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BULLETIN

SOCIETE BOTANIQUE

FRANCE

FONDEK LE 23 AVRIL 1854

ET RECONNUE COMME ETAULISSEMEiNT D'UTILITE PUBLIQUE

PAR DECIIKT DU 17 AOUT 1875

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Premiere partie_ t COMPTES RENDUS DES SEANCES.

Dcuxiemc partie : SESSION EXTRAORDINAIUE TENUE EN AlGERIE.

Troisicmc partie i ReVUE BIBLIOGRAPHIQUE ET TABLE DU VOLUME

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(Chacune de ces parties a une pagination speciale.)

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SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE

Les seances se tieanent a Paris, rue de Greiielle, 84, a huit heures du soirjiabituellementlesdeuxiemeetqualrieineveinlredisdechaquemois.

La Societe publie uii Bulletin de ses travaux, qui parait par livrai- sons mensuelles. Ce Dulletiu est delivre graluilement a chaque niem- hve et se vend aux personries elrangeres a la Societe au prix de 30 fr. par volume annuel terniine, 32 fr. par abonnernent. II peul etre echange contre des publications scientifiques periodiques.

Les 25 i)remiers volumes du Bulletin, a Texception des tomes IV (1857) et XY (1868), sont cedes au prix de 10 fr. chacun, et les volumes suivants (2^ serie) au prix de 15 fr. Tun (a Texception du tome XXXVI), a MM. les iiouveaux membres qui les feront retirera Paris, apres avoir acquitte leur cotisation de Tannee courante.

Les tomes IV et XV,etaiU presque epuises, iie soiU plus veiidus separement.

Le tome XXXVI (1881') renferme les Actes du Congres de boianique tenu a Paris au mois d'aout 1889; le prix de ce volnrih^ est de -iO francs pour les persouaes etrangercs a la Societe et de 20 francs pour les membics de la Societe.

Les frais d'erivoi de volumes ou numeros auciens du BuUetin, ainsi que des numeros deja parus lorsqu'uu aboaaement est pris au milieu de raanee, sont a la charge de Tacquereur ou de Tabonne.

N.B.

AT^T

Les notes ou communications m^NU.scri^esadresseesau Secretariat |)ar les membres de la Societe, pourvu qu'elles aient trait a la botanique on anx sciences qui s'y rat- tachent, sont lues en seance, et publiees, en eutier ou par extrait, dans le Bulletin-

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Tous les ouvrages ou Memoires imprimes adress^s au Secretariat de la Societe botanique de France, rue de Crenelle, 84, prennent place dans la bibliotheque dela Societe. Ceux qui seront envoyes dans Tannee meme de Icur publication ponrront

soil absolu-

elre analyses dans la Revue bibliograpbique, a moins que leur sujet ne ment etranger a la botanique ou aux sciences qui s*y rattachent.

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MM. les membres de la Societe qui chaugeraient de domicile sont instamnieht pries den informer le Secretariat le plus l6t possible. Les numeros du Bulletin qui se perdraient par suite du retard que mettraient MM. les membres a faire connaitre leur nouvelle adresse ne pourraient pas 6tre remplaces.

Aucune reclamation yi'est admise, de (apart des aboniies pour les numeros publies depuis plus de trois mois. vC

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Adresser les letlres, communications, notes, manuscrits, livres, demandes de ren- seignements, reclamations, etc, a M. le Secretaire general de la Societe, rne de

Crenelle, 84, a Paris,

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May et Motteroz, directeurs

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AVIS. Voyez, page 2, les details relatifs a la reunion a Genes^ au mois de septembre de cette annee^ d'lin Gongr^s international de Botanique.

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BULLETIN

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FONDfiE IE 23 AVRIL 1851-

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TOME ti{enti:-neuvii:me

(ueuxl^uic Serie. TOME XIV")

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zaine du mois de septembre prochain, sous les auspices de la Soc

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botanique italienne, un Con

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le programme detaille, ainsi que celui des fetes publiques donnees

k cette occasion par la Municipalite de Genes, sera adresse, en temps

opportun, k tous les botanistes connus, en meme temps qu'une

formule d'adhesion qu'il suffira de renvoyer apres I'avoir signee. La

Societe botanique italienne s'engage, des a present, a organiser des

excursions botaniques sur le littoral de la Ligurie et dans les Alpes maritimes.

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Toutes les communications et les demandes relatives k ce

Congres doivent etre adressees a M. 0. Penzig, professeur a rUni

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9H0. Libr-Impr. reunies, rue Mignon, 2, Paris* May ct Motteroz, directeur*.

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FONDfiE LE 23 AVR[L 1 8 5 /i

ET RECONNUE COMME ETABLISSEMENT D UTILITE PUBLIQUE

PAR DECRET DU 17 AOUT 1875

TOME TREN TE-NEU VIEME

(Deaxieiue serie. Tome XIV)

PARIS

AU BUREAU DE LA SOCIETE

RUE DE CRENELLE, 84

1892

LISTE DES MEMBRES

ADMI8 DANS LA

SOClfiTE BOTANIQUE DE FRANCE

PENDANT l'ANNEE 1891.

