avant tout connaître et qu'il faudra plus tard expliquer. Le problème des crises est principalement le problème des mouvements périodiques des prix.
Conformément à un plan auquel on s'efforcera de de- meurer fidèle dans les diverses parties de cet ouvrage, pour les prix comme pour les autres manifestations de l'activité économique, on essaiera en premier lieu de dégager les tendances générales, les tendances pour l'industrie considérée d'ensemble. On passera en second lieu à l'examen de ce qui concerne les industries particu- lières. On saura ainsi ce que sont les courants généraux et de quelles combinaisons de courants particuliers ils sont la résultante.
Pour les prix comme pour les autres phénomènes, on ne s'attachera le plus souvent qu'à la confrontation des moyennes annuelles. Il ne peut être question dans une
2 . LES GRISES PERIODIQUES DE SURPRODUCTION
matière aussi vaste et aussi complexe de suivre le détail des oscillations à l'intérieur d'une même année. On n'aura recours qu'exceptionnellement à des statistiques trimestrielles ou mensuelles. Le plus souvent, d'ailleurs, nous ne disposons que de statistiques annuelles (1).
SECTION PREMIERE
LES INDEX NUMBERS GÉNÉRAUX DES PRIX
Pour étudier les fluctuations de l'ensemble des prix nous possédons un instrument fort commode, trop connu pour qu'il soit utile de le décrire ici, les index numbers, nombreux surtout pour les variations des prix depuis le milieu du xix^ siècle.
(1) Mais il faut reconnaître que des statistiques annuelles ren- seignent mal sur les dates exactes d'un mouvement. Quand se ter- mine, par exemple, une période de hausse des prix, le prix moyen annuel le plus élevé peut être celui de l'année où a eu lieu l'arrêt de la hausse. Mais il peut être aussi celui de l'année précédente. Voici deux hypothèses possibles pour un arrêt de la hausse sur- venu dans le second semestre d'une année donnée, de l'année 1920. je suppose:
Années
1919..
1920
Prix
Prix moyen annuel
100 fr.
1" semestre 110 ^ 2« semestre 80 ^
95 fr.
Il
Années
1919. 1920
Prix
1"'' semestre 110 / 2* semestre 100 ^
Prix moyen annuel
100 fr.
105 fr.
Bien que dans les deux cas l'arrêt de la hausse ait lieu en 1920, le prix moyen annuel le plus élevé est, dans le premier cas, celui de 1919, et dans le second cas, celui de 1920.
Le prix moyen annuel renseigne donc mal sur l'année ou cesse la hausse, où commence la baisse. Quand, par la comparaison de chif- fres annuels relatifs à deux phénomènes, on prétend établir celui qui a le premier subi le changement constaté, on peut être ainsi aisé- ment entraîné à des erreurs. Une grande réserve est nécessaire dans ces confrontations de dates, destinées à établir l'antériorité ou la postériorité entre phénomènes.
LES OSCILLATIONS PERIODIQUES DES PRIX 3
IjU plupart des index numbers ont été dressés d'après les prix des mêmes catég-ories de marchandises, d'après les prix des denrées agricoles et des matières brutes- G'est qu'en effet on possède sur les prix de ces produits des renseignements assez copieux. Il s'agit là de mar- chandises susceptibles d'être classées en types, en qua- lités assez déterminées, qui par suite peuvent devenir l'objet d'une cote dans les Bourses de Commerce ou d'évaluations dans certaines publications officielles. En France, par exemple, pour plusieurs articles de cette nature, nous avons d'une part les cours cotés dans les Bourses et d'autre part des évaluations du prix moyen annuel dans des publications telles que celles qui sont dues à la Commission des valeurs de douane, ou telles que les Statistiques de l'Industrie minérale ou les Statistiques du Ministère de l'Agriculture.
Il ne faut pas s'exagérer la confiance qu'il convient d'avoir à l'égard des Index numbers. Je n'entends pas discuter les procédés de calcul grâce auxquels ils sont établis. Mes réserves portent plus loin.
Ni les prix moyens annuels dressés d'après les cours cotés sur les marchés, ni ceux qui résultent d'évaluations officielles ne correspondent tout à fait fidèlement à la réalité, aux prix moyens effectivement payés dans les transactions commerciales. Lorsqu'il s'a^t d'évaluations, malgré la compétence des personnes dont elles émanent, comme ces évaluations portent sur le prix moyen de l'année, entité assez difficile à préciser, des erreurs sont toujours possibles. Le désaccord avec les faits est encore plus grand lorsque le prix moyen de l'année est établi pau" la moyenne des cours cotés dans les Bourses ou Marchés. Il se peut, par exemple, que la plus grande partie de la marchandise ait été vendue dans les deux premiers mois de l'année à des prix fort bas, et qu'un relèvement des cours, survenu pendant les dix autres mois, n'ait rehaussé le prix que d'une faible portion de la
4 LES CRISES PERIODIQUES DE SURPRODUCTION
quantité vendue dans l'année. Le prix annuel indiqué par la moyenne arithmétique des cours sera donc plus élevé que le prix moyen effectif payé par les acheteurs. 11 se peut en outre, pour des marchandises au sujet desquelles la spéculation est très vive, que les cours officiels très influencés par cette spéculation, relative surtout à des marchés fictifs, s'écartent assez sensiblement des prix moyens payés pour les marchés réels (1).
L'exactitude de nos sources n'est donc qu'approxima- tive. Assurément, quand les chiffres qu'on nous donne in- diquent un mouvement ascendant ou descendant des prix pendant quelques années, Vexistence du mouvement est indéniable. Mais lorsqu'on veut savoir davantage, on opère sur un terrain moins sûr. Souvent il faut douter que nous connaissions avec une absolue certitude ni le point de départ précis de ce mouvement ni son intensité réelle (2). Une grande prudence s'impose ainsi à l'éco- nomiste dans l'usage qu'il fait des index numbers et aussi des données qui ont servi à leur établissement.
En outre, les index numbers généraux n'étant, sauf quelques exceptions, dressés que d'après les prix des den- rées agricoles et des matières brutes ne reflètent aucune- ment les oscillations des prix des produits fabriqués. Il faut donc faire des réserves sur leur capacité de témoi- gner de l'état général des prix des marchandises.
Sauf à corriger plus tard certaines inductions aux-
(1) Cf. Rapport de la Commission des valeurs de douane pour 1901, p. 134 : 'I Les cours sont le plus souvent établis par des considéra- tions étrangères à la loi naturelle de l'offre et de la demande..., les prix apparents qui en résultent sont généralement inexacts. » — (Je signale ici, une fois pour toutes, que les Rapports de cette Commis- sion, qui seront souvent cités dans cette étude, paraissent dans les Annales du Commerce extérieur de l'année suivante. Le Rapport pour 1901 a donc paru dans les Annales de 1902.)
(2) Cf. Rapport de la Commission des valeurs de douane pour 1907, p. 180 : " Voici un aperçu des cours officiels... Les transactions réellement pratiquées ont présenté un peu moins de variations. »
LES OSCILLATIONS PERIODIQUES DES PRIX 5
quelles les index numbers généraux des prix nous auront conduit, c'est cependant à ces index qu'il faut nous atta- cher pour une vue d'ensemble sur les mouvements des prix. On trouvera dans le tableau I, inséré en appendice à ce chapitre, des index numbers choisis parmi les plus réputés pour les prix en Angleterre, en France, en Alle- magne, aux Etats-Unis, depuis le milieu du xix^ siècle environ. On a mis en italiques les prix en baisse. Dans les tableaux qui seront donnés tout au cours de cette étude, les chiffres en italiques seront relatifs aux années de dépression.
SECTION II
PÉRIODICITÉ DES CYCLES ET DES CRISES
§ 1. — Les oscillations rythmiques des prix et les mouvements de longue durée
L'observation des chiffres du tableau 1 révèle dans les fluctuations des prix certains faits qui se répètent identi- ques avec une grande régularité, d'autres qui surviennent assez fréquemment mais sans une parfaite constance, d'autres enfin qui sont fort variables.
Le phénomène le plus constant c'est l'alternance de quelques années de hausse des prix avec quelques années de baisse. L'aspect typographique de notre tableau, oii les prix en baisse sont en italiques, fait ressortir au pre- mier coup d'œil l'existence de ce rythme des prix. A une série d'années, qui constituent ce qu'on appelle la période de prospérité, où l'écoulement des marchandises s'effectue à des prix élevés et fort rémunérateurs, succèdent les années qui constituent la période de dépression, où la vente ne se fait qu'à des prix fort réduits. Les deux phases alternées forment ensemble un cycle. La répétition de ces cycles permet de les considérer comme des cycles pério- diques. C'est déjà ici le principal exemple de cette pério-
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#i^*y*v
6 LES GRISES PERIODIQUES DE SURPRODUCTION
dicité remarquable des mouvements économiques dont on trouvera par la suite de multiples illustrations.
Comme la régularité dans les oscillations des prix est assez grande, comme les prix, en dépit de quelques excep- tions, ont assez fréquemment, d'une part, une allure ascendante jusqu'à un maximum où cesse la hausse et, d'autre part, une allure descendante jusqu'à un minim.um< où cette chute s'arrête, il suffirait, pour résumer les don- nées du tableau I, d'indiquer seulement la succession des années de prix maxùna et minima. Afin de ne pas trop encombrer cet ouvrage de chiffres qu'on trouvera aisément dans les publications spéciales (1). on se contentera très souvent, pour noter des fluctuations périodiques, d'indi- quer les maxim,a et les minim^a. Maxima et minima sont ainsi aux deux tournants du cycle périodique, en consti- tuent comme les deux pôles. Les prix maxima sont au terme de la prospérité, au seuil de la dépression. Les prix minima signalent la fin de la dépression, le retour de la prospérité.
Dans le tableau II on indique ces fluctuations cycliques des prix d'après les maxima et minima successifs des index numbers des prix de M. Sauerbeck. Ce sont les minima qui, survenant dans la dépression, sont mis en italiques.
En outre de ces fluctuations cycliques des prix, le tableau I nous apprend l'existence de ce que nous avons convenu de dénommer des fluctuations de longue durée, mouvements plus amples qui s'étendent sur plusieurs cycles. Ces mouvements ne nous intéressent pas direc- tement dans cette étude consacrée aux seules oscillations cycliques. Il ne faut pas cependant les négliger parce que,
(1) Voir en particulier les tableaux et aussi les développements qui les accompagnent, dans les deux articles de M. March, sur le mouvement des prix. etc. (Bulletin de la Statistique générale de la France, octobre 1911 et janvier 1912.)
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LES OSCaLLATICNS PERIODIQUES DES PRIX
par leur combinaison avec les variations cycliques, ils peuvent influencer leur allure.
Fluctuations de longue durée des prix et fluctuations cycliques s'entrelacent dans notre tableau I. Pour mettre en évidence les premières, il faut faire abstraction des secondes. On le peut, par exemple, en considérant succes- sivement les maxima de chaque cycle ou encore les mi- nima. C'est ce qu'on fait dans le tableau II, donné en appendice à ce chapitre, au moyen des index numbers de M. Sauerbeck relatifs à l'Angleterre. On constate ainsi un mouvement de hausse de longue durée, qui va dur milieu du siècle à 1873. Presque chaque fois dans cet inter- valle, maxima et minima de chaque cycle sont supérieurs aux maxima et minima du cycle précédent. La tendance de longue durée consiste donc bien dans la hausse des prix. De 1873 à 1896 c'est, au contraire, une baisse de longue durée. Depuis 1896 a commencé une troisième grande période, une période de hausse dans laquelle nous sommes encore eng-agés présentement.
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§2. — La place des crises dans les mouvements rythmiques des prix
Pour revenir aux phénomènes cycliques, un second fait dont témoigne notre tableau I, fait assez constant, mais qui souffre quelques exceptions, c'est que la crise se place à l'intersection de la période de hausse des prix qui s'achève et de la période de baisse qui va commencer. La crise, en effet, comme il a été dit, est le point d'intersec- tion entre la phase de prospérité et la phase de dépression qui suit. On devait donc penser que les crises coïncident avec le moment oîi. sur notre tableau, se termine la série des années de hausse des prix et où débute la série des années de baisse. Prospérité et période d'ascension des prix, dépression et période de déclin des prix devraient correspondre exactement.
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6 LES GRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
dicité remarquable des mouvements économiques dont on trouvera par la suite de multiples illustrations.
Comme la régularité dans les oscillations des prix est assez grande, comme les prix, en dépit de quelques excep- tions, ont assez fréquemment, d'une part, une allure ascendante jusqu'à un maximum où cesse la hausse et, d'autre part, une allure descendante jusqu'à un minim,um où cette chute s'arrête, il suffirait, pour résumer les don- nées du tableau I, d'indiquer seulement la succession des années de prix m.axima et m,inima. Afin de ne pas trop encombrer cet ouvrage de chiffres qu'on trouvera aisément dans les publications spéciales (1), on se contentera très souvent, pour noter des fluctuations périodiques, d'indi- quer les m.axim,a et les minim,a. Maxima et minima sont ainsi aux deux tournants du cycle périodique, en consti- tuent comme les deux pôles. Les prix maxima sont au terme de la prospérité, au seuil de la dépression. Les prix minima signalent la fin de la dépression, le retour de la prospérité.
Dans le tableau II on indique ces fluctuations cycliques des prix d'après les maxima et minima successifs des index numbers des prix de M. Sauerbeck. Ce sont les minima qui, survenant dans la dépression, sont mis en italiques.
En outre de ces fluctuations cycliques des prix, le tableau I nous apprend l'existence de ce que nous avons convenu de dénommer des fluctuations de longue durée, mouvements plus amples qui s'étendent sur plusieurs cycles. Ces mouvements ne nous intéressent pas direc- tement dans cette étude consacrée aux seules oscillations cycliques. Il ne faut pas cependant les négliger parce que.
(1) Voir en particulier les tableaux et aussi les développements qui les accompagnent, dans les deux articles de M. March. sur le mouvement des prix. etc. 'Bulletin de la Statistique générale de la France, octobre 1911 et janvier 1912.)
LES OSCILLATIONS PERIODIQUES DES PRIX 7
par leur combinaison avec les variations cycliques, ils peuvent influencer leur allure.
Fluctuations de longue durée des prix et fluctuations cycliques s'entrelacent dans notre tableau I. Pour mettre en évidence les premières, il faut faire abstraction des secondes. On le peut, par exemple, en considérant succes- sivement les maxima de chaque cycle ou encore les mi- nima. C'est ce qu'on fait dans le tableau II, donné en appendice à ce chapitre, au moyen des index numbers de M. Sauerbeck relatifs à l'Angleterre. On constate ainsi un mouvement de hausse de longue durée, qui va du» milieu du siècle à 187.3. Presque chaque fois dans cet inter- valle, maxima et minima de chaque cycle sont supérieurs aux maxima et minima du cycle précédent. La tendance de longue durée consiste donc bien dans la hausse des prix. De 1873 à 1896 c'est, au contraire, une baisse de longue durée. Depuis 1896 a commencé une troisième grande période, une période de hausse dans laquelle nous sommes encore engagés présentement.
§ 2. — La place des crises dans les mouvements rythmiques des prix
Pour revenir aux phénomènes cycliques, un second fait dont témoigne notre tableau I, fait assez constant, mais qui souffre quelques exceptions, c'est que la crise se place à l'intersection de la période de hausse des prix qui s'achève et de la période de baisse qui va commencer. La crise, en effet, comme il a été dit, est le point d'intersec- tion entre la phase de prospérité et la phase de dépression qui suit. On devait donc penser que les crises coïncident avec le moment où, sur notre tableau, se termine la série des années de hausse des prix et oi^i débute la série des années de baisse. Prospérité et période d'ascension des prix, dépression et période de déclin des prix devraient correspondre exactement.
8 LES CRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
Or, les historiens des crises, en s'aidant non seulement des index numbers généraux des prix, mais des autres indices dont il sera parlé au cours de cet ouvrage et aussi de ces manifestations retentissantes de la crise que cons- tituent les grosses faillites, les débâcles financières, ont pu nous apprendre, on le sait, que, depuis le milieu environ du xix*" siècle, les crises sont survenues en 1847, 1857, 1864 ou 1866, 1873, 1881-1882, 1890-1891, 1900, 1907. Est-ce bien à ces dates que s'arrête la hausse des prix ?
Si on se reporte à notre tableau, on voit qu'effective- ment, en général, ces années-là sont bien à Tintersection des périodes d'ascension et de baisse des prix. En général aussi, la dernière année de la hausse des prix, l'année des prix maxima, a été l'année de la crise : la hausse des pre- miers mois de l'année antérieure à la crise a fait plus que compensation à la chute des cours qui s'est dessinée dans les mois postérieurs à la crise, d'autant plus aisément que les crises ont le plus souvent éclaté vers l'automne.
Mais pour deux crises sur huit, la crise ne coïncide pas nettement avec l'arrêt de la hausse des prix.
On trouve comme dernière année d'une période de pro- gression des prix l'année 1864, ou encore, dans certains des index numbers de notre tableau, les années 1863 et 1865. Mais les prix, après avoir baissé ensuite une année ou deux, se relèvent en 1866 pour ne fléchir définitive- ment qu'après 1866 ou 1867. A quel moment ont donc eu lieu l'arrêt de la hausse des prix et la crise ?
Dans un autre cycle, l'année 1880, unique année de hausse, est déjà suivie de la baisse en 1881. Mais on nous déclare que la crise n'est survenue qu'en 1881 ou 1882. Que faut-il penser de ces faits ?
On peut se demander si ces exceptions à la règle de la simultanéité de la crise et de l'arrêt de la hausse des prix ne sont pas apparentes. Peut-être tiennent-elles seulement à l'imperfection déjà signalée des index numbers géné- raux comme indicateurs des mouvements des prix. L'im-
LES OSCILLATIONS PERIODIQUES DES PRIX 9
perfection est d"aiitaiit plus à craindre en notre matière que ces index numbers sont fortement intluencés par les variations des prix des objets d'alimentation et que ces objets, comme on le verra, ne participent que très irré- gulièrement aux fluctuations cycliques.
Il se peut cependant que les exceptions observées cons- tituent bien l'expression exacte des faits. Autour des fac- teurs essentiels des cycles se meuvent des facteurs acci- dentels qui peuvent réussir à masquer ou déformer leur développement normal.
Peut-être bien, par exemple, au lieu d'une crise très nette en 1864 ou en 1866, a-t-on eu deux crises successives : une demi-crise, une crise avortée en 1864, une crise ne présentant que certains des caractères de la crise, et une crise complémentaire, définitive en 1866. Il s'agit là d'une simple hypothèse que d'autres singularités, qui seront notées ultérieurement, viennent rendre moins invraisem- blable.
Pour ce qui est de la crise de 1882, il se pourrait que comme on se trouvait alors pendant une période de baisse des prix « de longue durée »,la hausse des cours n'ait guère pu se maintenir que pendant une année, pendant l'année 1880. L'année qui suit, les prix baissent; mais comme la baisse reste modérée, il n'est pas encore question d'une crise: les prix demeurent rémunérateurs ; on traverse seu- lement une phase de prospérité modeste. La dépression n'est nettement caractérisée qu'en 1883 ou 1884. oiî se constate une chute des prix beaucoup plus accusée.
Aux Etats-L^nis aussi, les crises spéciales à ce pays sur- venues en 1893 et 1903 présentent des particularités ana- logues.
Pour celle de 1893 c'est, comme pour la crise interna- tionale de 1882, une première baisse, baisse légère des prix en 1890, suivie d'une baisse plus accentuée après 1893, année où se déclare la crise américaine.
Pour celle de 1903, c'est, comme pour la crise interna-
10 LES CRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
tionale de 1864-1866, une première baisse en 1901, suivie d'une courte reprise aboutissant à la crise de 1903.
Vraisemblablement, ici, la première chute des prix est due à la crise internationale, qui n'a cependant pas été suffisante pour ébranler la prospérité américaine. Celle-ci a continué jusqu'à une seconde baisse constitutive de la crise particulière aux Etats-Unis.
Ces exemples de deux baisses de prix ou de deux crises consécutives, dont la seconde est réellement la crise, doi- vent peut-être faire admettre la possibilité de certaines exceptions à la formule de Juglar, que la crise consiste dans l'arrêt de la hausse des prix. En des cas, d'ailleurs assez rares, il est possible que se produise une première baisse, baisse modérée des prix, qui n'entame pas forte- ment les profits. La crise ne surviendrait véritablement que plus tard, avec une chute nouvelle et plus prononcée des prix.
Il reste, néanmoins, que la formule de Jug-lar demeure vraie pour la plupart des crises et que, quand la crise ne coïncide pas strictement avec l'arrêt de la hausse, elle coïncide avec un fléchissement des prix. On pourra con- tinuer à considérer comme quasi équivalentes les expres- sions de périodes de prospérité et de hausse des prix, de dépression et de baisse des prix.
