4 tT' !?i^ '^ •5t=* ACTES *i SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE BORDEAUX FONDÉE LE 25 JUIN 1818 Et reconnue comme établissement d'utilité publique prw Ordonnance Royale du la juin 1828 -<< f^- Athénée Rue des Trois-Conils, 53 -•^«^ TOME LXV S£P 26 1912 zzQzsS BORDEAUX A. SAUGNAC, IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ LINNEENNE 3, PLACE d'aquitaine, 3 1911 t mj^ ACTES DE LA SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE BORDEAUX ACTES SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE BORDEAUX FONDÉE LE 25 JUIN 1818 Et reconnue comme établissement d'utilité publique par Ordonnance Royale du 1 5 juin 1828 Athénée Rue des Trois-Conils, 53 -^tih TOME LXV «.McptcAN ETHNOLOGY. SEP L^5 1912 LIBRARY - — - s^.,„.. BORDEAUX A. SAUGNAC, IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ LINNÉENNE 3, PLACE, d'aquitaine, 3 1911 iSSIOI El MAURITÂIIE OCCIDENTALE A. GRUVEL, Mailre de Conférences à la Faculté des Sciences (Université c'.e Bordeaux). Chef de la Mission. R. CHUDEAU, Docteur és-sciences. Chargé de l\/fission. avec un groupe de Collaborateurs. (Suite) JV PARTIE CHIMIQUE Analy(iie de Prodaîts^ divei>(^. Nous avons confié au Laboratoire de chimie du Jardin Colonial et à celui de Hann, un certain nombre de produits recueillis au cours de la mission et dont l'analyse a été faite avec tous les soins désirables. Sels naturels de Mauritanie. — Les dilférents sels sou- mis à l'analyse chimique provenaient de salines naturelles assez éloignées les unes des autres : Hasseï el Mesa, N' Tévert, Moulahchcb, Tin Djmaran, toutes situées dans le Trarza, et enfin de Tin Niouhrar, dans l'Agneitir. On pourra comparer les résultats de l'analyse à ceux déjà publiés au sujet de la saline (ÏEjreula (Marsa) (1). (1) A. Gruvel, Mission des Pêcheries de la Cùle occidentale d'Afrique, Actes de la Soc. JÂnnéenne, Bordeaux, 190(3. 6 — Chlore LU 58,21 1,04 0,74 ' 0,03 0,10 0,11 0,71 1,60 0,20 a S ^1 B3 M S u s 8 O 57,84 0.147 0,40 0,15 0,10 0,11 0,17 3.90 0,01 z < S Q iz QQ 56,61 1.24 1,18 0,07 0,07 0.11 1,34 2,10 0,18 56,84 0,36 0,32 0,055 0,12 0.11 0,28 6 0,02 58.71 0,47 0,34 0,04 0,10 0,11 0,22 2 0,10 58,82 0,365 0,34 0,04 0,12 0,11 0,23 1,82 0,20 A 'iullurique Silice (SiO^) Maenésie (MgO) Alumine (APO^) Potasse (K^O) global Chaux (CaO) Humidilé » Matières insolubles L'acide sulfurique étant totalement saturé par la chaux (GaO), dont il reste même un excès, on peut admettre que la magnésie, l'alumine et la potasse sont à l'état de chlorures, ce qui permet de dresser le tableau suivant : 93,01 94,62 96,37 96,52 0,42 0,60 0,34 0,38 0,49 0,20 0,53 0,50 Chlorure de Sodium.. 95,60(1) 92,89 Autres chlorures 0,31 0,36 Sulfate de chaux 1,43 1,71 On peut remarquer, par ces différentes analyses, la pureté et la richesse de ces sels divers, dont le plus inférieur, le sel gemme de N'Térert, présente, néanmoins, une teneur égale à celle de nos bons sels de France. 11 est intéressant, surtout, d'observer combien le sel efflo- rescent de N'Térert apparaît plus pur que le sel gemme dont il dérive. La somme chlorure de sodium + humidité est, en effet, de 95 dans un cas et de 99 dans l'autre, ce qui fait ressortir les impuretés totales dans le rapport de 1 à 5. La remontée naturelle (dissolution du sel gemme par l'eau de pluie, puis évaporation et cristallisation nouvelle) a donc pour effet de purifier le sel. En particulier, la chaux, la silice et l'acide sulfurique sont presque totalement éliminés, en même temps que les cristaux, volumineux et denses, du sel gemme, se résolvent, dans le sel efflorcscent, en petites (1) Dans l'ordre adopté au tableau précédent. — 7 — trémies nettes et nullement tassées, d'un blanc plus pur et auxquelles on pourrait seulement reprocher de retenir une plus forte proportion d'eau d'interposition. Eau mère. — Nous avons dit ailleurs (1) que, dans la saline de A'^' Térert, la plus grande partie du sel gemme extrait se trouve baignée par une eau mère, dont les échan- tillons que nous avons rapportés ont fourni l'analyse suivante. Eau mère de la saline de N'Térert : NaCl 310 gi". 94 par lilre SO*H'^ .... 15 78 .. en SO» K^O 47 MgO 10 86 .. CaO 10 52 Exlrait sec, . 349 » La quantité d'eau mère qui avait pu être rapportée était insuffisante pour la recherche du brome et de l'iode, dont la seule analyse qualitative exige des quantités relativement élevées. Latex. — Nous avions également recueilli plusieurs litres de latex d'euphorbe [Euphorbia balsamifera, Ait.) dont l'ana- lyse a donné les résultats suivants : Ce latex est incoagulable par les divers coagulants : chlo- rure de sodium, acide citrique, acide sulfurique, etc. L'acide citrique et l'alcool forment une sorte de précipité, extrêmement abondant, à l'état grenu. Par agitation, ce précipité disparaît, pour reparaître après un certain temps de repos. Il n'y a pas de coagulation. Le même phénomène se produit au bout de quelques jours, si l'on abandonne le latex à l'air, dans un verre. Si on analyse la partie solide après égouttage du sérum, on obtient, en rapportant les chiffres à la partie solide supposée sèche : par traitement à l'acétone, 91 p. 100 de résines. (1) A. Gruvel et R. Chudeau, A travers la Maurilanie occidentale. Ses salines. Larose, édit. 1909. La partie résiduelle, soit 9 p. 100, traitée par le toluène, laisse 3,05 crinsoliible dans ce dissolvant. Ces 3,05 sont formés de matière à apparence pulvérulente et qui renferme de Fazote. C'est un caractère retrouvé par M. Ammann dans tous les faux latex examinés jusqu'à ce jour. Le toluène dissout donc 5,95 p. 100 d'une matière qu'on ne peut oser identifier au caoutchouc. Ce latex ne renferme donc, presque exclusivement, que de la résine. Il paraît donc, actuellement, sans emploi. Préparation et analyse des guanos de poissons. Les poissons de la cote d'Afrique ne sont pas tous comes- tibles et la préparation qu'ils doivent subir, en certains cas, fournit des déchets plus ou moins abondants. Il nous a paru intéressant de savoir s'il serait possible d'obtenir, à l'aide des poissons divers et de leurs déchets, par un procédé simple et rapide, des guanos et des huiles bruts qui trouveraient une vente assurée dans la Métropole. Nous nous sommes demandé en outre quelle serait la composition chimique de ces différents produits. La question posée à M. Lemmet, sous-inspecteur d'agricul- ture, chargé du Laboratoire de liann, a été étudiée par lui, après un voyage que nous avons fait ensemble à Port-Etienne. Nous pouvons, d'ores et déjà, donner les résultats de ses études pour un certain nombre d'espèces et nous espérons que ces recherches seront poussées plus loin ultérieurement. Les ditTérentes parties des poissons entiers et des déchets ont été séparément cuites à l'eau, égouttées, passées à la presse, desséchées au bain de sable, puis, pulvérisées et intimement mélangées, pour obtenir les différents échantil- lons de guano. L'huile a été obtenuQ en partant des bouijlons de cuisson — 9 — et des jus sortis de la presse, par écuniage, décantation et filtration à chaud. Nous avons, pour plus de simplicité, résumé les résultats obtenus dans le tableau suivant. Jusqu'ici sept espèces diffé- rentes ont été étudiées, quatre représentant d'excellents pois- sons au point de vue alimentaire : Dentex, Epinephelus, Sciœna et Diagramma et trois qui sont considérées comme des espèces de rebut : Carcharias, Caranx et Tetrodon. Par ordre d'importance, ces poissons peuvent se classer ainsi en ce qui concerne : 1° le oruano; 2" l'huile. RENDEMENT EN GUANO RENDEMENT EN HUILE Caranx Epinejihelus Dentex Sciœna Epinephelus Dentex Sciœna Diagramma Carcharias Carcharias Diagramma Caranx Tetrodon Tetrodon Il résulte de l'examen du tableau joint à ce travail que les déchets peuvent être utilisés, par une méthode extrêmement simple et peu coûteuse et donner encore des résultats très intéressants au point de vue financier, surtout si l'on sait que les sous-produits : guano et huile, peuvent trouver pre- neur dans la Métropole, à des prix extrêmement intéressants et qui devraient permettre, dans une affaire bien conduite, de récupérer en grande partie les frais généraux de l'exploi- tation. — 10 — sajaJB.p « co sonEnS sap aNNaxoK r-" -* T^ o apuBi.v ap a lO J5 co souenS sap flQ cS »-l c aMMSAOK 1— 1 co O S}a[duioo W 00 « et CO souBnS sap aNN3Â0K ci 00 ^ Ol co c snjcBiAaoi l-H S f^ CQ vs* co Ci O co NoaoHxax •^ eu 00 e-=- oo l-H g co ■ ^H o -ït* co a. co snSuBJBO XNVaVD CO (M Oh 00 5 ©o- o 3 CJ «O O ZJ <* 3 t^ vt CO sviavHoavD 1—1 Oh o eo. ■T-l -* co o- CO 00 ■> o o uinauBJja^upacn 1— 1 o O la (M 2' VKWVHOVm co ■H co lO (M C5 00 T-l Ci C _o ^ ^^ 00 Ol Oi OT (T. ■^H co ' S Ol BlinbB o y-t X co oo C\i •^ -* 00 ' — ' O (N 2? 'cô O VKailDS OJ -* T-C 00 -* o: -H ■«H ■rH o CO là O •r-l t^ ■rH a. m _ to ,^_^ ■I-H r- ce §E ^ ■^ ■d< £ o snauao ■tH r- o: * % S 00 Gi 05 th o "* (M _co cr. or O c-} r- ce (T CO '> 00 suBS[nA r- CVJ CM '=3" ce œ t^ i^ CO " O C^ th lO -I-» xaxKaa ^H -^ ce c: iO <* ir cr ^ -r^ co ic^ e^ O 00 "H c «^ co ^ E 3 co c w S, C o 0) O co ^3 o C £- C 5^ O) f,» O O-, m o co s D CO a- c ,1 -0 3 "co > Cl C < E- tL < > D. ce K a a ffi ce PARTIE ZOOLOGIQUE COLÉOPTÈRES Première Partie PAR P. LESNE Assistant du Muséum National il'Histoire \afurelle. Au cours (le leur voyage le long des cotes de la Mauritanie (janvier-mai 1908), MM. A. Gruvel el R. Chudeau ont recueilli des collections entomologiques qui ont été déposées au Muséum National d'Histoire naturelle. Peu après, parvenait au même établissement, par les soins de M. A. Gruvel, une série d'Arthropodes recueillis à Mederdra, dans le pays des Trarza par M. G. Mère, administrateur des colonies. Egale- ment à la même époque, M. G. Audan remettait au service entomologique du Muséum les récoltes faites par lui dans le Guidimaka mauritanien. Ces trois séries de récoltes qui com- prennent ensemble plus de cent espèces de Coléoptères, permettront de donner un premier aperçu de la faune des possessions françaises du Sahara occidental. La présente note contient l'énumération des espèces se rapportant aux familles des Bostrychides et des Clérides. Les premiers de ces insectes sont essentiellement xylophages; les seconds sont carnassiers et ils se développent fréquemment aux dépens des premiers. 12 — 1. Bosti'ycliîdse. 1. Bostrychoplites Zickeli Marseiil 1867, in L'Abeille IV, p. XXXIV. — Lesne in Ann. Soc. eut. Fr., 1898, p. 570. El Mamghar (Cap Mirik), fm février (cf9); Tinamaten, 25 kilom. N. du fleuve Sénégal, en fm janvier, volant aux lumières, un cf (Mission Grnvel). Espèce de l'Afrique saharienne, déjà connue du Sénégal, du Soudan et du Sahara algérien. 2. Enneadesmus forficula Fairmaire 1883, in Ami. Soc. eut. Fr., 1883, p. 95. — Lesne in A?w. Soc. eut. Fr., 1901, p. 604. El Mamghar, fm février; Tin-Amalen, fin janvier, volant aux lumières, cf 9 (Mission Gruvel). Les exemplaires de Tin-Amaten sont tous de petite taille; quelques-uns ne mesurent pas plus de 2, 3 mill. Les deux individus pris à El Mamghar sont de taille normale. Espèce de l'Afrique saharienne, représentée dans l'Afrique australe par une race particulière. 3. Calopertha subretusa Ancey 1881, in Le Naturaliste, III, p. 509. — Lesne in Anu. Soc. eut. Fr., 1906, p. 459. Tinamaten, fm janvier, venant aux lumières. 4 cf (Mission Gruvel) . Espèce saharienne, se rencontrant depuis le Sénégal jus- qu'en Arabie. 4. Calopertha truncatula knc^y \^M, m Le Naturaliste, III, p. 509. — Lesne in Ann. Soc. ent. Fr., 1906, p. 461. El Mamghar, fm février, cf 9 (Mission Gruvel). Espèce des régions sahariennes et dont l'aire de dispersion s'étend en Asie jusque dans le Pandjab. 5. Sinoxylon senegalense Karsch 1881, in Berl. ent. Zeit.schr., 2^ sér., XXV, p. 42. — Lesne in Ann. Soc. ent. Fr., 1906, p. 499. El Mamghar, fin février, en nombre (Mission Gruvel); Mederdra, en mai (G. Mère); Boguent, au Sud de Tindjmaran, en fin janvier (Mission Gruvel), — 13 — Cette espèce est une des plus répandues dans la région saha- rienne. Elle ne dépasse pas au Sud les territoires de la boucle du Niger et le moyen Chari. Elle se développe le plus souvent dans le bois des Légumineuses des genres Acacia et Albizzia. 6. Sinoxylon ruficorne guineense Lesne 1906, in Ann. Mus. civ. di Genova, 3" série, vol. Il, p. 413; id. in Ann. Soc. ent. Fr., 1906, p. 516. Boguent, environ 120 kilom. N. de St-Louis, 27 janvier 1908, un individu (Mission Gruvel). Le Sin. ruficorne est très répandu en Afrique, au sud de l'équateur; du côté de l'Est, il remonte jusque dans la pres- qu'île des Somalis. On ne l'a encore rencontré que très rare- ment dans l'Afrique occidentale où il offre une légère tendance à constituer une race régionale (race guineense). Il y a peu d'années (1906), M. G. Melou en avait capturé un individu à St-Louis-du-Sénégal. Les récoltes de la Mission Gruvel, vien- nent confirmer la présence de l'espèce sur le littoral atlantique du Sahara. 7. Apate monachus Fabricius 177S, Syst. Ent., p. 5i. — Lesne in Ann. Soc. ent. Fr., 1909, p. 507. N'diamer, 50 kil. N. de St-Louis (Mission Gruvel). Espèce très répandue dans l'Afrique occidentale et se retrou- vant sur le littoral du Maroc et de l'Algérie. 8. Phonapate frontalis Fâhrœus \Sli,[n OEfv.Vet.Akad. Vorh. (1871), p. 66i-. — Lesne in Ann. Soc. ent. Fr., 1909, p. 551. Nouackchott, mi-février (Mission Gruvel). Un cf, forme type. La forme type du Phonapate frontalis habite toute l'Afrique du sud du Sahara. Le point de Nouakchott doit être une de ses stations extrêmes vers le Nord. REMARQUES D'après ce qui précède, on connaît maintenant huit espèces de Bostrychides habitant la Mauritanie. Cinq d'entre elles (Bostrt/choplites Zickeli, Enneadesmus forficula, Calopertha - 14 — subretusa, C. tnmcafula, Sinoxylon senegalense), sont des types franchement sahariens. Au contraire, le Synoxylon ruficorne et le Phonapate frontalis forme type, dont le centre d'habitat se trouve dans l'Afrique australe et orientale, parviennent dans la Mauritanie à la limite septentrionale de leur aire de dispersion. Le cas de VApate monachus est différent. 11 s'agit selon toute vraisemblance d'une espèce guinéenne qui s'est répan- due le long da littoral de l'Afrique occidentale jusque dans le ba;ssin méditerranéen. '9, Cleridie. 1. Denops plagiatus Fairmaire 1892, in Revue d'Ento- mologie, XI, p. 102. Mederdra, en juillet-août (G. Mère). Deux individus Cette curieuse espèce n'avait encore été trouvée que dans la Somalie française, à Obok^ oîi elle avait été recueillie par le D'" Gaujan, (1), et à Dire Daoua (2). Les exemplaires trouvés à Mederdra, montrent qu'il s'agit d'une espèce habitant la zone saharienne dans toute sa longueur. La taille des spécimens mauritaniens est de 6 mill. et de 6 mill. 5; leur sexe n'a pas été déterminé. L'abdomen mon- tre, du côté ventral, six segments apparents, dont le dernier est beaucoup plus étroit que les précédents, plus long que large, atténué vers l'apex oii il est arrondi. Les deux indi- vidus portent les curieuses apophyses triquètres des bords latéraux de l'épistome, apophyses qui sont caractéristiques de l'espèce. Les antennes, qui manquaient chez le type de Fair- maire, sont entièrement testacées; elles comptent onze articles et sont dentées en scie à partir du quatrième; Les pattes sont entièrement testacées. (1) Le spécimen recueilli par le D-^ Gaujan est le type de l'espèce. Il doit actuel- lement faire partie de la collection Maurice Aubert, à Toulon. (2) D'après un individu conservé dans la collection M. Pic. - 15 — 2. Tillus senegalensis Castelnau 1832, in Ann. Soc. ent. Fr. (1832), p. 399. Guidimaka mauritanien (G. Audan). Espèce déjà connue du Sénégal, du Soudan français, de la Somalie française et d'Arabie. 3. Phlœocopus tricolor Guérin 1838 Iconogr. du Règne animal. Insectes, p. 54. Nouakchott, en février (Mission Gruvel), une 9- Espèce déjà connue comme habitant le Sénégal, l'Abyssinie, l'Erythrée et le pays des Somalis. REMARQUES Les trois Clérides mauritaniens énumérés ci-dessus sont des espèces localisées dans l'Afrique saharienne et dans les contrées circonvoisines. Il est fort probable que toutes trois sont inféodées à des espèces xylophages aux dépens desquelles elles se développent; mais on ne possède, à notre connais- sance, aucune observation précise à ce sujet. - 16 COLÉOPTÈRES Deuxième Partie PAR H. D'ORBIGNY Genre Oiitliopliagiis liati*. O. inermifrons d'Orbigny, 1902, in Ann. Soc. eut. Fr., 1902, p. 219, décrit du Sénégal. — Mauritanie : Mederdra dans le Trarza (G. Mère). O. ochreatus d'Orbigny, 1898, in Ann. Soc. eut. Fr., 1897, p. 214, décrit de la Somalie. — Mauritanie : Mederdra dans le Trarza (G. Mère). Se trouve également au Sénégal. O. variegatus Fabricius, 1798, Siippl. Eut. system., p. 36, décrit de Tlnde. — Côte atlantique du Sahara : Tinamaten (A. Gruvel et R. Chudeau). Habite également à peu près toute l'Afrique depuis le Séné- gal, la région du lac Tchad et la basse Egypte, jusqu'au Sud de la Colonie du Cap et la Mésopotamie, l'Arabie et la Perse. O. (Phalops) sulcatus Lansberge, 1883, in Stettin. Ent. Zeit., 44, 1883, p. 16i, 166 et 169, décrit du Sénégal. — Mau- ritanie : Mederdra dans le Trarza (G. Mère). 17 — LÉPIDOPTÈRES PAR M. F. LE CERF Préparateur au Muséum National d'Histoire naturelle. Les Lépidoptères récoltés en Mauritanie (Côte Atlantique du Sahara), par M. Gruvel en 1906, puis MM. A. Gruvel et Chu- deau, en 1908, sont peu nombreux, ainsi qu'il fallait s'y attendre, étant donné le caractère désertique des régions explorées. Leur ensemble constitue une petite collection de quinze spécimens appartenant à huit espèces, parmi lesquelles un seul Rhopalocère, pas de Géométride ni de Microlépidoptôre. Je n'ai pas trouvé d'espèces nouvelles, toutes sont connues et présentent ce caractère commun d'avoir une aire de disper- sion géographique très étendue, mais quelques-unes otTrent en outre l'intérêt d'avoir été rencontrées loin des limites de leur habitat jusqu'ici connu. RHOPALOCÈRES I*îei*îdae. Pieris mesentina Cr. var. Augusta Oliv. 1 cf. Raie de l'Etoile 2-1-06. HÉTÉROGÈRES Spbingîilae. Celerio lineata F. var. Livornica Esp. 4 9 '- Nouakchott, 6-1-06 (2). Lemsid, 22-11-08 (1). Raie du Lévrier : Port-Etienne 2-1V-08 (1). — 18 — Ilioctuidaet Agrotis spinifera Hb. 1 9 Nouakchott 9/ 13-11-08. Heliothis peltigera SchilT. 