AD% EiviER (Emile), professGur au petit seminaire de Montpellier.

ALIAS (Albert), controleur des contributions directes, rue Mareschal,

65 a Montpellier. BitziLLE (Marc), banquier, Grande-Rue^ 21, a Monlpellier.

BOiVAFOM!§i (Victor), docteur en medecine, boulevard du Pont-Vieux,

Ij a Nice.

CAE.AS (Jcllien), garde general des forets, a Prades (Pyrenees-Orien- taies).

coi§T£ (Alfred), etudiant en pharmacie, rue Henri-Guinier, 4, k Mont- pellier.

GEBBEB (Charles) y licencie es sciences, interne en pharmacie des

hopitaux, rue Linne, 33, a Paris.

HEira (Frederic), licencie es sciences, preparateur a TEcole des Hautes-

Etudes, rue de Rivoli, 15, a Paris.

HOLLA^VDE (D"), directeur de rEcoIe preparatoire a Tenseignement

superieur des sciences et des lettres, rue de Boigne, 19, a Cham- bery (Savoie).

JACZEIVSKI (Arthur de), maison Bremond, k Montreux, canton de

Yaud (Suisse).

LATVDEL (Georges), licencie es sciences, rue Nicole, 24, k Paris.

LEtiRii (Ludovic), avocat, ancien batonnier, rue Venture, 11, a Mar- seille.

iHACMiLLAiv (Conway), professeur a TUniversite, Minneapolis (Minne- sota), Etals-Unis.

HALO (Charles), redacteur au Journal des Dibats, a Poissy(Seine-et- Oise).

6 SOCIETE BOTAMQIIE DE FRANCE,

ORZFi^ZKO (Nikodem), rue Galleaii, villa Forlunee, a Nice.

RR¥!\i:8 (Alfred), avocat. rue de la Yioille-lntendance, 9, h Mont-

pellier.

Rorx (FuANgois), avocat, rue de rAiicien-Courrier, 5, a Monlpellier.

SADA, adniinislrateur des Jardins coloiiiaux, h Pondichery (Inde franjaise).

i§faii\x-gltttierez (don Pedro), Jacometreso, 26 y 28, a Madrid. TtMPii: (Leon), proprietaire, rue Maguelone, 3, a Montpellier.

ANCIEN MEMBIIE DEMISSIONNAIRE, ADMIS SUR SA UEMANDE

A FAIKE DE NOUVEAU PAUTIE DE LA SOGlfiTE.

CA^ui§» (Fernand), docteur en medecine, avenue des Gobelins, 1, a

Paris,

ADMIS COMME MEMBRES A VIE

Arbost (Joseph). Bazille (Marc). Hua (Henri).

LISTE DES MEMBRES D^cfiDfiS EN 1891. 7

MEMBRES DfiCEDES EN 1891

Ame (Georges).

Balansa.

Carronnat (Prosper de).

Cauvet (Eugene).

DuTEYEUL (abbe),

Franqueyille (Albert de)

Herincq.

Leguay (baron).

+

Paillot (Justin). PuiVERT (de). Savatier (D^ Ludovic).

8 SOCIETE BOTANIQUE DE FRANCE.

RAYfiS, EN VERTU DE L'ARTICLE 73 DU REGLEMENT, POUR DEFAUT DE PAVEMENT DE COTISATIONS ARRIER^ES.

Ramirez (D*^ Jose), SzYszYLOwicz (Ignace de).

SOCIETE BOTANIOUE

DE FRANCE

SfiANCE DU 8 JANVIER 1892.

PRESIDENCE DE M. PRILLIEUX.

M. Prillieux, en prenant place au fouteuil, remcrcie la Societe de Tavoir appele pour la seconde fois a riionneur de la presider.

M. Danguy, secretaire, donne lecture du proces-vcrbal de la seance du 18 decembre dernier, dont la redaction est adoptee.

Dons fails a la S octet e :

Gomont, Faut-il dire Oscillatoria ou Oscillaria? M. Hovelacque, Sur la slructure du systeme libero-ligneux pri- maire et sur la disposition des traces foliaires dans les rameaux du

Lepidodendron selaginoides.

Sur la forme du coussinet foliaire chez le Lepidodendron sela- ginoides.

Structure du coussinet foliaire et de la ligule chez le Lepido- dendron selaginoides.

Slructure de la trace foliaire du Lepidodendron selaginoides a Vintirieur du stipe. Magnin, Nouvelles observations sur la sexualite des Lychnis.

Effet du parasitisme chez les vegHaux.

Notes de botanique. F. Sahut, Les vegetaux consideres cornme des thermometres enre- gistreurs.

Buser, Notes sur quelques Alchimilles.

T. XXXIX.

(seances) i

10 SEANCE DU 8 JANVIER 1892.

iidldy MateriaU per un censimento generate dci Licheni ilaliani. Anmtal Report of the Board of Regents of the Smithsonian Institu- tiouy 1886 a 1889.