§ 3. — L'acuité des crises
Si la crise n'est qu'un des instants du cycle périodique, si elle n'est qu'une des scènes de tout le drame industriel, on conçoit fort bien que cette scène attire à elle toute l'at- tention, concentre sur elle l'intérêt passionné des specta- teurs au point d'avoir masqué pendant longtemps aux yeux des économistes le reste du processus d'ensemble. La crise est, en effet, le moment le plus pathétique du cycle, à cause du lamentable cortège de désastres de toutes sortes dont elle s'accompagne. Encore aujourd'hui,
LES OSCILLATIONS PERIODIQUES DES PRIX 11
ce sont ces redoutables et multiples perturbations, déclen- chées par la crise, qui font l'importance du problème. C'est principalement afin de comprendre et d'expliquer les crises, qu'on aborde l'étude des cycles économiques.
D'après certains esprits même, il ne de\Tait être question de crise que lorsque a lieu ce profond détraque- ijient de l'organisme économique. Tout passage de la pros- périté à la dépression, de la hausse à la baisse des prix, ne constituerait pas par lui-même une crise. Il n'y aurait crise que si ce passage se fait en tourmente, déchaînant paniques, krachs, faillites, amoncelant les ruines.
De fait, la plupart des crises ont bien eu ce caractère de violence dont on voudrait faire leur élément essentiel. Notre tableau I fait entrevoir la gravité des répercussions que dou entraîner la volte-face de l'allure des prix au moment de la crise, à cause du caractère souvent très ac- centué alors de l'effondrement des cours. L'écart des prix entre la dernière année de hausse et la première année de baisse est d'ordinaire considérable. Très fréquemment aussi il dépasse de beaucoup l'écart des prix entre les diverses années de baisse qui viennent ensuite.
Qu'on observe, par exemple, ce qu'indiquent les index numbers de Sauerbeck. Pour la crise de 1847. les index numbers accusent, de 1847 à 1848. un grand abaissement des cours, une chut« de 17 points, bien plus profonde que celle de quatre points qui a eu lieu l'année suivante. Pour la crise de 1857, la perte en 1858 est de 14 points. Elle est encore de 9 points pour la première année de la dépres- sion qui suit la crise de 187.3. de cinq points pour celle qui suit la crise de 1900, de sept points pour celle qui suit la crise de 1907.
On doit cependant reconnaître que déjà, en ce qui con-. cerne ces cinq crises, l'importance de l'avilissement de?, prix pour les crises plus récentes est moindre que pour .les crises plus anciennes. De plus, pour les trois autres crises, pour celles de 1864-1866, 1882, 1890. nous ne trou-
12 LES CRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
VOUS dans la première année de la dépression qu'un flé- chissement modéré des cours de deux à quatre points.
Sans doute, on peut encore accuser l'imperfection des index numbers généraux et penser que des index relatifs aux seuls produits industriels accuseraient des diminu- tions de prix plus frappantes.
Mais, sous réserve de rectifications possibles plus tard, on ne voit pas pourquoi certains au moins de nos chiffres ne correspondraient pas à la réalité et pourquoi certaines crises ne comporteraient pas des baisses de prix assez modiques. Suivant les cas, suivant les circonstances par- ticulières à chaque cycle, la pente par oii s'effectue le passage de la prospérité à la dépression peut descendre plus ou moins vite. Le plus souvent, cette pente est très in- clinée. Parfois cependant, les transitions peuvent être plus, ménagées. On doit donc tenir la violence de la crise pour un phénomène très fréquent, mais non pas pour un élé- ment nécessaire, essentiel, constitutif des cycles. En omet- tant la crise de 1864-1866, à cause de ce qu'elle a d'un peu obscur, il semble bien que les crises de 1882, de 1890 aient été peu accentuées (1). En 1900 et 1907, c'est un certain retour de la crise violente qui ne nous ramène pas cepen- dant aux profonds effondrements des cours que présen- tèrent les crises anciennes de 1847 ou 1857.
Si tels paraissent les faits, il importe de n'attacher que peu d'importance à la terminologie à adopter. Pour ma part, je me range du côté de ceux qui qualifient de crise tout passage de la prospérité à la dépression. Et avec les mêmes économistes, j'appellerai crise aiguë l'ensemble de perturbations auxquelles certains voudraient réserver la dénomination de crise. Ce sont les crises, au sens que je donne à ce mot, qu'on entend étudier dans cet ouvrage, et non pas uniquement les crises aiguës. De cette façon
(1) Cf. Tugan Baranowsky. Studien zur Théorie und Geschichte der Handelskrisen in England 1901, p. 149 et s.
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX 13
seulement, il est possible de parler de crises périodiques. Cette expression ne peut être employée par ceux qui ne veulent reconnaître d'autres crises que les crises aiguës, puisque quelques-unes des crises périodiques n'ont pas été des crises aiguës.
§ 4. — La durée des cycles et des phases alternées
Si l'acuité de la crise constitue une caractéristique très fréquente bien que non constante du phénomène observé, la durée des cycles et des phases alternées n'est plus qu'un fait fort variable.
Certaines périodes de hausse ou de baisse des prix ont été passablement longues. Ainsi, d'après les index num- bers de M. Sauerbeck, la période de hausse qui a abouti à la crise de 1857 a duré huit ans. Celle qui a conduit à la crise de 1864 a duré six ans. De même les périodes dv baisse qui ont commencé après 1873, 1880, 1890 se sont prolongées pendant six et sept ans.
D'autres périodes ont été, au contraire, fort courtes et comme étranglées. Ainsi la hausse de 1880 s'est réduite à une seule année. De même la baisse n'a duré qu'une année en 1858, en 1908.
Il est vrai que dans certains des index numbers des prix autres que ceux de M. Sauerbeck on trouve parfois pour ces dernières phases des temps un peu plus longs. Il est vrai aussi que l'influence exercée sur les index num- bers généraux des prix par les prix des denrées alimen- taires a pu avoir déterminé, pour la moyenne générale des prix, des périodes plus longues ou plus courtes que ne l'ont été en fait les périodes relatives aux seuls prix des produits industriels. Mais l'inégale durée des phases des cycles demeure indéniable.
Il en est par suite de même pour les cycles entiers. L'in- tervalle entre deux crises consécutives, par exemple, a varié entre sept et dix ans.
14 LES GRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
Si on calcule la durée moyenne des cycles et des phases alternées, on trouve, d'après les index numbers de M. Sauerbeck, de 1849 à 1908, un j>eu plus de quatre ans par phase de hausse et de baisse, un peu plus de huit ans par cycle.
Il ne s'agit là que de moyennes. Pour chaque cycle inter- viennent \Taisemblablement, à côté de facteurs essentiels et identiques, des facteurs secondaires, particuliers, mo- biles, qui prolongent ou abrègent la durée des périodes successives. Un de ces facteurs de différenciation nous est déjà connu. C'est le mouvement des prix de longue durée et sa combinaison avec les mouvements cycliques.
A la hausse des prix de longue durée qui s'est étendue de 1849 à 1873 et à celle qui, ayant débuté en 1896, persiste encore présentement, sont dues, sans doute, les longues hausses cycliques et les courtes baisses cycliques qui viennent d'être signalées. A la baisse des prix de longue durée qui s'est étendue entre 1873 et 1896 sont peut-être dues de même les longues baisses cycliques et les courtes hausses cycliques indiquées plus haut.
Si on calcule les moyennes pour les phases cycliques à l'intérieur des périodes de longue durée, au lieu de la moyenne générale de quatre ans obtenue précédemment, on arrive à six et à deux ans par phase alternée, d'après les index numbers de M. Sauerbeck. Mais dans la période de baisse de longue durée, de 1873 à 1896, c'est six ans par phase cyclique de baisse et deux ans par phase cyclique de hausse. Dans les deux périodes de hausse de longue durée considérées ensemble, de 1849 à 1873, et de 1896 à 1908, c'est, au contraire, six ans par phase cyclique de hausse et deux ans par phase cyclique de baisse. Le mouvement de longue durée prolonge le mouvement cyclique qui s'ef- fectue dans le même sens et écourte le mouvement cycli- que qui s'effectue dans le sens contraire.
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX Vo
§ 5. — L'intensité des oscillations cycliques
Même variabilité pour ce qui est de Vintensité des oscil- lations cycliques des prix, de l'importance de la hausse ou de la baisse pour chacune des phases. Pour apprécier cette intensité des mouvements, au sujet des prix comme d'autres phénomènes, on observera d'ordinaire au cours de cet ouvrag-e la différence entre le minimum et le maximum qui suit, entre le maximum et le minimum postérieur. Si on procède ainsi pour les index numbers généraux des prix portés sur notre tableau IL on constate facilement l'existence de fluctuations cycliques très accusées, à côté d'autres qui le sont fort peu. On découvre aussi l'in- fluence des mouvements de longue durée sur les oscil- lations cycliques. En période de longue durée de hausse, ce sont des hausses cycliques très accusées comme celles qui s'achèvent en 1857, en 1873. en 1900, en 1907, et des baisses cycliques peu marquées comme celles qui ont suivi les crises de 1864-1866, 1900. 1907. En période de longue durée de baisse, ce sont des hausses cycliques fort modiques comme celles de 1880. comme celle qui précède la crise de 1890 et des chutes de prix très profondes comme celles qui ont suivi les maxima de 1873, 1880.
Le calcul de l'intensité moyenne des oscillations (1) montre d'après les index numbers de M. Sauerbeck, de 1847 à 1908, une hausse moyenne des prix de 17 p. 100 par période de prospérité et une baisse moyenne de 16 p. 100 par période de dépression. En moyenne, les prix se sont élevés par phase de prospérité comme de 100 à 117. Ils ont fléchi par phase de dépression com.me de 100 à 84.
(1) Voici comment je calcule et comment je calculerai dans des cas analogues, qu'il s'agisse de prix, de production, de salaires, de
16
LES CRISES PERIODIQUES DE SURPRODUCTION
§ 6. — Le degré de continuité des oscillations cycliques
Le degré de constance dans l'allure des prix à l'intérieur de chacune des phases des cycles, ce que j'appellerais le degré de continuité des mouvements, change aussi d'un cycle à un autre. Jamais la continuité n'est absolue dans l'intensité des mouvements. J'entends par là que jamais, à l'intérieur d'aucune des phases, on ne constate que d'une année à l'autre les prix progressent ou déclinent dans des proportions identiques. On a déjà noté qu'en général, pen- dant la dépression, la chute est très violente la première année et beaucoup moins profonde les années suivantes. Dans la prospérité aussi la courbe ascendante des prix ne conserve pas une allure uniforme, mais monte, suivant les années, de façon plus ou moins accentuée. Parfois, la
proflts,pour évaluer l'intensité des fluctuations, la hausse ou la baisse moyenne. Je me sers ci-dessous des index numbers de M. Sauerbeck. I. — Calcul de la hausse moyenne II. — Calcul de la baisse moyenne
Index numbers minima
nnees 4849
U58
4870
4879
1887
4896
4903
74 91 96 83 68 61 69
Maxima Hausses ultérieurs successives
Années
1857
1864 1873 1880 1891 1900 1907
|
105 |
31 |
|
105 |
14 |
|
111 |
15 |
|
88 |
5 |
|
72 |
4 |
|
75 |
14 |
|
80 |
11 |
Tôt. 542
94
Les hausses totales ayant été de 94 par rapport à un total des index minima de 542, la moyenne des hausses est de
94 " ' '^ 1 ^i ' I »1 J il : •
= 17 p. 100." ■ ■
542
Index maxima
Minima Baisses ultérieurs successives
Années
1847
1857
1864
1873
1880
1891
1900
1907
95
105 105 111
88 72 75 80
Anni'-ps 1849 1858 1870 1879 1887 1896 1903 1908
74 91 96 83 68 61 69 73
21
14
9
28
20
11
6
7
Tôt. 721
116
Un total de baisses de 116 par rapport à im total des index maxima di^ 721. fait ressortir la moyenne des baisses à
116 721
= 16 p. 100.
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX 17
continuité n'existe même pas dans la direction du mouve- ment. Une année de baisse légère vient par exemple s'in- tercaler entre des années de hausse. Suivant les cycles, ces irrégularités sont plus ou moins nombreuses.
§ 7. — Les traits spéciaux à chaque cycle. La difficulté
des prévisions
Il résulte de ces diverses observations que le seul trait constant dégagé jusqu'ici, d'après l'examen des index numbers des prix, c'est la périodicité des cycles et des crises. Mais chacun des cycles a sa physionomie propre. Qu'il s'agisse du degré de violence de la crise, de la durée, de l'intensité des oscillations alternées, de leur plus ou moins grande continuité, chacun des cycles présente cer- taines particularités qui le différencient de ceux qui le précèdent et le suivent. L'explication de ce que chaque cycle a de spécial n'entre pas dans le plan de cette étude. On recherchera seulement les causes de ce qu'il y a en eux d'identique ou du moins d'assez constant.
Mais il faut noter que ce sont ces dissemblances entre cycles qui rendent si malaisées les prévisions en notre sujet. On ne peut certes prédire à coup sûr la date de la crise prochaine d'après les dates des crises anciennes. On ne peut non plus, d'après l'intensité des hausses des prix antérieures, prédire le niveau que pourra atteindre la hausse présente ou future avant de s'arrêter et de céder la place à la crise. On doit se borner à émettre des hypothèses. Au moyen de certains procédés empiriques, en se basant sur la durée, d'une part, sur l'intensité, d'autre part, des fluctuations écoulées les plus récentes, en tenant compte aussi de la direction et de l'allure du mouvement de longue durée que l'on traverse, en s'attachant, non pas seulement à l'observation des index numbers généraux des prix, mais encore à celle de tous les autres phénomènes qui seront étudiés dans la suite de cet ou\Tage, en prenant en consi-
18 LES GRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
dération enfin les quelques circonstances particulières au cycle oîi on se trouve qui sont bien manifestes, on peut se hasarder à des pronostics. Le succès de certains de ces pronostics est possible grâce au hasard qui finit bien par favoriser quelques-uns d'entre eux, grâce encore si on veut à la perspicacité personnelle de ceux dont ils éma- nent. Mais les prévisions permises ne sauraient prétendre à la certitude de vérités fondées sur des données scienti- fiques incontestables.
SECTION III
LA GÉNÉRALITÉ DU RYTHME DES PRIX
La généralité des fluctuations des prix, spécialement la généralité de la baisse au moment de la crise, l'instant le plus intéressant du cycle, résulte tout naturellement du caractère général des index numbers des prix dont il a été fait usage.
Généralité cependant ne signifie pas universalité. Il serait bien extraordinaire, avec la grande diversité des produits qui servent à l'établissement des index numbers, que tous dussent passer uniformément et simultanément par les mêmes variations. Bien que je n'aborde pas encore l'examen des prix des diverses catégories de marchan- dises, je puis dire que si on jette un coup d'oeil sur les tableaux des prix individuels à l'aide desquels ont été dressés les index numbers généraux, on découvre rapide- ment cette absence d'universalité dans les fluctuations. Le prix de chaque marchandise a son histoire propre qui ne se confond qu'à certains égards avec l'histoire générale des prix. En outre, certaines des marchandises se particula- risent à ce sujet beaucoup plus que les autres.
En pointant par exemple pour les diverses marchan- dises ce qui a lieu dans les quatre seuls cas oii, d'après les index numbers généraux de M. March, la chute des prix se manifeste avec une grande netteté la première année de la dépression, c'est-à-dire ce qui a lieu l'année
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX 19
qui suit les crises de 1857. 1873, 1900, 1907, on a établi le tableau III donné en appendice à ce chapitre. On constate que pour les métaux il n'y a pour ainsi dire pas d'excep- tion à la participation à la baisse générale des prix la première année de la dépression. Les exceptions restent encore rares pour les matières textiles. Elles deviennent très fréquentes pour les objets d'alimentation. Pour l'en- semble des marchandises qui comprend encore d'autres produits divers, on trouve que les trois cinquièmes des articles, les 61 p. 100, ont été entraînés dans la chute gé- nérale des prix déclenchée par la crise. Les prix de 13 p. 100 des marchandises sont demeurés immobiles. Les prix de 26 p. 100, du quart des produits, ont même marqué une hausse.
Ici. comme dans tout ce qui suivra, quand on parle de- là généralité d'un mouvement, on entend déclarer que nombre de courants particuliers s'orientent dans une di- rection déterminée sans que ceux qui s'orientent peut- être dans une direction contraire réussissent à faire com- pensation.
SECTION IV
LE CARACTÈRE INTERNATIONAL DU RYTHME DES PRIX
A la périodicité des cycles et des crises, à leur assez large généralité, s'ajoute une troisième grande caractéris- tique, leur allure internationale.
Que les cycles se déroulent et que les crises éclatent à peu près simultanément dans un certain nombre de grands pays, c'est ce qui résulte bien des index numbers relatifs à la France, à l'Angleterre, à l'Allemagne, aux Etats-Unis portés sur notre tableau I. Pour certains de ces index numbers, il s'agit, il est vrai, du prix des articles importés et non pas du prix coté sur les marchés inté- rieurs. Mais les prix des articles importés, ce sont les prix sur le marché international. Le caractère interna- tional des fluctuations cycliques reste toujours avéré.
20 LES CRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
Pour les index nupabers autres que ceux de M. Sauer- beck, j'ai reproduit les nombres tels qu'ils sont donnés dans r Annuaire statistique de la France, où ils ont été ramenés à une même base. La comparaison se trouve ainsi facilitée. La forte concordance entre les rythmes des prix dans les différents pays se révèle avec plus de netteté. On aperçoit à la fois Tassez grande simultanéité des fluc- tuations et Tassez grande égalité dans leur intensité. Les Etats-Unis se singularisent parfois, il est vrai, surtout par l'allure des deux derniers cycles, par les deux crises de 1893 et de 1903 auxquelles il a été déjà fait allusion et qui leur sont spéciales.
On a parlé à dessein du caractère international des cycles et des crises, plutôt que de leur caractère mondial. Les renseignements manquent qui nous apprendraient si tous les pays subissent les mêmes fluctuations cycliques. Il nous suffit de savoir qu'il en est bien ainsi dans les oays civilisés.
Ce parallélisme dans les mouvements périodiques de différents pays permettra de ne pas délimiter strictement le domaine géographique de l'observation, de ne pas la circonscrire à un seul pays. Tout en m'attachant de pré- férence aux faits français, je pourrai aussi utiliser une documentation relative à l'Angleterre, l'Allemagne ou les Etats-Unis.
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX 21
APPENDICE Tableau I. — Index numbers généraux des prix
Années Angleterre France Allemagne États-Unis
(1) l2) (3) (4)
1847 95 » » .>
1848 78
1849 74 » » »
1850.... 77 » i20 125
1851 75 » H2 129
1852 78 » 118 i2ô
1853 95 » 134 133
1854 102 » 153 138
1855 101 » 161 138
1856 101 » 147 138
1857 105 169 150 i37
1858 91 152 130 124
1859 94 152 136 122
1860 99 160 141 122
1861 98 157 139 123
1862 101 158 141 144
1863 103 159 136 181
1864 105 157 140 232
1865 101 147 139 264
1866.. 102 149 142 240
1867 100 146 143 210
1868 99 147 139 196
1869 98 144 139 187
[i) Index numbers de ]\L Sauerbeck. dressés d'après les prix de 45 articles (Journal of the Royal statistical Society).
(2) Index numbers de M. March, d'après les prix à l'importation de 43 articles évalués par la Commission des valeurs de douane.
(3) Prix à l'importation, à Hambourg, de 28 articles jusqu'en 1888. de 42 articles ensuite. Chiffres empruntés à YAnnuaire statistique de France, qui les a recalculés pour leur donner la même base qu'aux index numbers relatifs à la France.
(4) Prix de 223 articles jusqu'en 1891, et 260 articles ensuite. Empruntés à la même source que les précédents.
22
LES GRISES PERIODIQUES DE SURPRODUCTION
Années
Angleterre France Allemagne États-Unis
1870 96
1871 100
1872 109
1873 111
1874 W2
1875 96
1876 95
1877 94
1878 87
1879 83
1880 88
1881 85
1882 84
1883 82
1884 76
1885 72
1886 69
1887 68
1888 70
1889 72
1890 72
1891 72
1892 68
1893 68
1894 63
1895 62
1896 <5/
1897 62
1898 64
1899 68
1900 75
1901 70
1902 69
1903 69
|
148 |
135 |
174 |
|
153 |
140 |
166 |
|
159 |
155 |
169 |
|
159 |
160 |
168 |
|
M7 |
147 |
162 |
|
143 |
138 |
155 |
|
144 |
134 |
144 |
|
145 |
132 |
135 |
|
133 |
124 |
124 |
|
130 |
123 |
118 |
|
133 |
128 |
130 |
|
130 |
127 |
129 |
|
127 |
127 |
132 |
|
122 |
121 |
129 |
|
112 |
114 |
121 |
|
110 |
108 |
113 |
|
106 |
101 |
112 |
|
102 |
103 |
113 |
|
107 |
105 |
115 |
|
111 |
113 |
115 |
|
111 |
111 |
113 |
|
109 |
113 |
112 |
|
106 |
105 |
106 |
|
104 |
103 |
106 |
|
96 |
96 |
96 |
|
94 |
94 |
94 |
|
91 |
93 |
90 |
|
92 |
91 |
90 |
|
95 |
93 |
93 |
|
103 |
99 |
102 |
|
110 |
113 |
111 |
|
105 |
115 |
109 |
|
103 |
103 |
113 |
|
104 |
103 |
114 |
LES OSCILLATIONS PERIODIQUES DES PRIX
23
Années
1904
1905
1906
1907
1908
1909
1910
1911
1912
|
Angleterre |
France |
Allemagne |
Etats-Unis |
|
70 |
103 |
102 |
113 |
|
72 |
109 |
106 |
116 |
|
77 |
116 |
112 |
123 |
|
80 |
119 |
119 |
130 |
|
73 |
114 |
112 |
123 |
|
74 |
116 |
112 |
127 |
|
78 |
122 |
117 |
132 |
|
80 |
|||
|
85 |
Tableau II. — Fluctuations cycliques et mouvements de longue durée des prix {d'après les index niimbers de M. Sauerbeck).