1 cf, Nouakchott 9/13-II-08. Pandesma anysa Gn. var. Terrigena Chr. 2 cf , Lemsid 21/22-11-08. Agamoun 21-1-08. La variété Terrigena Chr. n'était connue, d'après Stau- dinger (Catalog 1901) que de : Palestine, Hyrcanie, Perse, Tura et Egypte; à ces localités iîfaut ajouter l'Algérie où j'ai capturé moi-même cette intéressante espèce à la Maison- Carrée (Alger) lX-1907, en deux exemplaires cf 9- Pandesma anysa Gn. var. Sennaarensis Feld. et Roghf 1 9, Lemsid 11-08. Leucanitis stolida F. 1 cf9, Agamoun 21-1-08. Acantholipes circumdatus Wlkr. 1 cf , en mer, en face Nouakchott. Pseudophia illunaris Hb. var Syriaca Bugn. 1 9 N'Diamer 22-1-08. * Indiquée par Staudinger (1. c.) d'Asie centrale, méridio- nale et occidentale et aussi de Sicile Dalmatie et Andalousie. Cossidae. ? Dyspessa Ululla Bkh. var.? 1 cf, très frotté Agamoun 30-1-08. 19 — ÉGHINODERMES PAR R. KŒHLER Professeur à la Faculté des Sciences de Lyon. Luidia af ricana Sladen. Cette espèce a été signalée à la fois au Maroc et au Cap de Bonne-Espérance; elle doit se rencontrer en différents points intermédiaires de la côte occidentale d'Afrique. M. Gruvel Ta recueillie au large de Rufisque. Echinaster sepositus Retzius. Espèce répandue en Méditerranée et sur nos côtes occiden- tales de France; elle est connue également sur les côtes d'Espagne. M. Gruvel l'a, également, rencontrée à Rufisque. Patiria pulla Kœhler et Vaney. Patiria rosea Kœhler et Vaney. Ces deux Patiria sont nouvelles. Elles ont été décrites dans les Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, vol. LX. Asterina marginata Millier et Troschel. (Asterina stellifer Bell; A. Brasiliensis Lûtken). Sous ses différents noms VA. Marginata a été signalée sur les côtes du Sénégal et au Brésil. Ophioderma longicauda Millier et Troschel. L'O. Longicauda est très répandue en Méditerranée. Elle est connue sur nos côtes occidentales de France oii elle remonte jusqu'à La Rochelle. On l'a signalée sur les côtes d'Espagne, aux Açores, aux Canaries et sur les côtes de Guinée. M. Gruvel l'a recueillie au large de Rufisque. Les exemplaires sont bien conformes aux 0. longicauda — so- cles mers d'Europe et il n'y a pas lieu de les rapporter à la var. guinen.se décrite par Greeff. Cidaris tribuloïdes (Lamarck). Espèce possédant une aire de répartition géographique très vaste : Antilles, Floride, Brésil, îles du Cap-Vert. M. Gruvel l'a recueillie au large de Rufisque. Arbacia pustulosa Gray. L'.4. Pustulosa, commun en Méditerranée, a été signalé aux îles Canaries et du Cap-Vert, à Madère, sur les côtes du Libéria ainsi qu'au Brésil. Les échantillons de M. Gruvel pro- viennent de Rufisque. Echinometra subangularis Desmoulins. Espèce commune dans les régions équatoriales de l'Atlan- tique, aussi bien sur les côtes africaines que sur les côtes américaines : elle est signalée aux Antilles, aux Bermudes, au Brésil, au Sénégal et aux îles du Cap-Vert. M. Gruvel l'a rencontrée dans la haie de Cansado. Paracentrotus lividus (Brandt). Cette espèce bien connue est répandue partout en Méditer- ranée; elle remonte le long de nos côtes occidentales de France jusqu'aux côtes méridionales de TAngleterre et descend jusqu'aux Açores et à Madère. Rotula Rumphii Klein. La R. Rumphii paraît localisée dans les régions chaudes des côtes occidentales de l'Afrique : elle a été signalée au Sénégal, aux îles du Cap-Vert et sur les côtes de Guinée, mais elle doit descendre davantage vers le sud. OBSERVATIONS SUR LE Phytoplancton de la Côte Occidentale d'Afrique PAR L. MANGIN Professeur nu Muséum d'IIisloire Xalurelle. M. Gruvel m'a remis pour en l'aire l'étude les récolles de plancton qu'il a recueillies sur la Côte Occidentale d'Afrique, depuis le banc d'Arguin jusqu'au Sud de Dakar. Voici la série des pêches que j'ai examinées : 4 Mars 1009. Baie de Hann Plancton faible. 5 > Baie de Rufisque PI. abondant. 12 » Sud de Bel Air (Sénégal) » 16 » Par le travers de Rufisque. » 18 » Pointe de Gambaru PI. très abond. 18 » Banc de M'Bour PJ. abondant, 19 » Popenguine (Côtes du Sénégal). . PI. assez faible. 20 » Hann à Dakar » » 26 » Cap de Naze au Gap Rouge. Plancton faible. 30 » Entre Hann et Tiaroye » » 15 Avril. Pointe de Gansado » » 15 » Baie de Gansado » » 23 » Sud Est de Gorée. Eaux Noires, mer haute PI. très faible. 13 Mai. Popenguine Plancton faible. 14 » Gorée. Eaux Noires « « Les récoltes qui m'ont été confiées renfermaient un plancton animal très abondant dont les individus pouvaient masquer les formes plus petites et plus grêles des organismes végétaux ; en outre, beaucoup des pêches étaient conservées dans le formol qui se prête peu à la coloration des éléments. J'ai — 22 — donc lavé ces pêches par décantation et j'ai profité de la diffé- rence de densité des éléments végétaux et animaux, pour les séparer par des lavages et décantations successives. On peut facilement séparer ainsi d'une manière complète le zooplanc- ton et le phytoplancton. Comme la précipitation est lente, il est bon d'ajouter à l'eau distillée quelques cristaux de thymol. Après la séparation, les deux planctons ont été conservés dans l'alcool. L'examen des Diatomées a été fait sur des prélèvements préalablement colorés par l'hématoxyline alunée vieille; quant aux Péridiniens on les met en évidence par une ébulli- tion de quelques minutes dans la potasse à 5 '^/o, additionnée d'un mélange d'azurine brillante et de rosazurine G. La cui- rasse des Péridiniens, teinte en bleu, se détache nettement au milieu des autres organismes dont le protoplasme est teint en rouge. Voici les résultats de ces observations. Les chiffres placés en regard de chaque espèce indiquent les degrés de fréquence : / désigne les espèces très rares; 6 désigne les espèces très communes. S Mars 1909. Baie de Rufisque. Plancton abondant. 1 Chaetoceros borealis Bail. 1 Rhizosolenia Shrubsoiii Gleve. 1 Rhizosolenia Stolterfothii Perag. 6 Stephanopyxis Turris Grév. 4 Mars 1909. Baie de Hann. Phytoplancton faible. 1 Chaetoceros borealis Bail. 1 Chaetoceros densus Cleve. 1 Rhizosolenia alata f. corpulent a Cleve. 1 Rhizosolenia alata Brightw. 4 Stephanopyxis Turris Grév. 12 Mars 1909. Sud de Bel Air (Sénégal). Phytoplancton peu abondant. 1 Chaetoceros densus Cleve. 1 Rhizosolenia alata Brightw. — 23 — 1 F^hizosolenia alata f. corpulenta Cleve. 1/2 Rhabdonema sp. 4 Stephanoj^yxis Turris Grév. 16 mars 1909. Par le travers de Rufisque. Phytoplancton faible. 1 Leptocylindrus danicus Cleve. 4 Stephanopi/xis Turris Erev. 18 Mars 1909. Pointe de Gambaru. Phytoplanc!on extrê- mement abondant. 1 Chaetoceros borealis Bail. 1 Rhizosolenia Shrubsolii Perag. 6 Stephanopyxis Turris Grév. Cette pêche est très remarquable par l'abondance du Ste- phanopyxis qui représente une culture presque pure de cette espèce, exempte, comme cela ce lieu dans les autres pêches, de débris végétaux indéterminables et de particules minérales. 18 Mars 1909. Banc de M'Bour. Phytoplancton abondant. 1/2 Bacillaria paradoxa (Gmel.) Grun. 1/2 Chaetoceros borealis Bail. 1 Rhizosolenia Shrubsolii Perag. 6 Stephanopjyxis Turris Grév. 19 Mars 1909. Popenguine (Côtes du Sénégal). Phytoplanc- ton assez faible. 1 Chaetoceros densus Cleve. 1 Rhizosolenia Shrubsolii Perag. 4 Stephanopysis Turris Grév. 20 Mars 1909. De Hann à Dakar, marée haute. Phyto- plancton pauvre renfermant beaucoup de débris et de particules amorphes. 1 Navicula sp. 1 Rhizosolenia Shrubsolii Perag. 3 Stephanopyxis Turris Grév. — 24 — 26 Mars 1909. Cap de Naze au Cap Rouge. Phytoplancton pauvre, détritus nombreux. 1 Naincula sp. 3 Stej^hanopyxis Turris Grév. 30 Mars 1909. Entre Hann et Tiaroye. Phytoplancton peu abondant avec nombreux débris végétaux; poils, etc. 1 Chaetoceros borealis Bail. » 2 Fragilaria sp. 2 Licmophora gracilis? 1 Leptocylindrus danicus Cleve. 1 Navicula sp. 1 Pleurosigma sp. 1 Rhizosolenia Shrubsolii Perag. 3 Stephanopyxis Turris Grév. 15 avril 1909. Pointe de Cansado. 4 Bacillaria paradoxa Eurel. 1 Bacteriastrum ininus Karsten. 1 Eucampia Zodiacus Ehr. 1 Cerataidiïia Bergonii Perag. 3 Chaetoceros curvisetus Cleve. 1 Chaetoceros didymiis Ehr. 1 Chaetoceros ter es Cleve. 1 Leptocylindrus danicus Cleve. 4 Nitzschia seriata Cleve. 4 Rhizosolenia alata Bri^htw. 4 Rhizosolenia alata forma corpulenta Cleve. 2 Rhizosolenia acuminata Perag. 1 Rhizosolenia robusta Norm. 1 Stephanopyxis Turris Grév. 1 Thalassiothrix nitzschioides Grun. 3 Noctiluca miliaris Murray. 15 Avril 1909. Baie de Cansado. Phytoplancton peu abond'. 2 Bacillaria paradoxa (gmel) Grun. 1 Bacteriastrum minus Karsten. 1/2 Biddulphia mobiliensls Bailey. 1 Chaetoceros decipiens Cleve. 3 Chaetoceros curvisetus Cleve. 1 Chaetoceros didymus Cleve. 3 Chaetoceros socialis Laucl. 4 Chaetoceros ter es Cleve. 1 Cerataulina Bergoini Perag. 1 Guinardia flaccida Castr. 2 Leptocylindrus danicus Cleve. 1 Nitzschia seriata Cleve. 3 Rhizosolenia alata f. corpulenta Cleve. 1 Rhizosolenia acuminata Perag. 1/2 Rhizosolenia robusta Norm.. 1 Stephanopyxis Turris Grév. 23 Avril 1909. Sud Est de Gorée. Eaux Noires. Phyto- planton très pauvre avec débris végétaux et minéraux. 2 Chaetoceros socialis Lauder. 1 Thalassiothrix nitzschioides Grun. 13 mai 1909. Popenguine. Plancton faible. Dépôt très faible, inorganique, faibles traces de plantes; entiè- rement stérile. Baie de Cansado. Phytoplancton pauvre, nom- breux débris inertes, poils et aigrettes et confervacées indéterminables. 1 Chaetoceros borealis Bail. 1/2 Cliniacodium atlanticum n. sp. 1 Coscinodiscus radiatus Ehr. 1 Rhizosolenia acuminata Perag. 2 Rhizosolenia delicatula Cleve. 1 Rhizosolenia robusta Norm. 1 Stephanopyxis Turris Grév. 1 Ceratimn Candelabruni Stein. 1 Diplopsalis Lenticula Bergh. 1 Peridinium brevipes Pauls. 1 Peridinium depnessum Bailey. — 26 — J'ai résumé dans un tableau la liste des espèces rencontrées dans les pêches que je viens d'énumérer en représentant chaque espèce par un trait dont l'épaisseur augmente à mesure que cette espèce est plus abondante, L'échelle des degrés de fréquence est comprise entre 1/2 et 6, et ces don- nées sont suffisantes pour traduire en première lecture le caractère d'un plancton, homogène ou hétérogène, abondant ou rare. On pourra juger par l'examen de ce tableau de l'utilité de ce mode de représentation. L'ensemble de ces pêches présente un grand intérêt. D'abord, au point de vue biologique, en nous faisant connaître la dis- tribution d'espèces ordinairement abondantes dans la région tempérée, retrouvées à une distance voisine de l'équateur. De plus, au point de vue pratique, la richesse plus ou moins grande des eaux en phytoplancton, explique l'abondance des crustacés et par suite la présence des poissons dont ces crustacés constituent la nourriture habituelle. L'examen du tableau résumant les pêches, nous montre, dans un grand nombre d'entre elles, un phytoplancton mono- tone constitué par une espèce de diatomée le Stephanopyxis Turris parfois en quantité si abondante qu'elle constitue une véritable culture pure de cette espèce. C'est ce que montrent les pêches faites aux banc de M'Bour, à la pointe de Gambaru, dans la baie de Rufisque, etc. D'autre part, contrastant avec la monotonie du plancton où le Stephanopyxia Turris domine, il nous faut signaler les pêches réalisées dans la baie et à la pointe de Cansado. Là, le plancton, assez peu abondant, est remarquable par la variété des individus qui le composent, et si le nombre des individus de chaque espèce est peu considérable, l'ensemble constitue un plancton hétérogène où le Stephanopyxis, si abon- bant ailleurs, devient rare. Enfin nous devons signaler dans ces différentes pêches, essentielllement littorales d'ailleurs, la rareté des Péridiniens. Sauf dans la baie de Cansado où quelques espèces ont été — 27 capturées notamment des Ceratium Candelabrum^ les Péridi- niens sont absents. Le fait est d'autant plus important à souligner que la région subéquatoriale ou la région équato- riale renferment un certain nombre de formes spéciales qui font ici défaut; les espèces signalées, d'ailleurs peu nom- breuses, appartiennent surtout à l'Atlantique des régions tempérées et nous n'avons rencontré aucune espèce des mers chaudes. Parmi les espèces de Diatomées rencontrées dans ces diver- ses pêches, il y en a deux qui sont intéressantes, bien qu'elles soient rares. C'est d'une part le Bacteriastrum minus Karsten et d'autre part, le Climacodium atlantïcum n. sp. Le Bacteriastrum minus a été rencontré par Karsten (1) dans le plancton de l'Atlantique à Port- Elisabeth. La colonie que Karsten a représentée est enveloppée dans une gaine de gelée. Celle que j'ai observée est entièrement dépourvue de gelée; comme on le voit sur la figure, cette espèce se distingue des autres formes décrites parce que les cornes des indi- vidus intermédiaires de la colonie ne sont pas soudées, elles se croisent seu- lement et présentent par ce croisement assez d'adhérence pour que les individus de la colonie restent accolés. Le Climacodium atlanticum n. sp. (2) se présente sous l'as- pect d'un ruban plus ou moins long formé d'individus dont les valves ont la largeur du ruban; chacun d'eux rétréci au milieu, s'élargit aux extrémités de manière à avoir en cette région une épaisseur double de celle qu'il a en son milieu. C'est par les extrémités élargies que les divers individus -^ Mfl (1) G. Karsten. Bas PlujtojAankton des Atlanlischen Océans nach dem Maté- riel der Deiitschen Tiefsee-Expedition IS9S-IS99 p. 171. PI. XXXIII, fig. 21 (2) L. Mangin. Sur quelques x\Igues nouvelles ou peu connues du Phyloplanclon de l'Atlantique. Bull. Soc. Bot. de France, 4° série, t. X, page 344, 1910. — 28 adhèrent entre eux; ils laissent alors au milieu du ruban des fenêtres elliptiques plus ou moins régulières. Une ligne de suture sépare chaque individu en deux moitiés. Le Climacodiiim atlanticwn présente une membrane faible- ment silicifiée dont la partie organique se colore beaucoup plus fortement par les réactifs colorants que les autres diato- mées. Il appartient à un groupe assez mal défini dont la place est encore incertaine. Il est impossible de tirer actuellement des résultats de ces pêches planctoniques, des conclusions pratiques en raison de l'absence complète de données sur la flore flottante de l'Océan Atlantique. Avec les recherches publiées par l'expédition allemande de 1898-1899, les observations de M. Gruvel cons- tituent les premiers documents sur ce sujet. C'est par la multiplicité des observations de ce genre que nous pourrons obtenir les bases sérieuses d'une étude pratique sur la puis- sance de nutrition des eaux de la mer. < ~ ? ~ 3 ï' S 5 5 1 1 f 1 1 i III '; ! Ï Ë ? M i- t- i- ? f ? 1 ï S- -A 'i 3 ?, n. s- 2 3- 5- -3. 5 = : T. s a ^ S- ^, i -: ? 1 ; -. r = 1 •: s :■ •: ' : . ■ : 3 : n ; ; i 1 1 5- - £. * à S n - 2 î a § 3 S S' 2" < 3; S" ■p f. è il -r 1 2 i g. S' S n 3 à' r 2 1 1 i i i- i i 1 n i < c < . S S i i i i S- S < H ^5 s' S- a Ni § .s 1 i: S. 2. ■S" S' 5 î i f g 1 5. s g S s* y CT 5^ ° — s^ •" ..^iMi Mil 1 A Mars 1909 Balk dk Hann : : : ■1 1 M 5 Mars 1U09 ItMi-; iiK lluKisguK Mlll :M Vi Mars 1!I09 Sud de Bki. Air ^ ^ - ; |: M 1 11) Mars 19()9 PaK I.E TRAVKnS DK Hl'KISOWII ■ 18 Mars 1909 POINTK DK ("lAMIlAHU ■ 18 Mars l'.K)9 Uanc dk M'Hiuiii t ^ : _: : : 1 1 19 Mars 1909 • ï i f r - 1 1 II — 20 Mars 1909 De Hann a Dakaii : 21! Mars 1909 1 — ■ ^ 1 1: i 1 1 :«) Mars 1909 Entiir Hann ct Tiaiiuyx 1 1 llll • — 1 Jli 1 ^ 1 1 i 1 III 15 Avril 1909 l'ilINTB DK CaNHADO —■ • . i 1; 1: illM 1 II 1 i r i 15 Avril 19 forment une masse plus grosse, moins oblique ; enfin 2b est encore moins proéminente ; sous ce rapport, notre coquille se rapproche davan- tage de C. rotundata Braun, du Miocène de l'Allemagne; mais celle-ci a le côté postérieur moins long, et les sillons plus accusés de sa surface externe délimitent plus nettement le corselet. Enfin la var. pUorotunda Sacco, de C. isîandica paraît moins convexe, plus arrondie que C. giron- dica, sa charnière est plus faible. C. lumdata, de l'Eocène du Bassin de Paris, est plus petite, beaucoup plus transverse, et présente aussi quelques petites différences dans la charnière. Localités. — Léognan (sans indication de niveau), une valve droite (PI. XX, fig. 6-7), coll. Benoist; même localité, une valve de 60 mill., coll. Rozier. Saucats, une valve gauche (PI. XX. fig. 8), coll. de l'Ecole des Mines. — Burdîgalieii. Cénacle : ISOCARDIAGEA Dali. (( Lobes du manteau clos, excepté pour les ouvertures du pied et du siphon..., pied court, comprimé; coquilles faible- ment ornées de stries concentriques, à ligament externe ». Dents cardinales non formées, remplacées par des lamelles latérales antérieures sous le crochet; dents latérales pos- térieures. Ce Cénacle est surtout caractérisé par le parallélisme du bord et des dents infra-umbonales; tous les auteurs les ont désignées sous le nom « dents cardinales »; mais Félix Bernaud a démontré que ce .sont, en réalité, les lamelles antérieures du premier stade de développement de la coquille qui n'ont pas terminé leur évolution en se séparant des dents cardinales. A ce point de vue, les Isocardiacea forment donc un groupe tout particulier, bien distinct des Cyprines avec lesquelles Fischer les réunissait à tort; Dali l'a séparé, avec juste raison, comme « Superfamille » et il y a admis — 79 — les deux Familles IsQcardiidse , Callocardiidse ; la première seule est repré- sentée dans notre Néogène; mais nous en ajoutons une troisième compre- nant des coquilles qui étaient égarées dans les Cypricardiacea. Fam. ISOCARDIID.E Gray, 1840. (= Glossidœ Slol. 1874, 7ion Isocardiidœ B. D. D. 1892). Crochets très développés, souvent enroulés et tout à fait cordiformes ; Ijinule indistincte, quoique très profonde; cor- selet non limité; ligne palléalo non sinueuse. Dans le tome II des Moll. du Roussillon (p. 313), MM. Bucquoy, Dollfus et Dautzenberg ont proposé de substituer à Cyprinidae préemployé le nom Isocardiidae : mais ils n'ont pas indiqué que ce nom existait déjà depuis 1840 (fide Herrmannsen), qu'il avait été déjà appliqué par Chenu en 1860 (T. II, p 113), ainsi que l'ajustement t'ait remarquer M. Sacco, et qu'enfin l'édi- tion anglaise du Manuel de Paléontologie de Zittel attribue également à Gray la paternité de ce nom familial. Cette priorité fait tomber en syno- nymie la dénomination Glosuldx que Stoliczka a proposée uniquement pour mettre le nom de Famille en harmonie avec le nom Glossus, ce qui n'est nullement prescrit par les règles de nomenclature. Il résulte de là que le sens à attribuer à la Famille Isocardiidse doit être restreint par l'exclusion des Cijprines qui appartiennent à un tout autre Cénacle, ainsi qu'on Ta vu ci-dessus. L'origine de cette Famille parait très ancienne puisqu'on trouve citées dans le terrain jurassique des Isocardes, ainsi nommées surtout à cause de la forme enroulée de leurs crochets ; toutefois nous ne croyons pas qu'on ait encore étudié la charnière de ces Isocardia mésozoïques, comme Munier-Chalmas l'a fait pour Anisocnrdia et Plesiocyprina qui n'appar- tiennent pas au même Cénacle; ce point demande donc à être confirmé, et la vérification serait d'autant plus intéressante que Ton ne connaît pas de vraies Isocardes dans l'Eocène où Ton n'a encore signalé que Cythero- ca/'dia qui a une forme beaucoup plus ovale; par conséquent, entre l'ère mésozoïque et la base du Miocène où apparaissent les premières Isocardes authentiquement identifiées, il y a une lacune qui peut encore laisser quel- ques doutes sur l'assimilation de celles du Jurassique. ISOCARDIA (Klein, 1753) Lamk. 1799. (= Glossus vel Glossoderma Poli; = Bucar^ia Lister in Schum 1817; = Bucardiiim Még. v. Miihlf. 