M. Malinvaud donne lecture de la communication suivanle (I)

NOUVELLE CONTHIBL'TION A L'HISTOU^E BOTANIQUE DE LATRUFFE: KAM£S (2) DE BAGDAD {TERFEZIA HAFIZI, T. ilETAXASI) ET DE SMYUNE(r. LEONIS); PARALLELE ENTRE LES TERFAZ OU KAM£S D'AFRIQUE ET D'ASIE ET LES UFFES DE FRANCE: oar M. A. CIIATllf.

La presenle Note a pour objel desTruffesQe devrais dire des Terfaz), qui, congeneres de celles de Damas que j'ai fait connaitre dans une Note precedente, sont apportees en notable quantitOy comme ces der- nieres, par les caravanes surles marches de Bagdad et de Smyrne.

Elles apparliennent, comme je vais le dire, au genre Terfezia^ mais sont bien distinctes, specifiquement, du Kame de Damas {Terfezia Cla- veryi).

A. Kamcs DE Bagdad. Le 15 mai 1891, je recevais de M. Grisard, agent general de la Societe nationale d'acclimatation, la letlre dont voici Texlrait :

... M. Pailleux, vice-president do nolrt* seclion des vegetaux, nous a der- nierement presente des echantillons de Trnfles blanches et noires, qui lui avaienl ete envoyees de Bagdad par M. Metaxas,

» La section a pense que ces produiis pouvaient offrir pour vous quelque interfit et elle m'a charge de vous les renieUre, . . j>

La lettre de M. Grisard etait accompagnee de deux petites boiles, contenant des Truffes dites, les unes (n** 1), Truffes blanches^ les autres (n" 2)j Truffes noires.

Melees a de la sciure de bois, toutes sont arrivees bien saines, mais

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(1) Cetle commuaication etait parvenue au Secretariat le 14 dec. 189J. (Em. M.)

(2) Les noins de Keina, Khama, Tamer, Thama, qu'on trouve dans les m^decins

arabes, sont Poriginc du mot Kame, donne dans I'Asie occidentalc aux Truffes con-

nues en Algcrie, Tunisie et Maroc sous les noms de Terfaz, Torfaz, Terfex, Tcrfez

(et aussi sous celui de Kamha, ox J. Leoni), ainsi que d'5 celiii de Turmas, sous

lequel les Espagnols connaissent le Terfaz, nommant memo Turmera les plantes {He-

lianihemnm Tuberaria, halimi folium, salicifoUum?) pres desquolles viennent les Turmas.

J'ajoule que les Italiens ont piescute cette annec, au mois de sepleml)re, a la donane frangaise, sous le nom do ChainpiLinon-Ziame, des tubercules bJancs, a peri- dium noir verniqucnx. Ces Kames, qui etiucnt couj)c's en tranclics minces, u'etaient qu'un melange de Tuber m^iivum, mesentericiim et uncinahnn uon encore mftrs.

CIIATIN. TEUFEZIA IIAFIZI ET METAXASI A. CHATIN. 11

seches et deformees, commc ralalinees. Elles me parurent, a premiere viie, etre les analogues des Karnes de Damas et des Terfaz d'Algerie^ ce qu'a confirm^ I'examen microscopique. Toutes deux^ en efTelj appar- tienncnt au genre Terfezia^ qui complera peut-eire bientot autant d'especes dans les regions sahariennes d'Afrique el d'Asie que noire Tuber en compte dans les pays plus lempcres dc TEurope, oii d'ail- leurs se meleat aux Tuber^ dans la partie auslro-occiflentale, avec le

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I'etat sec du moins) par la coloration^ le n^ 2, a peine un pen plus gris, ne juslifiant pas le nom de « Trulfe noire » qui lui est aUribu6 dans renvoi.

Toutefois, ces deux Karnes different frop. au fond, pour ne pas faire chacun Tobjet d'un examen special.

N** 1, Les tubercules, assez pelits, el du poids, a Tetat sec, de 5 Si 7 grammes, devaionl peser, frais, de 30 a 40 gramm-es. Leur forme, €omme celle des Kames de Damas, n'est pas sans analogic avec celle des Figues blanches d'Argenleuil.

Le peridiumj presque incolore et a surface unie, presente de noni- breuses rentrees^ dues sans doute, pour la plupart du moins, h la dessiccation.

Comme le peridium, la chair ou glebaest presque blanche.

Les sporanges sont, en general, arrondis, avec une sorlc de court pedicule.

Les sporeSy au nombre de huit dans chaque sporange, sont rondos et assez petileSj leur diamelre ne depassant pas 20 niilliemes de milli- metre, et a reseau bien plus fin que dans le Tevfezia Uoudieri el sa variete arabica^ chez lesquels les spores ont d'ailleurs 2^ millimetres de diamelre.

Nul doute qu'il nV ait, dans le n" 1 de Bagdad, non une variete du Terfezia Boudieri^ mais une bonne et aulhentique espece, a laquelle je donne le nom de JWfezia Ila/lzij heureux de la dedierau pharmacien distingue Ben Hafiz, de Biskra, mon z^le correspondant (et aussi celui du Museum), a qui la science est redevable, outre de nombreux animaux du desert, de la decouvcrle du Terfezia Boudierij du Tirmania afri-

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carta et de celle, si inattendue, du Terfezia Claveryi de Damas, h. 400 kilometres au sud dc Biskra.