Fluctuations cycliques
(Succession des maxima et
des iiiinima alternés)
Années
Index numbers
1847 95
1849 74
1857 105
1858 91
1864 105/
1866 102)
1870 96
1873 111
1879 83
1880 88/
1882 84»
1887 68
1891 72
1896 61
1900 75
1903 69
1907 80
1908 73
Mouvements des prix de longue durée
D'après les maxima successifs
Index Années numbers
1847 95
1857 105
1864 105
1873 111
1880 88
1891 72
1900 75
1907 80
D'après les minima
Années
Index numbers
1849 74
1858 91
1870 96
1879 83
1887 68
1896 61
1903 69
1908 73
24
LES CRISES PERIODIQUES DE SURPRODUCTION
Tableau III. — Variations des prix individuels des mar- chandises la première année de la dépression (Prix éva- lués par la Commission des Valeurs de douane et repro- duits dans V Annuaire statistique de la France).
Années
1858. 1874. 1901. 1908.
|
Prix |
Prix de 6 ma- |
Prix de 19 objets |
Prix de 43 articles |
|
|
de 7 métaux |
tières textiles |
d'alimentation |
de toutes espèces |
|
|
1^ _f-' |
— — ^ |
^ _^ - — ^ |
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■ 11,1 ^1 |
|
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|
05 |
x |
^x |
X |
|
|
7 » |
» |
3 1 2 |
10 5 5 |
26 9 8 |
|
7 » |
» |
6 » » |
14 » 5 |
34 1 8 |
|
6 » |
1 |
4 1 1 |
8 3 8 |
23 6 14 |
|
6 >. |
1 |
G » » |
6 3 10 |
22 ■ 7 14 |
|
26 0 |
2 |
19 2 3 |
38 11 27 |
105 23 44 |
CHAPITRE II Fluctuations des prix des objets d'alimentation
Après ce coup d'œil d'ensemble sur le tableau générai des prix, il convient d'éclairer successivement d'une lumière plus vive les diverses parties du tableau pour découvrir les éléments de premier plan qui contribuent principalement à lui donner sa couleur dominante et les éléments qui restent dans la pénombre, les industries pleinement engagées dans le rythme général et celles qui demeurent à l'écart ou ne le suivent que par intermittence.
Quel est d'abord l'état de choses, je ne dis pas pour tous les produits agricoles, mais pour les objets d'alimentation? Ce qui concerne les produits agricoles qui constituent la matière première d'importantes industries de transforma- tion sera examiné plus tard à propos des fluctuations des prix dans l'industrie.
Déjà le tableau III donné en appendice au chapitre pré- cédent, et relatif à ce qui a lieu la première année de la dépression, nous a appris que les denrées alimentaires fournissent le plus fort contingent des prix rebelles à la baisse au moment de la crise. Pour un tiers des articles en moyenne, la hausse continue encore la première année de la dépression. Il arrive même que telle crise, comme celle de 1907, ne réussit pas à empêcher une hausse de la majorité des objets d'alimentation. Manifestement, l'agri- culture ne joue qu'un rôle de second ordre en notre sujet. Elle subit cependant le contre-coup des cataclysmes indus-
26 LES GRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
triels: dans le tableau en question, pour la majorité des crises et la majorité des prix, c'est tout de même la baisse qui l'emporte.
Il faut maintenant soumettre à l'observation les fluc- tuations des prix des objets d'alimentation dans l'en- semble des cycles. U Annuaire statistique de la France nous présente, ramenés à une même base, les index num- bers des prix des objets d'alimentation en Angleterre et des prix de ces objets à l'importation en France et à Ham- bourg. De ces prix relatifs à une généralité d'objets d'ali- mentation on peut rapprocher les prix de l'hectolitre de blé sur les marchés intérieurs français que nous signalent les Statistiques agricoles annuelles de la France. A l'aide de ces diverses sources, on peut établir le tableau I qu'on trouvera en appendice à ce chapitre et qui contient la série des maxima et des minima successifs atteints par les index numbers ou les prix. {Les minima sont en italiques.)
J'ai mis entre crochets les maxima et minima survenant en des années qui ne sont ni identiques aux années de prix maxima et minima des index numbers généraux pré- cédemment examinés, ni même voisines de ces années. Les chiffres entre crochets représentent donc des oscil- lations des prix totalement étrangères aux oscillations cycliques étudiées dans cet ouvrage.
L'inspection du tableau révèle :
1° De nombreuses discordances entre les oscillations des prix des objets d'alimentation et les oscillations cycli- ques générales des prix. D'une part, les chiffres entre crochets indiquent des fluctuations de prix des objets d'ali- mentation n'ayant rien de commun avec les cycles géné- raux. D'autre part, manque toute participation des objets d'alimentation à quelques-uns des cycles généraux.
2" Souvent, cependant, la participation a lieu. Nombre de maxima et de minima des prix des objets d'alimen- tation coïncident avec ceux des index numbers généraux des prix. A côté d'oscillations qui leur sont propres, les prix
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX 27
des denrées alimentaires accusent donc des oscillations qui sont une répercussion du r\i.hme général des prix.
3° Quand la participation a lieu, Vintensité des fluctua- tions est, pour les objets d'alimentation, moindre que pour les autres prix ou que pour les index numbers généraux. Si on calcule, en effet, la hausse ou la baisse moyenne par période de hausse ou de baisse, d'après les maxima et minima des index numbers de Sauerbeck portés sur notre tableau, et en supposant inexistants les chiffres entre crochets, on arrive pour les objets d'alimentation à une hausse cyclique moyenne de 11 p. 100 et à une baisse moyenne de 14,5 p. 100. On avait trouvé des chiffres plus élevés pour les index numbers généraux. Surtout, on trouvera plus tard des chifîres beaucoup plus considé- rables pour les prix des matières minérales et textiles.
Ce qu'a d'intermittent et d'atténué la participation des prix des denrées alimentaires aux fluctuations cycliques apparaît d'autant plus caractéristique que si sur notre tableau, au moyen du procédé déjà indiqué, on observe les mouvements de longue durée des prix, on constate, par l'examen surtout des minima successifs, une grande coïncidence avec les mouvements généraux. La hausse de longue durée dans le troisième quart du xix^ siècle, la baisse dans le dernier quaii. la hausse depuis le début du xx^ siècle se dessinent fort nettement.
L'explication des oscillations cycliques ne doit donc pas être cherchée du même côté que celle des mouvements des prix de longue durée. Pour la seconde, il n'y a sans doute pas lieu de rejeter au second plan ce qui concerne l'agri- culture. Mais pour la compréhension des fluctuations cycliques, il est dès maintenant probable que ce n'est pas, comme l'avait fait Stanley Jevons, vers l'agriculture, vers des conditions ou des accidents tenant à la Nature que l'on doit surtout diriger son attention. N'est-ce pas plutôt l'industrie qui est le centre du problème qui nous inté- resse ? Ne devons-nous pas nous attacher à des faits qui
28
LES GRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
soient plus directement sous la dépendance de Vhomme? C'est ce qu'on va examiner.
APPENDICE
|
Tableau I. |
— Succession |
des maxima et des minima |
|||||
|
des -prix |
des objets d'alimentation |
||||||
|
Index numbers généraux |
des objets |
d'alimentation |
Prix du blé en France |
||||
|
France |
Angle |
terre |
Allemagne |
sur ic uiar Années |
Francs |
||
|
Prix à l'importation |
Index de Sauerbeck |
Prix à l'importation |
1847 |
29TOI |
|||
|
Années |
Années |
Années |
1850 |
14,32 |
|||
|
1857 |
136 |
1857 |
150 |
1855 |
166 |
1856 |
30,75 |
|
1858 |
117 |
1858 |
129 |
1858 |
127 |
1859 |
16,74 |
|
[1861 |
141] |
[1860 |
144] |
[1861 |
147] |
[1861 |
24,55] |
|
[1865 |
1181 |
\1864 |
129] |
[1863 |
124] |
[1865 |
16,94 |
|
1867 |
148 |
1867 |
151 |
[1868 1869 |
26,08; 20,21 |
||
|
1873 |
141 |
1870 |
137 |
||||
|
1875 |
130 |
1873 |
157 |
1874 |
148 |
1873 |
25,70 |
|
[1877 |
144] |
[1876 |
145] |
1879 |
125 |
[1875 |
19,38] |
|
1887 |
100 |
[1877 |
148] |
1881 |
133 |
[1877 |
23,42; |
|
[1893 |
110] |
1879 |
131 |
1886 |
99 |
1879 |
21,92 |
|
1896 |
90 |
1880 |
137 ) |
189J |
118 |
1880 |
22,90 |
|
1901 |
97 |
1883 |
130 i |
1897 |
90 |
1885 |
16,80 |
|
1904 |
95 |
1887 |
103 |
1900 |
103 |
1891 |
20,58 |
|
1891 |
112 |
1905 |
96 |
1896 |
14,33 |
||
|
1896 |
90 |
1907 |
108 |
[1898 |
19,90] |
||
|
1900 |
101 |
1909 |
104 |
[1900 |
14,45\ |
||
|
1903 |
98 |
» |
[1903 1904 1907 1908 |
17,03; 1631 18,03 17,25 |
La hausse présente des articles alimentaires n'ayant pas été interrompue par la crise générale de 1907 d'après les index num- bers qui ont servi à l'établissement des deux premières colonnes de ce tableau, je n'ai pu pour ces deux colonnes indiquer un maximum, un arrêt au mouvement ascendant qui dure depuis 1904 ou 1903.
Pour les prix en France et en Allemagne, j'ai omis les oscilla- tions des prix qui ont eu lieu aux environs de l'année 1870.
CHAPITRE III
Le rythme des prix dans l'industrie. — Capitaux iixes et biens de consommation
Au moment d'aborder l'observation du rythme des prix dans l'industrie, du rythme des prix des produits que fabrique l'industrie ou dont elle fait usage, il convient de poser une distinction importante en notre matière : la distinction entre capitaux fixes et biens de consommation. Il faut faire cette distinction à cause de son grand intérêt. Il le faut aussi parce que la base empirique de plusieurs théories des crises est constituée par cette allégation plus ou moins explicite que les capitaux fixes sont à peu près les seuls produits dont les prix subissent vraiment des oscillations cycliques, ou tout au moins sont les mar- chandises motrices de l'ensemble des variations. D'après ces théories, les biens de consommation, s'ils se laissent entraîner dans les mouvements périodiques, ne s'y enga- gent que par répercussion et ne jouent qu'un rôle secon- daire. On devra donc examiner ce qu'il y a de bien fondé dans ces affirmations.
Il faut commencer par la définition des notions en pré- sence. A proprement parler, aux objets complètement prêts pour la consommation, vêtement terminé, meuble, maison, convient seulement l'expression de biens de con- sommation ou encore, suivant les diverses terminologies employées, les expressions de biens directs ou de biens de premier degré. Toutes les autres marchandises, y
30 LES CRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
compris la matière première de ces biens, produits bruts ou produits mi-ouvrés, coton, laine et filés de coton ou de laine, bois de noyer ou d'acajou, briques et ciment sont des produits servant à la production, des biens indirects, des biens intermédiaires, des biens de second, de troisième degré et des degrés suivants, des capitaux. Mais on décompose les capitaux en capitaux fixes et circulants. Les premiers servent à plusieurs actes de production et comprennent l'ensemble de l'outillage, machines, bâti- ments des usines, voies ferrées. Aussi, au lieu de capi- taux fixes, peut-on parler également d'outillage. Les se- conds, qui se transforment radicalement dans un seul acte de production, sont les matières premières.
Or, dans les études parues sur les crises, c'est à une classification un peu différente que plus ou moins con- sciemment on se réfère, parce qu'elle est plus propre à jeter une certaine clarté sur le sujet. Il y a donc avantage à l'adopter, mais à la condition de se rendre compte du sens des termes employés. La distinction est faite entre capitaux fixes ou outillage d'une part et biens de consom- mation d'autre part. Quant aux matières premières, on les range dans la première ou dans la seconde catégorie, sui- vant qu'elles entrent dans la fabrication des capitaux fixes ou dans celle des biens de consommation. On considère ainsi comme industries productrices de capitaux fixes celles qui leur fournissent leur matière première. On tient pour des industries productrices de biens de consomma- tion non seulement les industries de l'habillement, mais encore les industries textiles, filatures et tissages, non seu- lement l'industrie du bâtiment ou du moins la partie de cette industrie consacrée à l'édification de maisons d'ha- bitation, mais encore les industries du bois ou de la pierre, productrices des matériaux nécessaires à la construction des maisons.
Des industries productrices de biens de consommation, il faut rapprocher celles qui travaillent à la satisfaction
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX 31
immédiate ou prochaine des besoins par l'exécution de certaines prestations, au lieu d'y travailler par une fabri- cation de marchandises. Il en est ainsi des industries qui satisfont le besoin d'eau, d'éclairage, de correspondance par lettre, télégraphe, téléphone. Dans tout le cours de cet ouvrage, quand on parlera d'industries productrices de biens de consommation, de biens directs, il faudra en- tendre non pas seulement celles qui répondent aux désirs de la consommation par la confection de biens matériels, mais encore celles qui y répondent par l'exécution de ser- vices directs.
Si l'opposition entre capitaux fixes et biens de consom- mation est assez tranchée, celle des industries qui pro- duisent Tune ou l'autre catégorie de biens manque de net- teté. Nombre d'industries, en effet, produisant à la fois des capitaux fixes et des biens de consommation, sont des industries mixtes.
Les industries variées des transports, qui tiennent une si grande place dans l'économie moderne — chemins de fer nationaux, locaux, urbains, souterrains, tramways, omnibus, voitures de toutes espèces, automobiles, marine marchande, chalands pour la batellerie fluviale — doivent être assimilées aux industries productrices de biens de consommation, lorsqu'elles servent au transport des voya- geurs ou des biens de consommation. Elles ont pour but alors la satisfaction immédiate ou prochaine des besoins par l'exécution de services directs. Elles se rapprochent, au contraire, des industries productrices de capitaux fixes lorsqu'elles transportent des instruments ou les ma- tériaux destinés à la fabrication de ces instruments. Il est ^Tai que l'outillage de ces industries, wagons, locomo- tives, rails, voies ferrées, gares, est du capital fixe (1).
[i) Encore ne doit-on pas omettre que les voitures ou automo- biles destinées par les particuliers à leur propre usage sont des biens de consommation assimilables aux meubles, aux maisons.
32 LES CRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
Mais il n'y a rien là qui empêche les chemins de fer en exploitation d'être partiellement des industries satisfai- sant directement les besoins, pas plus que l'outillag-e considérable des industries textiles ne les empêche d'être des industries productrices de biens de consommation.
Les industries électriques dont l'importance aussi va sans cesse grandissante constituent également des indus- tries mixtes. Productrices de capitaux fixes quand elles fournissent la force motrice, quand elles livrent des appa- reils de toutes sortes, elles se rangent dans l'autre caté- gorie quand elles servent par exemple à l'éclairage.
Mixte aussi l'industrie du charbon, qui tantôt sert à la fabrication de l'outillage, tantôt sert au chauffage domestique ou à la production de biens de consomma- tion. Dans cette dernière hypothèse, le charbon joue le même rôle que les autres matières premières employées dans la fabrication des objets de consommation. Filés de coton, par exemple, et charbon étant assez semblablement utilisés au cours de la production des tissus, si la filature de coton est une industrie de biens de consommation, les charbonnages en sont une aussi pour le charbon qu'ils fournissent aux tissages et, d'une façon générale, aux in- dustries productrices de biens de consommation.
Mixtes encore les industries du bâtiment, qui tantôt élè- vent des maisons ou des édifices publics, satisfaisant ainsi directement des besoins collectifs ou individuels, et tantôt dressent des usines, produisant ainsi des capitaux fixes.
Mixtes enfin, et sur ce point surtout il convient d'insister, les industries métallurgiques. Si certains économistes pré- tendent que les industries productrices de capitaux fixes sont les industries motrices des cycles, ou même sont peut- être les seules industries réellement sujettes aux oscil- lations cycliques, c'est en partie parce qu'ils ont trop rapidement établi une synonymie entre industries métal- lurgiques et industries productrices de capitaux fixes. C'est pourquoi il faut rappeler ce fait, bien élémentaire
LES OSGILLATIOînS PÉRIODIQUES DES PRIX 33
pourtant, que les métaux constituent la matière première de nombre d'objets de consommation.
Qu'on feuillette, par exemple, les pages des volumes consacrés aux Recensements professionnels, et on obser- vera la foule, la variété des sous-sections de la métal- lurgie qui correspondent à une production de biens de consommation. Qu'on relève les chiffres de la population active travaillant exclusivement ou principalement ou notablement à une pareille fabrication et on atteindra des chiffres très élevés. La production des biens de con- sommation n'est certes pas une fraction négligeable de l'activité des industries métallurgiques.
Gomme industries qui fabriquent uniquement ou tout au moins qui ne fabriquent guère que des biens de consommation, il faut citer les industries textiles, les industries de l'habillement, de l'ameublement.
Comment se comportent les diverses industries à tra- A-ers les cycles économiques ? Comment se comportent, en particulier, les sections de ces industries, quand elles peu- vent être distinguées, qui produisent seulement soit des capitaux fixes, soit des biens de consommation ?
Afin de répondre à ces questions, on peut, pour les bran- ches de l'industrie qui fabriquent ou extraient des ma- tières brutes, fonte, fer, charbon, observer les fluctuations des prix de ces matières sur lesquels existent des ren- seignements assez abondants.
Mais pour les industries qui façonnent des articles par- venus à un stade de la production plus avancé, la docu- mentation se raréfie. On peut avoir un indice des vicissi- tudes par oij passe une industrie par les variations des prix de sa matière première. Mais l'indice est bien défec- tueux. Il vient d'être dit en effet qu'un même produit peut être la matière utilisée à la fois par des industries confec-
34 LES CRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
tionnant des capitaux fixes et par des industries confec- tionnant des biens de consommation. En outre, les varia- tions du prix de la matière première, si elles sont souvent la conséquence de l'état de prospérité ou de dépression de l'industrie qui en fait usage, peuvent aussi tenir à des cau- ses qui sont entièrement indépendantes de la situation de cette industrie. Dans cas, une hausse, par exemple, du prix de la matière première, n'est nullement une preuve de la prospérité de l'industrie qui l'emploie, mais, au contraire, une cause pour elle de malaise. C'est donc le prix du produit fabriqué qu'il faudrait connaître.
Malheureusement, nos informations à cet égard sont maigres et souvent peu sûres.
La Commission des Valeurs de douane nous donne pour un certain nombre d'objets fabriqués des évaluations dont il faut chercher à tirer parti. Mais les produits fabriqués ne constituent plus, comme les matières brutes, des arti- cles qu'on peut aisément classer en types déterminés, et l'Administration a dû grouper sous une même appellation des qualités ou des articles un peu divers. Il s'ensuit que pour une double raison on doit se garder d'avoir une foi entière dans les fluctuations des prix que ces évaluations font apparaître. D'une part, la valeur moyenne de tel article ou catégorie d'articles importés ou exportés peut subir, d'une année à l'autre, des variations dues non seule- ment à la différence des prix, mais aussi à la différence des qualités ou des proportions des produits réunis par l'Administration des douanes sous une même désigna- tion (1). D'autre part, l'indétermination des marchandises en question ou la complexité des rubriques administra-
(1) V., par exemple, le Rapport de la Commission des Valeurs de douane pour 1889, p. 110 : « Les taux moyens d'évaluation appliqués aux différents articles... sont loin d'être des prix d'objets définis ; ils sont... appliqués à des groupes d'articles de prix différents et sont... influencés par la composition du groupe. »
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX 35
tives (1) me paraissent avoir découragé la Commission des Valeurs de douane, qui laisse parfois ses évaluations rela- tives à certains articles sans changement pendant un grand nombre d'années (2), ne se décide à les modifier, et encore avec une grande timidité (3), que quand elles sont trop manifestement contraires à la réalité. Je crois être en droit de parler ainsi à la fois parce que la chose est avouée, çà et là. dans les Rapports de la Commission, et parce que l'immuabilité des prix observée concerne non seulement des objets de consommation oij je ne sais si elle est ou non conforme aux faits, mais aussi des ma- chines, des instruments de production oii elle est certai- nement in\Taisemblable. Peut-être, par suite, si on veut utiliser les prix de la Commission des Valeurs de douane relatifs aux produits fabriqués, conviendra-t-il de s'atta- cher de préférence aux articles pour lesquels les estima- tions de la Commission, d'une année à l'autre, se modi- fient fréquemment, ce qui paraît indiquer qu'il s'agit d'ar- ticles examinés attentivement par elle, d'articles qu'elle suit. Aux estimations de la Commission des Valeurs de
(1) Rapport pour 1909, p. 434 : « Nos commissaires..., malgré leur zèle à se documenter aux sources les plus autorisées, se heurtent souvent à des difficultés très réelles pour établir le prix moyen des articles qu'ils ont à évaluer. »
(2) Le Rapport pour 1908. p. 422, fournit un témoignage de cette hésitation à modifier les prix : « Nous sommes d'avis qu'il y aurait lieu d'élever le taux des voitures de commerce... dans de très fortes proportions. Nous ne proposerons cependant aucune modificatie* pour l'exercice 1908. »
(3) On trouve un aveu de cette timidité dans le Rapport pour 1907, p. 353. Il s'agit de se résoudre à sLbaisser les prix: «Si nous déga- geons la valeur d'ensemble d'après les données que nous venons d'in- diquer, nous arriverons certainement à un taux d'évaluation inférieur à 7 francs. » Mais au lieu d'oser descendre jusqu'à 7 francs oh ajoute : « Nous demanderons à la Commission de vouloir bien, poBT cette année, accepter le taux de 8 francs. »
36 LES CRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
douane on pourra joindre les renseignements sur les variations des prix d'une série de produits fabriqués aux Etats-Unis depuis 1890 que nous donne le Bulletin of the bureau of labor.