1811). S. stricto. — Test épais. Taille assez grande; forme très convexe, éqiiivalve, close, inéquilatérale; crochets cordiformes, écartés; région lunnlaire très déprimée; surface lisse ou sil- lonnée par les accroissements. Charnière composée, chez l'adulte, de lamelles antérieures, parallèles au bord cardinal et situées sous les crochets : A I courte, mince, parallèle à A III qui est plus longue, mince et bilobée; A II courte, FiG. 87 Isocardia cor Linné. Plioc, mince et bilobée, A IV plus allongée et située plus en arrière; en outre, il existe une lamelle postérieure sur chaque valve, P I assez courte, éloignée du crochet, P II saillante, trian- gulaire, égilement écartée; nymphes saillantes, longues, rectilignes et aplaties; impressions musculaires inégales, l'antérieure profonde; ligne palléale entière; commissure des valves lisses (G. -T. : Chaîna cor Linné). Le nom Isocardia Klein, ne date en réalité que de 1799, époque à laquelle il a été repris et limité par Lamarck. Gray, Stoliczka et plus récemment Cossmann (Cat. ill. coq. éoc , Paris, 1886) lui ont préféré Glossus antérieu- rement établi par Poli pour l'animal de G. ruhicundus, tandis que le test était désigné par cet auteur sous le nom Glossoderma; mais le choix définitif de Glossus entre les deux dénominations de Poli ne date que de 1815 (Oken sec. Herrmannsen), de sorte qu'il est postérieur à Isocardia. C'est bien à cette conclusion que se sont arrêtés MM. Bucqnoy, DoUfus et Dautzenberg fMoll. Rouss. 1892), mais sans donner le motif que nous venons de préciser pour rejeter Glossus. — 81 — L'unique espèce que nous ayons -à cataloguer appartient au groupe Isocardia s. str. : nous n'avons pas trouvé, dans noire Néogène, de repré- sentants des S. -G. Cytherocardia SaccQ 1900 (G. -T. : /. cytheroides Mayer), Miocardia H. et A. Adanis 1857 (G. -T. : /. Moltkiana Brug.), Sulcocardia Rovereto 1898 (G. -T. : I.justinensis Mayer); la position systématique de ce dernier groupe est d'ailleurs douteuse d'après M. Sacco, car on n'en connaît pas la charnière. Pour ce qui concerne la phyllogénie à.' Isocardia, nous renvoyons le lecteur aux remarques que nous venons de faire au sujet de la Fam. Isocardiidx. 208. Isocardia burdigalensis Deshayes. PI. XX, fig. 11-13. 1825. Isocardia cor Bast. Mém. géol. Bord., p. 81 {non L.) 1832. Isocardia burdigalensis Desh. Traité élém. Conch., II, p. 29, j>l. XXIII, fig. 12-14. 1852. Isocardia Basfcroti D'Orb. Prodr , p. 121, 26^ étage, no 2275. 1873. Isocardia burdigalensis Ben. Cat. Saucats, p. 44, n° 101. 1897. — Raulin. Statistique Landes, p. 299. Test assez épais. Taille grande; forme gibbeuse, transverse, équivalve, très inéqiiilatérale; côté antérieur dilaté, arrondi, côté postérieur plus long, à courbure moins prononcée; con- tour palléal des A^alves presque ovalaire; crochet prosogyre très saillant, enroulé en spirale, situé à peu près au cin- quième de la longueur de la coquille, du côté antérieur. Surface externe très bombée, assez brusquement atténuée du côté postérieur, ornée seulement de très fines stries d'accrois- sement; région lunulaire très enfoncée, sans qu'il y ait une lunule nettement limitée par une strie; sur le côté postérieur, deux sillons divergents assez larges, mais peu profonds, la plupart du temps très obsolètes, indiquent vaguement, le premier la région du corselet, le second la région anale. Plateau cardinal assez large à contour inférieur fortement échancré en arrière au-dessus d'une profonde cavité umbonale. A I courte, mince, parallèle à A III qui est plus longue, mince, bilobée et parallèle au bord cardinal; P I assez courte, éloignée du crochet; A II courte, mince, bilobée, A IV plus allongée, située un peu plus en arrière; P II saillante trian- giilairé, éloignée du crochet; nymphe assez saillante, étroite. Impression musculaire antérieure semi-lunaire, très pro- fondément enfoncée, et placée au voisinage du crochet; impression musculaire postérieure à peine visible; ligne pal- léale peu marquée, non sinueuse. DiM. Diamètre antéra-postérieur : SO mil!.; diamètre umbono- pailéal : 45 mill. Rapp. et diff. — Confondue par Baslerot avec I. cor, notre espèce s'en distingue cependant à première vue par sa taille habituellement plus petite, par sa forme plus gibbeuse, par son contour moins régulièrement arrondi, plus transverse, par son contour antérieur plus dilaté et moins court; il y a aussi quelques petites différences dans les charnières : A I est plus courte, les deux lobes de Ali sont juxtaposés au lieu d'être super- posés et de chevaucher. /. hmulata Nyst. du Pliocène inférieur d'Edeghera (Belgique), est plus enroulé, plus élevé, ses crochets sont plus forts et plus détachés par une profonde rainure, sa région lunulaire est plus exca- vée et sa surface dorsale est irrégulièrement bossuée. I. suhtransversa d'Orb., du Bassin de Vienne, est beaucoup plus transverse, fortement caréné, par suite bien différent de notre espèce. /. burdigalensis ressemble beaucoup par sa forme à une espèce du Mio- cène de Maryland, dénommée /. Markoei. Conrad; mais celle-ci a les lamelles postérieures plus écartées des crochets, et un angle décurrent limite la région anale et aplatie. Quant à I. Olearii Semper, du Miocène inférieur de l'Allemagne du Nord, c'est une coquille beaucoup plus arron- die et plus inéquilatérale, à crochets tout à fait antérieurs, sans dépression rayonnante sur la région anale. Il y a lieu de remarquer qu'en séparant très justement I. cor, du Bassin de Vienne, de l'espèce actuelle et pliocénique, M. Dali lui a attribué (Tert. Flor. 1900, part. V, p. 1067), un nom qui peut être conservé (J. Hœr- nesi Dali.), attendu que l'espèce viennoise est — ainsi que Hœrnes l'a lui- même indiqué dans le texte — très différente de celle de Léognan; elle est plus arrondie, moins transverse, beaucoup plus inéquilatérale, et ses crochets situés plus en avant, paraissent plus détachés de la région lunu- laire. C'est donc à dessein que nous n'avons pas compris I. Hœrnesi dans la synonymie de l'espèce burdigalienne. Localités. — Léognan (Coquillat), plésiotypes (PI. XX, fîg. 11-13), coll. Bial-Neuville ; coll. Nadal, Bozier, Cossmann; Léognan (Carrère), coll. Peyrot, assez rare. Saucats (M™ de Lagus, La Cassagne). coll. Benoist; Rare. — Burdigalien. ■»- 83 — Fam. LITHOPHAGELLID.E Cossm. 1910 (D. Coquille cypricardiforme, mais à charnière isocardienne, c'est-à-dire ne comportant pas de véritables dents cardinales, seulement des lamelles antérieures non évoluées, et une seule lamelle postérieure, très écartée du crochet, sur chaque valve; impression palléale sinueuse. L'unique Genre Coralliophaga qui constitue cette nouvelle Famille a toujours été classé, jusqu'à présent auprès des Cypricardes, à cause de son habitat similaire; il s'en écarte essentiellement par sa charnière qui ne comporte pas de vraies dents cardinales divergentes, mais seulement des lamelles qui ne sont que la persistance du stade embryonnaire et qui occupent la place des dents cardinales, ce qui fait qu'on les a toujours confondues avec celle-ci. Nous attachons à ce critérium ontogénique une très grande importance, et c'est par ce motif que — distrayant Corallio- phaga de la Famille Cypricardiida; — nous le plaçons dans le Cénacle Isocardiacea qui est précisément caractérisé par cette persistance des lamelles à l'âge adulte, toutefois les Lillwphagellidse s'écartent des hocav- diidx non seulement par leur habitat cavicole, par leurs crochets non cordiformes. mais aussi par leur sinus palléal; en outre, leurs lamelles anté- rieures sont juxtaposées le long du bord cardinal, et non pas superposées. CORALLIOPHAGA Blainv. 1824. (= Lithnphafjella Gray, fuie IL et A. Adams, 1857;. Coquille irrégulière, oblongue, modioloïde, lisse ou lamel- leuse et même rayonnée; côté antérieur très court, côté pos- térieur légèrement bâillant; crochets peu saillants; charnière comportant sur la valve droite, deux lamelles A 1, A IH, juxtaposées, courtes et épaisses, et une lamelle P 1 très écartée, mince et longue; sur la valve gauche, deux lamelles A II, A IV, juxtapo- sées, très inégales, ^ ^^^^^^^^^ ^-^^^^^^^^^^^ A IV bien plus épaisse '^ "'' ' ^^^^ "^^ """ ^ et plus longue que t. oo r^ i,- , a- r o "l . Y\G. 88. — Coraltiopharja \iv. A II qui ge confond (1) Non Lithnphagidse Brod., Famille identique à celle des Pélricoles. - 84 — presque avec le bord antérieur; P II mince et allongée; nym- phes courtes et larges; impressions musculaires circulaires, presque égales; sinus court et large; impression palléale non parallèle au bord (G. -T. : Chaîna coralliophaga Gmelin. Viv.). Comme l'a fait remarquer Fischer, ces animaux — qui vivent dans les trous des mollusques perforants ou dans les fentes des rochers — sont sujets à des déformations qui les rendent parfois miiconnaissahles, de sorte qu'il faut être très prudent dans l'établissement des espèces et n'attacher aucune importance à la forme des valves; leur charnière est elle-même influencée par ces déformations. L'existence de Coralliophaga dans l'Eocène est authentiquemeiit confir- mée ainsi que dans l'Oligocène (C. cuneata v. Kœnen), nous en catalo- guons ci-après plusieurs espèces dans TAquitanien et le Rurdigalien ; MM. DoUfus et Dautzenberg en citent une espèce dans l'Helvétien de la Touraine, et M. Sacco, dans le Pliocène dltalie où l'on trouve déjà les formes actuelles : la phyllogénie de ce Genre est donc facile à suivre. 209. Coralliophaga Deshayesi [Mayer]. PL XX, fig. 1-5, 9-10, 14-16, 27. 1831. Cjjpricadia Deshayesi May. Journ. conch. IX, p. 859. J873. — Ben. Cat. Saucats, p. 44, n" 100. Test peu épais. Taille moyenne; forme un peu variable, ovalaire ou subcylindrique, équivalve, très inéquilatérale; côté antérieur très court et arrondi, côté postérieur toujours plus large et tronqué; bord palléal peu convexe, se raccordant régulièrement avec le contour buccal qui est presque demi- circulaire, et par un angle émoussé à peu près droit avec le contour anal, celui-ci est parfois presque rectiligne; bord cardinal court et arrondi en avant du crochet peu convexe ou même presque rectiligne en arrière, se raccordant par un arc de cercle avec la troncature anale; crochets prosogyres, petits, mais assez pointus, contigus, situés au cinquième de la lon- gueur de la coquille, du côté antérieur. Surface externe bom- bée plus ou moins obtusément carénée, région lunulaire enfoncée, sans qu'il y ait de lunule nettement circonscrite; — 85 - stries d'accroissement irrégiilières, peu marquées de sorte que la coquille parait presque lisse surtout sur les crochets. Charnière représentant comme dans les Isocardes un stade embryonnaire persistant : AI mince, assez saillante parallèle — ainsi que A III — au bord cardinal; P I rudimentaire; éloignée du crochet; A II courte mais assez forte et bilobée, A IV plus allongée, toutes deux parallèles au bord cardinal; P II très faible et éloignée du crochet; nymphes assez saillantes, étroites. Impressions musculaires assez marquées, l'antérieure semi- elliptique, la postérieure transverse et subquadrangulaire ; sinus palléal formant un angle très ouvert dont le sommet dépasse à peine le milieu de l'impression musculaire postérieure; impression palléale voisine du bord lisse, plus rapprochée en avant qu'en arrière. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 2i mill.; diamètre umbono- palléal : 13 mill.; spécimen très étroit : 12 mill. sur 5 mill. Rapp. et diff. — Mayer et Benoist ont clasSié cette espèce dans le G. Cypricardia dont l'écartent cependant à premier examen sa charnière bien différente et son impression palléale sinueuse; d'ailleurs Mayer la compare aux Coralliophaga tennis, obducta et silicula du Bassin de Paris dont il fait aussi des Cypricardia. Les spécimens de la coll. Deshayes, à TÉcole des Mines, sont étiquetés Coralliophaga affînis Desli. et indiqués comme type de cette espèce, sans autres références, de sorte que nous avons conservé le nom de Mayer. Notre espèce — qui n'avait pas encore été figurée — est bien voisine de C.-lithophagella; elle est cependant toujours plus petite, moins trans- verse, son bord palléal est moins rectiligne son côté antérieur un peu plus ré'tréci et son côté postérieur au contraire plus élargi, on trouve des spécimens (fig. 14-16 et 27) qui se raccourcissent et tendent vers la forme ovalaire, sans toutefois s'arrondir autant que C. glabrata (Broc.) que M. Sacco rapporte à titre de variété à C. lithophagella Lac. cit. XXVII, pi. I, fig. 33. Localités. — Mérignac (Pi. XX, fig. 4-5 et 9-10) coll. Degrange- Touzin; valves plus ovalaires (fig. 14-16 et 27) coll. Benoist, même localité, rare; Villandraut (Gamachot) coll. Degrange-Touzin. — Aqui- tanieiii La Brède (Moras, couch. sup') fide Mayer ; La Cassagne {fide Benoist) ; le Thil, le Peloua, coll. Neuville. — Burclîgalieii. Bordeaux (sans indication exacte du gisement), les deux valves types de C. affinis Desli. (Hg. 1-3), coll. de l'Ecole des Mines. — Aqiiît. ou Burdig. 210. Coralliophaga transylvanica [Hornes]. PL XX, fig. 19-26. 1870. Cypricardia tmm'jlvanic i Hôrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 170, pi. XX, fig. 5 a-b. Test mince. Taille moyenne; forme subcylindriqiie, équi- valve, très inéqiiilatérale, un peu bâillante; côté antérieur très court, arrondi, côté postérieur un peu plus large, tronqué; bord palléal à peu près rectiligne parallèle au bord cardinal, se raccordant en courbe régulière avec le contour buccal qui est presque demi-circulaire, et par un angle droit très émoussé avec le contour anal; bord cardinal très court, arrondi en avant, rectiligne en arrière des crochets. Crochets prosogyres, petits, mais assez saillants, contigus, situés à peu près au cinquième antérieur de la coquille. Surface externe bombée, subcylindrique, à peine carénée en arrière, région lunulaire enfoncée, sans que la lunule soit nettement circonscrite. Stries d'accroissement irrégulières, faibles, devenant parfois saillantes et foliacées sur la région amie, comme chez Ve/ie- rupis; en outre, des lignes divergentes, fines, un peu ondu- leuses couvrent toute la surface à l'exception du côté buccal; elles deviennent filiformes, plus écartées et même dichotomes sur les régions anale et palléale. Charnière : A 1 courte, saillante, A III plus allongée, paral- lèle au bord cardinal; P I triangulaire saillante, éloignée du crochet; k II courte, forte, bilobée, A IV plus allongée et parallèle au bord cardinal, PII triangulaire, forte, éloignée du crochet; nymphes étroites, saillantes, séparées du bord cardinal par une rainure étroite et assez profonde. — 87 — Impressions musculaires arrondies, l'antérieure très rap- prochée du bord; sinus palléal large, peu profond. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 32 mill.; diamètre umba- no-palléal : 10 mill. ; épaisseur des deux valves réunies : 10 mill. Rapp. et diff. — Dans la plupart des collections que nous avons exa- minées et en particulier dans celle de Benoist au M. H. N. B, celte coquille était désignée sous le nom Venerupis decussata Phil. dont elle est profondément différente par tous ses caractères Nous ne comprenons pas la cause de cette confusion. Nos spécimens sont bien identiques à la figure donnée par Hœrnes de son Cypricardia transijlcanica, d'ailleurs Hoi'rnes dit avoir reconnu cette identité par la comparaison directe des spécimens du Bassin de Vienne avec ceux qu'il avait reçus de Maycr, sous le nom Cypricardia orbignyana May. et provenant de la Brède (Moras) — cette dénomination est restée « nomen nudum » et ne peut par suite prévaloir contre celle de Hœrnes que nous avons adoptée. On séparera aisément C. transylvanica de C. Deshayesi grâce à son ornementation extérieure; son galbe est d'ailleurs plus allongé, plus cylindrique, son sinus palléal est un peu plus profond; nous remarquerons enfin que les lamelles postérieures restent rudimen- taires chez C. Deshayesi, alors qu'elles sont bien développées chez C. tran- sylvanica. Par son galbe cette dernière se rapproche beaucoup de C. lithophagella, mais elle s'en distingue par son ornementation. D'après Hocrnes, enfin, elle ressemblerait beaucoup à C. incarnata Reeve (Conch. icon. G. Cypri- cardia;, pi. IT, fig. 8). Nous ne connaissons que quelques exemplaires ayant des lamelles foliacées sur la région anale; il s'agit-là d'une simple anomalie, et non pas d'un caractère constant permettant la création d'une variété, car tous les caractères sont les mêmes et il ne faut pas perdre de vue que ces espèces cavicoles sont très irrégulières. Localités. — Mérignac (PI. XX, fig. 19-22, coll. Benoist, un exem- plaire valve. Le Thil, coll. Bial-Neuville, Balizac ; Bazas (Marivot) coll. Degrange-Touzin. — Aquitaiiîeii. Autre exemplaire montrant les lamelles foliacées de la région anale (PI. XX, fig. 23-24), Saucats (Peloua) coll. Neuville; valves très allongées du même gisement (fig. 25-26), coll. Degrange-Touzin. — Bnrdigalien* 211. A?i Trapezium sp? PI. XX, %. 