Le Terfezia Ila/izi formait la plus grosse part des Kam6s de Bagdad, le reste appartenant au n^ 2, lequel constilue, lui aussi, une espece nouvelle.

N* 2. Le Kame n" 2 de Bagdad, envoys sous le nom de Truffe noire, n'est que leint6 de gris jaun^lre.

12 SEANCE DU 8 JANVIER 1892

Les tubercules sees, du poids de 5 a 7 grammes comme ceux du n** 1, sont plut6l arrondis qu'en forme de figure.

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Le peridium est a surface unie.

La c1iaii\ un peu plus teintee de jaune que le peridium, se presente

assez homogene.

Les spores^ au nombre de six seulement, ou moinsj dans chaque theque, jamais (?) de huit comme dans le Terfezia llafizi^ sont volumi- neuses; leur diametre, qui atteint 30-32 milliemes de millimetre^ n'est egale, dans les Terfezia^ que par ceux du T. oligosperma^ lequel ne compte d'ailleurs que deux spores par theque (1).

Ces spores, qui donnent a la chair une teinle d'un gris jaunatre, por- tent de grosses vermes Ironquees qui rappellent, comme celles du Ter- fezia Leonis^ la forme de dents d'engrenage; mais, caracteres essentiels, ces vermes, sensiblement moins allongees et moins larges, moins tra* pues que dans le Leonis. sont plus ou moins entremelees de verrues plus effilees ou meme papilloides : c'est dans ce revetement de la spore et son grand diametre que se trouvent les caracteres essentiels de Tespece.

Le nom de Terfezia Metaxasi. que je propose pour celle-ci, est celuidunaluralistedistinguiB, auteur d'une interessante Monographie(2) des Chameaux, Chevres, Moutons, elc, de la Mesopotamie, qui a envoye les Truffes de Bagdad a la Societe d'acclimatalion.

Le Terfezia Metaxasi touche, par les grosses verrues de ses spores, au Terfezia Leonis. mais ces spores presenlent toutefois les caracteres differenliels precites, et dans celui-ci elles sont d'ailleurs bien plus petites (24-25, au lieu de 30-32, milliemes de millimetre) et sontparfois au nombre de 8 dans les Iheques, celle du Metaxasi elant au maximum de 6, assez souvent 5-4.

Le Terfezia oHgosperma a des spores aussi grosses (29-32 milliemes de millimetre d'apres Tulasne), mais reduites a deux par theque et alv6olees au lieu d'etre a verrues.

On pourrait trouver encore quelques analogies avec le Terfezia lep- toderma, mais ici les verrues sont uniformement fines et le diametre des spores est reduit a 16^19 milliemes de millimetre :

B. Kame de Smyrise. Au mois de juin dernier, M. G. Heuz6, inspecteur general honoraire de TAgriculture, voulut bien me confier Fexamen duneTruffe envoy^e de Smyrne, oii elle est I'objet d'apports

(1) Co petit nombre des spores peut ici expliquer leur gros volume.

(2) Pabliee dans la Revue des sciences naturelles appliquees (Bull, de la Soc, nat* d'acclimatation, 38* annee).

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CHATIN. KAME DE SMYRNE. 13

iniportanfs sur le march^, au prix modique de 20 a 30 centimes le kilo- gramme (i). L'exp6diteur serait dispose h fournir de cette Truffe, Ires abondaiite,

dit-il, dans quelques villayets des environs, le marche de Paris. Atten- dons-nous done a voir les Karnes d'Asie nous arriver en avril-mai quand la Truffe de P^rigord aura fini sa saison. Tout serait au mieux si le Tirmania^ Terfaz d'octobre,nous arrivait avant la Truffede Courgogne, dont la pleine maturation est en novembre-decembre.

A peu pr6s du volume d'un ocuf, de forme generalement arrondie et de couleur presque blanche, les tubercules de Smyrne iic sent pas, comme ceux de Dainas et de Bagdad, chose nouvelle pour les bolanistes. Mais, si leur etude n'a pas offert I'attrait des ospcces inediles, elle n'a pas etc sans inleret pour la geographic bolaniquc et Thistoire du deve- loppemcnt de celui des Terfaz que Tulasne regardait comme la seule espcce d'Afrique, et peut-etre d'Asie (2).

En effet, la Truffe si commune a Smyrne n'est autre que le Terfezia Leonis d'Algerie, oii il serait assez rare toufefois, au moins dans le centre et la n^gion sud, pour ne s*etre trouve dans aucun des envois de Terfaz qui m'ont ote fails depuis deux ans, a ce point qu'on eul pu y douler de son existence, sans la juste confiance qui s'attache aux observations de Tulasne (3).

Le Kame de Smyrne est bieii, et tr^s surement, le Terfezia Leonis^ a spores d'un diametre de 22-20 milliemes de millimetre, relevees de grosses venues Ironquees, le plus souvent loutes semblables^ sans me- lange de vermes plus tenues.