Une source précieuse d'informations, sinon sur les prix, du moins sur la situation de mainte industrie pendant l'année écoulée, consiste dans les Rapports que la Com- mission des Valeurs de douane adjoint à ses tableaux des prix et qui sont écrits par des hommes du métier d'une compétence reconnue. Malheureusement, ces rapports ne sont assez développés et assez explicites, pour qu'on en tire des indications précises, que pour certaines industries seulement et pour celles-là mêmes depuis un nombre d'années relativement faible.
Avec les moyens dont on dispose, on va s'efforcer de mettre en lumière les oscillations des prix, l'alternance des bonnes et des mauvaises années dans les diverses grandes industries. On commencera par les industries qu'on a qualifiées de mixtes pour terminer par les indus- tries comme les industries textiles dont l'objet principal, presque exclusif, consiste dans la fabrication de biens de consommation. Mais il est des industries comme les industries électriques, les industries de l'éclairage, sur lesquelles, faute de statistiques suffisantes, notre enquête ne pourra porter.
CHAPITRE IV Le rythme des prix dans les industries métallurgiques
SECTION PREMIERE
LES MATIÈRES PREMIÈRES
§ 1. — L'ensemble des matières minérales
Pour suivre les fluctuations cycliques dans la métal- lurgie, on examinera ce qui concerne successivement les prix des matières brutes et ceux des produits fabriqués, capitaux fixes et objets de consommation.
Au sujet des matières premières, on peut d'abord diriger l'observation sur les index numbers des matières miné- rales établis par M. Sauerbeck. Malgré que dans leur calcul entrent les prix du charbon, on peut tenir ces index comme approximativement représentatifs des prix des matières métalliques. Dans le tableau I donné en appen- dice, on trouvera la succession des maxima et des minima atteints par les index numbers en question, depuis le milieu du xix* siècle.
On voit, d'après ce tableau, qu'il s'agit, cette fois, de produits concourant nettement au rythme général. Man- quent complètement ici ces oscillations étrangères aux cycles généraux qui avaient été constatées pour les den- rées alimentaires. Les fluctuations des prix des matières minérales concordent avec celles de l'ensemble des prix.
38 LES GRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
Maxivna et minima tombent aux mêmes années ou dans des années voisines. Maxima surtout : ce qui fait que la hausse des matières minérales se termine d'ordinaire l'année où survient la crise générale, c'est-à-dire en 1847, 1864-1866, 1873, 1880-1882, 1890, 1900, 1907. Il n'y a d'ex- ception qu'en 1854-1857.
Non seulement les matières minérales participent aux mouvements périodiques et généraux des prix, mais elles y jouent, sans conteste, un rôle fort important, car Vinten- sité de leurs fluctuations est très accusée. Si on calcule le montant moyen des fluctuations depuis le milieu du siècle, on arrive à une hausse moyenne de 36 p. 100 par période de prospérité et à une baisse moyenne de 24 p. 100 par dépression. Pour les index numbers généraux, la hausse n'était que de 17 p. 100 et la baisse de 16 p. 100.
En particulier, si la chute des prix dans las index géné- raux se manifeste fréquemment très grave à l'époque de la crise, la première année de la dépression, la chute est plus accentuée encore dans les index des matières miné- rales, surtout pour les crises récentes. Voici, en effet, quelle a été cette baisse pour les années où avait été constatée une baisse profonde dans les index généraux des prix :
|
Matières minérales |
Index |
généraux |
|
baisse de 16 points. |
17 |
|
|
8 |
14 |
|
|
25 |
9 |
|
|
19 |
5 |
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18 |
7 |
|
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86 |
52 |
1857 à 1858,
1873 à 1874,
1900 à 1901,
1907 à 1908,
Total
Les index numbers des matières minérales sont donc un indicateur de l'état du marché plus sensible que les index numbers généraux. Les fluctuations s'y marquent en traits notablement plus appuyés.
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX 39
Ils sont vraisemblablement aussi un indicateur plus sûr que les index numbers généraux dans l'établissement desquels les denrées alimentaires interviennent pour une trop grande part.
En tout cas, on observe que certaines particularités no- tées pour quelques-unes des phases des cycles dans les index numbers généraux ne se retrouvent pas ici ou ne s'y retrouvent qu'assez atténuées. C'est ainsi que la durée de la baisse des prix n'est plus si brève que pour les index numbers généraux des prix après les crises de 1847, 1857, 1907. De même, au lieu d'une seule année de hausse en 1880, la prospérité qui a précédé la crise de 1882 se manifeste plus nettement dans les index des matières minérales qui accusent les chiiîres suivants :
Années
J879 73
1880 79
1881 77
1882 79
Mais si d'autres particulaintés constatées pour certains cycles dans les index numbers généraux se reproduisent dans les index des matières minérales, il y a sans doute lieu de croire qu'elles correspondent à la réalité.
C'est ainsi que la faible acuité des crises de 1882, de 1890. déjà signalée à propos des index généraux, se ma- nifeste aussi dans les index des matières minérales. La chute des prix pendant la première année de la dépres- sion n'est que de 3 points en 1883, de 4 points en 1891, alors que pour les autres crises il a été indiqué à là page précédente jusqu'à des baisses de 19 et de 25 points. Par là se trouve confirmée l'affirmation que la violence des crises ne constitue pas un élément essentiel du phéno- mène étudié, mais seulement un trait fort fréquent.
C'est ainsi encore que, comme pour les index généraux,
40 LES CRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
ici aussi en 1864-18G0 et même en 1880-1882, la crise nt coïncide pas strictement avec l'arrêt de la hausse des prix. A quoi il faut encore joindre pour les matières miné- rales ce qui a lieu en 1854-1857. Il semble donc bien que comme il a été supposé on ait subi deux crises succes- sives, en 1864 et 1866. Et il semble également que comme on l'a noté on assiste parfois, en 1880-1882 par exemple, en 1854-1857, à Ce phénomène de deux baisses successives des prix dont la première n'atténue encore que faible- ment la prospérité industrielle, dont la seconde seule, plus ruineuse, entraîne la crise.
Il convient d'ajouter néanmoins que certaines aussi des irrégularités que présentent les index numbers des matières minérales elles-mêmes peuvent n'être qu'appa- rentes. Il en est ainsi lorsqu'il se produit, par exemple au cours de la prospérité, une baisse résultant non pas de l'état du marché, mais de découvertes techniques, d'éco- nomies sensibles dans le coût de la production. Malgré leur chute, il se peut alors que par rapport au niveau des prix qu'implique la technique nouvelle les prix restent élevés et largement rémunérateurs. La prospérité qui con- tinue ne perd qu'en apparence son caractère d'une période de prix élevés. On doit donc se garder de tenir les index des matières minérales eux-mêmes pour des instruments parfaits et compléter leurs indications par des données empruntées à d'autres ordres de faits.
Quant aux fluctuations des prix de longue durée, la lecture sur notre tableau I, soit des maxima successifs, soit des minima successifs, montre qu'elles sont iden- tiques à celles des index numbers généraux des prix.
§.2. — Le rythme des prix de la fonte et du fer
Si on envisage maintenant ce qui concerne les divers métaux, on doit d'abord attacher une importance parti- culière au fer sous ses divers états : minerai, fonte et fer.
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX 41
Le tableau II, qu'on trouvera en appendice, indique la succession des prix maxima et minima de ces divers produits : 1" d'après les index numbers de M. Sauerbeck; 2° d'après la Statistique de l'industrie minérale en France', 3° d'après les estimations de la Commission des Valeurs de douane pour les prix à l'importation en France. (Gomme précédemment, les chifïres relatifs à la dépres- sion, les minima, sont en italiques.)
Ce tableau montre dans l'ensemble une grande concor- dance dans les fluctuations des prix portés sur les diverses colonnes, malgré la variété des sources et des produits. Il montre aussi une grande concordance des fluctuations avec celles des index numbers généraux des prix et une assez grande régularité dans les mouvements rythmiques.
Des irrégularités existent cependant. Il en est de l'exac- titude desquelles il faut douter (i). Mais pour d'autres, au contraire, qui avaient été déjà rencontrées dans des ta- bleaux antérieurs, leur réapparition ici confirme l'hypo- thèse de leur réalité. Nous revoyons en 1854-1857 cette première baisse des prix ne déterminant pas une crise, laquelle est reculée jusqu'à une nouvelle baisse ultérieure plus désastreuse. Même phénomène en 1880-1882, au moins dans certaines colonnes du tableau, tandis que dans
(1) Malgré les estimations de la Commission des Valeurs de douane, il ne paraît pas possible que, comme l'indique notre tableau, le prix de la fonte à l'importation n'ait pas fléchi en 1908, après la crise de
1907. mais se soit au contraire, élevé. Et, en effet, dans le Rapport de la même Commission sur les produits métallurgiques (Rapport pour
1908, p. 205), on lit : «La crise... de 1907... avait... provoqué une baisse de prix... Cette situation devait... s'aggraver au cours de l'exercice 1908... les prix ont continué à baisser. »
De même, entre 1847 et 1857 les prix arbitrés par la Commission des Valeurs de douane pour la fonte et le fer présentent de si nom- breuses et capricieuses variations qu'elles ne doivent pas corres- pondre aux fluctuations effectives des prix et que je ne les ai pas portés sur notre tableau.
42 LES CRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
les autres le maximum n'est atteint qu'en 1881 ou même 1882, année de la crise. Dans le cycle postérieur, le maxi- mum tombe entre les années 1890 et 1892 : il s'agit bien là d'un cycle aux oscillations peu accentuées, au rythme indécis.
Mais pour le cycle qui se meut autour des crises de 1864-1866, on observe une singularité qui paraît spéciale à l'industrie actuellement examinée. Non seulement le maximum est atteint soit en 1864, soit en 1866, ce qui rappelle des constatations déjà faites dans les tableaux précédents, mais encore, d'après les sources françaises, la fonte n'aurait nullement pris part à la prospérité. La baisse des prix, à cause peut-être des transformations de la technique, aurait duré sans arrêt de 1855-1857 à 1869.
Même pour des produits comme la fonte et le fer ainsi, il faut renoncer à l'idée de cycles se déroulant suivant un rythme impeccable. Tantôt en sympathie avec les mouve- ments généraux des prix, tantôt pour des raisons qui leur sont propres, les courbes des prix du fer, de la fonte, comme celles de toute marchandise particulière, perdent leur allure ordinaire, s'interrompent ou se prolongent de façon anormale.
La grosse métallurgie du fer et de la fonte n'en reste pas moins l'industrie typique en notre matière des cycles périodiques, celle dont la situation renseigne le mieux sur l'état d'ensemble de l'organisme économique. Elle concourt avec une assez grande constance aux oscilla- tions générales des prix et surtout les accuse avec une extrême intensité. Certains de ses cycles présentent des variations de prix tout à fait considérables. En particulier celui qui s'est écoulé autour de la crise de 1873 attire l'attention par ses énormes sautes des prix. Les cours de la fonte ont bondi pendant la prospérité, d'après les index numbers de Sauerbeck, de 77 à 170. Ils ont ainsi plus que doublé. Ils se sont effondrés dans la dépression qui suivit jusqu'à 69, c'est-à-dire jusqu'à un niveau plus bas
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX 43
qu'avant la hausse, diminuant de près des deux tiers. La crise de 1873 demeure célèbre dans les fastes de la métal- lurgie, tant par la hausse formidable qui l'a précédée que par la baisse écrasante qu'elle a inaugurée. Mais plusieurs autres cycles encore indiquent de très amples oscillations. Le calcul de l'intensité moyenne des fluctuations des prix de la fonte conduit par suite à des chiffres fort élevés. La hausse moyenne des prix par période de prospérité, calculée d'après les index numbers de Sauerbeck, se monte à 53 p. 100. La baisse moyenne par période de dé- pression est de 32 p. 100. Les prix augmentent donc de moitié dans la prospérité et diminuent du tiers dans la dépression. Ce sont de très fortes proportions qui dépassent toutes celles que nous avions constatées jusqu'ici et que je rappelle.
Intensité moijenne des fluctuations des prix d'après les index numbers de M. Sauerbeck
Hausse moyenne Baisse moyenne
par par
période de prospérité période de dépression
Index numbers généraux... 17 p. 100 /6 p. 100
Denrées alimentaires 11 — i4,ô —
Matières minérales 36 — 24 —
Fonte 53 — 33 —
La comparaison des oscillations moyennes des prix de la fonte avec celles du minerai de fer, et du fer. montre aussi des fluctuations plus accusées pour la fonte que pour les deux autres produits.
L'industrie de la fonte constitue bien une des industries les plus symptomatiques de l'état général du marché. L'observation attentive de ce qui la concerne présente une importance toute particulière, non seulement pour la pra- tique qui devrait suivre de près les fluctuations écono-
44 LES GRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
miques mais encore pour la théorie qui recherche l'expli- cation du phénomène.
§ 3. ^ — Le rythme des prix des métaux autres que le fer
Les métaux autres que le fer, le cuivre dont l'importance a si considérablement grandi depuis le développement des industries électriques et qui constitue un indice pré- cieux de la situation de ces industries, le plomb, le zinc, l'étain obéissent également avec une grande fidélité aux fluctuations cycliques, comme le montre le tableau III inséré en appendice à ce chapitre et dressé d'après les prix à l'importation, arbitrés par la Commission des Va- leurs de douane.
Quelques discordances avec les oscillations cycliques générales se manifestent sans doute encore. Entre eux aussi les mouvements de ces divers métaux ne coïncident pas toujours strictement. Mais le plus souvent la simulta-' néité a lieu. Il ne faut pas demander une trop stricte uniformité aux phénomènes économiques. On doit beau- coup plus s'étonner du parallélisme présenté en général par les oscillations des prix des métaux que des quelques rares et inévitables singularités.
L'intensité des fluctuations est fréquemment aussi fort accentuée. D'après notre tableau, les hausses et les baisses moyennes ont été les suivantes, pour le cuivre, le plomb, le zinc. Les irrégularités des mouvements des prix pour rétain jusqu'en 1872 me font renoncer à donner des moyennes qui ne seraient pas comparables avec celles des autres métaux.
Intensité moyenne des fluctuations des prix
Hausse moyenne Baisse moyenne
par par
période de prospérité phase de dépression
Cuivre (1851-1911) 38 p. 100 32 p. 100
Plomb (1848-1910) 34 — 29 —
Zinc (1851-1908) 49 — 50 —
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX 45
Ce sont encore de très importantes proportions. Il faut tenir grandement compte des prix des métaux en question et de l'ampleur de leurs fluctuations pour la connaissance de l'état économique général et les quelques prévisions auxquelles on peut se risquer sur les éventualités futures possibles.
SECTION II
LES FLUCTUATIONS CYCLIQUES DES PRIX DES CAPITAUX FIXES
EN MÉTAL
Quand des matières premières on passe aux produits finis de l'industrie métallurgique, et en premier lieu aux capitaux fixes, l'insuffisance et l'incertitude des données relatives aux prix des produits fabriqués se révèle immé- diatement.
Sans doute la Commission des valeurs de douane fait figurer dans ses tableaux depuis 1893 les prix de plusieurs machines. Mais justement pour beaucoup d'entre elles elles fait preuve de cette timidité, de cette hésitation à modifier fréquemment ses évaluations auxquelles j'ai fait allusion. Depuis 1893. début des estimations, jusqu'en 1911, dernière année connue, les prix demeurent à peu près immobiles pour une série d'articles, machines à va- peur (1), chaudières simples (2). chaudières tubulaires (3), locomotives (4). Or, il paraît inadmissible que la pros-
'1) Pour les machines à vapeur fixes et de navigation, le prix à rimportation demeure à 1 fr. 10 le kilog. de 1893 ?i 1911. avec une interruption seulement de 1902 à 1905.
!2) Pour les chaudières simples, c'est un prix invariable à rim- portation de 0 fr. 60 pendant treize ans de 1893 à 1905, et de 0 fr. 65 pendant les six année.s qui suivent.
(3) Pour les chaudières tubulaires, le prix reste immuable à 0 fr.90 du début des estimations jusqu'à la dernière année connue, pendant dix-neuf ans.
'4) Pour les locomotives, le prix à l'importation est sans chan- gement pendant treize ans, à 1 fr. 25 le kilog. de 1893 à 1905. Il
46 LES GRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
périté qui a précédé les crises de 1900, de 1907, que la dépression qui a suivi ces crises n'aient pas entraîné toute une échelle des prix en hausse, puis des prix en baisse pour ces articles (1).
Si nous considérons les quelques produits pour lesquels des changements assez fréquents des prix paraissent faire présumer qu'ils ont été l'objet d'une étude plus attentive de la part de la Commission, nous pouvons établir le tableau n° IV qui est donné en appendice de la succession des prix maxima et minima pour les machines-outils, les métiers à filer et à tisser. Mais ce tableau n'indique qu'une participation assez irrégulière aux cycles généraux avec des fluctuations d'ordinaire assez peu accusées.
Il me paraît difficile d'ajouter foi à de pareilles infor- mations. Il est fort probable que les prix des capitaux fixes ressentent beaucoup plus régulièrement et de manière beaucoup plus accentuée le contre-coup des oscillations économiques générales.
SECTION III
LE RYTHME DES PRIX DES OBJETS DE CONSOMMATION EN MÉTAL
Pour les objets de consommation en métal, la Commis- sion des Valeurs en douane nous fournit, et depuis assez longtemps, des renseignements qui paraissent plus inté- ressants que pour les capitaux fixes.
Sans doute, il est encore, comme au sujet des capitaux
passe à 1 fr. 40 dans les cinq années qui suivent, et à 1 fr. 31 en 1911.
(1) C'est ainsi que M. "Villain {Notice sur la périodicité des crises économiques, p. 55) nous indique pour les locomotives, de 1904 à 1907, les hausses suivantes:
i904.. 1 fr. 47 le kilog. 1906.. 1 fr. 94 le kilog,
1905.. 1 fr. 70 — !*■• semestre 1907.. 1 fr. 97 —
Il y aurait donc bien eu une série de hausses annuelles successives et la hausse totale aurait été de 34 p. 100, alors que la Commission des
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX 47
fixes, des produits tels que les automobiles, les objets de coutellerie, dont elle laisse à peu près sans changement les prix dans ses appréciations successives. Mais il en est d'autres dont elle modifie plus souvent les prix, qu'elle paraît ainsi évaluer plus attentivement et pour lesquels ses estimations méritent peut-être plus de créance.
Depuis une quarantaine d'années, parmi les omTages en fer autrefois fondus en un seul groupe, elle distingue les objets de ferronnerie, de serrurerie, les articles de ménage et autres. La dernière rubrique se réfère à des objets de consommation, à des articles « ayant un rap- port direct avec l'économie domestique et rhabitation ». « articles de ménage, boîtes en fer-blanc, lits en fer, cof- fres-forts, meubles de jardin » (1). Il en est de même de la serrurerie. La ferronnerie comprend des ouvrages en fer de toutes sortes dont plusieurs ou quelques-uns sont des objets de consommation.
Des renseignements nous sont encore donnés sur les ouvrages en fonte moulée dont il nous est dit (2) qu'ils englobent « des articles usuels de consommation cou- rante », poteries, articles de poêlerie, grilles, plaques de
valeurs de doitanp ne signale qu'une seule hausse en 1906 et de i2 p. 100 seulement.
Dans la publication du ministère du Travail sur les indices des crises économiques, on trouve aussi (p. 73) que les prix payés à l'industrie métropolitaine par l'Administration des colonies pour les locomotives auraient passé par les maxima et minima suivants de 1901 à 1908 :
1901. . 2 fr. 10 le kilog. 1906. . 1 fr. 98 à 1 fr. 75 le kilog. i903.. i fr. 52 — 1908.. 1 fr. 90 k i fr. 86 —
Ce sont toujours de bien plus notables et fréquentes fluctuations que celles qui résulteraient des chiffres de la Commission des valeurs de douane.