Sa presence, au nord de I'Asie Mineure, est en accord d'ailleurs avec ce qu'on sait de sa presence au nord de TAlg^rie et dans le royaume des Deux-Siciles, en Corse et jusqne dans les sables des Landes et ceux des

environs de Nerac (?)•

La TrufTe de Smyrne presente ainsi un r6el inleret pour la geogra- phic bolanique. Mais ce n'est pas lout.

Un certain nombrc des tubercules qui m'avaient ete remis se trou- vaient plus ou moins eloign^s de leur maturation. Dans quelques-uns,

*

(1) Comme les Terfaz d'Algeric, les Kam^s dc Damas et dc Bagdad, ainsi que celui de Smyrne, se cousomment cuits seuls, au bcurre ou a 2'huile, souvent mSles

aux viandes et aux oeufs.

(2) Tulasne dit {Fungi Ilypogm, p. 17-i) ; « En Algerie, c'est Ic Terfcx (Terfezia Leonis), qui parait rcmplacerscul toutesies Truffesde TEurope occidentale» . II ajoute que les Truffcs de Bagdad, de Dainas et dc la Cyrenaique, dont parlent Olivier, Chabree el Plinc, sont sans doule le mfime Terfex.

(3) J'ai pu d'ailleurs constater la presence, dans les collections du Museum, d'un fragment de tuborcule qui parait avoir servi aux observations de Tulasne et avait ^te r^colt^ par Durieu de Maisonneuvc. Jc n'ai vu que des th&ques k six spores, noD a huit.

14 SEANCE 1)U 8 JANVIER 1892.

les theques, de formation recenle, etaient encore vides de spores; en d'autreSj des spores se nionlrent, mais leur surface est lisse ; dans quelques-uncs les verrues apparaissent, encore tres courtes, mais deja aussi larges que sur les spores complelement formees, et ne rappellenl

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complelement elucide par une serie d'observations suivie sur les tuber- cules de divers &ges composanl renvoi venu de Smyrne.

Voici d'ailleurs ce que m'ecrivait a cesujel noire confrere M. Boudier, donl le nom fait aulorile en mycologie, en m'adressant les admirables dessinsj toujours fails a la chambrc claire, que je mets sous les yeux de la Sociele bolanique :

. . . J'ai bien reQu vos specimens A et B de Terfaz de Smyrne; ils appar-

> tiennent maiiifestement a la meme espece, le Terfezia Leonis. L'un, Ires » jeune encore, a les spores a peine formees, la pluparl des ibequcs etaut » encore vides; c'est votre u** B. L'aulre, plus gros et adulle, les a toules en

> bon e([*t de nialuration, c'esl votre n^ A; mais les jeunes spores ne resseni- » J)lenl en rien a celles que Tulasne iigure comnie des jeunes eldoiit vous avez

> fail voire Boudieri. J'ai pu suivre la spore depuis son premier aspect com- i> plelement lisse jusqu'a celui ou elle presente ces grosses verrues qui lui t donnent un contour en dents d'engrenage, suivant votre expression assez l^ juste, et dans aucuu cas je n'ai vu la forme que presenleul celles du Ter- » fezia Boudieri . . . >

Si maintenantj donnant ici une simple mention aux Terfezia berbe- ridiodora, leptoderma^ olbiensiSy oligosperma TuL, et au T.castanea

Quel., pelites especes (sans applications alimentaires, qu'on a obser- vees dans le sud-ouest de la France, exceple le T. castanea trouve en Francbe-Comte), nous recapitulons Tetat present de nos connaissances sur les Terfaz ou Kam«3s d'Afrique et de I'Asieoccidentale, nous arrivons a la serie suivante :

I. Terfezia Leonis Tul.; dunord de TAfrique et du siidde I'Europe;

commun en Asie aux environs de Smyrne ;

11. Terfezia Boudieri Chat.; commun en Algerie;

III. Terfezia Boudieri (3. arabica; de Damas;

IV. Terfezia Claveryi Ghat.; de la region de Damas et du sud de

TAlgerie;

V. Terfezia Ilafizi Chat.; parait etre le plus commun des Kanies

de Bagdad ;

VI. Terfezia Metaxasi Chat.; vendu, a Bagdad, sous le nom impropre

de Kame noir;

CHATIN. PARALLELE ENTRE LES TEUFAZ ET LES TRUFFES. 15

\'1L Tirmania africana Glial.; c'est le gros Terfaz blanc, craulomno^

du centre et du sud de TAIgerie;

VIIL Tirmania Camboniiy nouvolle espece du sud de I'AIgerie.

On voitque plusicurs especos de Terfaz ou Karnes se trouvenl a la fois des deux coles de la mer Ruui^e el de rislhme do Suex, qui la con- tinue; tels sont les Terfezia Leonis, Boudierij Clatenjiy et il n'est pas tenfieraire de conjeclurer (|ue de nouvelles observalions montreront que loute la florule des Terfaz ou Karnes est, comnDune a toules Ics rejjions sahariennes, autrefois continues^ du nord-est de I'Afrique et du nord- ouest de I'Asie.