(1) Rapports de la Commission des valeurs de douane pour i909, p. 218.
(2) Rapport pour 1907, p. 185; Rapport pour 1908, p. 239.
48 LES GRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
foyer, tuyaux, colonnes, barreaux, fontes d'ornement et autres.
A l'aide des évaluations annuelles de la Commission des Valeurs de douane, on a établi le tableau V qu'on trou- vera en appendice des prix maxima et minima successifs de ces quatre catégories d'articles à l'exportation.
Ce tableau fait ressortir dans l'ensemble, en dépit de quelques irrégularités, une assez fidèle participation des articles de ménage, des objets de serrurerie, de ferron- nerie, des ouvrages en fonte moulée aux cycles économi- ques. Mais je sais bien qu'il faut faire des réserves sur l'exactitude des estimations de la Commission des Valeurs de douane relatives aux produits fabriqués.
L'intensité des fluctuations est assez considérable, puisque le calcul donne les moyennes que voici :
Hausse moyenne Baisse moyenne
par par
période de prospérité période de dépression
Ouvrages en fonte moulée. 36 p. 100 32 p. 100
Articles de ménage 26 p. 100 24 p. 100
Ferronnerie 24 p. 100 31 p. 100
Serrurerie 13 p. 100 21 p. 100
Ce sont là, pour les objets de consommation en fer ou en fonte moulée, des variations assez amples qui paraissent prouver l'importance de leur coopération aux cycles pério- diques, les grands bénéfices réalisés pendant la prospérité et les grandes pertes subies pendant la dépression.
Il faut cependant noter que l'intensité des fluctuations demeure, en général, moindre que celle de la matière brute. Pour le fer en barres, par exemple, pendant la même période, la hausse moyenne des prix à l'importation, d'après les estimations de la Commission des Valeurs en douane, a été de 40 p. 100 et la baisse de 35 p. 100. Il se pourrait bien ainsi que souvent l'intensité des oscil-
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX 49
lations soit plus ample pour les matières brutes que pour les produits fabriqués.
Mais comme, pour des articles tels que les objets de consommation ci-dessus, qui demandent beaucoup de main-d'œuvre, la matière n'entre que pour une faible part dans le prix de revient, une hausse du prix de la matière première plus forte que celle des produits fabri- qués n'empêche pas les hauts bénéfices pendant la pros- périté pour les industries fabriquant ces derniers biens. Pendant la dépression, une baisse plus forte du prix de la matière première n'atténue pas grandement la dimi- nution des bénéfices ou les pertes.
On peut, en tout cas, calculer l'écart entre les prix maxima et minima des articles fabriqués en question et ceux, par exemple, du fer à l'importation aux mêmes années, d'après les évaluations de la Commission des Valeurs de douane. Le tableau VI donné en appendice ainsi obtenu montre qu'en général la marge entre le prix du produit fabriqué et celui de la matière première reste sensiblement plus élevée pendant les années des prix maxima de la prospérité que pendant les années des prix minima de la dépression.
Les premières industries productrices de biens de con- sommation que nous trouvons au cours de notre enquête n'apportent donc nulle confirmation à l'opinion qui déclare ces industries étrangères aux cycles périodiques ou très faiblement atteintes par les fluctuations cycliques Vraisemblablement, les oscillations de leurs prix sont moindres que celles des matières brutes. Mais nos docu- ments n'ont pas établi qu'elles soient moindres que celles des capitaux fixes en métal, machines ou métiers.
Débutent-elles postérieurement à celles des matières premières ou des capitaux fixes? Qu'on compare leurs dates à celles des dates des prix maxima et minima des matières brutes ou des quelques capitaux fixes qu'on a indiqués en appendice. On constate tantôt des chiffres
50 LES GRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
postérieurs et tantôt des chiffres antérieurs. Dans l'en- semble, il y a à peu près compensation.
Il paraît bien que nombre de biens de consommation en métal participent assez régulièrement aux cycles écono- miques et présentent des fluctuations assez intenses.
APPENDICE
Tableau I. — Succession des prix maxima et minima des
matières minérales.
(d'après les index numberg de M. Sauerbeck)
Années
1847 Ô4
4851 75
1854 115 ]
1857 108 S
1862 9i
1864 96 ^
1866 91 ^
1868 85
1873 141
i879 73
1880 79
1882 : 79
i88ô 66
1890 80
• i895 62
1900 108
1904 81
1907 107
1909 86
LES OSCILLATIONS PERIODIQUES DES PRIX
51
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52 / LES CRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
Tableau III
Rythme des prix des métaux autres que le fer
(d'après les prix du kilogramme à l'importation en France, évalués par la Commission des "Valeurs de douane)
|
Cuivre |
Zinc. |
, |
|||||
|
de 1" |
fusion |
Plom |
1) |
de 1" f |
iision |
Etain |
l)rul |
|
Années Fr. |
Années |
Fr. . |
Années |
Fr. |
Années |
Fr. |
|
|
1851 |
2,1o |
1848 |
0745 |
1851 |
0,40 |
1850 |
2,00 |
|
1857 |
3,25 |
1857 |
0,63 |
1857 |
0,70 |
1856 |
3,48 |
|
1863 |
2,30 |
1862 |
0,54 |
1861 |
0,46 |
1858 |
3,30 |
|
1864 |
2,45 |
1864 |
0,55 |
1866 |
0,60 |
[1860 |
3,60] |
|
1870 |
1,72 |
1871 |
0,44 |
1871 |
045 |
[1866 |
2,23} |
|
1872 |
2,35 |
1873 |
0,56 |
1873 |
0,66 |
1872 |
3,85 |
|
1879 |
1,47 |
1879 |
0,35 |
1879 |
0.40 |
1878 |
1,50 |
|
1882 |
1,59 |
1880 |
0,38 |
1880 |
0,44 |
1882 |
2,57 |
|
1886 |
1,12 |
1884 |
0,24 |
1884 |
0.33 |
1884 |
2-/0 |
|
1888 |
1,85/ |
1888 |
0,35) |
1891 |
0,55 |
1888 |
3,20 |
|
1890 |
J,42\ |
1890 |
0,32 i |
1895 |
0.57 |
1897 |
1,65 |
|
1894 |
1,10 |
1894 |
0,26 |
1899 |
0,64 |
1900 |
3,40 |
|
1900 |
1,80 |
1900 |
0,48 |
1901 |
0,46 |
1901 |
3,20 |
|
1902 |
1,35 |
1903 |
0,29 |
1906 |
0.68 |
1903 |
3,25 |
|
1906 |
2,20 |
, 1907 |
0,50 |
1908 |
0,51 |
1906 |
4.50 |
|
1911 |
1.40 |
1910 |
0,32 |
1909 |
3.40 |
Tableau IV. — Rythme des prix de eertaines machines
(Prix du kilogramme à l'importation en France)
Machines Métiers à filer Métiers con-
,., ,. tinus a nier
outils divers o„ >y retordre
Années Fr. Années Fr. Années Fr.
1896 1,13 1898 0,95 1898 1,00
1900 1,20 1903 1,00 1903 1,05
1903 1,15 1906 0,95 1906 1,00
1911? 2,05 1907 1,05 1907 1,15
1911? 0-95 1911? 1.00
|
Métiers |
|
|
tisser |
|
|
Années |
Fr. |
|
1898 |
0.65 |
|
1903 |
0,75 |
|
1906 |
0,70 |
|
1907 |
0,85 |
|
1911? |
0.70 |
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX
53
Tableau V. — Rythme des prix de certains objets
de consommation en métal
(Prix du kilogramme à l'exportation hors de France)
Articles de ménage et divers en fer.
en acier
Serrurerie
Ferronnerie
Années Fr. Années Fr. Années Fr.
Ouvrages en
fonte moulée
non tournés
ni polis
Années Fr.
1874 1,85
iS16 1,20,
1879 1,23^
1882 1,53
1885 1,ti
1889 1,33
I89i hiJ
1900 1,47
tOOo 1,18
1908? 1,60
1875 2,44 1880 1-60
1883 1887 1889 1891 1892 1901 i906 1911?
1,70
1,30
1,40)
1.40 \
1.23
1,50
iAO
1,95
1873 0,70 4880 0,U
1882
1888
1872 1878
0,46 0,30
1891 0,48
0,33 0,19
1883 0,20 ■1888 0.12 1891 0.18
189i 0,37 I89i 0,15
1899 0,50 1900 0,26
190i 0,43 1904 0,18
1907 0,475 1906 0,23
1910 0'45o 1909 0,18
Tableau VI. — Ecarts entre les prix du produit fabriqué et de la matière première pendant les années des prix maxima ou miniîua des produits fabriqués.
|
Articles |
Ouvrages |
|||||
|
de |
Serrurerie |
Ferronnerie |
( |
m |
||
|
ménage |
|
fonte |
moulée |
|||
|
Années Fr. |
Année; |
; Fr. |
Années |
i Fr. |
Années Fr. |
|
|
1874 1,62 |
1875 |
2,24 |
1873 |
0,41 |
1872 |
0,180 |
|
YS76 1,03 ) |
1880 |
1,46 |
1880 |
0,30 |
1878 |
0,127 |
|
1879 1,12 \ |
1883 |
1,55 |
1882 |
0,30 |
1883 |
0.133 |
|
1882 1,37 |
1887 |
1,20 |
1888 |
0,20 |
1888 |
0,063 |
|
1885 h03 |
1889 |
1,27) |
1891 |
0,34 |
1891 |
0.120 |
|
1889 1,20 |
1891 |
1,26 1 |
1894 |
0,26 |
1894 |
0,103 |
|
1894 1,06 |
1892 |
1.09 |
1899 |
0.34 |
1900 |
0,140 |
|
1900 1,30 |
1901 |
1,385 |
1904 |
0,323 |
1904 |
0,106 |
|
1905 1.06 |
1905 |
1,28 |
1907 |
0,325 |
1906 |
0.155 |
|
1908? 1,46 |
191 1 ? |
1,81 |
1910 |
0,315 |
1909 |
0.100 |
CHAPITRE V Les fluctuations cycliques des prix du charbon
Le tableau qui suit donne les maxima et minima du prix du charbon : 1° en France, sur les lieux de production, d'après la Statistique de l'industrie minérale ; 2° en Angleterre, d'après les index numbers de M. Sauerbeck relatifs aux prix du charbon à l'exportation ; 3° dans cer- tains centres miniers, sur les lieux de production, en Alle- magne, d'après les Statistischen Jahrbûcher fur das deutsche Reich (1).
Ce tableau fait ressortir une alternance rythmique des prix fort régulière. Mais une particularité apparaît très vite à sa lecture. Maxima et minima surviennent fré- quemment pour le charbon postérieurement aux maxima et minima des index numbers généraux ou encore de ceux de la fonte. Le fait se renouvelle, dans la grande majorité des cas pour le prix du charbon sur les lieux de production en France. Il s'observe aussi assez souvent pour les prix du charbon en Angleterre et en Allemagne.
Y a-t-il là un phénomène certain dont il pourra être tenu compte plus tard dans l'explication du rythme des
(1) Pour la France, il s'agit de la valeur moyenne du combustible minéral vendu dans l'année. Pour l'Allemagne, les Statistischen Jahrbûcher indiquent les prix de divers types de charbon. Dans notre taileau nous avons donné les prix relatifs au type de prix le plus bas.
LES OSCILLATIONS PERIODIQUES DES PRIX
5&
prix ? Je ne sais. Si on consulte, en effet, les tableaux des prix à l'importation en France, d'après les évaluations de la Commission des Valeurs de douane ou ceux des prix à l'importation, d'après les valeurs déclarées à Hambourg, le retard des cycles des prix du charbon sur les cycles des prix des autres produits ne se constate plus. Mais le fait des retards, s'il était établi d'une manière sûre, pourrait présenter un réel intérêt.
APPENDICE
Tableau I. — Rythme des prix du charbon
France
|
Prixi |
noyen nne sur lieux iuction |
Inde.x nunibei'b des prix à lexportation |
ri\x u» |
:• la lOUI |
Saarbri |
' lieilA l |
it: jjiuuuc |
nuit |
|
|
de la to les! de pro< |
Breslau |
Licke |
Dortmund |
||||||
|
Années |
Fr. |
Années |
Années Marks |
Années Marks |
Années Marks |
||||
|
1849 |
10.06 |
1850 |
62 |
1879 |
5^ |
1879 |
4,7 |
||
|
1852 |
9,50 |
1852 |
60 |
1882 |
6,3 |
1884 |
7.6 |
1880 |
6.Û| |
|
1856 |
12,87 |
1855 |
19) |
1883 |
6,0' |
||||
|
186i |
11,28 |
1857 |
76\ |
1888 |
0,9 |
1887 |
7,5 |
1887 |
iA |
|
1867 |
12,23 |
1860 |
73 |
1890 |
9,5 |
1890 |
10,9 |
1890 |
9,9 |
|
1869 |
11.62 |
[1861 |
73] |
1897 |
8,7 |
1894 |
8,2 |
1893 |
6,5 |
|
1873 |
16,61 |
1863 |
72 |
1901 |
11,8 |
1901 |
12,0 |
1901 |
10,G |
|
1882 |
12,36 |
1867 |
83 |
1906 |
11,1 |
1903 |
11,0 |
1905 |
9,0 |
|
1883 |
12,50 |
1870 |
77 |
1908 |
14,4 |
1908 |
12,5 |
1908 |
11,0 |
|
1888 |
10,31 |
1873 |
167 |
1910 |
13,7 |
4911 |
11^ |
1911 |
10,5 |
|
1891 |
13,25 |
1879 |
70 |
||||||
|
1896 |
10M |
1883 |
75 |
||||||
|
1901 |
15,79 |
1888 |
67 |
||||||
|
1905 |
12,92 |
1890 |
101 |
||||||
|
1908 |
15,84 |
1896 |
71 |
||||||
|
19107 |
U.50 |
1900 1905 190S 1909 |
134 84 102 90 |
CHAPITRE VI
Le rythme des prix dans les industries du bâtiment et de l'ameublement
SECTION PREMIERE FLUCTUATIONS CYCLIQUES DES PRIX DU ROIS
L'industrie du bâtiment figure parmi les plus impor- tantes des industries productrices de biens de consom- mation. Une section de cette industrie cependant, celle qui a trait à la construction des usines et ateliers, est pro- ductrice de capitaux fixes. C'est pourquoi, comme il est traité d'abord, ainsi qu'il a été dit, des industries mixtes, il est parlé à cette place de l'industrie du bâtiment.
Mais il se trouve que l'une des principales matières pre- mières de l'industrie du bâtiment, le bois, constitue en même temps la matière première de l'industrie de l'ameu- blement. Or, ce n'est guère que par les fluctuations des prix des matières premières, et surtout par celles des prix du bois, que la pénurie de la documentation nous permet d'avoir quelque idée de la participation des industries en question aux oscillations cycliques. Force est donc d'exa- miner ensemble ce qui concerne les deux industries.
La Commission des Valeurs de douane nous fournit sur les prix du bois des évaluations qu'il convient d'utiliser. Les bois que l'on emploie principalement pour le bâti- ment, les « bois à construire », sont ceux que la Gommife-
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX 57
sion englobe dans la catégorie des « bois autres que le chêne et le noyer». Ils forment, nous apprend-on, «la plus grande partie du commerce extérieur de bois de cons- truction et comprennent... le sapin..., le pin et le mélèze.... le pitchpin de la Floride », « le hêtre, l'érable, le frêne, l'orme, le peuplier » (1). Les fluctuations cycliques des prix de ces bois sont un peu compliquées à suivre, à cause de changements dans les classifications des valeurs de douane et dans les unités de mesure prises comme base. On a pu cependant en dresser le tableau des maxima et minima, qu'on trouvera en appendice (tableau I).
On a donné dans le tableau I bis, d'après la même source, les maxima et minima des prix du chêne et du noyer, ma- tières plus employées dans l'industrie de l'ameublement que dans celle du bâtiment.
Pour les «bois autres que le chêne et le noyer», pour les « bois à construire », les oscillations périodiques des prix, les alternances des années de hausse et de baisse paraissent bien avoir existé dans les cycles qui se sont déroulés autour des crises de 1866, 1873, 1882. 1890-1891 et 1907. Pour le cycle qui a évolué autour de la crise de 1900 cependant, si les prix des bois se sont élevés dans ia prospérité jusqu'en l'année 1900, ils n'ont pas baissé après la crise, mais se sont simplement maintenus jus- qu'en 1905. La tendance « de longue durée », depuis 1892. pour les bois, étant à la hausse, leur participation à la dépression a pu consister en une stagnation des prix, sinon en un fléchissement effectif (2).
Pour le chêne et le noyer, qui sont moins proprement
(1) Rapport de la Commission des Valeurs de douane pour 1907, p. 158; Rapport pour 1908, p. 209.
(2) On nous parle en effet, après la crise de 1900. " d'un ralentis- sement dans les travaux de construction succédant à une période d'extrèrae activité >>. D'après les évaluations de la Commission des Valeurs de douane pour 1901. p. 156.
^ LES CRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
des bois à construire, l'obéissance au rythme général des prix s'observe encore pour certains cycles, mais non pour d'autres.
Vraisemblablement, les industries de l'ameublement sont moins régulièrement que les industries du bâtiment engagées dans les fluctuations cycliques.
Mais il paraît sûr que ce qui, pour les industries du bâtiment, indique une coopération aux mouvements ryth- miques généraux des pr-xx ne tient pas uniquement au fait que ces industries constituent partiellement des industries productrices de capitaux fixes, mais tient aussi à leur carac- tère d'industries productrices d'objets de consommation.
On verra, en effet, plus tard, les oscillations cycliques qu'accusent les statistiques relatives aux maisons nouvelle- ment bâties, l'accroissement de leur construction durant la prospérité, le fléchissement pendant la dépression. Le ta- bleau en appendice à ce chapitre indique aussi un rythme intéressant à noter dans le rendement des droits d'octroi à Paris relatifs aux matériaux et bois à ouvrer. C'est encore, en général, une augmentation dans la prospérité et une diminution dans la dépression. Or, il est permis de penser, puisqu'il s'agit de Paris, que le rythme est dû aux mou- vements dans les entrées de matériaux pour l'édification de maisons plutôt que d'usines. L'élévation des prix du bois durant les périodes de prospérité générale et leur recul devant les périodes de dépression résultent ainsi, au moins pour partie, de variations dans l'importance de la construction de maisons, biens de consommation.
SECTION II
FLUCTUATIONS CYCLIQUES DES PRIX DE PRODUITS DIVERS DANS LES INDUSTRIES DU BATIMENT ET DE l'aMEUBLEMENT
Les matériaux de construction autres que le bois, ainsi que les divers objets d'ameublement, participent-ils aux fluctuations périodiques générales des prix ?
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX 59
Si on se réfère aux évaluations de la Commission des Valeurs de douane, si on compulse les volumes annuels qui indiquent ces évaluations, on ne trouve cette partici- pation ni pour la plupart des matériaux de construction, tels que pierres de taille, briques, ardoises, tuiles, ni pour des objets d'ameublement, tels que meubles en bois courbé, porcelaine, coutellerie. Les prix restent immobiles pendant de longs espaces de temps. Lorsqu'enfm ils varient, les variations n'ont rien de commun avec nos cycles.
Le tableau III nous montre cependant, d'après les éva- luations de ladite Commission, des fluctuations des prix présentant une assez grande concordance avec les oscil- lations cycliques générales des prix pour les verres à vitre, les bouteilles, le ciment. L'intensité des oscillations dans la prospérité et la dépression est souvent fort accen- tuée.
Hors de France, si nous nous reportons aux index num- bers des prix que le bureau du travail des Etats-Unis nous donne depuis 1890, nous constatons des mouvements sem- blables à ceux des cycles généraux des prix, non seule- ment pour le bois mais pour d'autres matériaux de cons- truction et pour divers objets d'ameublement. C'est ce dont on peut se rendre compte d'après notre tableau IV. Mais pour comprendre l'allure des prix américains il ne faut pas oublier que les Etats-Unis ont éprouvé d'une part, en 1890 et 1900. le contre-coup des crises internationales, d'autre part, en 1893 et 1903. deux crises nationales. De là les deux baisses successives des prix après 1890 et 1893, puis après 1900 et 1903 qu'on a déjà signalées pour les index numbers généraux des prix et qu'on observe aussi parfois pour les prix des marchandises dont il est question dans le tableau IV.
La coopération aux oscillations cycliques des prix qu'on décou\Te dans les statistiques américaines pour beaucoup de matériaux de construction et aussi, quoique avec une régularité moindre, pour divers objets d'ameu-
60 LES GRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
blement, contraste avec la fixité des prix qui résulte, sauf pour le bois et quelques autres produits, des données de la Commission des Valeurs de douane en France. Les prix des matériaux de construction, des objets d'ameublement' sont-ils, en France, moins sensibles à l'influence de la suc- cession des périodes de prospérité et de dépression que les prix aux Etats-Unis? Ou bien convient-il, de même que pour certains instruments de production, certaines ma- chines dont il a été déjà parlé, de n'avoir que peu de confiance dans celles des estimations de la Commission des Valeurs de douane qui restent immobiles pendant de trop longs intervalles de temps? Aucune réponse certaine n'est possible à cette question.