Bien que, suivanl toutes probabilites, I'ere des decouverles de nou- veaux Terfaz ou Karnes d'Afrique ne soit pas close, le nombre de leurs especes aujourd'hui connues suffit a auloriser quelques comparaisons enlre eux el nos Truffes d'Europe, parmi lesquelles nous viserions lout specialement, comme les plus imporlantes par leurs qualites, le com- merce dontelles sont I'objet el I'etendue de leur aire geographique, la Truffe de Perigord (Tuber melanosporum) et celle delJourgogne-Cham- pagne {Tuber uncinatum).

Parallele entro les Terfaz ou Karnes il'Afritiuc et d'Asic et les TrufTes d'Europe.

La comparaison portera sur les points suivants, somniairement con- sideres : Distribulion geographique, climats, sol, plantes nour- ricieres, epoques de maturation, profondeur dans le sol, modes de recolte, culture, couleur, odeur, saveur, peridium, chair ou gleba, sporanges, spores, composition chimique, valeur et importance alimentaire, commerce.

Une notable opposition existe dans la distribution yeographiquey des Terf&z ou Kames d'une part, de nos Truffes d'autrc part. Les premiers, a peine represent^s au midi de I'Europe, sont essenticllemcnt especes d'Afrique et d'Asie, ou leur aire de dispersion, pour quelques-uns du moins, est immense. C'est ainsi que le Tirmania, non encore trouve en Asie, s'etend de Biskra au sud vers Tougourt, Ouargia, El Golea, etc.; que le Terfezia Boudieri, a qui il faut rapporler a peu pres tout ce qui a ete dit du Terfezia Leonis comme croissant dans les regions centre-sud de I'Algerie, estcommun vers Barika, Saada, tout le Ilodna, et est represente en Asie par sa variete arabica ; que le Terfezia Leonis, qui occupe le nord de TAfrique, passe en Asie ou il est fort repandu dans quelques villayets des environs de Smyrne, et envoie une petite colonic en Espagne et dans les Deux-Siciles (1).

(1) Requieu I'a reooUe en France, pies de Tarascon.

16 SEANCE DU 8 JANVIER 1892.

Le Terfezia Claveryi, dont les caravanes arabes alimentenl les mar- ches de Damas, se recolte en Algerie, a plus de 380 kilometres sud de Biskra (1), en attendant qu'on y decouvre les Terfezia Hafizi et

w

Metaxasi de Bagdad.

En somme, on pent estimer que Taire de dispersion des Terfaz et Kames s'etend des Deux-Siciles et d'Espagne en Asie et en Afrique, soil du 40' au 28^ degre de latitude, sur au moins 15 degres de longitude, le

Terfi

fezia Claveryi, Hafi

Metaxasi

encore plus meridionales), le Terfezia Boudieri et le Tirmania dans la zone moyenne du centre-sud, passant par Biskra, le Ilodna, Ouargla, El Golea, etc.

Bien moins etendues, quoique encore assez vastes, sont les aires de la Truffe de Perisrord et de celle de Boursro^ne. La Truffe de Porisord

o^o

[Tuber melanosporiim) a son veritable centre d'aire en Provence, dans les departements de Yaucluse etdes Basses-Alpes, d'oii die remonte en Dauphine, envoie une pelite colonic en Ilalie, ets'elend largement, vers le nord, en Perigord et Poilou, pour s'arreter entre Orleans et Paris, oii elle se montre vers Etampes et Corbeil (2).

La TrulTe de Bourgogne-Champagne (Tuber uncinatum)^ loin d'etre limitee aux provinces de ces noms, a une aire plus etendue que la Truffe de Perigord, accompagnant celle-ci partout oii elle croit, en Perigord, Dauphine, Poitou et Provence, et s'avangant au nord plus loin qu'elle, notamment en Bourgogne-Champagne et Lorraine ; je Tai regue du Puy- de-Dome, et reconnue dans un envoi de Truffes de Piemont coupees en rondelles.

En somme, quoique notable, Paire de dispersion de la Truffe de Bourgogne, et surtout celle de la Truffe de Perigord, restent beaucoup au-dessous de celle des Terfaz ou Kam6s, qui du sud de I'Europe s'eten- dent a la fois en Afrique et en Asie.

Au point de vue des climats Popposition est tres nette: nos Truffes, generalement confinees entre le 44^ et le AV degre de latitude, appar- tiennenl aux climats temperes ; les Terfaz ou Kam6s, au contraire, ne croissent que sous le climat chaud, du 40^ au 28^ degre.

La pluie est indispensable a tous, aux Terfezia et Tirmania comme k nos Tuber, mais seulement en certaines saisons, determinees pour chacun d'eux.

(1) Recolte par M. Ben-Uafiz, le 15 avril 1890.

(2) U est douteux que la Truffe de Magny-ea-Vexin, rapportee par BouteUIe et Jveillc au Tuber melanospornm, appartienne a cette espece. Je suls infornie en

effet par M. Moreau, pharmacien a Magny, qu'on ne la trouve plus en liivcr, raais seulement en octobre-novembre, d'ou Ton peut induirc que c'est Vuiicinalum.