Mais il reste en tout cas que quelques-unes des matières premières et quelques-uns des produits des industries du bâtiment ou de l'ameublement subissent bien les fluctua- tions périodiques des prix. En outre, il faut observer que les objets de consommation en métal dont il a été montré plus haut la coopération aux cycles périodiques consti- tuent pour partie, comme les articles de ferronnerie et de serrurerie, des matériaux de l'industrie du bâtiment ou, comme les articles de ménage et les ouvrages en fonte moulée, des objets d'ameublement. On peut ainsi, somme toute, conclure à une participation au rythme économique do certaines branches au moins des industries du bâti- ment et aussi, quoique à un moindre degré, de certaines sections de l'industrie de l'ameublement.
t
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX 61
APPENDICE
Tableau I. — Succession des prix maxima et minima des prix du bois à l'importation en France (1)
Bois à construire 'bois autres que le chêne et le noyer)
|
Bois brut ou équarri (le stère) Années Fr. |
Bois sciés |
|||||
|
d'une épaisseur de plus de 80""" lie stère) |
d'une épaisseur de moins de SO"/" Me mètre) |
|||||
|
— |
— |
Années |
Fr. |
Années Fr. |
||
|
1867 1872 1873 187o [1878 1879 |
57 38 45 iO 45] 35 |
1867 |
55 |
1867 1,10 |
||
|
1872 1874 1875 1880 |
45 60 50 75 |
1872 0,40 1874 0,75 1880 0,65 |
||||
|
1880 Prix rie Années |
40 a tonne Fr. |
Bois s |
ciés de toi Prix de 1 Années |
lies catégories a tonne Fr. |
||
|
1881 1887 1891 |
50 30 55 brut |
1881 1888 1891 |
115 80 95 |
|||
|
Bois |
De plus de 80 mi li mètres |
De 80 à 35 De moins millimètres de 35 millim. |
||||
|
seulement |
(la to |
ine) |
— |
— |
||
|
Années |
Fr. |
Années |
Fr. |
Années |
Fr. A |
nnées Fr. |
|
1892 |
50 |
1892 |
70 |
1892 |
80 |
1893 90 |
|
1900 |
75 |
1901 |
100 |
1900 |
105 |
1900 110 |
|
1905 |
75 |
1905 |
100 |
1905 |
105 |
1905 110 |
|
1907 |
80 |
1907 |
110 |
1907 |
115 |
1907 120 |
|
1909 |
70 |
1909 |
95 |
1909 |
100 |
1909 95 |
(1) D'après les évaluations de la Commission des valeurs en douane. Je rappelle que les minima sont en italiques et que les chiffres entre crochets indiquent des ma.Kima ou minima survenant à des moments assez éloignés du terme de la prospérité ou de la dépression géné- rale.
62
LES GRISES PERIODIQUES DE SURPRODUCTION
Tableau I bis. — Succession de prix maxima et minima
|
Bois de ch |
éne brut Prix |
Bois de noyer Années |
brut 01 Pri |
1 êquarri |
|
|
X du stère |
|||||
|
Années |
de la |
— |
— |
||
|
— |
tonne |
1860 |
65 |
||
|
1862 |
400 |
1874 |
65 |
||
|
1868 |
122 |
1880 |
m |
||
|
4819 |
56 |
Prix de la tonne |
|||
|
1880 |
78 |
1882 |
65 |
||
|
1885 |
ib |
1888 |
60 |
||
|
1891 |
70 |
1891 |
85 |
||
|
1892 |
65 |
Bois |
de |
noyer 1 |
jrml |
|
1901 |
100 |
4898 |
480 |
||
|
1906 |
400 |
1899 |
200 |
||
|
1906 |
110 |
1905 |
200 |
||
|
1909 |
440 |
1906 1909 |
220 220 |
«
LES OSCILLATIONS PERIODIQUES DES PRIX
63
Tableau IL — Succession des rendements maxiina et mi- nima du montant des droits d'octroi, à Paris, sur les matériaux et bois à ouvrer (1)
Années Millions de francs
1872 8,1
i874 7,3
1882 19,3
1886 /0,i
1892 13,5
J894 12,5
1899 18,0
J90J 12,4
[1903 13,8]
1905 12,8
1907 13,8
1908 13,2
Tableau III. — Succession des maxima et minima des prix à l'exportation de France (2),
Verres à vitre Bouteilles Ciment
|
Prix fin |
Priï du |
Prix du |
|||
|
Années |
quintal |
Années |
quintal |
Années |
quintal |
|
1872... |
- 52 |
1871 . . . |
26 |
1888... |
• 4,3 |
|
1881... |
28 |
1888.... |
10,3 |
1891... |
. 4,8 |
|
1884. . . |
36 |
1894.... |
13,5 |
1897... |
. 3,0 |
|
1888... |
23,3 |
1897.... |
12,2 |
1900... |
. 5,0 |
|
1890. . . |
. 30 |
1900.... |
15,0 |
1906. . . |
. 3,3 |
|
1893. . . |
23,25 |
1903.... |
13,7 |
1908. . . |
. 3,5 |
|
1901... |
. 35,75 |
1908. . . . |
15,2 |
||
|
1903... |
. 26,4 |
||||
|
1907... |
. 29,0 |
||||
|
1909. . . |
. 27,4 |
(1) D'après les Statistiques municipales de la ville de Paris.
(2) D'après les évaluations de la Commission des Valeurs de douane.
64
LES CRISES PERIODIQUES DE SURPRODUCTION
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O
CHAPITRE VII Les fluctuations cycliques dans les chemins de fer
La participation des industries des transports, en parti- culier des chemins de fer, aux fluctuations périodiques, ne peut, à raison de la difficile variabilité des tarifs, se manifester par les mouvements des prix. Mais on peut substituer à l'observation des prix celle des recettes. Sans doute les oscillations des recettes brutes se rattachent plus au rythme de la production qu'à celui des prix, qui est seul étudié en ce moment, et celles des recettes nettes se rappro- chent du rythme des 'profits. Il est permis de penser cepen- dant que la recette brute, surtout la recette brute par unité de longueur, la recette brute kilométrique dans les chemins de fer. tout en ne constituant pas une notion identique aux prix, peut être tenue pour un indice de l'état de l'industrie un peu analogue aux prix. Les variations de l'intensité du besoin de locomotion qui, à cause de l'immobilité des ta- rifs, ne peuvent se traduire par les mouvements des prix se traduisent par les mouvements des recettes.
Le tableau I en appendice à ce chapitre donne la suc- cession des recettes brutes maxima et minima par unité de longueur (^kilomètre ou mille anglais) dans les che- mins de fer de France, d'Angleterre, des Etats-Unis et d'Allemagne.
Le rythme des recettes brutes des chemins de fer rap-
66 LES CRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
pelle d'ordinaire le rythme général des prix. La recette brute augmente dans la prospérité et diminue dans la dépression. Il faut cependant observer, surtout dans les derniers cycles, la prolongation des périodes d'ascension des recettes, la brièveté des périodes de décroissance. Par- fois même, comme en France après la crise de 1907, comme aux Etats-Unis après la crise de 1903, ce fut seu- lement un ralentissement dans l'augmentation des re- cettes au lieu d'une diminution effective. Le mouve- ment « de longue durée » des recettes brutes étant un mou- vement d'accroissement, principalement dans les derniers temps, l'influence des fluctuations cycliques sur les che- mins de fer peut se trouver ainsi un peu masquée. Les variations de la recette brute ne sont donc pas très sympto- matiques de l'état économique général. Malgré la crise, la recette souvent ne fléchit pas ou ne fléchit pas immédia- tement. Au contraire, quand elle a décru, il peut arriver qu'elle se remette à progresser bien avant le retour de la prospérité générale.
Ce qui vient d'être dit de la recette brute kilométrique est plus exact encore des recettes brutes totales. La con~ struction de nouvelles lignes ferrées contribue à prolonger la durée des périodes de hausse des recettes totales et à abréger celle des périodes de baisse.
* * *
C'est aussi à cause de ce mouvement ascendant de longue durée, qui fréquemment ne laisse pas apercevoir par une diminution des recettes l'influence de la crise, que je renonce à donner le tableau des fluctuations des recettes pour les postes, le télégraphe, le téléphone.
LES OSCILLATIONS PERIODIQUES DES PRIX
67
APPENDICE
Tableau I. — Succession des recettes brutes maxima H minima dans les chemins de fer
|
France (1) |
Angleterre (2) |
Etats-Unis (3) |
Allemagne (4) |
||||
|
Chemins de fer d'intérêt général Recettes Kilométr. Années Fr. |
Recettes par mille anglais Mille Années liv.st. |
Recettes par mille anglais Mille Années dollars |
Recettes brutes par kilomètre Mille Années marks |
||||
|
1842 |
25,176 |
1857 |
2,7 |
1873 |
7,9 |
1874 |
33,3 |
|
1847 |
43,154 |
1858 |
2,5) |
1878 |
6,2 |
1880-81 |
26.3 |
|
1849 |
50,472 |
1863 |
2,5\ |
1881 |
7,5 |
1883-84 |
28,3 |
|
1855 |
53.087 |
1867 |
2,8 |
1885 |
6,3 |
1885-86 |
26,8 |
|
1858 |
42,780 |
1869 |
2,7 |
[1887 |
6,9] |
1891 |
31,8 |
|
[1861 |
49,224 j |
1876 |
3,6 |
1889 |
6,5 |
1892 |
31,4 |
|
[1863 1867 |
43,738] 45,180 |
1879 1883 |
3,4 3,7 |
1893 1893 |
7,2 6,1 |
Recettes brutes totales |
|
|
1870 1873 |
40,810 45.950 |
1886 1891 |
3,4 3,9 |
1903 i904 |
9.3 9,3 |
M Années |
illionsde marks |
|
1874 |
43,672) |
1893 |
3,7 |
1907 |
11,4 |
1900 |
2,031 |
|
1S77 |
42,281\ |
1900 |
4,52 |
1908 |
10,5 |
1901 |
1,973 |
|
1879 |
42,503 |
1901 |
4,51 |
1907 |
2,745 |
||
|
1R80 |
45,964 |
1907 |
4,85 |
1908 |
2.698 |
||
|
1888 |
33,636 |
1909 |
4,7.3 |
||||
|
1889 |
35,224 |
||||||
|
1892 |
33,927 |
||||||
|
1900 |
39,788 |
||||||
|
1901 |
38,041 |
||||||
|
1907 |
42,599 |
||||||
|
1908 |
43,i82 |
(1) D'après les volumes de la Statistique des chemins de fer fran- çais.
(2) D'après le Statistical Abstract for the United Kingdom.
(3) D'après les volumes annuels du Statistical Abstract of the United States. Les chiffres depuis 1893 sont relatifs à l'année fiscale américaine, qui commence en juin, et ont été calculés par moi d'après les recettes brutes totales annuelles que le Statistical .-ibstract em- prunte aux publications de Ylnterstate Commerce Commission.
(4) Daprès le Statistiches Jahrbuch fur das deutsche Reich.
CHAPITRE VIII Les oscillations cycliques des prix des matières textiles
Avec les industries textiles, on aborde l'examen d'indus- tries qui sont presque exclusivement des industries pro- ductrices d'objets de consommation.
Pour connaître le degré de participation des industries textiles aux fluctuations cycliques des prix, on peut d'abord jeter un regard d'ensemble sur les mouvements des prix des matières premières. De même que pour les matières minérales, M. Sauerbeck a dressé pour les ma- tières textiles considérées collectivement des index num- bers de leurs prix. D'après ces index numbers on peut établir la succession des maxima et minima qu'on trou- vera dans notre tableau I en appendice.
A en juger d'après le rythme des prix des matières pre- mières que fait apparaître ce tableau, et malgré quelques petites irrégularités, les industries textiles figurent fort souvent parmi les industries qui se trouvent favorisées pendant les périodes de prospérité générale et gravement atteintes pendant les périodes de dépression générale.
Uintensité des oscillations cycliques des prix des ma- tières textiles se révèle aussi assez élevée. Le calcul des moyennes donne les résultats suivants :
Uausse moyenne Baisse moyenne
des prix par des prix" par
])iiase de prospérili'' phase de dépression
Matières textiles 33 p. 100 24 p. 100
Matières minérales 36 — 24 —
Index numbers généraux
des prix 17 — 16 —
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX 69
La moyenne des hausses et des baisses est peut-être pour les matières textiles un peu forcée du fait de la grande hausse des prix de 1864, due non pas à une ère de prospérité, mais à la famine du coton occasionnée par la guerre de Sécession. Si cependant on substitue, dans le calcul de la moyenne, au chiffre excessif de l'année 1864, celui de l'année 1866 qui est bien la dernière année d'une phase de prospérité pour les industries textiles, on arrive à des proportions encore assez considérables, à une hausse moyenne de 27 p. 100 par période de prospérité et à une baisse moyenne de 21 p. 100 par période de dépression.
Les prix des matières textiles accuseraient donc les fluctuations rythmiques générales avec moins de régula- rité et avec moins d'intensité que les matières minérales. Mais ils sont loin de demeurer étrangers à ces fluctuations.
Peut-on dire que les mouvements de hausse ou de baisse des prix des matières textiles ne commencent que postérieurement à ceux des matières minérales et voir dans ce fait la preuve que les industries productrices de capi- taux fixes sont les industries motrices des cycles et que les industries productrices de biens de consommation ne sont touchées que par répercussion ?
Il faut remarquer d'abord que si même l'antériorité des oscillations des prix des matières minérales était certaine, elle ne prouverait pas l'antériorité des mouvements dans les industries productrices de capitaux fixes. Les matières minérales, on l'a rappelé, constituent la matière première d'industries de biens de consommation aussi bien que d'industries productrices de capitaux fixes.
En outre et en tout cas cette prétendue antériorité ne résulte pas de la comparaison des maxima et minima des deux catégories de matières. Qu'on confronte en effet les dates dans les tableaux relatifs à ces deux ordres de matières, et on notera le plus souvent soit la simultanéité des dates, soit même une antériorité pour les matières textiles.
70 LES CRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
On peut faire porter la comparaison non pas seulemeiit sur les index numbers annuels des prix, mais encore sur îes index numbers trimestriels que M. Sauerbeck nous donne depuis quelque vingt-cinq ans. Or, dans notre ta- bleau II en appendice, on verra que pour les crises de 1800, 1900, 1907, la baisse a commencé pour les prix tri- mestriels des matières textiles avant celle des prix trimes- triels des matières minérales. Les prix en baisse étant mis en italiques, on constatera que les italiques débutent chaque fois pour les matières textiles plus tôt que pour les matières minérales.
Je n'ai garde de conclure de là que la crise s'abat sur les industries textiles avant de se propager aux matières minérales. Nos observations sont trop peu nombreuses ou trop incertaines (1). Je me contente de signaler que l'affir- mation de l'antériorité des oscillations pour les prix des matières minérales n'est pas confirmée par les faits qui précèdent. Ici encore, comme dans notre enquête sur les industries métallurgiques, on n'a nullement trouvé la preuve que les industries productrices de capitaux fixes soient les seules à être nettement entraînées dans les fluctuations cycliques ni même soient à coup sûr les in- dustries motrices des oscillations générales.
(1) En outre, il faut tenir compte du fait que les index numbers des prix des matières minérales de M. Sauerbeck sont calculés d'après einq prix de métaux et deux prix de charbon. Comme les oscilla- tions du charbon retardent parfois sur les oscillations générales, il se pou<Tait que dans des index numbers relatifs uniquement à des prix de métaux, les débuts des mouvements fussent apparus parfois antérieurs à ceux que marquent actuellement les index numbers des matières minérales.
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX 71
APPENDICE
Tableau I. — ■ Succession des index numbers maxima et niinima des prix des matières textiles
Années Prix
1847 78
i848 64
1854 98)
1857 92'
^858 84
1864 162)
1866 130^
/57/ W3
1872 114
^879 74
1880 . 81
i886 63
1889 70
^895 52
[1896 54]
i898 5/
1900 66
^90^ 60
1906 80
i908 62
72
LES CRISES PERIODIQUES DE SURPRODUCTION
Tableau II. — Comparaison du début de la baisse des prix des matières textiles et des matières ininérales
(d'après les index numbers trimestriels de M. Sauerbeck)
Crise de 1890
Matières textiles
Années 1889 1890 1891
Matières minérales 1889 1890 1891
l*-^ trimestre. 69,9
2' trimestre. 69,1
3" trimestre. 69,6
4' trimestre. 70,7
Années 1899
1" trimestre. 52,8
2' trimestre. 54,6
3* trimestre. 57,5
4* trimestre. 68,7
Années 1906
l"' trimestre. 76,5
2" trimestre. 81,3
3" trimestre. 80,1
4* trimestre. 80,4
|
69,1 61,2 |
74,9 |
80,6 |
78,4 |
|
66,7 59,2 |
69,0 |
78,3 |
77,7 |
|
64,6 58,4 |
72,6 |
81,7 |
76,6 |
|
62,7 58,6 |
83,9 |
80,5 |
73,9 |
|
Crise de 1900 |
|||
|
1900 |
1899 |
1900 |
|
|
70,6 |
83,7 |
107,9 |
|
|
65,4 |
89,2 |
108,6 |
|
|
64,5 |
96,3 |
111,0 |
|
|
60,9 |
98,8 |
105,5 |
- |
|
Crise de, 1907 |
|||
|
1907 |
1906 |
1907 |
|
|
80,0 |
96,7 |
112,2 |
|
|
79,8 |
99,1 |
112,6 |
|
|
76,8 |
101,4 |
106.5 |
|
|
71.2 |
110,5 |
95.9 |
CHAPITRE IX
Les fluctuations cycliques des prix dans l'industrie
cotonnière
SECTION PREMIERE
LE RYTHME DES PRIX DE LA MATIÈRE PREMIÈRE
J'arrive maintenant à l'observation de ce qui concerne les grandes industries textiles, envisagées séparément. Je commence par l'industrie cotonnière.
Pour cette industrie comme pour toutes les autres, il convient de diriger d'abord son attention sur les oscilla- tions des prix de la matière première. Dans notre tableau I, ajouté en appendice à ce chapitre, on trouvera la succes- sion des prix maxima et minima du coton brut, du coton en laine, Middling uplands, d'après les index numbers de M. Sauerbeck.
On constate pour les prix du coton une alternance assez régulière d'années de hausse et de baisse coïncidant d'or- dinaire avec les oscillations périodiques générales des prix. Les maxima sont ainsi atteints l'année de la crise ou l'année qui précède la crise, en 1847. 1857, 1872, 1880, 1890, 1900, 1907. Les chifYres mis entre crochets révèlent cependant des discordances avec les mouvements cycli- ques généraux, discordances dues, sans doute, à des varia-
74 LES CRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
tions capricieuses des récoltes cotonnières. A quoi il faut ajouter que la hausse énorme des prix du coton en 1864 ne résulte pas de la prospérité industrielle, mais, comme on le sait, de la pénurie de coton déterminée par la guerre de Sécession.
L'industrie cotonnière, dans la mesure où on peut le présumer d'après le cours de sa matière première, parti- cipe donc bien aux cycles économiques. Et elle y parti- cipe avec une grande intensité. La hausse pendant la pros- périté et la baisse pendant la dépression atteignent sou- vent de très notables proportions. Qu'on calcule les moyennes en faisant abstraction des chiffres entre cro- chets et en prenant comme maximum du cycle qui se meut autour des crises de 1864-1866 non pas le chiffre de 1864 dont l'élévation excessive tient à des faits étrangers à notre matière, mais le chiffre de l'année 1866, laquelle constitue bien le terme d'une période de prospérité. On obtient les résultats suivants, que je rapproche d'autres moyennes antérieurement calculées.
Coton
Index numbers génér. Matières minérales . Fonte
|
Hausse moyenne |
Baisse moyenne |
|
des prix par ériode de prospérité |
des prix'par période de dépression |
|
53 p. 100 |
32 p. 100 |
|
17 |
16 |
|
36 |
24 |
|
53 |
32 |
Les variations des prix sont donc, pour le coton, plus fortes que pour les index numbers généraux, et même que pour les matières minérales. Elles sont égales à celles de la fonte.
On peut aussi, entre fonte et coton, établir une compa- raison dont seraient exclus le cycle se déroulant autour de la crise de 1866, oh la hausse du coton a été extrême, et aussi le cycle se déroulant autour de la crise de 1873, où la hausse de la fonte a été exceptionnelle. A cet effet.
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX 75
on peut calculer la moyenne des oscillations des prix dans ces trente dernières années, de 1878 à 1909. On trouve alors, d'après les données de M. Sauerbeck :
Coton Ponte
|
Hausse moyenne |
Baisse moyenne |
|
31 p. 100 |
24 p. 100 |
|
31 |
20 |
C'est donc à nouveau, approximativement, l'égalité dans les fluctuations moyennes des prix des deux matières.
Quant à la comparaison des dates oii débutent les mou- vements des prix pour la fonte et le coton, elle ne révèle dans l'ensemble aucune antériorité ni pour l'une ni pour l'autre matière.