CHATIX. PARALLELE ENTRE LES TERFA^ ET LES TRUFFES. 17

Aux Terfezia^ qui murissent leurs tubercules en mais-avril, il faut des pluies d'hiver; a nos Tuber ^ qui murissent de novembre en mars, c'est en juillet-aout que la pluie est necessaire. Des Arabes out de- clare a M. le professeur Battandier qu'une espece de Terfaz se montre aussilot apres les premieres pluies d'aulomne. G'est des la fin des pluies d'hiver que se ferait aussi, en r^alite, la recolte des Tirma-

nia.

II est d'observation que la TrufTc de P^rigord ne donne que maigre recolle a la suite des eles sees. Les TerfAz out eie nuls ou tr6s pelits en Algerie dans Tannee 1800, les pluies d'hiver ayanl manque; il en a ete de meme a Damas. non seulement en 1890, raais aussi, suivant M. le consul de France Guillois, en 1889 et 1888.

On ne saurait douter qu'il exisle une relation enlre les pluies et le developpemenl des Truffes. Or, si Ton considere le grand intervalle qui separe, pour les Truffes de France, les pluies de juillet-aout, qu'on s'accorde a dire leur etre favorables, de leur maturation hivernale, tandis que la recolte des Terfezia et Tir mania suit presque imme- diatement les pluies d'hiver ou celles d'automne, on est conduit a pen- ser que le developpement des Terfaz se fait en un temps plus court que celui des Truffes proprement dites.

Ce developpement rapide des Terfaz ou Kames etanl donne, il apparait comme une necessite, consequence de ce fait, que les plantes qui les abritent et les nourrissent seraient leplus ordinairement, non pas

ifol

?

fol

Le sol ou croissent les Terfaz differe en general beaucoup, par ses qualiles physiques, de celui ou viennent nos Truffes. Les Terfaz se ren- contrent dans les terres le plus souvent legeres, dites sables du desert; les Truffes se plaisent surtout dans les terres fortes.

Toulefois, quelques rapports importants existent entre ces terres au point de vue chimique. Les pretendus sables, comme les terres argi- leuses de nos Iruffieres, renferment une proportion notable de chaux et d*oxydede fer, ainsi que d'acide phosphorique et de potasse, sans compter la magnesie, I'acide sulfurique, le chlore, Fiode, etc.

De la la certitude de creer de fertiles oasis partout oii Ton fait jaillir des sources artesiennes.

La pro fondeur dans le sol a laquelle se trouvent nos Truffes est assez notable, le plus souvent elle est de 10 k 15 centimetres en moyenne, mais pent alter k 40-50 centimetres, ou rafime plus^; rarement ces tuber- cules sont assez superficiels pour soulever la terre en petites taupi- nieres; dernier cas qui est au conlraire ordinaire chez les Terfaz, qu'on Irouve meme, vers leur maturity, emergeant du sol ou seulement

T. xxxix.

(seances) t

18 SEANCE DU 8 JANVIER 1892.

recotiverts de feuilles, ce qui peimel d'en faire la recolte direclernenl k la main ou avec une sorte de petit rt^teau : pratique expeditivc bieii

a la porlee des Arabes.

Grands arbres g^neralement pour les Truffes, petiles herbes pour les Terfaz, Chenes pour celles-la, Helianthemes ou Cistes pour ceux-ci, les plantes nourricieres des deux groupes de Tuberacees ne sauraient,

on le voif, differer plus entre elles.

La culture, praliquee avec succes depuis pres d'un siecle pour la Truffe en Provence, Bas-Dauphine, Perigordet Poitou, n'apas ete encore appliquee aux Terfa/ ; nul doute cependant, qu'on ne put multiplier les Terfdzieres par des semis de Gistes, aux deserts voisins des localites a Terfaz, comme chez nous on cree desTruffieres par simples semis ou plantations de Ghenes dans les zones a Truffes.

Les epoques de maturation sont loin d'etre les memos. Tons les Terfaz connus d'Afrique et d'Asie, a Pexception du Tirmania africana qui, dit-on, murirait en octobre, arrivent a maturation en mars-avril. Nos Truffes ont leur plein developpement en d'autres saisons : la Perigord tout Thiver, de decembre a mars; la Bourgogne, de novembre

a decembre.

G'est en octobre que murit la Truffe a Tail (Tuber magnatum) du

Piemont, Irait d'union entre les Tuber el les Terfaz (1), dont elle a le

periderme lisse, la coloration blanche, et aussi, jusqu'a un certain point,

I'assez faible consistance; le gros volume des tubercules rapproche plus

specialement la TrulTe do Piemont des Tirmania. Ajoutons qu*en ete murissent les Tuber cestivura el mesentericum^ quicroissent en France,

comme en Italie, associes au Tuber uncinatum.

Les modes de recolte les meilleurs, pour les Truffes de France, repo-

sent sur Pinslinct et I'odorat du chien el du pore, animaux qui mellent

a decouvert les tubercules qui, enfonces dans le sol, ne revelenl par

aucun signe exterieurle point precis oii ils sont enfouis. Les Terfaz, au

contraire, signalent ordinairement leur presence par leur Emergence

du sol, ce qui en permet la recolte au rateau, ou meme directement a la main.