L'industrie cotonnière paraît donc bien être encore une de ces industries de biens de consommation qui ne res- tent pas étrangères aux fluctuations cycliques des prix et pour lesquelles il n'est pas prouvé qu'elles ne soient atteintes que par répercussion.
SECTION II
LA FILATURE DE COTON ET SA PARTICIPATION AUX OSCILLATIONS
CYCLIQUES DES PRIX
Les fluctuations des prix de la matière première ne cons- tituent qu'un indice fort imparfait de l'état de l'industrie. Ce qu'il faudrait connaître, ce sont les variations des prix du produit fabriqué. Dans ce but. on doit recourir aux évaluations de la Commission des Valeurs de douane, tant pour les filés que pour les tissus. J'ai dit les raisons de n'user qu'avec une grande prudence des chiffres de la Commission relatifs aux prix des produits fabriqués. Mais si, en général, il résulte de ces chiffres une alter- nance régulière des hausses et des baisses des prix con- cordant avec les cycles généraux, il semble bien que le
76 LES GRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
phénomène ne puisse être dû au hasard mais corresponde à la réalité.
Je donne en appendice dans le tableau I la succession des prix maxima et minima du fil de colon simple écru à Vim/portation en France, qu'on peut établir d'après les évaluations de la Commission des Valeurs de douane, en omettant quelques menues fluctuations irrégulières. J'y ajoute le tableau de l'écart entre ces prix maxima et minima du fil et ceux de la matière première importée en France aux mêmes années, d'après la même source.
On observe ainsi pour les prix des fils de coton un rythme analogue à celui des index numbers généraux des prix. On constate aussi que dans les années extrêmes de hausse du fil, la hausse excède d'ordinaire celle de la matière brute. Dans les années de baisse, la baisse du fil excède celle de la matière. Une exception existe cependant. En 1895, le prix fléchit sans que fléchisse l'écart avec la matière première. De 1893 à 1896-1897, en effet, d'après les Rapports de la Commission des Valeurs de douane, la filature aurait bien souffert de la surproduction en Angle- terre. Mais elle aurait été assez prospère sur le continent européen, peut-être à cause du renforcement de la pro- tection douanière dans divers Etats du continent.
Sauf ce cas. ce qui se manifeste, c'est que quand la prospérité se dessine, hausse le prix de la matière, hausse aussi et davantage le prix du fil, s'accroît par suite le profit. Puis dans la dépression décline le prix de la ma- tière, décline davantage le prix du fil et partant fléchissent les bénéfices (1).
(1) En 1907, par exemple, dernière année d'une phase de pros- périté, d'après le Rapport de la Commission des Valeurs de douane pour 1907 (p. 287), " la hausse des filés a dépassé celle de la matière première, et les bénéfices... ont été très satisfaisants ». En 1908, après- la crise, « la baisse du fll fut beaucoup plus rapide que celle de la matière première, si bien que, d'un bout à l'autre de l'année, la marge des bénéfices se réduisit de plus en plus et finit par dispa-
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX 77
Nous avons pu effectuer plus haut une comparaison entre variations des prix du coton et de la fonte. Une com- paraison semblable serait fort instructive entre les filés de coton et certains instruments de production, en parti- culier les métiers à filer. Malheureusement, on sait que pour les capitaux fixes nos documents sont trop maigres et trop incertains. Si nous nous reportons aux seuls que nous possédions, aux chiffres que j'ai indiqués précédem- ment, d'après la Commission des Valeurs de douane, nous trouvons, pour les métiers à filer de toutes espèces, entre 1895 et 1909, les fluctuations que voici et que je confronte avec celles des prix des filés de coton durant le même temps :
Métiers à filer. . Filés de coton . .
Loin que, comme on le prétend, les oscillations des prix soient beaucoup plus accentuées pour les instruments de production, ce seraient celles des biens de consommation qui seraient formidablement plus accusées. Mais la briè- veté du temps sur lequel porte la comparaison et les doutes qui me paraissent s'imposer à l'égard des estimations de la Commission des Valeurs de douane relatives aux prix des métiers à filer amoindrissent grandement la portée de cette comparaison. Tout ce qu'on peut noter c'est que, cette fois encore, les faits ne confirment pas l'opinion d'après laquelle les industries productrices de
|
Hausse moyenne |
Baisse moyenne |
|
9 p. 100 |
8 p. 100 |
|
76 — |
39 |
raître » Rapport pour 1908, p. 343) . En effet, le mouvement des prix fut le suivant, d'après la même source (Ibid., p. 342) :
Taux Fin 1907 Fin litos ilela liaisse
Coton très ordinaire 1 fr. 45 / fr. 12 22 p. 100
Chaîne Amérique n° 28 3 fr. 05 2 fr. 05 33 p. 100
Différence 1 fr. 60 0 fr. 93 42 p. 100
78 LES CRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
capitaux fixes seraient seules atteintes ou beaucoup plus atteintes que les industries de biens de consommation par les fluctuations périodiques.
SECTION III
LE TISSAGE DE COTON ET LE RYTHME DES PRIX
Le tissage de coton subit-t-il, comme la filature, des oscillations cycliques des prix ? Pour qu'on s'en rende compte, j'indique dans notre tableau I les prix maxima et minima successifs des tissus de coton écrus et blanchis importés en France, d'après les évaluations de la Commis- sion des Valeurs de douane. Mais j'ai dû supprimer un certain nombre de petites variations étrangères à nos cycles qui auraient trop grandement encombré notre tableau.
Pour le tissage de coton, on retrouve encore, quoique avec moins de netteté que pour la filature, l'alternance des hausses et des baisses des prix correspondant aux oscil- lations cycliques générales.
Il aurait été intéressant d'ajouter à notre tableau, pour le tissage aussi, l'écart entre les prix du produit fabriqué et ceux de la matière première, entre les prix des tissus et ceux des filés de coton, d'après la même source. Mais il a fallu y renoncer parce qu'à cause de la diversité des qualités et à cause de particularités tech- niques, qu'il est inutile d'exposer ici, le kilogramme de fil importé a été souvent évalué à un prix supérieur à celui du tissu. On ne peut donc pas du prix du tissu retrancher une somme qui est plus élevée!
Mais fréquemment, il a dû arriver que dans la pros- périté la hausse du prix du tissu a dépassé celle du prix de la matière première, accroissant ainsi les profits des
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX 79
fabricants de tissus (1). Dans la dépression, la chute des prix des tissus a dû maintes fois excéder celle des filés, réduisant ainsi les profits des fabricants (2). Pour cer- taines années cependant, les Rapports de la Commission des Valeurs de douane signalent le fait inverse : la pros- périté excessive de la filature contrarie alors celle du tis-- sage, dont elle majore trop fortement le coût de la matière première.
Si on calcule d'après la même source, d'après les prix à l'importation évalués par la Commission des Valeurs de douane, Vintensité moyenne par période de prospérité et de dépression de la hausse et de la baisse des prix pour le coton en laine, les filés de coton et les tissus de coton, de 1870 à 1908, on trouve les chiffres suivants :
Hausse moyenne Baisse moyenne
des prix par _ des prixpar
phase de prospérité phase de dépression
Coton en laine.. 27 p. 100 28 p. 100
Filés de coton ... 39 — 39 —
Tissus de coton. .27 — 20 —
En moyenne, les oscillations seraient moins accusées pour la matière brute que pour le filé, plus fortes, au
(1) Au sujet de la prospérité qui se termine en 1907. le Rapport de la Commission des Valeurs de douane pour 1907 nous apprend (p. 295^ que « pour nos fabricants de tissus... cette année 1907 mar- quera comme ime époque d'exceptionnelle prospérité... Sans doute le tissage a dû payer les fils... beaucoup plus cher... mais il a pu augmenter ses prix de vente... «
(2) Après la crise de 1907, la baisse du tissu aurait été supérieure à celle des filés, d'après le Rapport de la Commission des Valeurs de douane pour 1908 (p. 350), puisque la chute des prix aurait été la suivante :
Coton en laine Baisse de 27,5 p. 100
Filés de coton — 28 —
Tissus de coton — 31 —
80 LES GRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
contraire, pour ce dernier produit que pour le tissu. L'ob- servation faite au sujet des industries métallurgiques, que les prix des produits fabriqués présenteraient des fluc- luations cycliques moins accentuées que celles des prix de leurs matières premières, ne reçoit donc ici qu'une demi-confirmation. Il faut donc tenir cette plus grande ampleur des mouvements des prix des matières premières pour un phénomène très fréquent, mais non pour une règle absolue.
SEGTIOr^ IV
AUTRES TÉMOIGNAGES EN PAVEUR DE LA PARTICIPATION DE l'industrie GOTONNIÈRE AUX CYCLES ÉCONOMIQUES
Les Rapports annuels de la Commission des Valeurs de douane sur l'industrie cotonnière apportent un complé- ment intéressant aux enseignements tirés des tableaux des prix dressés d'après les évaluations de la même Com- mission.
Certains de ces Rapports s'expriment sans doute de manière peu explicite sur la situation de l'industrie pen- dant l'année à laquelle ils se réfèrent. En dépit de ces imprécisions, voici à peu près comment, après la lecture des 38 Rapports annuels qui se sont succédé depuis le début du dernier quart du xix' siècle, on peut résumer à grands traits les vicissitudes de l'industrie cotonnière en France :
[ 1874-1875 Prospérité] .
1876-1879 Dépression.
1880-1882 Bonnes années.
1883-1886 Dépression.
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX 81
1887-1890 Prospérité (plus accusée
pour la filature).
1891-1892 Années médiocres.
[1893-18U6 Prospérité].
1897-1898 Dépression.
1899-1900 Prospérité.
1901-1905 Dépression.
1906-1907 Prospérité extrême.
1908-191 1 Dépression.
Deux périodes de prospérité dans ce tableau n'ont rien de commun avec les fluctuations cycliques générales. La prospérité de 1874-1875, spéciale à l'industrie cotonnière française, nous est expliquée dans les Rapports de la Commission par l'écoulement aisé des filés en France où manque l'important apport des filatures d'Alsace. Celle de 1893-1896 a été déjà signalée comme une période de prospérité sur le continent européen, coïncidant avec une dépression en Angleterre et comme étant peut-être due au renforcement de la protection douanière à cette époque dans divers Etats du continent. Mais sauf ces deux excep- tions, l'histoire de l'industrie cotonnière française reflète assez fidèlement les fluctuations cycliques g-énérales.
* * *
Les données empruntées à des sources autres que les sources françaises conduisent aux mêmes conclusions. Le bureau du travail des Etats-Unis nous fournit depuis 1890 des renseignements sur les prix de nombreux pro- duits, et en particulier sur de nombreux articles en co- ton. Le tableau des maxima et minima successifs qu'on peut dresser d'après ces prix, et qu'il a semblé inutile de reproduire ici, montrerait pour les divers articles en coton, filé, calicot, flanelle de coton, shirting, coton im- primé, et d'autres encore, une grande concordance dans les variations des prix avec les variations cycliques gé-
82 LES CRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
nérales. Une exception s'observe cependant. La hausse des prix des articles en coton, au lieu de s'achever en 1903, année de la crise américaine, se prolonge encore en 1904 à cause du déficit de la récolte cotonnière de 1903.
* * *
Pour TAngleterre, nous disposons de documents très précieux relatifs aux profits de la filature de coton dans les sociétés anonymes du Lancashire depuis un quart de siècle. Je réunis les informations qui nous sont données à ce sujet dans un tableau inséré plus loin, dans les pages relatives aux mouvements des profits. Mais il est per- mis d'y faire allusion ici comme témoignage de la coopé- ration de l'industrie cotonnière aux cycles périodiques. Qu'on se reporte en effet au tableau en question. On consta- tera pour rAngieterre, le plus important centre de l'in- dustrie cotonnière du monde (1), une régularité frappante dans la participation de la filature de coton aux cycles qui se sont déroulés autour des crises de 1890, 1900, 1907.
J'ajoute enfin que les salaires aussi, dans l'industrie co- tonnière anglaise, subissent des oscillations périodiques qui coïncident avec celles des prix et des profits. Comme ©n le verra plus tard, ces oscillations, aussi fortes que celles des salaires des ouvriers appartenant à diverses industries métallurgiques, atteignent les proportions sui- vantes r
Hausst- c^■('li(lue Baisse
Salaires dans l'industrie coton- moyeime moyenne
nière 14 p. 100 3 p. 100
Salaires dans les industries
métallurgiques 11 — 4 —
(1) Encore aujourd'hui, malgré le développement considérable de El filature de coton sur le continent européen, le nombre de broches anglaises dépasse le nombre total de broches dans les autres pays d'Europe. Il y aurait 56 millions de broches en Angleterre contre 40 millions sur le continent européen.
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX 83
* * ♦
Qu'il s'agisse des prix de la matière première, des pro- duits fabriqués, filés ou tissus, des profits ou des salaires, les observations concordent et montrent une participa- tion très fréquente et fort accentuée de l'industrie coton- nière aux fluctuations cycliques générales (1). Voilà bien une industrie productrice de biens de consommation qui n'échappe nullement au rythme économique. Sans doute l'inconstance des récoltes cotonnières vient parfois trou- bler la parfaite régularité des mouvements alternés. A raison de quoi l'industrie du coton doit être tenue comme moins symptomatique de l'état industriel général que les industries métallurgiques. Mais d'une part, dans l'en- semble, l'allure de l'industrie cotonnière demeure néan- moins assez analogue à celle des industries métallur- giques. D'autre part, je me répète, ces dernières ne sont pas exclusivement productrices de capitaux fixes et englo- bent nombre d'industries de biens de consommation.
(1) Mon étude ne porte ici. comme dans l'ensemble de ce travail, que sui- des faits qui ne remontent pas au delà, du milieu du XIX' siècle. Mais dans la première moitié du siècle, d'après les don- nées relatives à l'Angleterre qu'on trouve dans l'ouvrage de M. Tu- gan-Barano\\sky. le rôle de l'industrie cotonnière dans les cycles périodiques a été aussi et peut être plus important que depuis lors. A l'aide d'un tableau qu'il nous donne {op. cit., p. 281) on peut dresser ainsi la succession des prix maxima et rainima des coton- nades en Angleterre, dans le second quart du xix' siècle:
1823 U sh.
1825 16 sh. 3 d.
18S2 8 sh. 7 d.
1835 10 sh. 2 d.
18S7 7 sh. 9 d.
1839 8 sh. 7 1/2 d.
184S 6 sh. 0 1/2 d.
1844 6 sh. 3 d.
1847 5 sh. 8 1/2 d
1848 i sh. 9 1 2 d.
84
LES GRISES PERIODIQUES DE SURPRODUCTION
Ce sont là des fluctuations qui coïncident bien nettement avec les fluctuations générales de cette époque. La baisse des prix après les crises de 1825, 1836, 1839, 1847 s'y marque en traits fort accusés. La hausse avant ces crises s'y dessine aussi. Et si c'est avec un moindre relief, c'est à cause du mouvement de longue durée qui, grâce à des progrès mécaniques successifs, tend à réduire les prix et les conduit de cycle en cycle à un niveau chaque fois plus bas, depuis 16 sh maximum du premier cycle, jusqu'à 6 sh maximum du dernier, depuis 14 sh. minimum du premier cycle jusqu'à moins de 5 sh. mi- nimum du dernier.
La matière première également passe par des oscillations considé- rables aux environs de la crise, d'après les chiffres suivants, qu'on trouve dans le livide cit. (pp. 75, 78. 91, 96, 107, 115).
En 1825: hausse En i826: baisse
CRISE DE 1825
Coton: 109 p. 100; Fonte: 77 p. 100. Coton: 60 p. 100; Fonte: 27 p. 100.
CRISE DE 1836
T^ i X >iooo u • 11 * lûo- ^ Coton: 25 p. 100
Par rapport à 1833: hausse en juillet 183o J _, . ^ v,
^^ "* t Fonte : pas de hat
hausse en juillet 183C. Par rapport à juillet 1836: baisse en novembre 1836\
'( Fonte: U p. 100. Coton: 65 p. 100
pas de hausse. i Coton: 31 p. 100: i Fonte : 60 p. 100.
Coton: 26 p. 100
Fonte: 13 p. 100
. . • .,7 ^ ^. ->.,-* Coton: 45 p. 100;
baisse en millet 183 1] „ ^ ,, ,^.
CRISE DE 1847
Par rapport à janv. 1846: hausse en janv 1847
Fonte : pas de h .
^ ^ . . .„ .o,_ , . . .„ .B,-, ( Coton: 37 p. 100.
Par rapport à judl. 1847: batsse en juUl. 1848 „ ^ „, ,.. ^^ '' f Fonte: SI p. 100.
Hausses et baisses du coton apparaissent considérables et dépas- sent, sauf une exception, les variations des prix de la fonte. L'in- dustrie cotonnière semble être l'industrie qui bénéficie le plus gran- dement de la prospérité et souffre le plus cruellement de la crise pendant le deuxième quart du xix* siècle en Angleterre.
LES OSCILLATIONS PERIODIQUES DES PRIX
85
APPENDICE
Tableau I. — Sucession des prix maxima et minima de la matière brute et des produits fabriqués de l'industrie cotonnière.
Coton
en
laine (1)
iMiddling
uplands)
Années
|
1847 |
68 |
|
18i8 |
i6 |
|
[1850 |
78] |
|
1832 |
39 |
|
1857 |
86 |
|
1860 |
69 |
|
1864 |
306 , |
|
1866 |
172 j |
|
I81i |
93' |
|
1872 |
117 |
|
1818 |
66 |
|
1880 |
1 i |
|
1886 |
37 |
|
1890 |
67 |
|
189i |
42 |
|
[1896 |
48] |
|
1898 |
37 |
|
1900 |
61 |
|
1901 |
33 |
|
[1904 |
73: |
|
1903 |
57 |
|
1907 |
73 |
|
1908 |
6i |
|
Filé: |
i de coton |
simple écra |
Tissus |
|
|
in |
iporté en Prix du kilog. de filé |
France 2 |
de cote et bl imp en Fr Années |
)n écrus |
|
Années |
Difïérence avec le prix aux mêmes années du prix du kil. de coton en laine importé |
anchis ortés ance (2; Prix di kilog. |
||
|
1862 |
6,70 |
3,43 |
1860 |
3,60 |
|
1865 |
15,03 |
11,37 |
1864 |
8,05 |
|
1867 |
4M |
2,07 |
1871 |
3,90 |
|
[1869 |
6,65] |
[3,99] |
1872 |
5,50 |
|
[1872 |
^,80] |
[2,43] |
1879 |
3,75 |
|
1873 |
6.05 |
3,92 |
1882 |
4,41 |
|
1878 |
2.61 |
1,17 |
1887 |
3,30 |
|
1880 |
3,00 |
1,36 |
1890 |
3,99 |
|
1886 |
2,27 |
1.09 |
1898 |
2,83 |
|
1890 |
2,75 |
1,34 |
1900 |
3,70 |
|
1893 |
2,29 |
[i,33] |
1902 |
3,30 |
|
1900 |
2,73 |
1,43 |
1907 |
4.42 |
|
/50/ |
2,i0 |
1,24 |
1908 |
4.17 |
|
1906 |
5,55 |
4,09 |
||
|
/.90.9 |
2.75 |
f.34 |
(1) D'après les index numbers de M. Sauerbeck. '^2) D'après les prix évalués par la Commission des Valeurs de douane en France.
CHAPITRE X
Les fluctuations cycliques des prix dans l'industrie
lainière
A peu près semblablement à ce qui a été fait pour l'in- dustrie cotonnière, le tableau I inséré en appendice au présent chapitre donne la succession des prix maxima et minima : 1° pour la matière première, la laine mérinos, d'après les index numbers de M. Sauerbeck; 2° pour les filés de laiiîe importés en France, d'après les évaluations de la Commission des Valeurs de douane, en même temps que l'écart de ces prix avec ceux de la matière première, des laines en masse importées en France aux mêmes années; 3° pour les tissus de pure laine mérinos exportés de France, en même temps que l'écart de ces prix avec ceux des fils de laine importés aux mêmes années.
Sauf certains mouvements spéciaux à l'industrie lai- nière, tels que par exemple la hausse de 1896, et que ré- vèlent les chiffres entre crochets, on remarque, pour les prix de la laine, des filés et des tissus, une assez grande concordance avec les oscillations générales des prix. Les prix haussent le plus souvent dans l'industrie lainière pendant les phases de prospérité générale et baissent pen- dant les périodes de dépression générale.
En outre, d'ordinaire pour les filés et les tissus, les hausses comme les baisses sont telles qu'elles dépassent celles de la matière première, accroissant par suite les
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX 87
profits dans la prospérité et les réduisant pendant la dépression.
Pour les filés on a une confirmation de ce fait par les renseig-nemeiits que les rapports de la Commission des Valeurs de douane nous fournissent depuis une vingtaine d'années sur les prix de façon, sur les prix de la trans- formation de la laine en filés, payés aux industriels qui filent une laine qui ne leur appartient pas. Ce sont des cours intéressants à suivre, cai^ libres de tout élément rela- tif à la matière première ils présentent des oscillations ayant uniquement trait à la filature. La succession des maxima et des minima de ces prix de façon, que donne notre tableau II en appendice, montre leur élévation dans les périodes de prospérité ayant précédé les crises de 1900, de 1907, leur avilissement dans les périodes de dépres- sion qui ont suivi. A cela s'ajoute cependant des hausses des prix, spéciales à l'industrie lainière, en 1895-1896, ea 1909-1910.