La coloration des TerfSz ou Kam^s et des Truffes doit etre notee separement pour le peridium el pour la chair ou gleba,

Les Terfaz ont tous la peau du peridium a pen pres incolore et lisse. Les Truffes onf, pour la plupart, ce meme peridium noir et fortement verruqueux.

La chair ^ blanche^ ou a peine coloree dans les Terfaz, est plus ou

(I) Je tiens ilu general Feviier, qu'i! a trouve a des Terlftz d'AIgerie un petit gofit

*r;iil.

CIIATIN. TERPAZ ET TRUFFES. 19

inoiiis noire dans nos principales esp^ces cle Tniffes {Tuber melano- sporum, montaflum, briimale^ iincinatum^ mesentericum).

Les Tuber hiemale et wslivum ont la chair pen color^e, quoique leur peridium soil noir el verruqueux.

La chair des Terf&z, moins fermc et inoins homogene que celle des Truffes, perd davantage a la dessiccalioii.

Varome et Hsavetir des Terfftz, agreablcs mais faibles. ne peuvent etre compares a ceux du groupe des Perigord {Tuber melanosporum, gnlonum^ montanum eibrumale), m a ceux du Tuber unci natum. J'ai ditquc le general Fevrier leur avail trouve en Algerie quelque chose d'alliace, ce qui les rapprocherait du Tuber magnatum d'ltalie, d'ail- leurs comme eux a peine colore.

Les sporangeSj vus dans Tensemhle des deux groupes(et sous reserves d'exceplions) Terf&z et Truffes, presentent cette opposition, qu'octo- spores dans les premiers, ils sent tetraspores chez celles-ci. Signalons loulefois, parmi les notables exceptions, le Tei^fezia Claveryi. hexaspore (ce qui souvenl est le cas du Leom, dit par Tulasne octospore), et surtoul le Terfezia oUgospermay seulementdispore; et dans les Tubercle Triher macrosporum^ qui n'a que 1-^ ou 3 spores (1), ce qui se presente parfois chez les especes normalemeut tetraspores.

Les spores ne different pas seulement chez les Teriaz et les TrufTes par leur nombre dans les sporanges, elles different encore : par la colo- ration, qui n'est aulre que celle de la chair ; par la forme^ ronde dans les Terfezia^ elliplique chez les Tuber (aussi dans les Tirmania, qui se dislinguent d'ailleurs par les spores lisses).

On constate au conlraire un certain parallelisme dans le relief. C'est ainsi qu'il exisle des Terfezia a spores alveoloes {Terfezia Claveryi et T. oligosperma), d'autres releves de \errues {Terfezia Leonis^ T. Me- taxasi, etc.), comme il y a des Truffes a spores alveolees (Tuber CBStU vum, T. magnatum et T. mesentericum) .^ et d'autres releves d'echinules {Tuber melanosporum^ T. montanum et 2'. brumale^ etc.); avec celte difference toutefois dans les echinules, que celles des 7b'/>zia, grosses, courles et Ironquees, peuvent 6lre dites des verrues, lands que celles des Tuber^ fines et allongees en pointes, se presentent sous forme de papilies. Dans le Tuber uncin a turn ^ et c'esl a ce caractere que j'ai emprunte le nom de Tespece, les echinules, assez epaisses, sont re- courbees en une sorle de crochet.

(1) Jai deja fait la rcaiaiquc que Ic soul Terfezia {oligosperma) dont les spores ^galent en voI(ime(30-;]-2 millicmes de millimetre) celles du Terfezia Claveryi n*a que deux spores. Dans les Tuber, c'esl aussi une espfece {Tuber macrosporum) n'ayanl que 1-2, raremcnt 3 spores, qui de lout le genre a les spor. g les plus grosses (32-39 mil- lieuies de nuljimetrc do large sur 55-65 de long).

20 SEANCE DU 8 JANVIER ISO^.

La composition chimique des Terfaz et des Truffes proprement diles differe sous plusieurs points, notamment en ce qui cbncerne le phos- phore et la potasse, en proportion au moins double dans les Truffes.

Pour Tazote, une distinction est a faire. Si Ton compare les tuber- cules frais, on trouve que les Truffes sont plus azotees, a peu pres dans la proportion de cinq a quatre, ou de quatre a Irois. Mais, si la compa- raison porte sur les tuhercules sees, la richesse en azote se montre sensiblement egale chez les Terfaz el les Truffes. Or, tout s*explique en considerant que les Terfaz, plus aqueux, sont precisement moins riches en matieres fixes dans la proportion de cinq a quatre on de quatre a Irois. Ce qui revient a dire que les Terfaz, conserves par les Arabes a I'etat sec, sont aussi azotes qu'un poids egal de Truffes seches.

Quelque distinction doit etre faite entre la valeur et Vimportance

alimentaires.

Compares aux Truffes a I'etat frais, les Terfaz, plus aqueux et de ce chef moins azotes sous un poids donne, seront tonus pour moins riches