Quant aux tissus, au contraire, il est certaines catégories d'articles pour lesquels, d'après les évaluations de la Com- mission des Valeurs de douane, si on découvre encore une coïncidence avec les cycles généraux en ce qui concerne les oscillations mêmes des prix, la régularité du rythme n'apparaît plus en ce qui concerne l'écart entre les prix du tissu et ceux de la matière, ceux des filés (1). De sorte qu'il se pourrait que la hausse des prix de la matière pre- mière vînt diminuer les profits pour le tissage pendant certaines périodes de prospérité, et que la baisse des prix de la matière vînt augmenter ces profits pendant certaines phases de dépression. Certaines sections du tissage ne participeraient pas alors à la prospérité générale et ne souffriraient pas de la dépression générale.
(1) Il en est ainsi pour les draps en laine pure ou mélangée ex- portés. Mais le fait peut tenir à la proportion variable des matières qui viennent s'adjoindre à la laine dans les tissus mélangés.
88 LES CRISES PÉRIODIQUES DE SIRPRODUCTION
Revenons aux mouvements mêmes des prix qu'accuse notre tableau I. Il faut noter que les dates du début des os- cillations n'apparaissent nullement postérieures à celles des index numbers généraux des prix ou à celles des prix de la fonte. L'antériorité, s'il en est une, existerait plutôt, dans l'ensemble, pour les fluctuations dans l'industrie lai- nière.
hHntensitê des variations des prix est assez considérable. De 1846 à 1908, d'après les index numbers de M. Sauer- beck, c'est pour les prix de la laine une hausse moyenne de 36 p. 100 par phase de prospérité, et une baisse de 25 p. 100 par phase de dépression.
Tous ces faits vont à rencontre de l'opinion d'après la- quelle toutes les industries productrices de biens de con- sommation ne joueraient dans les cycles économiques qu'un rôle secondaire, et ne seraient atteintes que par contre-coup.
Pour connaître l'intensité comparée des oscillations des prix de la matière et des produits fabriqués, on peut cal- culer les moyennes d'après les prix évalués par la Com- mission des Valeurs de douane pour les laines en masse importées, les fils de laine simples importés et les tissus de pure laine mérinos exportés, de 1869 à 1908. On trouve ce qui suit :
Hausse moyenne Baisse moyenne
|iar phase par phase
ilr prospérité «le dépression
Laines en masse 41 p. 100 28 p. 100
Fils de laine 21 — 24 -—
Tissus de pure laine mé- rinos 22 — 27 —
Cette fois, les fluctuations moyennes des prix de la matière brute sont plus fortes que celles des produits fabriqués. Mais celles du tissu sont plus considérables que celles du filé, produit mi-ouvré.
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX 89
Pour la laine comme pour le coton, aux chiffres de la Commission des Valeurs de douane, à ses évaluations, on peut ajouter la lecture de ses Rapports annuels sur l'état de l'industrie. Les vicissitudes de l'industrie lai- nière, d'après la quarantaine de rapports qui se sont suc- cédé depuis 1873. peuvent se résumer comme suit:
1873-1878 Dépression.
1879-1880 Amélioration.
1881-1885 Dépression.
1886-1889 Amélioration et prospérité.
1890-1894 Crise et dépression.
[1895-1896 Prospérité].
1897 Dépression.
1898-1899 Prospérité.
1900-1905 Crise et dépression.
1904-1907 Prospérité.
1908 Dépression.
[1909-1910 Prospérité].
On observe donc deux mouvements spéciaux à l'indus- trie lainière : la prospérité de 1895-1896 et celle de 1909- 1910. D'autre part, cette industrie n'a guère pris part à la prospérité de 1880 à 1882. car la crise y survint dès 1880. Les fluctuations de l'industrie lainière n'accompagnent donc pas avec une absolue fidélité les fluctuations géné- rales. Il reste cependant que voilà encore une industrie de biens de consommation qui a bien pris part au plus grand nombre de cycles économiques.
90
LES CRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
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LES OSCILLATI0NS PERIODIQUES DES PRIX
91
Tableau II. — Succession des prix de façon maxima et minima des filés de laine (1)
|
Fils |
peignés |
||
|
Chaîne |
n» 56 |
Trame |
w 86 |
|
Années |
Fr. |
Années |
Fr. |
|
1892 |
0,378 |
1894 |
0,933 |
|
[1895 |
1,033 |
1896 |
1,200] |
|
1897 |
0,312 |
1897 |
0,838 |
|
1899 |
0,76 |
1899 |
1,196 |
|
1903 |
0,63 |
1903 |
0,97 |
|
1907 |
1,09 |
1907 |
i,88 |
|
1908 |
0,73 |
1908 |
1,23 |
|
Fils |
cardés |
|
^ Trame n" 24 |
|
|
Innées |
Fr. |
|
1898 |
0,811 |
|
1900 |
0,990 |
|
1903 |
0,815 |
|
1907 |
1,210 |
|
1909 |
1,000 |
(1) D'après les renseignements contenus dans les Rapports succes- sifs de la Commission des Valeurs de douane.
CHAPITRE XI
L'industrie de la soie et les fluctuations cycliques
des prix
Du tableau donné en appendice et relatif aux prix maxima et minima de la matière première ainsi que du produit fabriqué, aux prix de la soie grège et des étoffes de soie, se dégagent deux enseignements.
D'une part, presque toujours au point culminant de la prospérité générale et au début de la dépression générale, au moment de la crise, les prix dans l'industrie de la soie subissent des hausses ou des baisses concomitantes des hausses ou des baisses générales. C'est ainsi qu'aux envi- rons de presque toutes les crises, aux environs de 1847, 1857, 1866, 1882, 1890, 1900, 1907, les prix dans notre in- dustrie en conformité avec l'ensemble des prix s'élèvent dans les derniers temps de la prospérité et s'abaissent après la crise. La prospérité générale finit donc par ga- gner la soie. Et la crise générale aussi l'atteint cruelle- ment. Le"" cycle économique, dans ses tournants, entraîne avec lui l'industrie de la soierie.
Mais d'autre part, entre temps, la soie passe par de nombreuses fluctuations qui lui sont particulières, comme le montrent les chiffres entre crochets. Au milieu de la prospérité générale les prix baissent pour se relever en-
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX 93
suite. Au milieu de la dépression générale les prix haus- sent pour descendre peu après. Des cycles propres à la soie s'intercalent parmi les cycles généraux.
Le dépouillement des rapports annuels de la Commis- sion des Valeurs de douane permet d'écrire comme suit l'histoire de l'industrie de la soie et conduit aux mêmes conclusions.
i873 Crise.
[1874-1875 Amélioration].
1876-1878 Dépression.
1879-1881 Amélioration.
1882-1885 Dépression.
1886-1889 Amélioration, puis prospérité.
1890 Crise.
[1891-1892 Prospérité].
[F semestre 1893 et /" semestre 1894.. Crise].
[1895 Prospérité].
1896 Dépression.
1897-1899 Amélioration et prospérité.
1900-1905 Dépression.
1906-1907 Grande prospérité de certaines
branches de la soierie.
1908 Dépression.
L'industrie de la soie a donc bien supporté le contre- coup des crises générales de .1873, 1882, 1890, 1900, 1907. Souvent aussi elle a ressenti un peu avani ces crises les heureux effets de la prospérité. Mais parfois, comme le révèlent les dates entre crochets de notre tableau, elle inter- rompt sa participation en rythme général pour obéir à des oscillations qui lui sont spéciales. Entre 1890 et 1900, ce furent même ainsi deux cycles particuliers qui vinrent s'interposer entre les dates extrêmes d'un cycle général ; de sorte qu'en une dizaine d'années, la soierie passa par trois prospérités suivies de trois crises.
94 LES GRISES PÉRIODIQUES DE SURPRODUCTION
Nos divers documents nous amènent donc aux mêmes constatations concordantes. Cette fois, il s'agit bien d'une industrie productrice de biens de consommation qu'on ne pourrait considérer comme motrice des cycles périodiques généraux. Elle ne demeure sans doute pas étrangère à ces cycles. Mais elle parcourt en même temps parfois d'autres cycles intercalés dans les précédents et qui lui sont pro- pres. On doit penser par suite qu'elle subit, et à certains moments seulement, les répercussions du rythme général, mais qu'elle ne le conduit pas. C'est ainsi, entre la soierie et d'autres industries textiles telles que l'industrie coton- nière, une différence dont il faudra plus tard rechercher les raisons.
APPENDICE
Tableau I. — Succession des prix maxima et minima de la matière brute et du produit fabriqué dans l'industrie de la soie.
Prix des tissus de soie pure unis exporti'-s de France <1)
|
Soie |
■ grège |
|
Années |
"" Index numbers de M. Sauerbeck |
|
1846 |
70 |
|
1848 |
56 |
|
[1850 [1833 1857 |
83] 69] 104 |
|
1838 |
83 |
|
11860 i86i |
100] 87 |
|
1866 |
122 |
|
1868 |
109 |
|
[1870 1873 |
122] 68 |
|
[1876 1880 |
91] 65 |
|
1883 |
68 |
|
1883 |
55 |
|
11887 1888 |
63] 57 |
|
1890 |
61 |
|
U9o |
43 |
|
1900 |
57 |
|
1901 |
46 |
|
[1903 1904 |
59] 54 |
|
1907 |
66 |
|
1909 |
42 |
|
UilTérence avec les prix des soies grèges |
||
|
Prix du |
importées aux |
|
|
kilog. |
mêmes dates |
|
|
Années |
Fr. |
Fr. |
|
1857 |
151 |
85 |
|
1838 |
134 |
81 |
|
[1859 |
146] |
[89] |
|
[1863 |
121] |
\_69,25] |
|
1867 |
140 |
73,25 |
|
1810 |
126 |
64 |
|
1872 |
134 |
[64] |
|
1819 |
82 |
31 |
|
1881 |
87 |
41 |
|
1888 |
69 |
33,0 |
|
1889 |
76 |
37,5 |
|
1891 |
10 |
33,5 |
|
[1893 |
77] |
[36,5] |
|
1894 |
12 |
[42,5] |
|
[1895 |
75] |
[43] |
|
1896 |
7/ |
38 |
|
1899 |
82 |
42 |
|
1901 |
14 |
40,5 |
|
[1903 |
76] |
36,5 |
|
[1906 |
72] |
[30,5] |
(1) D'après les évaluations de la Commission des Valeurs de ■douane. J'ai choisi comme type les prix à l'exportation, à raison de l'importance de nos envois de soieries à l'étranger. Les oscillations •concordent à peu près d'ailleurs avec celles des prix à l'importation. Je m'arrête en 1906 parce qu'à partir de cette date la Commission des Valeurs de douane englobe dans une même évaluation les tis- sus unis et façonnés qu'elle avait distingués jusque-là.
CHAPITRE XII L'industrie linière et les oscillations cycliques des prix
Pour l'industrie linière, les oscillations des prix de la matière brute, lin et chanvre, sont si nombreuses, si étran- gères à. nos fluctuations cycliques qu'on a renoncé à en présenter la succesion de§ maxima et minima. On ne donne en appendice, dans le tableau I, cette suite des prix maxima et minima que pour les fils de lin et la toile.
La concordance avec les mouvements cycliques géné- raux se manifeste assez souvent pour les prix des fils (1).
La même concordance, non pas permanente, mais fré- quente avec les cycles généraux, apparaît dans notre tableau II dressé d'après les comptes des bénéfices d'une filature de lin à Lille en ces trente-cinq dernières années.
Pour la toile de lin, les divergences avec le rythme éco- nomique général deviennent nombreuses, comme le mon- trent nos chiffres entre crochets. La toile de lin aurait cependant supporté, d'après notre tableau I, les atteintes des crises de 1866. 1890, 1900, 1907, de même qu'elle a bénéficié de la prospérité qui a précédé ces crises. Même
(1) La concordance est parfois trompeuse. La hausse des prix en 1901 est la conséquence de la pénurie de la matière, d'une crise déficitaire de la matière première, et non pas de la prospérité indus- trielle. Pour cette phase de prospérité, le terme dans l'industrie linière fut atteint en 1899.
LES OSCILLATIONS PÉRIODIQUES DES PRIX 97
alors cependant, l'intensité de ses oscillations demeure inférieure à celle des filés (1).
Tels sont donc les résultats assez complexes auxquels aboutit l'étude des prix dans l'industrie linière. Relative- ment aux fluctuations générales des prix, aucun parallé- lisme dans les prix de la matière première, une confor- mité d'allures intermittente de la part du tissage, une assez grande conformité de la part de la filature.
(1) Cf. par exemple sur notre tableau I, pour cette période d'ex- ceptionnelle prospérité qui a abouti à. la crise de 1907, la hausse énorme des prix des filés et la hausse modique des prix de la toile. Aussi, le Rapport de la Commission des Valeurs de douane qui pro- clame que » l'année 1907 restera... spécialement pour la filature une année inoubliable», ajoute-t-il pour la toile simplement que « le tissage... amensiit enfin sa clientèle... à payer des prix plus en harmonie avec les cours des fils et il bénéficiait de cet extraor- dinaire mouvement d'affaires » (Rapport pour 1907, p. 306.) Le Rap- port pour 1908 dira, l'année suivante (p. 360) : « Les cours de la toile, qui n'avaient pas antérieurement monté, ne baissèrent pas non plus dans la même proportion que ceux des fils. »
98
LES CRISES PERIODIQUES DE SURPRODUCTION
APPENDICE
Tableau I. — Succession des prix maxima et minima des filés de lin et de la toile
Prix des fils de lin ou de chanvre simples écnis importés en France
|
Prix du |
|
|
kilog. |
|
|
Années |
Fr. |
|
1858 |
4,54 |
|
1860 |
2,27 |
|
1864 |
8,53 |
|
1867 |
4,08 |
|
[1868 |
4,16] |
|
1870 |
3,00 |
|
1874 |
6,64 |
|
1878 |
4,13 |
|
1881 |
4,78 |
|
1885 |
3,43 |
|
1891 |
5,09 |
|
1892 |
4,09 |
|
[1896 |
4,32] |
|
1898 |
4,14 |
|
1901 |
4,51 |
|
1902 |
4,36 |
|
1907 |
6,98 |
|
1908 |
4,70 |
Différence
avec le prix
du lin leillé
importé
Fr.
3,84 1,62 6,98 2,13 [2,49] 1,55 5,43 2,98 3,82 2,44 4,35 3,33 [3,59] 3,50 3,44 3,43 6,04 3,93
Prix de la toile de lin importée en France
Prix du
Années
kilos
Prix
|
1858 |
6,22 |
|
1861 |
4,18 |
|
1865 |
7,15 |
|
1868 |
4,77 |
|
[1870 |
5,88] |
|
[1873 |
5,00] |
|
[1876 |
6,74] |
|
1879 |
4,92 |
|
[1880 ■ |
5,16] |
|
[1881 |
4,24] |
|
1883 |
4,84 |
|
1885 |
4,46 |
|
1889 |
7,70 |
|
1890 |
7,19 |
|
[1892 |
9,61] |
|
1895 |
8,66 |
|
[1896 |
8,84] |
|
1898 |
8,68 |
|
1901 |
9,68 |
|
1902 |
9,15 |
|
1907 |
9,92 |
|
1908 |
7,87 |
LES OSCILLATIONS PERIODIQUES DES PRIX
99
Tableau II. — Succession des bonnes et des mauvaises années dans une filature de Un, à Lille, d'après les béné- fices réalisés.
i818 Année mauvaise.
|
1879 |
Très bonne. |
|
1880 |
Passable. |
|
1881 |
Très bonne. |
|
1882 |
Très bonne. |
|
1883 |
Très bonne. |
|
1884 |
Très bonne. |
\
Prospérité.
1885 Passable.
1886 Mauvaise. \ Dépression.
1887 Mauvaise. )
1888 Bonne.
1889 Bonne.
1890 Passable ^ Prospérité.
1891 Bonne.
1892 Bonne.
1893 Passable.
1894 Très mauvaise ' Dépression.
1895 Médiocre. '
/
1896 Bonne.
1897 Très bonne
1898 Passable.
1899 Assez bonne
.1
Prospérité.
1900 Médiocre. \
1901 Très mauvaisej
1902 Très mauvaise} Dépression
1903 Mauvaise. \ 190i Très mauvaisej
1905 Meilleure.
1906 Bonne. ' Prospérité.
1907 Très bonne. '
1908 Crise.
1909 Mauvaise.
1910 Très ynauvaisei
1911 Très mauvaise
Dépression.
CHAPITRE XIII
Les oscillations cycliques des prix des peaux
et du cuir
Des industries textiles on peut rapprocher les industries dont la matière est le cuir et dont l'un des objets princi- paux est de contribuer à notre habillement.
Notre tableau I en appendice donne la succession des prix maxima et minima pour les peaux et cuirs, d'après les évaluations de la Commission des Valeurs de douane et les index numhers de M. Sauerbeck. De ce tableau résulte une participation au moins partielle aux cycles périodiques. Il est sans doute des oscillations spéciales aux peaux et au cuir, que font ressortir nos chiffres entre cro- chets. Il est aussi des mouvements généraux des prix comme ceux qui eurent lieu autour des deux crises de 1886 et de 1890, auxquels les prix, dans certaines des colonnes de notre tableau, non pas dans toutes, demeurent étran- gers. Mais la concordance se manifeste avec six cycles généraux, avec ceux qui se déroulèrent autour des crises de 1847, 1857, 1882, 1900, 1907, et aussi, mais moins réguliè- rement, avec celui qui s'écoula autour de la crise de 1873.
LES OSCILLATIONS PERIODIQUES DES PRIX
101
APPENDICE
Tableau I. — Succession des prix maxima et minima des peaux et du cuir
|
Prix |
à l'impor brutes |
talion en Fi |
rance |
Index |
numbers de M. Sauerb en Angleterre |
eck |
|
|
Peaux [ |
petites |
||||||
|
Peaux |
■ — ■ |
~~' |
|||||
|
gran |
des |
de mouton |
Peaux |
Cuir |
|||
|
Années |
Fr. |
Années |
Fr. |
Années |
Années |
||
|
1857 |
2,90 |
1857 |
2,14 |
1846 |
72 |
1846 |
69 |
|
1838 |
2,40 |
1838 |
1,33 |
1849 |
31 |
1830 |
39 |
|
[1860 |
2,60] |
[1860 |
1,72] |
1857 |
135 |
1857 |
120 |
|
1867 |
1,40 |
1861 |
1,40 |
1838 |
111 |
1838 |
5>4 |
|
[1868 |
1,48] |
1863 |
1,80 |
[1860 |
121] |
[1860 |
108] |
|
t870 |
1,34 |
1870 |
0,93 |
1867 |
79 |
[1863 |
88] |
|
1875 |
2,10 |
1875 |
2,00 |
[1868 |
87] |
1866 |
91 |
|
1878 |
t,63 |
1878 |
1,30 |
1869 |
54 |
1867 |
S5 |
|
1880 |
1,80 |
1884 |
2,30 |
1873 |
120 |
1873 |
114 |
|
1888 |
1,t3 |
1888 |
1,80 |
1876 |
93 |
W9 |
9/ |
|
1891 |
1,40 |
1891 |
2,60 |
[1877 |
101] |
1880 |
97 |
|
1894 |
1,13 |
t898 |
1,00 |
1879 |
92 |
1894 |
78 |
|
[1895 |
1,61] |
1906 |
1,92 |
1880 |
105 |
1900 |
87 |
|
1897 |
1,29 |
1907 |
y, 54 |
1886 |
So |
1904 |
57 |
|
1899 |
1,55 |
[1887 |
88] |
1907 |
97 |
||
|
1901 |
y, 52 |
1892 |
63 |
1908 |
91 |
||
|
1906 |
1,93 |
[1895 |
84] |
||||
|
1908 |
y, 73 |
1897 1900 1901 1907 |
75 90 54 105 90 |
CHAPITRE XIV
Les industries de rhabillement et les oscillations cycliques des prix
Les industries de l'habillement, celles dont la matière première consiste dans les produits des industries textiles et celles qui façonnent le cuir, subissent-elles les fluctua- tions cycliques des prix ? Il est difficile de répondre à cette question, à cause de l'insuffisance de notre docu- mentation.
Si on se réfère aux évaluations de la Commission des Valeurs de douane, on n'observe pas de variations corres- pondant à nos variations cycliques pour les vêtements d'homme, pour les chaussures. Souvent, d'ailleurs, les prix sont maintenus long-temps immobiles. Pour les vête- ments de femm^e, un certain parallélisme avec nos oscil- lations rythmiques s'observe de 1893 à 1908. Pour les gants, il en est de même en ce qui concerne les cycles qui se sont déroulés autour des crises de 1857, 1866, 1873, 1907. Mais, pour d'autres cycles, le parallélisme fait défaut. De 1875 à 1902, pendant 27 ans, les prix des gants auraient baissé sans interruption. C'est ce que montre le tableau I en appendice.
Si on se reporte aux renseignements publiés sur les prix par le Bulletin of the bureau of