17-18. Ce spécimen que nous faisons figurer est trop usé pour que nous puis- sions lui attribuer une dénomination spécifique, ni même une déter- mination générique; mais nous croyons intéressant de le signaler à l'attention des chercheurs. C'est une valve droite trapézoïdale, très inéquilatérale, extérieurement ornée de côtes rayonnantes et serrées; la charnière est obtuse et l'on ne peut décider si l'unique dent qu'elle comporte sous le crochet est bien une dent cardinale ; à la suite il existe une échancrure, peut-être acci- dentelle; puis, contre le bord supérieur, une nymphe ou une lamelle latérale postérieure. Impressions musculaires grandes, inéquidistantes, situées très haut; impression palléale entière, écartée du bord lisse. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 33 mill. ; diamètre umbono-palléal : 23 mill. Localité. — Léognan (Le Thil inf.), coll. Neuville (PI. XX, fig. 17-18). — Aquitanîen. Cénacle : CARDIACEA Lamk. « Coquille éqiiivalve, libre, solide; charnière variable, avec ou sans dents, et dans le premier cas, du type hétérodonte lucinoide; ligament toujours externe; ligne palléale entière ou sinueuse. » D'après cette définition Fischer érigeait au rang de S. Ordre les Car- diacés dont Lamarck ne faisait que la seconde Famille des Conchifères dimyaires; l'altribution intermédiaire d'un Cénacle nous parait plus satis- faisante au point de vue de la classification. On peut d'ailleurs ajouter à celte diagnose que la surface externe est généralement ornée dans le sens radial, même sous l'épiderme vernissé quand cette surface paraît lisse. D'autre part, il résulte des recherches morphologiques de Félix Bernard que la charnière, malgré son apparence hétérodonte, serait en réalité dépourvue de dent 1 et que l'emboîtement des dents cardinales 3a 3b se ferait autour de la dent 2 de la valve gauche, pourvue d'une dent 4Z); il est vrai que Félix Bernard convient lui-même que celte théorie peut être contestée, parce que les dents de la valve droite sont « isolées », c'est-à-dire qu'elles ne se relient pas entre elles sous le crochet; mais ce critérium est précisément erroné, ainsi que nous l'avons constaté chez un grand nombre de valves droites de Cardium dont les pointes cardinales sont unies par une cloison moins élevée, une sorte de « col » qui sépare - 89 — les fossettes destinées à loger les deux dents de la valve gauche chez l'adulte, ce qui confirmerait au contraire les conclusions auxquelles F. Bernard a été amené par des considérations ontogéniques sur l'ordre successif d'apparition des éléments de la charnière. D'autre part, M. Dali (Tert. Flor., p. 1060) a judicieusement observé que les Cardiidœ représentent un type de charnière tout particulier auquel il a attribué le nom « Cyclodonte », pour exprimer que les productions den- taires de chaque valve ne sont pas juxtaposées, mais superposées en biais, de sorte que les fossettes forment une « Croix de St-André » avec les protubérances. Cette observation est exacte, quoiqu'elle n'ait pas été expliquée morphologiquement; toutefois cette disposition cyclodonte n'est pas constante, et quelques groupes n'ont pas les dents juxtaposées. En résumé on peut admettre la numérotation préconisée par Félix Bernard, c'est-à-dire qu'il s'est produit — chez les Cardiacea — une inversion comparable à celle qu'on constate chez certain Chamacea; l'ori- gine en est peu explicable chez des coquilles qui se distinguent essentiel- lement par la parfaite symétrie de leurs deux valves, par rapport au plan de leur commissure; néanmoins — dans l'exposé ci-après des charnières de ce Cénacle — nous avons préféré nous en tenir à la notation Félix. Bernard plutôt que d'adopter l'hypothèse d'après laquelle la valve droite comporterait une dent 1, une dent 3a et jamais de dent 3 b, la valve gau- che, une dent 2a 2b en deux pointes distinctes; en d'autres termes, nous concluons que Cardium est une coquille hétéiodonle du type « Lucinoïde » et non du type « Cyrénoïde ». Ce Cénacle comprend les Familles Tridacnidse, Cardiidœ et Adacnidse, dont la seconde seule est représentée dans le Néogène de l'Aquitaine; il ne parait, d'ailleurs, pas y avoir de motif pour ériger la première de ces Familles en Cénacle distinct, comme l'a fait Menke. CARDIIDŒ Fischer, 1887. Coquille équivalve, non nacrée, de forme très variable, mais généralement ornée de côtes rayonnantes plus ou moins marquées qui déterminent toujours — même quand elles sont masquées sous l'épiderme — des crénelures sur la com- missure des valves. Charnière : 3^, et souvent 3a, la première toujours située plus bas que la seconde et formant un croc plus ou moins saillant; 2a et souvent 4z,, inégales; AI, P I, et souvent A III, P III; A II, P II moins proéminentes ou même atrophiées. Ligne palléale simple ou sinueuse. — 90 — Les Crtrf/i/f?a? constituent une Famille très homogène dont la charnière varie dans de très faibles limites, si l'on élimine les formes édentées ou à dents atrophiées pour les reporter dans une Famille distincte : Adacnidœ, composées en général de coquilles saumâtres ou d'eau douce. 11 en résulte que la plupart des subdivisions qui ont été proposées, à l'exception tou- tefois des formes paléozoïques, ne présentent pas de différences géné- riques; on ne les distingue guère que par leur forme ou leur ornementation, de sorte que nous ne pouvons ici les considérer que comme des Sous- Genres ou même des Sections et que nous n'admettons comme Genres distincts de Cardinm que ceux dont la charnière est caractérisée par la disparition de l'un des éléments complets de la diagnose ci-dessus, ou ceux dont l'apparence cyclodonte tend à s'atténuer. Laissant de côté Conocardhim, Lwiulicardiiim et toutes les autres formes siluriennes ou gothlandiennes, telles que : Mila, Tenka, Spanila, Tetinka, Patrocardia, Cardiopsis dont on ne connaît guère les charnières, ainsi cp.ie Lithocardiwn {= Avicidarium Gray. sec. Dali.) et Bijssocardium Mun. Ch., qui sont des co"J, coll. de Sacy, coll. Degrange-Touzin. — Aquîtanien. 225. Cardium (Ringicardium) burdigalinum Lamk. PL XXII, fig. 15-18. 1817. C. ringens. Defr. Dict. Se. nat., V., suppl., p. 105 {non Chemn. 1819. C. burdigalinum Lamk. An. s. vert., VI, p. 18, n*" 3. 1825. — Bast. Mém. env. Bord., p. 82, pi. VI, fig. 12. 1833. C. ringens Desh. App. Lyell's Geol., III, p. 8. 1835. C. burdigalinum Desh. in Lamk. 2e éd., VI, p. 414, n» 3. 1838. — Grat. Cat. Gir., p. 62, n^ 681. 1850. — Desh. Trait, élém. Conchyl., p. 66. 1852. — D'Ûrb. Prod., III, p. 118, 26^ et., no 2206. 1852. — Raulin. Note terr. tert. Aquit., p. 412. 1854. — Bayle. Note géol. prov.. d'Oran, p. 509. 1859. — Rolle. Sitz. K. Akad., Bd. 36, p. 362. — 118 — 1870. C. burdigalinum Hocrnes. MoU. tert. Beck. Wien, II, p. 184, pi. XXVIl, fig. 2. 1873. — Benoist. Cat. Sauçais, p. 45, n" 109. Test assez solide. Taille assez grande; forme convexe, orbi- culaire, un peu plus large que haute, presque symétrique par rapport à l'axe médian; côté antérieur arrondi, côté postérieur non tronqué et faiblement bâillant; crochets gonflés, opposés, situés un peu en avant de l'axe médian; bord antéro-supérieur déclive et faiblement arqué; bord supéro-postérieur à peine excavé et presque horizontal, sauf la saillie de la nymphe. Lunule peu profonde, striée par les accroissements, limitée par un faible sillon; corselet réduit à une rainure autour de la nymphe; surface dorsale bombée au milieu, plus déprimée sur la région anale que sur la région buccale; vingt-deux à vingt-quatre côtes rayonnantes, quadrates sur la région pos- téro-médiane, s'inclinant graduellement de manière à devenir triangulaires en avant oîi elles s'écartent davantage, tandis qu'en arrière elles se couchent et sont armées de barbelures saillantes et tubulées ; sur le côté antérieur et vers la région palléale, elles portent de petites crénelures serrées et peu proéminentes qui ne persistent en arrière que sur l'arête anale où elles se transforment subitement en barbelures; il y a aussi quelques lignes rayonnantes sur les côtes postéro-mé- dianes. Charnière médiocrement épaisse : 3/, et 3„ pointues, presque réunies par une cloison sous le crochet, la seconde située en biais au-dessus de la première; AI et PI plus saillantes et plus triangulaires qu'A III et PIll; 2 et ih en pointes bien séparées par la fossette qui loge 3^ et la cloison de jonction; A II et P II assez saillantes, presque équidistantes ; nymphe plate, large et courte. Impressions musculaires grandes et arrondies, à peu près égales, situées très haut à l'intérieur des valves, réunies par une ligne palléale qui est très écartée du bord; celui-ci est crénelé par les extrémités des côtes qui produisent des rainu- res jusque vers la cavité umbonale; l'échancrure byssale est — 119 - profondément déchiquetée par la saillie des six ou sept der- nières côtes. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 59 mill.; diamètre umbono- palléal : 52 mill. Rapp. et diff. — Nous avons indiqué ci-dessus par quels caractères on distingue C. burdigalinum de C. Grateloupi; Hœrnes insiste avec raison sur la différence du bord antéro-supérieur, mais il le compare à la forme du Bassin de Vienne qu'il a dénommée C. Hœrnesianum et qui nous paraît un peu différente du véritable C. Grateloupi, remarquable par ses costules buccales, très serrées et subparallèles, caractère qui n'existe ni chez C. Hœrnesianum du Bassin de Vienne, ni chez C. burdigalinum, tel que l'a figuré Basterot d'après Lamarck. En tous cas, il n'y a pas d'analogie entre C. burdigalinum et l'espèce vivante (C. ringens) avec laquelle Defrance le confondait : cette dernière est, en effet, du groupe de C. hians par le bâillement considérable de ses valves. Cette espèce apparaît dans l'Aquitanien, et elle devient très commune dans le Burdigalien; elle n'est pas localisée aux environs de Bordeaux, puisqu'on la rencontre aussi dans le Bassin de l'Adour; le nom qu'elle porte n'est donc pas très heureusement choisi. Localités. — Léognan (Coquillat), ^^alve gauche (PL XXII, fig. 17-18), coll. de Sacy; Mérignac (Pontic), valve droite (fig. 15-16), coll. de Sacy; Saucats (M. de l'Eglise, Peloua, Lagus, Gieux, Pont-Pourquey), coll. Degrange-Touzin, de Sacy, Bial-Neuville, Peyrot; Méi-ignac (Baour supr, Les Eyquenis); Le Haillan; St-Médard-en-Jalle; Ccstas; Léognan (Thi- baudeau, Chau Olivier, Sangsueyre); La Brède (Moras sup'"), Martillac (Pas de Barreau), coll. Degrange-Touzin; Dax (StPaul), coll. Cossmann ; Dax (Mandillot, Cabannes), coll. Degrange-Touzin. — Burdigalien. Cabanac (Pouquet), Martillac (Breyra), Mérignac (Baour inf.); Léognan (Le Thil inf"); La Brède (Moras inf>'), coll. Degrange-Touzin. — il.qui- taiiieii. 226. Cardium (Trachycardium) polycolpatum nov. sp. PL XXn, %. 29-33. 1825. C. miilticostatum Var. a. Bast. Env. Bord., p. 83, pi. 6, fig. 9. 1836. — Grat. Cat. Gir., p. 60 [non Br.). 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 45, n° 106. Test peu épais. Taille moyenne, forme convexe, peu obli- — 120 — que, dissymétrique plutôt qu'inéquilatérale ; côté antérieur largement arrondira peine plus court que le côté postérieur qui est obliquement tronqué et raccordé par un arc à court rayon avec le bord palléal arrondi; crochets gonflés, opposés, situés presque au milieu ou très peu en avant de la ligne médiane; bord supérieur à peu près rectiligne et également déclive de part et d'autre du crochet. Lunule et corselet lisses, peu distincts; surface dorsale bombée, faiblement déprimée sur la région anale; cinquante-cinq à cinquante-huit côtes rayonnantes, aplaties, séparées par d'étroites rainures non cloisonnées; quand l'ornementation n'est pas effacée par l'usure (ce qui est le cas le plus fréquent), ces côtes portent — à l'arrière et jusque vers le milieu — des carènes latérales et dentelées qui s'alignent sur le flanc postérieur de chaque côte ; puis, vers le milieu, ces carènes s'adoucissent, les dentelures se transforment en papilles imbriquées, très serrées sur les côtes antérieures où elles occupent la partie médiane de chaque côte. Charnière assez puissante : 3^, formant un talon triangulaire et saillant sous le crochet, complètement séparée par une fos- sette de 3a qui est minuscule et presque confondue avec le bord antéro-supérieur; A I et PI trigones, saillantes, à peu près symétriques, A III beaucoup plus courte et proéminente, tandis que P 111 est rudimentaire; 2 et 4?, inégales, quoique isocèles; A II longue et saillante, PII bien formée, mais courte; nymphe large, assez longue et aplatie, séparée par une large et profonde rainure de la dernière côte très grossiè- rement dentelée, qui fait saillie sur le bord postéro-supérieur. Impressions musculaires bien gravées, inégales, symétri- quement placées; bords finement laciniés, un peu plus gros- sièrement à l'arrière. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 34 mill.; diamètre umbono- palléal : 34 mill. Rapp. et diff. — Cette coquille a toujours été confondue avec celle du Pliocène et du Miocène supérieur ou moyen : elle s'en distingue cependant, à première vue, par sa forme moins oblique, plus largement — 121 — arrondie en avant; par ses crochets situés beaucoup plus vers le milieu des valves; par ses lamelles latérales presque équidistantes; par la crête plus saillante que forme sa dernière côte anale; par ses crénelures iné- gales sur les bords, etc.. Ces différences sont constantes et justifient la création d'une mutation tout à fait distincte pour les provenances aquita- nienne et burdigalienne, de sorte que C. multicostatum ne commence à apparaître qu'à partir de l'Helvétien (1). Les spécimens du Miocène supé- rieur de Koubanne (Russie), déterminés sous le nom multicostatum par feu Sokolow (coll. Cossmann), ne ressemblent ni à cette espèce ni à C. polycolpatum : ils sont plus transverses et leurs côtes anales sont plus larges. D'après l'atlas de Hœrnes, ceux du Bassin de Vienne ont bien exactement la forme dissymétrique de la coquille astienne, de même que nos échantillons de la Touraine et de Colli Torinesi. C. polycolpatum est donc, jusqu'à présent, localisé dans l'Aquitaine. Localités. — Saucats (Le Son), valve droite (PL XXII, fig. 31-32), coll. de Sacy; (Lariey, Moulin de l'Eglise), coll. Cossmann. Léognan (Le Thil), coll. Degrange-Touzin; Villandraut (Gamaehot), valve droite, coll. . Bial-Neuville ; Mérignac (Baour), valve droite, même coll. Cabanac (Pou- quet), Corbieu (M. de Carreau), coll. Degrange-Touzin. Assez rare. — • Aquîtanîeii. Léognan (Coquillat), exemplaire valve (fig. 30 et 33), coll. de Sacy; une valve gauche (flg. 29), coll. Bial-Neuville, coll. Peyrot. Saucats (Peloua), Cestas, même coll. Thibeaudeau, Martillac (Pas de Barreau), La Brède (Moras supr), coll. Degrange-Touzin. Assez rare. St-Paul-lès-Dax, Sau- cats (Giraudeau), coll. Benoist, coll. Cossmann. — Burdigalieii. 227. Cardium (Trachyccwdium) fraternum Maycr. PL XXII, flg. 34 et 38-42. 1861 C. fraternum Maycr. Journ. Conch. XII, p. 356. Test assez solide. Taille au-dessus de la moyenne; forme peu convexe, oblique et dissymétrique, quoique peu inéqui- latérale; côté antérieur arrondi, à peine plus court que le côté postérieur qui est subtronqué et dont le contour anal est fai- (1) L"un de nous possède cependant une pelile valve gauche de Salles (Largileyre), dont le diamètre est de 18 mill. et qui est symétrique comme C. polycolpatum, très différente par conséquent du C. multicostatum de la Touraine, et encore plus des spécimens typiques de l'Astien de Monte Mario (coll. Cossmann) qui sont tout à fait obliques; mais cette valve porte 65 côtes très serrées et elle n'a pas les dentelures anales de C. polycolpatum; peut être est-ce une troisième espèce? — 122 - blement arqué; bord palléal se raccordant par des courbes régulières avec les contours latéraux; crochets petits, peu saillants, légèrement prosogyres, situés un peu en avant de la ligne médiane; bord supérieur peu convexe, plus déclive en avant qu'en arrière du crochet. Lunule et corselet indis- tincts; surface dorsale peu bombée, nettement séparée de la région anale qui est un peu excavée ; quarante côtes rayon- nantes, aplaties, séparées par des intervalles moitié moins larges au milieu, par de simples rainures sur la région anale, et plus serrées du côté buccal ; elles paraissent lisses au milieu, peut-être par l'effet de l'usure, mais leurs côtés laté- raux portent des dents de scie qui se transforment en arrière en pustules plus médianes, et subitement sur la région anale, en épines aiguës et écartées, disposées sur le bord des rai- nures séparatives, côté arrière ; les côtes antérieures portent au contraire de fines lamelles transverses, occupant toute leur largeur, et dont les saillies latérales, épargnées par l'usure, «produisent — sur les côtes médianes — l'apparence en dents de scie, ci-dessus signalée. Charnière bien développée et très haute, à contour infé- rieur peu arqué : 3;, épaisse et trigone sous le crochet; 3a mince, oblique, bien distincte du bord supérieur; A 1 et A III presque égales, un peu plus rapprochées que P I très forte, tandis que P III est peu visible; 2 épaisse,' triédrique, reliée au crochet par un contrefort oblique; ib mince et presque symétrique; A II formant une arête longue et épaisse. Pli pointue et saillante; nymphe épaisse et large, aplatie, lancéolée. Impressions musculaires bien gravées, généralement ridées en travers, à peu près symétriques; bords fortement crénelés, plus faiblement sur le contour buccal, dentelés sur le contour anal. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 27 milL; diamètre umbono- palléal : 30 mill. ; épaisseur d'une valve : 9 mill. ; diamètres maximum : 42 sur 46 mill. — 123 — Rapp. et diff. — Quoiciue cette espèce appartienne au même groupe- que C. polycolpatum, on l'en distingue aisément par sa forme peu convexe, plus oblicfue, bien excavée en arrière, surtout par le nombre beaucoup moindre de ses côtes et par leur ornementation très variable selon la position qu'elles occupent sur la surface externe; l'inégalité des créne- lures sur les bords des valves, les rides des impressions rnusculaires, sont aussi des critériums distinctifs dont il y a lieu de tenir compte. D'autre part, on ne la signalée, jusqu'à présent, que dans l'Aquitanien, tan- dis que notre C. polycolpatum a vécu non seulement dans l'Aquitanien, mais encore dans le Burdigalien le mieux caractérisé. Nous ne pouvons séparer la grande valve de Lariey, coll. Benoist, de la forme de moyenne taille qui est peu commune au Thil; nous l'avons fait figurer à titre de comparaison et parce que sa haute charnière est surtout caractéristique; on remarquera combien cet échantillon, beaucoup plus haut que large, se distingue facilement de C. polycolpatum dont les deux diamètres sont à peu près égaux. Localités. — Léognan (Le Thil), plésiotypes (PI. XXII, fig. 36-38 et 40), coll. de Sacy. Saucats (Lariey), une grande valve gauche (PI. XXII, fig. 41-42), coll. Benoist; Saucats (Le Son), Pessac (Noës), coll. de Sacy; Mérignac (Baour), valve droite, coll. Peyrot. — A.quîtaiiîen. 228^. Cardium (Trachycardium?) Pallasianum Basterot. PI. XXIII, %. 7-8. 1825. C. Pallassianiim Bast. Env., Bord., p. 83, pi. VI, fig. 2. 1861. C. fallax Michelotti. Mioc. inf., p. 73, pi. VIII, fig. 16-17. 1861. C. Pallassianum Mayer. Journ. Conch., T. XII, p. 355. 1873. C. Pallassianum Benoist. Cat. Saucats, p. 45, no 105. 1898. Plagiocarclium fallax Rovereto. Note prev. Pelec. Tongr., p. 44. 1899. Loxocardium Pallasianum Sacco. I MoU. terz. Piem., XXVII, p. 47< PI. XI, fig. 19-22. Test peu épais. Taille moyenne; forme orbiculaire, convexe, peu inéquilatérale; côté antérieur arrondi, côté postérieur fai- blement arqué ou subtronqué; bord palléal convexe, dans le prolongement de la courbe du contour buccal; crochet gonflé, presque médian; bord supérieur rectiligne et peu déclive de part et d'autre. Lunule creuse, lisse, limitée par une rainure ; corselet formant un bourrelet limité à l'intérieur par une dépression et séparé de la nymphe par une rainure. Surface — 124 — dorsale bombée, un peu déprimée sur la région anale, ornée de cinquante-cinq côtes rayonnantes, assez étroites, séparées par des intervalles beaucoup plus larges qui sont finement cloisonnés par les accroissements, tandis que chaque côte est ornée — ou plutôt formée — d'une chaînette de fines granu- lations oblongues et serrées, très régulières à raison d'une granulation pour deux lamelles intercalaires. Charnière : 3^ épaisse sous le crochet; 3a minuscule contre le bord; A 1 et P I courtes et équidistantes; A III et PIII plus minces et peu développées; nymphe courte, peu proéminente. Impressions musculaires peu distinctes; crénelures régu- lières sur les bords, plus serrées aux extrémités. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 26 mill.; diamètre umbono- palléal : 25 mill. Rapp. et diff. — Par son ornementation régulière, ce CarcUum ne peut être confondu avec aucun de ses congénères de l'Aquitaine ; les figures publiées par M. Sacco représentent des échantillons moins symétriques que le type de Basterot; Mayer n'a pas figuré cette espèce, de sorte que nous aurions pu hésiter sur l'identification de C. pallasianum si nous n'avions trouvé dans la coll. Benoist le plésiotype mentionné dans son Catalogue de Saucats, et dont l'ornementation répond exactement au grossissement 2 B de la planche de Basterot. Malheureusement ce plésio- type est un fragment très incomplet de la valve gauche, mais nous avons pu compléter la description, notamment celle de la charnière, d'après une valve droite de l'Helvétien qui répond exactement à la description et à la figure originales. Nous ne croyons pas que cette espèce appartienne aux groupes dans lesquels MM. Sacco et Rovereto Font classée : il y a bien, aux environs de Bordeaux, un Loxocardium que l'on confond généralement avec C. Pal- lasianum; mais comme on le verra ci-après, ni son ornementation ni sa forme n'ont d'analogie avec les figures très exactes de l'ouvrage de Basterot; nous plaçons donc plutôt C. Pallasianum dans le groupe Trachy- cardium, quoiqu'il y ait aussi des différences dans l'ornementation, et surtout dans la charnière, la lunule et le corselet. On remarquera que l'orthographe du nom de cette espèce a beaucoup varié; il nous semble que la véritable version est celle adoptée par M. Sacco, la coquille étant vraisemblablement dédiée à la déesse Pallas. Nous avons été très surpris de constater son existence aux environs de Peyrehorade, dans un gisement que Ravxlin a découvert et dont la récolte — 125 — est à l'Ecole des Mines. M. Douvillé nous affirme il est vrai, par l'étude des Foraminifères de ce gisement, que ce n'est pas de l'Helvétien, comme on l'a vu, par assimilation avec les gisements du Béarn. Peut- être il y a-t-il plusieurs niveaux mélangés, ainsi que nous l'avons déjà suggéré à plusieurs reprises? Localités. — Saucats (Lariey), fragment, coll. Benoist. Dax [fide Basterot). Léognan, Martlllac {fide Mayer). — Aqaitanîen. Peyrère, une valve droite (PI. XXUI, fig. 7-8), coll. Raulin à l'Ecole des Mines (1). St-Etienne d'Orlhe, un autre fragment, coll. Degrange- Touzin. — Helvétien. 229 Cardium (Parvicardimn) papilfosum Poli. PL XXII, fig, 48-51. 1791. C. papilloswn Poli. Test. utr. Sic, I, p. 56, pi. XVI, fig. 2-4. 1814. C. punctatum Brocclii. Conch. subap., II, p. 666, pi. XVI, fig. 11. 1829. — M. de Serres. Géogn. tert. Midi France, p. 144. 1852. C. papillomm d'Orb. Prod., III, p. 183, 27^ et., n» 352. 1862. — Hœrnes. Tert. Beck. Wien, II, p. 191, pi. XXX, fig. 8. 1862. — S. Wood. Crag Moll., II, p. 191, pi. XXX, fig. 8. 1861. — Mayer. Tert. Azoren, p. 24. 1881. — Fontannes. Moll. plioc. Rbône, p. 83, pi, V, fig. 4-5. 1886. — Dollf. Dautz. Et. prélim. Fal. Tour., p. 7. 1899. — Sacco. I Moll. terz. Piem., XXVIII, p. 44, pi. XI, fig. 1-3. 1908. — Cerulli-Irelli. Fauna mal. mar., p. 100, pi. XIV, fig. 8-16. 1909. — Dollfus et Cotter. Plioc. Tage., p, 52. Test peu épais. Taille petite; forme assez convexe, un peu oblique, plus transverse que haute, à peine oblique, inéqui- latérale; côté antérieur arrondi, un peu plus court que le côté postérieur qui est légèrement arqué sans être complètement tronqué; bord palléal peu courbé, se raccordant par des arcs réguliers avec les contours latéraux ; crochets petits, peu sail- (1) Nous supprimerons désormais cette indication, étant entendu que la coll. Rau- lin est à l'Ecole des Mines. — 126 — lants, presque opposés, situés un peu en avant de la ligne médiane; bord supérieur médiocrement arqué, à peu près équidéclive de part et d'autre du crochet. Lunule et corselet indistincts; face dorsale bombée au milieu, déprimée sur la région anale, ornée de vingt-deux à vingt-quatre côtes apla- ties, séparées par des sillons ponctués, et portant de nom- breuses papilles transverses. Charnière assez mince : 3?, et 3„ peu divergentes, séparées par une profonde fossette; AI et PI minces et allongées, A III et P III beaucoup plus courtes et moins saillantes; 2 et 4/, presque isocèles, mais inégales; A II bien marquée et voi- sine des cardinales, P II beaucoup plus obsolète ; nymphe triangulaire, courte et plate. Impressions musculaires bien gravées, situées très haut à l'intérieur des valves; bords régulièrement crénelés. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 10 mill.; diamètre umbono- palléal : 9 mill. Rapp. et diff. — Les valves ci-dessus décrites sont plus semblables à la var. dertonensis Sacco, qu'à la forme typique de C. papillosum; toute- fois il nous paraît bien difficile de distinguer cette variété ainsi que celles auxquelles M. Sacco a donné le nom pertmnsversa, et M. CeruUi-Irelli, le nom transversa; on ne peut en effet y saisir des caractères constants qui justifient l'établissement de mutations spéciales à chaque niveau, de l'Helvétien à l'époque actuelle; même nos valves de Salles ne sont pas exactement pareilles entre elles; il faut donc n'interpréter ces petites différences, d'ailleurs très fugitives, que comme des variations indivi- duelles, inévitables toutes les fois qu'on est en présence d'une espèce abondante. En résumé, C. papillosum semble n'apparaître qu'à partir de l'Helvétien — peut-être même du Burdigalien — et sa distribution géographique est presque européenne; cependant nous ne citons pas en synonymie, comme l'a fait Hœrnes, C. hispidum Eichw., de Volhynie, attendu que — d'après la figure — c'est une coquille beaucoup plus inéquïlatérale et plus atténuée en avant, très oblique, ornée de vingt-six à vingt-huit côtes plus étroites et plus saillantes que celles de C. papillosum. Localités. — Salles (le Minoy), assez fréquente (PI. XXII, fig. 48-51), coll. Cossmann; coll. Peyrot, coll. Degrange-Touzin. Peyrère, coll. Raulin. Orthez (le Paren), Sallespisse, Salies-de-Béarn, coll. Degrange-Touzin. Salles (Min Débat), coll. Bial-Neuville. — HelYetien. — 127 — Saucats(Lagus),Léognan(Coquillat), coll. Bial-Neuville, coll. Degrange- Touzin. — Burdigalien. Saubrigues, coll. Dumas, Degrange-Touzin ; St-Jcan-de-Marsacq, coll. Bial-Neuville. — Tortonîeii. 230. Cardium (Parvicardium) Benoisti Cossmann. PL XXII, %. 21-24. 1873. C. papillosum Benoist. Cat. Saucats, p. 47. no 116. , 1895. C. Benoisti Cossm. Form. nouv. Fal. Bord., p. 5, pi. IV, fig, 13-15. Test mince. Taille très petite; forme peu convexe, oblique, subquadrangulaire, très inéquilatérale; côté antérieur court et arrondi, côté postérieur plus dilaté, obliquement tronqué sur son contour anal; bord palléal très peu arqué, se raccordant par un angle arrondi avec la troncature postérieure; crochets petits, non gonflés, peu saillants, situés au tiers de la lon- gueur des valves, du côté antérieur; bord supérieur peu arqué, presque également déclive de part et d'autre du crochet. Lu- nule et corselet indistincts; surface dorsale très peu bombée, nettement séparée de la région anale qui est déprimée dans toute la partie correspondant à la troncature du contour; vingt-huit à trente côtes rayonnantes, peu proéminentes quoi- qu'arrondies, séparées par d'étroites rainures qui sont fine- ment cloisonnées quand la surface des valves n'est pas trop usée; les côtes de la région anale sont un peu plus étroites que les côtes médianes; toutes sont munies de petits granules réguliers qui en occupent toute la largeur, et qui deviennent plus saillantes sur les côtes antérieures. Charnière mince : 3^, trigone, 3a étroite et contiguë au bord, A I et P I beaucoup plus fortes que A III et PIII; nymphe minuscule et peu proéminente; 2 et 4{, très inégales et très divergentes; A II triangulaire, saillante et très rapprochée du crochet, P II presque invisible et très écartée. Impressions musculaires inégales, inéquidistantes, réunies par une ligne palléale assez large, bien gravée et écartée du bord qui est grossièrement lacinié par les côtes. — 128 — DiM. Diamètre antéro-postérieur : S, 5 milL; diamètre iimbono- palléal : 4,5 mill. ; un spécimen de Gamachot (coll. Degrange- Toiizin) atteint le double de cette taille. Rapp. et diff. — Benoist a confondu cette coquille avec C. papillosum qui a une forme beaucoup plus convexe, moins oblique et moins tronquée en arrière, avec des côtes toujours moins nombreuses, séparées par des intervalles bien plus larges, et ornées de papilles plus trigones; la cbar- nière de C. Benoisti est aussi plus mince, et ses lamelles latérales sont bien plus inéquidistantes. Par conséquent, quoique C. papillosum soit lui- même très variable, on ne peut confondre l'espèce du Bordelais avec aucune des variétés même obliques, qui sont toujours plus convexes et dont les crochets sont situés moins en avant. C. Benoisti peut aussi être comparé à C. plagiomorphum Cossm., du Lutécien des environs de Paris, mais on l'en distingue par sa forme moins haute, plus transverse, par quelques côtes rayonnantes en moins, et enfin par son bord palléal plus profondément crénelé. D'autre part, C. hispidum Eichw., de Volhynie, a une forme encore plus inéquilatérale, plus convexe, avec des côtes plus écartées, plus proéminentes. Localités. — St-Avit. cotypes (PI. XXII, fig. 21-24), coll. Cossmann; Léognan (Le Thil), coll. Bial; Pessac (Lorient), coll. de Sacy; St-Selve (Raton-Durand), St-Morillon (le Plantât), Martillac (la Breyra), Lucbardez (cantine de Bargues), coll. Degrange-Touzin. Villandraut (Gamachot), Noës, coll. Bial, coll. Peyrot. — Aquitanien. Cestas, Le Peloua, coll. de Sacy, coll. Bial, coll. Peyrot; Martillac (Pas de Barreau), coll. Degrange-Touzin. — Bnrdigalieit. 231. Cardiutn (Parvicardkim) sonense Cossmann. PI. XXII, fig. 43-47. 1895. C. sonense Cossu. Form. nouv. Fal. Bord., p. 6, pi. IV, fig. 16-17. Test peu épais. Taille très petite; forme peu convexe, obli- que, subrhomboïdale, très inéquilatérale; côté antérieur court et arrondi; côté postérieur plus dilaté, obliquement tronqué et presque rectiligne sur toute la hauteur de son contour anal; bord palléal peu arqué, raccordé par une large courbe avec le contour buccal, par un angle arrondi avec la tronca- ture postérieure; crochets petits, médiocrement gonflés, à — 129 — peu près opposés, situés aux deux septièmes de la lon- gueur, du côté antérieur; bord supérieur un peu convexe en avant du crochet, rectiligne et déclive en arrière. Lunule lisse, non limitée; corselet peu distinct, se réduisant presque à une rainure séparative de la nymphe; surface dorsale peu bombée, plutôt gibbeuse à la limite de la région anale qui est déprimée vis à vis de la troncature; vingt-quatre côtes rayon- nantes, aplaties, séparées par des rainures un peu moins lar- ges qui sont fmement cloisonnées par les accroissements; une côte plus saillante — et isolée par des rainures un peu plus larges — marque généralement l'angle limitatif de la région anale; toutes les côtes sont ornées de petites papilles assez serrées et peu proéminentes en avant, plus écartées et dispo- sées en cornet sur le reste de la surface. Charnière assez épaisse : 3;, très grosse, formant un tTièdre un peu oblique; 3a minuscule, mince et oblique contre le bord; AI et PI très épaisses et très saillantes, inéquidis- tantes, tandis que A III et P III sont beaucoup plus faibles et plus courtes; nymphe courte et peu proéminente; 2 et 4^ iné- gales, presque orthogonales; A II très saillante et très rap- prochée; P II plus écartée et moins proéminente. Impressions musculaires inégales, bien gravées ; bords grossièrement crénelés par les côtes. Dm. Diamètre antéro-postérieur : 5,5 milL; diamètre umbono- palléal : 4,5 mill. Rapp. et diff. — Quoique cette espèce ressemble beaucoup à C. Benoisti et qu'elle se rencontre au même niveau, il ne nous parait pas possible de les réunir, même à titre de variétés d'une même forme : outre que C. sonense est encore plus quadrangulaire et plus inéquilatéral que C. Benoisti, on l'en distingue constamment par le nombre de ses côtes qui est bien inférieur, et parla largeur plus grande des interstices de ces côtes; en outre, la région anale est beaucoup plus nettement séparée par une côte plus forte qui produit sur la suface dorsale une gibbosité suban- guleuse, de sorte qu'à ce point de vue, C. sonense s'écarte encore davan- tage de C. papillosum dont le bombement est plus régulier. Il y a, d'autre part, des différences sensibles dans la charnière de ces espèces, le lec- teur s'en apercevra par la comparaison des diagnoses. — 130 — Localités. — Sauc^ats (Le Son), plésiotypes (PI. XXII, fig. 43-47), coll. de Sacy (1); Lariey (Mia de l'Eglise), coll. Degrange-Touzin; Uzeste, Villandraut, Balizac, St-Morillon (Chiret), la Brède (Moras), Cabanac (Poucfuet), la Saubotte, coll. Degrange-Touzin. Léognan (Le Thil), coll. Bial. La Brède (La Salle); Bazas, coll. Benoist. — Aquitanien. Le Peloua, coll. de Sacy. — Bnrdigalien. 232. Cardium (Parvicardiwn) fragulinum Cossmann. , PL XXII, fig. 7-10. 1895. C. fragulinum Coss. Form. nouv. Fal. Bord., p. 7, pi. IV, fig. 20-21. Test mince. Taille extrêmement petite; forme peu convexe, subanguleuse, oblique, quadrangulaire, très inéquilatérale ; côté antérieur arrondi, plus court que le côté postérieur qui est dilaté et largement tronqué sur toute la hauteur de la valve, son contour est rectiligne ou même un peu sinueux; bord palléal rectiligne au milieu, anguleux à sa jonction avec la troncature postérieure, arrondi en avant où il se raccorde avec le contour buccal par une courbe circulaire; crochets assez saillants, tout à fait prosogyres, situés aux deux septiè- mes de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur convexe et déclive en avant du crochet, horizontal et rectiligne en arrière. Lunule creuse, indistincte; corselet oblong, lisse, séparé de la nymphe par une petite rainure; surface dorsale médiocrement bombée au milieu, séparée de la région anale et excavée par un angle décurrent qui coïncide avec l'une des côtes rayonnantes; celles-ci, au nombre de vingt-huit environ, sont larges et aplaties sur la région antéro-médiane, beau- coup plus fines et serrées sur la région anale; toutes sont séparées par d'étroites rainures obtusément cloisonnées, et elles sont munies de lamelles transverses et relativement écartées, qui se transforment en papilles plus saillantes sur les côtes anales. (1) Nous avons préféré ces écbanlillons blancs aux lopolypes qui — provenanl d'une couche un peu fen'ui,nneuse — ne sonl pas faciles à pholographier. — 131 — Charnière assez puissante : 3^ pointue sous le crochet, 3a con- fondue avec le bord, AI et PI presque équidistantes, beaucoup plus proéminentes que A III et P III; 2 triédrique, 4^ oblique et mince, A II et P II saillantes, inéquidistantes. Impressions musculaires inégales et fortement gravées, la postérieure adossée à un bombement de la surface interne, qui correspond à l'excavation anale; bord palléal fortement crénelé au milieu, plus finement sur la troncature anale. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 2,5 mill.; diamètre umbono- palléal : 2 mill. Rapp. et diff. — On ne peut admettre que ce petit fossile représente le jeune âge de C. sonense : non seulement l'espèce est tronquée, plus angu- leuse en arrière, mais encore ses côtes sont plus nombreuses, séparées par des intervalles plus étroits, et celles de la région anale sont plus fines et plus serrées. Elle a été comparée, en miniature, à C. fragum, des mers de Chine, qui en diffère cependant par sa forme plus haute et plus trigone, mais surtout par sa charnière dont les lamelles latérales sont très différentes (PI plus rapprochée que AI, A III et surtout PIII rudi- mentaires), et dont les dents cardinales St et 3a sont soudées ensemble, auprès d'une saillie ridée du bord lunulaire. C. stampinense Cossm. et Lamb., de l'Oligocène moyen des environs d'Etampes, a aussi quelque analogie avec C. fmgulinum; mais c'est une coquille plus bombée et plus anguleuse en arrière, -avec des côtes tout à fait différentes. En résumé, on trouve dans l'Aquitanien toute une série de formes qui — tout en étant bien distinctes entre elles — relient graduellement C. stampinense à C. papillosum ou à C. exiguum, du Néogène supérieur. Localités. — St-Avit, cotypes (PI. XXII, tig. 7-10), coll. Cossmann, — Aquîtanien. Lieu dit : Mexico, coll. de Sacy. — Oligocène. 233. Cardium (Plagiocardium) Degrangei Cossm. PI. XXIII, fig. 1-6. 1895. C. Degrangei Cossm. Form. nouv. Fal,, p. 6, pi. IV, fig. 18-19'. Test mince. Taille petite; forme médiocrement convexe, oblique, très inéquilatérale; côté antérieur court, étroit, arrondi, côté postérieur dilaté, faiblement arqué et subtronqué; Tome LXV. 9 — 132 — bord palléal plus convexe en arrière qu'en avant, se raccor- dant par des arcs de cercle avec les contours latéraux; cro- chets petits, peu saillants, prosogyres, inclinés vers le quart de la longueur des valves, du côté antérieur; bord supérieur un peu arqué et déclive en avant du crochet, presque recti- ligne et horizontal en arrière. Lunule et corselet indistincts; surface dorsale bombée sur la région postéro-médiane, région anale faiblement déprimée; environ trente-cinq côtes rayon- nantes, arrondies quoique peu proéminentes, séparées par d'étroites rainures au fond desquelles on aperçoit les lames transversales des accroissements; toutes les côtes portent de petites écailles ou pédoncules triangulaires qui n'occupent pas toute leur largeur, et qui sont plus saillantes ou presque tubulées sur les côtes anales. Charnière bien constituée : 3;, trigone et peu proéminente; 3a peu distincte; A I et A III peu inégales, très rapprochées; P I et P III courtes et égales, très écartées; 2 pointue et sail- lante, ih presque orthogonale et peu distincte de la nymphe qui est longue et arrondie; A II presque en contact avec 2a, tandis P II est peu proéminente et très éloignée. Impressions musculaires inégales, peu profondément gra- vées; bords crénelés au milieu, denticulés à l'arrière par les côtes. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 5,5 mill.; diamètre umbono- palléal : 4,5 mill. Rap. et diff. — Beaucoup plus oblique et plus inéquilatéralc que le génotype C. granulosum Lamk., cette espèce se rapproche davantage de C. cosmetutn Cossm., quoique sa taille soit encore plus petite et que ses côtes soient moins serrées. Elle a aussi beaucoup d'analogie avec C. Bourdoti Cossm., du Cuisien d'Hérouval, dans le Bassin de Paris; mais elle est un peu plus bombée, encore plus dilatée en arrière du crochet, et ses écailles — plus circonflexes — sont moins serrées. Si on la compare à C. scobinida de l'Oligocène moyen, on trouve qu'elle a des côtes plus nombreuses, munies d'écaillés au lieu de granules, et que sa forme est plus convexe, plus arrondie. M. Sacco (loc. cit. XXVII. p. 47) a rapporte au même groupe, à titre de représentant dans le Néogène supérieur, une espèce plus gibbeuse et plus — 133 — largement arrondie en avant, C. hirsutum Bronn, de l'Helvétien à l'Astien ; or, d'après les spécimens de Zinola, que cet auteur a envoyés à l'un de nous (coll. Cossmann), c'est une coquille dont l'ornementation est, en outre, quelque peu différente de celle de C. Degrangei qui a plus d'affinités avec les formes éocéniques et oligocéniqucs. Localités. — St-Avit, type (PI. XXIII, fig. 1-2) coll. Cossmann; Méri- gnac, les deux valves (fig. 3-6), même coll.; la Brède (Moras), Léognan (Thibaudefiu), Cabanac (Pouquet), Le Plantât, St-Médard-en-Jalle, Villan- draut (Gamachot), (coll. Degrange-Touzin); La Brède (la Salle), coll. Duvergier. — Aquitaiiien. Saucats (Le Peloua), coll. de Sacy, coll. Bial, coll. Peyrot; Léognan (le Thil), coll. Degrange-Touzin, coll. Bial. St-Paul-de-Dax (M'" de Caban- nes), coll. Degrange-Touzin. — Bnrdigalieii. 234. Cardium (Loxocardium) Minervae nov. sp. PL XXIII, fig. 16-19. Test mince. Taille au-dessous de la moyenne; forme convexe, orbiculaire-transverse, inéquilatérale quoique peu oblique; côté antérieur largement arrondi, plus court que le côté pos- térieur qui est subtronqué, quoique un peu arqué sur son contour anal; bord palléal médiocrement arqué, se raccordant par une courbe à grand rayon avec le contour buccal, par un angle arrondi avec la troncature postérieure; crochets gonflés, assez saillants, presque opposés, situés aux deux cinquièmes de la longueur du côté postérieur; bord supérieur légèrement arqué en avant du crochet, presque rectiligne en arrière. Lunule creuse, lisse, limitée par un renflement très obsolète; corselet formant un bourrelet peu saillant et arrondi que limite extérieurement une dépression peu profonde et du côté de la nymphe, une petite rainure; une cinquantaine de côtes rayonnantes, assez serrées sur le dos et séparées par d'étroites rainures; elles s'écartent et grossissent vers l'angle décurrent qui limite la dépression anale et excavée, ornée de côtes plus épaisses et plus hautes; le test n'étant pas fraîchement con- servé, nous n'avons pu observer si ces côtes portent des lames transverses comme les Loxocardium de l'Eocène; en tous cas, — 134 — leurs intervalles ne semblent pas cloisonnés par les accrois- sements. Charnière très mince, presque dépourvue de plateau car- dinal : 3a et 3b formant deux pointes d'inégale épaisseur et juxtaposées, avec une petite fossette intermédiaire; A I trian- gulaire et saillante, PI mince et longue, plus écartée; A III et P III à peine visibles; 2 et 4^ minuscules, A II et P II lon- gues et saillantes; nymphe très étroite, très longue, peu épaisse, à peine distincte du bord supérieur. Impression du muscle antérieur bien gravée et circulaire. Impression du muscle postérieur plus allongée et moins distincte; bords également crénelés par les côtes, sur toute l'étendue de la commissure des valves. Dlm. Diamètre antéro-posté rieur : 17 mill.; diamètre umbono- palléal : 15 mill.; épaisseur d'une valve : 5,5 mill. Rapp. et diff. — Dans les collections, cette coquille est parfois confondue avec C. Pallasianum qui n'appartient probablement pas au même groupe : elle a des côtes beaucoup plus larges et aplaties, mais régulières, dépourvues de cliainettes; les interstices sont plus, étroits et non cloisonnés ; enfin la forme de la coquille est beaucoup plus dissymé- trique et plus oblique. C. Minervae a beaucoup plus d'analogie avec le génotype de Loxocardium (C. ohliquum Lamk.de l'Eocène des environs de Paris), cfuoique nous n'ayons pu vérifier si les côtes portent les lamelles caractéristiques de ce groupe de Cardium; toutefois l'espèce aquitanienne est plus oblique, ses crochets sont situés plus en avant, et à ce point de vire, elle se rapprocherait davantage de C. impeditum Desh. ; mais ce der- nier a beaucoup moins de côtes rayonnantes; quant à C. ingratum, de l'Eocène inférieur, c'est une coquille plus triangulaire. Localités. — La Brède (chemin de fer), trois valves (PI. XXIII, fig. 16-19), coll. Degrange-Touzin: Le Plantât, une valve droite presque lisse sur le dos, coll. Degrange-Touzin; valves bien costulées, coll. Bial. ; Léognan (les Sables), une valve droite avec quelques traces d'ornements sur les côtes anales, coll. de Sacy. — Aquitanien. Léognan (Coquillat), une valve très jevme, coll. Bial. — Biirdigalîen. — 135 — 235. Cardium [Cerastoderma] Basteroti Deshayes. PL XXII, fig-. 1-2 et PL XXVIII, %. 90-91. 1825. Cardium edule Bast. Mém. env. Bord., p. 81 {non Linné). 1832. Cardium Basteroti Desh. Traité élém. Concli., H, p. 66. 1862. Cardium edule Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 185, pi. XXV, fig. 3 {sola}. 18/3. Cardium Basteroti Benoist. Cat. Saucats. p. 46, no 110. Test peu épais. Taille assez petite; forme ovale-transverse, convexe, un peu inéquilatérale; côté antérieur très largement arrondi, plus court que le côté postérieur qui est obliquement atténué en arrière; bord palléal peu arqué, se raccordant par des courbes inégales dans le prolongement des contours laté- raux; crochet gonflé, saillant, opposé, situé aux quatre sep- tièmes de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur peu arqué, également déclive de part et d'autre du crochet. Sur- face dorsale bombée au milieu, légèrement excavée dans la région lunulaire, largement et obtusément déprimée sur la région anale, ornée de vingt-six côtes rayonnantes et aplaties, beaucoup plus larges que les rainures qui les séparent, au milieu et en avant; du côté postérieur, les intervalles s'élargis- sent et finissent par égaler les côtes; on distingue — surtout en avant — des traces de crénelures transverses qui «sont effacées partout ailleurs; cependant, sur un spécimen de l'Helvétien que nous rapportons à la même espèce, l'extrémité palléale de l'ornementation est bien conservée : on y voit des créne- lures transverses et très serrées sur toutes les côtes et dans les interstices, des rides deux fois plus fines et plus rapprochées, la bifurcation des crénelures — qui se subdivisent en rides — se faisant sur les flancs. Charnière peu épaisse : 2 et ij, formant deux branches très écartées et inégales, 2 plus fine que 4^ ; Ail beaucoup plus rapprochée que P II, chacune d'elles munie sur sa face infé- rieure d'une profonde fossette pour loger A I et P I, et de l'autre côté, un large sillon est destiné à recevoir A III et PIII; nymphe courte, épaisse, trapézoïdale. ^ 130 — Impressions musculaires petites, arrondies, situées assez haut à l'intérieur des valves; surface interne marquée de forts sillons rayonnants qui aboutissent aux interstices des créne- lures aplaties du bord des valves. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 12 mill.; diamètre umbono- palléal : 10 mill. Rapp. et diff. — Quoitpie l'espèce linnéenne soit très variable, elle est généralement plus oblique, plus gonflée, ornée de côtes moins nom- breuses et plus arrondies que la mutation du Miocène que Deshayes a siparée avec juste raison ; la charnière est surtout beaucoup moins épaisse, à la même taille. Notre spécimen — signalé comme rarissime par Benoist — a beaucoup d'analogie avec la figure 3 de la pi. XXV, dans l'Atlas de Hœrnes, et ne ressemble nullement à la figure 2 qui est plus semblable au véritable C. edule. Aucune des variétés figurées par M. Sacco, ni par M. Cerulli-Irelli, ne se rapproche du fossile de l'Aquitaine. Quant à C. clocliense Ren., c'est une espèce beaucoup plus transverse que C. Basteroti, et C. Michelottii Desh. est, au contraire, plus élevée, plus trigone. Localités. — Pont-Pourquey, une valve gauche (PI. XXII, fig. 1-2) coll. Benoist. — Burdîgalieii. Saucats (La Sime), fide Benoist. Salles (PI. XXVIII, fig. 90-91), coll. Degrange-ToLizin. — Helvétieii. 236. Cardium {Lœvkardmm) pantecolpatum (i) îiov. sp. PI. XXIII, fig. 32-35. Taille au-dessous de la moyenne; forme ovoïdo-subtrigone, convexe, à peine oblique, un peu plus large que haute, iné- quilatérale; côté antérieur arrondi, un peu plus court que le côté postérieur dont le contour à peine convexe est suban- guleux à sa jonction avec le bord palléal très arqué au milieu; crochets saillants, gonflés, à peine prosogyres, situés aux qua- tre neuvièmes de la longueur, du côté antérieur; bord supé- rieur très peu arqué, également déclive de part et d'autre du crochet. Lunule indistincte et corselet formant un petit renflement arrondi: surface dorsale bombée au milieu, légè- (i) Etym : not.wrp partout; ■/.oX'KOC, côte. — 137 — rement déprimée en arrière, ou même excavée contre le renflement du corselet ; quarante-cinq cotes rayonnantes, aplaties, séparées par des rainures gravées sous l'épiderme vernissé des valves, simplement ornées de très fines stries d'accroissement en zigzag sur les côtes et rainures; les côtes persistent jusque contre la kmule et le corselet. Charnière assez épaisse quoique étroite : 3?, formant un talon saillant qui diverge obliquement sous le crochet; 3a réduite à une crête minuscule et horizontale; A 1, P I proéminentes et équidistantes, tandis que A III et P III sont beaucoup plus faibles et plus courtes; 2 épaisse et oblique, 4^, plus mince, non isocèle; A II et PII saillantes; nymphe plate et courte. Impressions musculaires inégales, équidistantes, réunies par une ligne palléale bien visible, surtout du côté anal; bords assez grossièrement dentelés, sauf aux extrémités où les cré- nelures décroissent. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 19 mill.; diamètre umbono- palléal : 18 mill.; épaisseur d'une valve : 8 mill. Rapp. et diff. — Cette coquille paraît avoir été confondue clans les collections avec C. fragile Brocchi, dont M. Sacco ne fait qu'une variété pliocénique de C. norvegicum Spongler, tandis que M. Cerulli-Irelli ne mentionne même pas l'espèce de Brocchi dans la synonymie de C. nor- vegicum, à Monte-Mario. D'après la comparaison que nous avons faite avec des spécimens de l'Astien du Piémont et de la Famiesina (coll. Cossmann), notre Cardium de Saubrigues diffère complètement de la forme pliocé- nique, comme aussi de l'espèce vivante, par ses côtes persistant jusqu'à la région lunulaire et jusque contre le corselet, tandis qu'elles s'effacent complètement chez C. norvegicum et cjiez sa variété fragilis; en outre, notre espèce est moins oblique, plus équilatérale, beaucoup moins haute et plus transverse, moins rectiligne sur le contour anal ; enfin il y a quel- ques petites différences dans la charnière. On peut encore comparer C. pantecolpatum à C. Jeffreysi Rigacci (m Cerulli-Irelli, loc. cit. p. 34, pi. XV, fig. 32) qui est plus transverse, plus dissymétrique, avec des côtes plus larges et plus marquées sur la région anale. Quant aux Cardium du Bassin de Vienne qu'Hœrnes a désignés sous le nom fragile, il nous semble que c'est une tout autre espèce, plus orbicu- laire et plus symétrique en tous cas que C. pantecolpatum, avec des côtes — 138 — beaucoup plus fines^ produisant des crénelures plus serrées sur les bords. Localités. — Saubrigues, cotypes (PI. XXIII, fig. 32-35), coll. Dumas, St-Jean-de-Marsacq, deux valves gauche de petite taille, coll. Bial- Neuville. — Tortoiiieii. 237. Cardium {Lœvicardium) leptocolpatum (i) nov. sp. PI. XXIII, fig. 25-27. ?1870. C. fragile Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 178, pi. XXX, fig. 6 {non Dr.). Test mince. Taille petite (en Aquitaine); forme-orbiculaire transverse, presque symétrique, assez convexe; côté antérieur largement arrondi, côté postérieur subtronqué, à contour anal à peu près rectiligne et peu incliné; bord palléal réguliè- rement arqué, se raccordant en courbe avec les contours latéraux; crochet médiocrement gonflé, légèrement prosogyre, situé exactement au milieu; bord supérieur également déclive de part et d'autre du crochet. Surface dorsale bombée au milieu, à peu près également excavée de chaque côté du crochet; lunule et corselet peu distincts; sous l'épiderme vernissé, on distingue un très grand nombre (plus de soixante) de côtes rayonnantes, excessivement ténues, plus larges et mieux marquées sur la région anale, croisées par des linéoles d'accroissement à peine marquées et très finement chevronnées. Charnière assez étroite : 3/, épaisse et divergente, 3a minus- cule et horizontale; AI et PI saillantes et équidistantes; A III et surtout P III rudimentaires; 2 épaisse et saillante sur le contour inférieur du bord cardinal; 4^ minuscule et oblique, en arrière du crochet; Ail assez proche, longue et étroite; PII beaucoup plus écartée, courte et peu saillante; nymphe plate, à peine proéminente sur le contour supérieur. Impressions musculaires inégales, situées très haut; réunies (1) Etyni, : XeTîxcç, fin ou ténu; xoXxoç, côte. — 139 — par une ligne palléale très écartée du bord qui est finement crénelé. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 13 mill.; diamètre umbono- palléal : 12 mill. ; épaisseur d'une valve : 4 mill. ; taille maxi- mum : 21 sur 19,5 mill., coll. Bial-Neuville. Rapp. et diff . — Nous ne citons en synonymie — qu'avec un point de doute — la coquille du Bassin de Vienne que Hœrnes a rapportée à tort à C. fragile qui est plus oblique et qui a moins de côtes rayonnantes, d'après la figure publiée dans l'Atlas de Brocchi (pi. XIII, fig. 4, non 6 sec. Hœrn.); peut-être le fossile de l'Aquitaine est-il un peu plus transverse et moins convexe que celui de Gainfahren; mais l'ornementation et la symétrie des valves paraissent identiques; sa taille est aussi plus petite. En tous cas, la valve ci dessus décrite diffère de C. pantecolpatum par le nombre plus considérable de ses côtes (33 p. 100 en plus) qui sont telle- ment fines qu'on ne peut les compter que sur les crénelures palléales, correspondant aux intervalles des côtes; celles de la région anale sont toutefois plus larges, mais aussi recouvertes par le vernis que celles de la surface dorsale; en outre, l'ornementation concentrique est en zigzag plus fin; d'autre part — critérium encore plus important — la cliarnière est un peu diff'érente, attendu que, quoique la coquille soit plus symétrique cbez C. leptocolpatum, les lamelles latérales de la valve gaucbe sont plus inéqui- distantes que celles de C. pantecolpatum. Il n'y a d'ailleurs aucune analogie entre cette espèce et les variétés toujours obliques de C. norvegicum, qu'on rencontre à l'état fossile dans le Pliocène d'Italie; les côtes, bien plus fines, persistent jusque vers la lunule et le corselet; en outre ce dernier est indistinct, au lieu de former ■une petite saillie proéminente comme chez l'espèce actuelle. Localités, — Saubrigues, une seule valve gauche (PI. XXIII, fig. 25- 26), coll. Dumas; une valve droite (fig. 27), coll. Degrange-Touzin. St-Elienne-d'Orthe, Soustous, même coll. St-Jean-de-Marsacq, valves opposées, coll. Bial-Neuville. — Tortoiiîeii. 238. Cardium [Ldevicardumi] gallicum Mayer. PL XXIII, %. 28-31. 1866. C. gallicum Mayer. Journ. Conch., XI'V, p. 72, pi. II, fig. 3. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 45, no 104. 1894. — Degrange-Touz. Etude prélim. Orlhez, p. 413. Test un peu épais. Taille au-dessous de la moyenne; forme — 140 — orbiculaire, subtrigoné vers le crochet, médiocrement convexe, presque équilatérale; côté antérieur largement arrondi, un peu plus court que le côté postérieur qui est peu arqué vers le haut, raccordé en arrière par une courbe circulaire avec le bord palléal qui forme le prolongement de l'arc du contour buccal; crochets peu proéminents, peu gonflés, faiblement prosogyres, situés un peu en avant de la ligne médiane; bord supérieur à peine arqué, également déclive à 45° de part et d'autre du crochet. Lunule et corselet indistincts ; surface dorsale peu bombée, non déprimée sur la région anale, lisse et vernissée dans son ensemble, quoiqu'on y distingue une quarantaine de côtes sous le vernis; elles sont aplaties, séparées par des rainures obsolètes, de sorte qu'on ne peut guère les compter que quand l'épiderme décortiqué les laisse apparaître; elles ne se prolongent pas jusqu'aux contours latéraux, et il reste un petit espace lisse aux deux extrémités, mais plus large en arrière qu'en avant; quand la surface est fraîchement conservée, on distingue de fines lignes d'accroissement en zigzag, comme chez les Pétoncles. Charnière bien développée ; 3^, large et courte, formant un petit talon trigone sous le crochet; 3a confondue avec le bord; AI et PI très saillantes, beaucoup plus fortes que A III et P III, les postérieures un peu plus rapprochées des cardinales que les antérieures; 2 et 4;, inégales non isocèles; A II mince et allongée; PII pointue et saillante; nymphe peu saillante. Impressions musculaires bien gravées, situées très haut, l'antérieure ovale, la postérieure allongée; crénelures palléales régulières, décroissant sur le contour buccal, plus larges au contraire et plus courtes sur le contour anal. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 13,5 mill. ; diamètre umbono-palléal : 13 mill.; diamètre maximum : 19 mill. (valve de Largileyre, coll. Vignal). Rapp. et diff. — Ornée de moins de côtes que les deux autres Lœvicardium de l'Helvétien et du Tortonien du Sud-Ouest, la coquille ci- dessus décrite s'en distingue surtout par sa forme subtrigone et par ses crochets très peu saillants; en particulier, elle s'écarte complètement de — 141 — C. pantecolpatum dont les côtes persistent juscfu'aux extrémités, et de C. leptocolpatum qui a 50 p. 100 de côtes en plus. C. gallicum n'a pas la forme oblique de C. norvegicum et de C. oblongum, il n'en atteint pas — à beaucoup près — la grande taille, et sa charnière est beaucoup moins épaisse. Aucun des nombreux individus de cette espèce, provenant de l'Hel- vétien de l'Aquitaine, que nous avons examinés, n'atteint la moitié des dimensions indicpiées par Mayer (diamètre : 35 mill. ; épaisseur : 12 mill). et qui sont aussi celles des figures originales ainsi que de nos spécimens de la Touraine (coll. Peyrot); en outre, les côtes ne sont jamais aussi mar- quées que sur les bords de ces derniers dont la forme est moins trigone. Néanmoins nous hésitons beaucoup à proposer une dénomination de race distincte pour ces échantillons du Sud-Ouest : il est bien probable que toutes les différences s'atténuent à mesure que la taille des valves augmente, les caractères de la charnière restant identiques. Aussi nous bornons-nous à signaler ces particularités. Localités. — Salles (le Minoy), plésiotypes (PI XXIII, fig. 28-31), coll. Benoist; coll. Vignal; Moulin-Debat, Saucats (La Sime), coll. Degrange- Touzin, Bial-Neuville. Sallespisse, coll. Degrange-Touzin. Salles (Largi- leyre), coll. Vignal; Saucats (la Sime), coll. Bial-Neuville. Commun. Narrosse, Clermont (Landes), coll. Degrange-Touzin. — Helvétîeii. 239. Cardium [Lœvicarduim) Biaii nov. sp. PL XXII, fig-. 35-37. Test peu épais. Taille au-dessous de la moyenne ; forme peu bombée, orbiculaire et presque symétrique, quoique le côté antérieur soit plus régulièrement arrondi que le côté posté- rieur qui est obliquement subtronqué et très peu arqué sur son contour anal; bord palléal en arc de cercle raccordé avec les contours latéraux; crochet gonflé, un peu proéminent, très faiblement prosogyre; bord supérieur à peu près également déclive et peu arqué de part et d'autre du crochet. Lunule creuse, lisse, étroite; corselet étroit et trigone, un peu bombé, séparé par une dépression à l'extérieur, et par une rainure profonde, du côté de la nymphe; surface dorsale peu convexe au milieu, non distinctement séparée de la dépression anale qui correspond à la troncature postérieure; sur l'épiderme lui- sant, on distingue un grand nombre de fines rainures rayon- — 142 — hantes qui séparent des côtes tout à fait aplaties, dont la saillie est plus nette sur la dépression anale où elles sont imbriquées jusqu'à peu de distance de la dépression du cor- selet : il y a là un petit espace complètement lisse, de même que sur la région buccale, les lignes rayonnantes s'arrêtent un peu en deçà de la lunule. Charnière peu épaisse, dont le plateau cardinal est bisi- nueux, de part et d'autre de la saillie correspondante à 3b qui forme un croc au-dessous du crochet; 3a est minuscule et réduite à une petite protubérance latérale; AI et PI sont Ion-, gués et saillantes, à peu près équidistantes, tandis que A III et P III sont plus courtes et plus minces. Impressions musculaires à peu près symétriques, très haut placées; la ligne palléale se détache en arrière d'une sorte de cicatrice bilobée qui fait suite à l'impression de l'adducteur postérieur; commissure des valves très finement crénelée sur toute son étendue. DiM. Diamètres : 18 mill.; épaisseur d'une valve : 6 mill. Rap. et diff. — Cette cocjuille distingue aisément de toutes celles qui se lui ont succédé dans l'Aquitaine, aux niveaux plus élevés, par sa forme orbiculaire et peu convexe; sa surface lisse et brillante rappelle C. lepto- colpatum qui s'en écarté par sa forme transverse et par sa convexité plus grande; C. fraternum est, au contraire, subtrigone, avec une ornemen- tation plus visible et moins fine, et ses crocliets sont moins saillants que ceux de C. Biali qui constitue donc une mutation ancestrale et incon- testable, quoique nous n'en connaissions qu'une seule valve. Dans les étages plus anciens, on n'a pas encore signalé de Lsevicardium, de sorte que les espèces ci-dessus représentent, jusqu'à présent, l'éclo- sion de ce Sous-Genre dans le Tertiaire. Localité. — Cestas, une valve droite (PI. XXII, fig. 35-37), coll. Bial de Bellerade. — Bturdigalien. DTSCORS Desh. 1858. (r= L]]rocardium Meek, 1876; = Amphicardium V. Martens, 1880; = Divarkardium Dollf. et Daulz,, 1886). Taille parfois très grande; forme variable, plus ou moins — 143 — oblique, parfois tronquée en arrière; surface vernissée, avec des côtes rayonnantes, peu proéminentes sous le vernis, et des lamelles obliques sur la région antérieure, parfois aussi sur la région anale. Charnière cyclodonte, assez épaisse, quoi- que le plateau cardinal ne soit pas très large : 3^ et 3^ simples et pointues, reliées par un col entre deux fossettes; 2 et ib non moins inégales, mais complètement isolées; A I et P I très saillantes, A III et P III beaucoup plus faibles; A II et P II profondément entaillées sur leur face inférieure; bord supérieur de la charnière saillant et retroussé en avant du crochet, profondément entaillé au contraire entre le crochet et la nym- Fig.91.- Discors subdiscors •' d Orb. Eoc. phe. Impressions musculaires très pro- fondément gravées; ligne palléale bien marquée, peu écartée; bords finement crénelés (G. -T. : C. subdiscors d'Orb. Eocène). Meek a pris pour génotype de Lyrocardium l'espèce actuelle C. lyratum. Sow. qui ne diffère pas généri({uement de C. discors ni de subdiscors, de l'Eocène des environs de Paris. D'autre part, Divaricardium est fondé sur C. discrepans Bast. qui n'en difïère que par ses lamelles obliques sur la région anale; nous ne pensons pas que cette diftérence d'ornementation justifie la séparation d'une Section distincte de Discors. En tous cas, si cette séparation était ultérieurement admise, Divaricardium aurait la prio- rité sur Hemidiscors Rovereto (1898), proposé pour H. rugiferum n. sp.qui n'a été figuré qu'en 1900 et qui parait également sillonné du côté anal. L'établissement d'un Genre complètement distinct des Cardium lisses, tels que Lsevicardium, se justifie surtout par la charnière qui est cyclodonte- comme celle de Cardium, avec quelques différences néanmoins, tandis que celle de Lœvicardium est presque hétérodonte ; mais, ce qui différencie principalement Discors des autres Cardium., outre l'aspect non costulé et sillonné en travers que présente sa surface externe, c'est l'échancrure subumbonale du bord supérieur qui se retrousse en avant du crochet, dans l'alignement du col reliant 36 à 3a : il en résulte que la lunule se trouve resserrée dans un pli creux qu'on n'observe jamais chez Cardium. Discors semble apparaître dans l'Eocène inférieur, mais on ne Ta pas Signalé dans le Paléocène; il se poursuit régulièrement dans l'Oligocène et le Miocène, puis dans le Pliocène; mais le groupe Divaricardium, — 144 — lamelleux à l'arrière, ne paraît pas représenté ailleurs que dans le Mio- cène inférieur. 240. Discors discrepans [Basterot]. PL XXIII, fig. 11-15. 1825. Cardhim discrepans Bast. Env. Bord., p. 83, pi. 6, fig. 5. /1837_ _ Dujard. Mém. Tour., p. 262. 1838. — Grat. Cat. Gir., p. 62. 185(». — Desh.TraitéConch.,II,p.67,pl.XXVI,fig.4-5. 1852. — d'Orb. Prod., III, p. 118, 26e et., n» 2204. 1862. — Hœrnes.Tert.Beck.Wien,II, p.l74, pl.XXIV, fig. 1-5. 1873 _ Benoist. Cat. Saucats, p. 44, n» 102. Test épais. Taille grande; forme très convexe, élevée, peu oblique, inéquilatérale ; côté antérieur arrondi, pas plus court que le côté postérieur qui est tronqué sur toute sa hauteur, mais non rectiligne sur son contour; bord palléal médiocre- ment arqué, se raccordant par des courbes régulières — mais inégales — avec les contours latéraux; crochets très gonflés, cordiformes, opposés, quoique situés en avant de la ligne médiane; bord supérieur presque rectiligne de chaque côté et plus déclive en -avant qu'en arrière du crochet. Lunule creuse, lisse, non limitée; corselet formant un large bourrelet peu saillant, séparé de la nymphe par une profonde rainure; surface dorsale très bombée au milieu, surtout chez les indi- vidus gérontiques, séparée par un angle — non saillant et arrondi — de la région anale qui est légèrement excavée jus- qu'au renflement du corselet; la partie tout à fait médiane est lisse et on n'aperçoit sous le vernis que la trace de rainures radiales qui séparent de très faibles côtes aplaties ; sur toute la région antérieure, il y a des sillons obliquement onduleux et imbriqués qui reparaissent subitement sur la dépression anale. Charnière épaisse et puissante, avec un bord cardinal qui se retrousse en avant des crochets et qui est entaillé par une — 145 — profonde encoche sur les crochets : 3^, dressée en pyramide incurvée sous le crochet, reliée par un col à 3a qui forme une petite protubérance sur la lèvre retroussée du bord supérieur ; A I et P I très épaisses, équidistantes; A 111 et P III à peine développées, un peu en retrait de l'autre côté de la fossette; 2 pyramidale comme 3^, séparée de ib plus mince par une gorge qui l'isole complètement du crochet; Ali très saillante, fortement entaillée sur sa face inférieure ; P II courte et sail- lante; avec une véritable poche sur sa face inférieure pour loger P I; nymphe épaisse, aplatie, rhomboïdale à la suite de l'encoche umbonale du bord cardinal. Impressions musculaires bien gravées, inégales, l'antérieure plus transverse que la postérieure; ligne palléale, située à une certaine distance et parallèle au bord qui est finement crénelé, les crénelures s'atténuant encore aux extrémités. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 52 milL; diamètre umbono- palléal : 57 mill.; épaisseur d'une valve : 24 mill. D'après Benoist, la coquille atteindrait un diamètre de 8 centimètres. Rapp. et diff. — Cette espèce esc nettement caractérisée par sa dou- ble série de sillons imbriqués, à Tavant et à l'arrière, par sa forme haute et peu oblique; les spécimens de l'Helvétien du Piémont — que nous avons sous les yeux (coll. Cossmann) — nous paraissent indenticjiies au type de Basterot. La poche inférieure que porte PII, pour recevoir PI, pourrait faire croire qu'il y a en réalité deux lamelles PU, PIV; mais, si l'on observe de près le bord, on remarque que PIII engrène bien avec PII. Localités.— Saucats {M'" de l'Eglise), plésiotypes (PI. XXIII, fig. 11-14), coll. Cossmann; Léognan (Goquillat), une grande valve droite (fig. 15), coll. de Sacy ; Saucats (Peloua, Lagus, Giraudeau) toutes les coll. Léognan (Thibaudeau), La Brède (Moras sup''); Mérignac (Baour supr), Martillac (Pas de Barreau), coll. Degrange-Touzin; Dax (Cabannes, Maïnot, Man- dillot), coll. Bial-Neuville, coll. Degrange-Touzin. — Burdigalien. — 146 — 241. Discors discrepans (Bast.) var. herculea Dollfiis, Gotter et Gomez. PI. XXIII, fig. 9-10. 1904. Discors discrepans, var. herculea. D. C. G. Moll tert. Port. pi. XIV, fig. 1 et pi. XV, fig. 5. Les spécimens de l'Helvétien de l'Aquitaine que nous rattachons à la var. herculea D. C. G. ne diffèrent de ceux du Burdigalien que par leur taille beaucoup plus grande et par leur forme plus élevée. Pour ce qui est de ce dernier caractère, nous avons pu nous assurer par de nom- breuses mensurations faites sur des coquilles d'âge différent, que le rapport entre les diamètres umbono-palléal et antéro-postérieur aug- mente avec l'âge, passant de 1,07 à 1,19, les échantillons burdigaliens, variant de 4 cm. 5 de diamètre umbono-ventral, à 7 cm. 5; chez les coquilles de Salles, il atteint jusqu'à 1,29, à peu près le même nombre — 1^28 — que sur les spécimens figurés dans les planches des Mol- lusques tertiaires du Portugal. Aucune autre différence, dans les char- nières de nos échantillons burdigaliens et helvétiens, que la plus grande robustesse des dents chez ces derniers, conséquence du dévelop- pement considérable du test. Il n'y a donc pas une mutation, mais tout au plus une variété ou plutôt une race. Les spécimens de l'Helvétien de la Touraine que nous avons sous les yeux (coll. Peyrot) n'atteignent jamais les dimensions de cevix de Salles, les plus grands ayant seulement 8 cm. de diamètre ; ils sont, d'autre part, toujours beaucoup plus transverses, à taille égale, que ceux du Burdigalien ou de l'Helvétien de l'Aquitaine, leur charnière est plus large; ils se rapprochent davantage de ceux du Bassin de Vienne et peuvent peut-être constituer une autre race distincte du type de Basterot et de la var. herculea. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 95 mill.; diamètre umbono-palléal : 115 mill. ; épaisseur d'une valve : 45 mill. Localités. - Salles (Largileyre), une valve gauche (PI. XXIII, fig. 10). coll. Benoist; même localité, ime valve droite plus grande, mais moins bien conservée, coll. Degrange-Touzin; Salles (le Minoy), valve droite (PI. XXIIl, fig. 9), plusieurs autres valves, coll. Vignal, coll. Degrange- Touzin. — Helvétien. — 147 — 242. Discors aquitanicus [Mayer]. PL XXIII, %. 20-24. 1858. Cardium aquitanicum Mayer. Journ. Conch., VII, p. 89, pi, III, fig. 3. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 44, n" 103. ?1899. Discors aquitanicus Sacco, I Moll. terz. Piem., XXVII, p. 55 {non pi. XII, fig. 22). Taille moyenne; forme convexe, orbiciilaire, transverse, un peu oblique, inéquilatérale; côté antérieur arrondi, plus court que le côté postérieur qui est obliquement tronqué, quoi- que non rectiligne sur son contour anal; bord palléal large- ment arqué, se raccordant par des courbes régulières avec les contours latéraux; crochets gonflés, médiocrement saillants, légèrement prosogyres, situés aux trois septièmes de la lon- gueur, du côté antérieur; bord supérieur relevé en avant du crochet, faiblement entaillé sous sa pointe, obliquement déclive et presque rectiligne en arrière. Lunule étroite et creuse, vaguement limitée par une dépression; corselet un peu gonflé, non limité à Lextérieur, séparé de la nymphe par une étroite rainure; surface dorsale convexe au milieu, dépri- mée sur la région anale qui est partagée en deux zones par un faible renflement; ornementation composée d'un grand nombre de sillons rayonnants au sommet de costules peu proéminentes et séparées par des interstices plus larges; sur la région anale, les côtes s'épaississent et s'écartent davan- tage, mais elles ne persistent pas jusqu'aux bords, et il reste un espace lisse entre elles et le corselet; sur la région buccale sont imbriqués des sillons en biais qui s'étendent en bas pres- que jusqu'à la ligne médiane des valves, et dont le tracé est quelque peu irrégulier. Charnière assez forte : 3b pyramidale, reliée par une arête moins élevée à 3a qui forme une petite protubérance dans la saillie du bord cardinal, en avant du crochet; iV I et P I iné- quidistantes, très saillantes et triangulaires; A III très peu développée, P III presque invisible; 2 et 4/, inégales, non iso- ToME LXV. 10 — 148 — cèles. Ail très saillante, rapprochée; PII confondue avec le bord; nymphe allongée, peu proéminente. Impressions musculaires bien gravées, l'antérieure un peu plus petite; zone palléale assez large, parallèle au bord qui est finement crénelé, sauf sur le bord anal qui est lisse. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 37 milL; diamètre umbono- palléal : 35 mill. ; épaisseur d'une valve : 12,5 mill. Rapp. et diff. — D. aquitaniciis se distingue facilement de D. cUscre- pans : par sa forme moins élevée, moins anguleuse en arrière; par sa région anale dépourvue de sillons en biais; par son entaille subumbonale moins profonde; par sa nymphe plus longue et moins haute; par ses cré- nelures effacées sur le contour anal. Nous ne citons pas en synonymie la figure 12 de la pi. XII de l'ouvrage de M. Sacco, car le spécimen figuré ressemble beaucoup plus à la variété pliocénique lœvinflata Sacco, qui constitue, à notre avis, une espèce ou mutation bien distincte, caracté- risée par sa forme plus convexe et plus haute, par des sillons obliques plus écartés et s'étendant au-delà de la ligne médiane, etc. Cependant D. aquitaniciis existe probablement à CoUi Torinesi, dans l'Helvétien, d'après un spécimen envoyé par M. Sacco (coll. Cossmarn); toutefois, l'état de conservation de cet échantillon ne nous permet pas d'être tout à fait afïirmatif à cet égard. La coquille du Bassin de Vienne, figurée sous le nom pectinatum par Hœrnes est plus arrondie que D. aquitaniciis, et l'or- nementation en est bien différente. Localités. — Léognan (Le Thil), plésiotypes (PI. XXIII, fig. 20-23), coll. de Sacy ; coll. Bial ; Villandraut (Gamachot), une valve droite (fig. 24), même coll.; coll. Bial-Neuville; deux belles valves opposées, coll. Degrange-Touzin. — Aquîtaiiien. NEMOCARDIUM Meek, 1876. Coquille globuleuse, dissymétrique, quoique les crochets soient médians; côté postérieur tronqué, séparé de la nymphe dorsçile et lisse par un angle net, orné de côtes rayonnantes et épineuses. Charnière hétérodonte, ou du moins peu cyclodonte, presque monodacne sur chaque val- ve, 3a et 2b étant minus- cules; A I et A 111 à peu près de la même longueur; Fig. 98. — NemocarcUum fmterculus PI seule visible, P III étant — 149 — atrophiée; A II bien formée, P II confondue avec le bord; nymphe épaisse et longue; bords finement crénelés, sauf sur le contour anal où les crénelures sont toujours beaucoup plus grossières (G. -T. : Cardium semiasperwn Desh., de l'Eocène inférieur des environs de Paris). Ce Genre est, par sa charnière, de même que par l'ornementation bipartite de sa surface externe, aussi distinct de Lœvicardium auquel on le rattache à tort, que de Discors dont on le rapproche aussi sans motif : le seul point de contact qu'il ait avec ce dernier, c'est le retroussement du bord cardinal en avant du crochet. D'autre part, M. Dali indique Nemo- cardium comme synonyme de Protocardia, Genre mésozoïque dont la char-, nière — encore mal étudiée — ne parait guère de rapprocher de celle de Nemocardium, quoiqu'elle soit complètement monodacne. Nemocardiiim apparaît dans l'Eocène où il est riche en espèces; il se raréfie dans 1 Oligocène, et sa descendance se poursuit à travers le Mio- cène et le Pliocène sans se perpétuer jusqu'à l'époque actuelle ; nous n'avons pu contrôler le rapprochement i — indiqué par M. Sacco (/. c, XXVII, p. 56) — avec le G. Fulvia Gray, mais M. Dali place cette Section dans le G. Papyridea qui n'a aucun rapport avec Nemocardium. 243. Nemocardium sp. Le fragment que nous avons sous les yeux n'est pas suffisamment carac- térisé pour qu'il nous soit possible de lui attribuer un nom spécifique; mais il est intéressant de le signaler parce que c'est le premier Nemocar- dium qu'on ait trouvé dans l'Aquitaine. C'est un morceau de valve gauche montrant une partie de la charnière et de la surface dorsale avec l'arête séparant la région lisse de la région anale qui est couverte de trente à trente-cinq côtes rayonnantes : la grosseur et l'espacement de celles-ci augmente à mesure qu'elles se rapprochent du bord postérieur, il en est de même des aspérités dont elles sont ornées et qui se transforment peu à peu en pointes dressées verticalement. Le bord cardinal se retrousse fortement en avant du crochet qui est pointu et recourbé, non prosogyre; 2a forme un croc plus élevé que le crochet, juxtaposé à une large et pro-. fonde fossette; 2b est réduit à une minuscule protubérance contre l'échan- crure du bord supérieur sous le crochet; la nymphe est épaisse, allongée, proéminente sur le bord; le contour inférieur de la charnière fait une épaisse saillie sur la cavité umbonale. Il ne nous semble pas qu'on puisse rapprocher cette espèce de N. sfria- tulum Brocchi, du Néogène d'Italie, qui n'a pas le même galbe ; la présence — 150 — — à Peyrère — de ce fragment qui a un faciès éocénique, confirme l'hési- tation que nous avons signalée à propos de C. Pallasianum, sur le véritable niveau de ce gisement qui contient des formes à faciès très ancien, à côté de formes franchement néogéniques. Localité. — Peyrère, fragment, coll. Raulin (sera ultérieurement figuré). Hel^étieii. Cénacle : CHAMACEA (Lamk.) Desh. 1830. Test épais, généralement formé de deux couches : une externe obscurément prismatique, une interne porcelanée; Fépiderme est souvent lamelleux, cellulo-cristallin. Coquille irrégulière, très inéquivalve, sessile, c'est-à-dire fixée par l'une de ses valves, à forte charnière, à ligament externe, logé dans une profonde rainure contre une nymphe peu développée; crochets prosogyres, fortement enroulés par suite de l'accroissement des valves autour d'un pivot fixe; impressions musculaires bien marquées, presque symétriques; lames myophores (chez les Diceratidée); ligne palléale entière, irrégulièrement arquée. Elimination faite des Dicemtidse Dali (1900), qui ont des lames myo- phores et qui d'ailleurs ont vécu dans les couches mésozoïques, des Mono- pleuridse Fischer et des Caprinidœ d'Orb., qui se rapprochent encore davantage des Rudistes secondaires, nous n'avons à envisager ici que l'unique Famille Chamidse. CHAMACID^ d'Orbigny, 1837. (= Chamidœ Swainson, 1840). • Valve libre (ou «), munie d'une dent cardinale à deux bran- ches écartées, avec des aspérités granuleuses ou des créne- lures sur leur face inférieure; et d'une lamelle latérale assez écartée, à l'extrémité de la nymphe; valve fixée (ou p), munie d'une forte dent cardinale, épaisse et crénelée, séparée du bord supérieur par une fossette étroite, et de la nymphe par une large fossette; à l'extrémité de la nymphe est une petite fossette destinée à loger la lamelle latérale de la valve oppo- — 151 — ses f«), parfois bordée par une protubérance qui représente la lamelle latérale de /3. Deux Genres seulement composent cette Famille : Chama dont la coquille est toujours fixée à des valves très inégales, et Echinochama Fischer (1887) dont les valves, presque égales et épineuses, munies de lunules bien limitées, sont libres à l'état népionique et gérontique, fixées pendant l'ado- lescence, de sorte que c'est à ce dernier que M. Dali (Tert. Flor., p. 1397) rattacherait Goossensia Cossm. (1887). Nous n'avons à nous occuper dans l'Aquitaine que de Chama (1), dont il va être question ci-après, avec plus de détails. Rappelons seulement que la notation « etp a été proposée par Manier- Chalmas pour les valves des Chamacldœ, et que la charnière est constante, que la valve fixée soit la droite ou la gauche; nous allons nous étendre davantage sur ces termes conventionnels à propos du Genre Chama. CHAMA (L.), Briig., 1789. Coquille orbiculaire, souvent déformée par son habitat, avec une valve fixée et très profonde et une valve libre oper- culaire; crochets spiraux, latéralement déprimés; ornemen- tation composée de lamelles feuilletées ou dentelées, souvent armées de barbelures aiguës ou de festons plissés; certaines formes sont différemment ornées sur chaque valve. Les espèces dites « normales » sont celles dont la valve « est la droite, celles dites « inverses » sont celles dont la valve /3 est la droite ; les crochets -- .^'^ ^^-^ -'^ D étant constam- ment prosogy- res, et le liga- ment étant in- variablement du côté postérieur, il est toujours facile d'orienter les valves en tenant compte de la surface d'adhérence. Con- PiG. 99. — Chama gryphoides Lin. (normale). Viv. (1) Il y a lieu de remarquer que Goossensia a une charnière de Carditidœ, les crochets non enroulés et que les valves ne sont jamais fixées : c'est un Genre éocé- nique; Echinochama apparaît dans l'Aquilanien des Antilles et vit encore dans l'Atlantique américain. — 152 servant les notations impaires pour les dents de la valve droite, paires pour celle de la valve gauche, la charnière est alors désignée ainsi qu'il suit. Norm. Inv. Valve libre « 3«, 3,„ P I 2^, 2b, P II Valve fixée jS 2, 4i, 1 (qq. fois P I) M. Dali indique en outre des traces de l'existence de A I, mais nous ne l'avons jamais cons- tatée (G. -T. : Chama lazarus Lin. Viv.). Parmi les espèces actuelles, il n'y en a que le quart — d'après Fischer — qui soient inverses; c'est à peu près la même proportion dans le Néogène de l'Aqui- taine. Les quinze espèces cataloguées dans l'Eocène du Bassin de Paris sont normales, sans aucune exception ; quant à celles de la Craie supérieure, il nous est impossible de fournir aucun renseignement. En résumé, il semble que lïnversion des valves est plutôt un critérium récent; Fischer cite même une espèce actuelle (C. pulchella Reeve) qui est indifféremment fixée par la valve gauche ou par la valve droite. FiG. 100. . — Clicima qquitanica Benoist (inverse). Mioc. 244. Chama gryphoides Linné. PI. XXIV, fig. 14-15. 1767. C. gryphoides (Gualt ) L. Syst. nat., éd. XII, p. 1139. 1814. — Brocchi. Conch. sub., II, p. 518. 1819. C. echmulata Lamk. Hist. nat. An. s. vert., VI, p. 97. 1873, — Benoist. Cat. Saucats, p. 48, n° 119. 1899. C. gryphoides Sacco. I. Moll. terz. Piem., XXVII, p. 61; pi. XIII, fis. 1-4. Nous rapportons à l'espèce linnéenne s. stricto une valve libre de Sau- brigues qui en a bien l'ornementation et les impressions musculaires symétriques avec de fines crénclures sur les bords; la dent PI est extrê- mement peu marquée, très voisine de 3& ; la fossette — destinée à rece- voir 2 — se réduit à une faible excavation sur la paroi inclinée de 3a à 3 ^, — d53 — elle porte des aspérités pustuleuses plutât que de véritables créne- lures (1). Localités. — Saubrigues, valve libre (PI. XXIV, fîg. 14-15), coll. Dumas. — Tortoiiien. Saucats (La Sime), fide Benoist. — Hel'vétîen. 245. Chama gryphoides Linné; var. mioasperella Sacco. PI. XXIV, %. 6-9. 1899. Sacco. I Moll. terz. Piem,, XXVII, p. 62, pi. XIII, fig. 5. Valves normales ou dextrorses. Test peu épais. Taille rela- tivement petite; valve « droite ou libre, orbiculaire, aplatie, à crochet contourné presque sans saillie, ornée de lamelles tuyautées et très serrées qui présentent une certaine régula- rité; valve /3, gauche ou fixée, creuse avec une surface d'adhé- rence peu étendue, ornée comme la valve «. Charnière assez étroite : 3^ réunie à 3;, par une mince arête dont la face inférieure et crénelée constitue une fossette pres- que sans rebord; P I peu saillante et très rapprochée de 3^; 2 peu épaisse denticulée sur la face supérieure; 4;, peu dis- tincte de la nymphe; rainure ligamentaire étroite. Impressions musculaires ridées ou cariées, l'antérieure plus longue et plus étroite que la postérieure, réunies par une ligne palléale obtusément frangée; bords des valves finement crénelés par la structure prismatique du test. DiM. Diamètre atteignant rarement la taille de 30 mill. Rapp. et diff. — Autant qu'on peut en juger par les figures de la Monographie de M. Sacco, la variété mioasperella se distingue de la forme typique de C. gryphoides par la finesse et la régularité plus grandes de son ornementation. Nous avons comparé la charnière et les impres- sions musculaires et nous y avons constaté quelques différences, d'ailleurs très légères : sont elles-mêmes absolument constantes? Nous n'oserions l'affirmer. En tous cas, cette variété diffère beaucoup de C. prsegryphoides, comme on le verra ci-après. (1) Nous signalons, sans la décrire ni la figurer, une grande valve x, de 8 cent, de diamètre, provenant de Glermont (Landes), coll. Degrange-Touzin. Elle est malheu- reusement trop fruste pour être caractérisée. — 154 — Localités. — Saucats (le Peloua), plésiotypes (PI. XXIV, fig. 6-9), coll. Cossmann; coll. de Sacy; Mérignac (Baour), coll. Peyrot. — Bnrdi- galien. Salles (Min Débat), beau spécimen valve, coll. Benoist; Peyrère, coll. Raulin, coll. Degrange-Touzin; Salies-de-Béarn, Parleboscq (la Gui- rande), Rimbès, Salles, St-Elienne-d'Orthe, coll. Degrange-Touzin. — Helvétieii. 246. Chama Benoisti nov. sp. PI. XXIV, fig. 10-13. 1825. C. (ji'ypholdes Bast. Env. Bord., p. 81 (ex parte, non L.). 1838. — Grat. Cal. Gir , p. 62, no 677. 1847. C. asperella Miclielotti. Desc. foss. Mioc, p. 95 (ex parte, non Lk.). 1852. — d'Orb. Prod., III, p. 186, 26 et., n" 400. 1862. C. gnjphoides Hœrn. Tert. Beck. Wien, II. p. 210, pi. XXXI, fig. 1 a-f. 1873. C. Brocchii Benoist. Cat. Saucats, p. 47, no 117. ^IBSi. C. (jryphoides\ar. garrnella de Greg. Studi conch. médit., p. 206. ?1899. C. garrnella Sacco. I Moll terz Piem., XXVII, p. 63, pi. XIII, tig. 17-16. Valves normales ou dextrorses. Test très épais. Taille assez grande; valve « droite ou libre, médiocrement convexe, arron- die, inéquilatérale, à crochet aplati et enroulé, ornée de lamelles courtes, irrégulières et serrées, faiblement festonnées; valve p ou fixée, très convexe, généralement carénée sur le contour de la surface d'adhérence, à crochet prosogyre parfois très enroulé, ornée de lamelles un peu plus écartées que celles de l'autre valve et obtusément plissées. Charnière puissante : 3a allongée, parallèle au bord; 3/, courte et plus saillante, faisant un angle d'environ 100° avec 3a; leur face inférieure est déchiquetée par des rainures perpen- diculaires et irrégulières; P I minuscule et rapprochée; 2 très épaisse, formant le contour inférieur du plateau cardinal, munie d'aspérités peu saillantes sur sa face supérieure; 4/, mince et allongée contre la profonde et large rainure du ligament. Impressions musculaires ovales ou allongées, très profondément gravées dans le test, réunies par une ligne pal- léale parallèle au bord non crénelé, et assez écartée. — 155 — DiM. Diamètre anléro-postérieur : 55 milL; diamètre iim- bono-palléal : 60 mill.; épaisseur des deux valves réunies : 35 mill. Rapp. et diff . — Le principal critérium dislinctif, indiqué par Benoist, est l'absence — sur les bords des valves — des crénehires qui caracté- risent C. gryphoides; en outre, cette dernière espèce a les valves ornées de tubulures sur le bord libre des lamelles, tandis que l'espèce burdigalienne a des lamelles plus ou moins plissées. Toutefois Benoist a commis une erreur — qu'a rectifiée M. Sacco — en assimilant le fossile du Bordelais avec C. Brocchii Desh., de l'expédition de Morée; celte dernière se ratla- che à C. placentina, et M. Sacco n'en fait même qu'une variété de l'espèce pliocénique, remarquable par ses grosses digilations tubulées, formant — sur les deux valves — de véritables côtes rayonnantes qui alternent de grosseur. M. Sacco a aussi distingué une variété perfoliosa de C. gry- phoides, qui se distingue de la forme typique par sa grande taille et par ses lamelles écartées, non tubulées; nous n'avons pu vérifier si cette variété porte les crénelures caractéristiques de l'espèce linnéenne. En tous cas, les grandes valves du Bassin de Vienne, figurées par Hœrnes, en sont dépourvues. Nous ne croyons pas qu'on puisse reprendre le nom garmella qui s'appli- que à une forme insuffisamment désignée par l'auteur. Localités. — Saucats (le Peloua), plésiotypes (PI. XXIV, fig. 10-13), coll. Bial-Neuville ; coll. Degrange-Touzin, coll. de Sacy; Cestas, coll. Cossmann. Dax (St-Paul), coll. Cossmann, Degrange-Touzin. — Bur- dîgalien. 247. Chama praegryphoides tiov. mut. PL XXIV, fig. 48-22. Valves normales ou dextrorses. Test épais. Taille moyenne; valve « droite ou libre, un peu bombée, ovale arrondie en hauteur, inéquilatérale, à crochet non gonflé, prosogyre, enroulé bien au-delà de la charnière ; ornée — à partir du dia- mètre d'un centimètre — de lamelles irrégulières dont les bords libres sont grossièrement plissés et même tubulés, vers les extrémités, par des expansions foliacées et finement striées qui dépassent la commissure palléale; la région du crochet ne porte que des lamelles courtes et régulières; valve p gau- — 156 — che ou fixée, assez profonde, non carénée, à crochet enroulé et gonflé autour de l'excavation de la surface d'adhérence; ornementation semblable à celle de la valve «, mais obtuse vers le crochet au lieu de lamelles régulières. Charnière saillante sur la valve «, creuse sur la valve /3 : 3a très épaisse, se prolongeant longuement jusqu'à 3f, qui est rudimentaire et qui limite obliquement la fossette crénelée; P I pointue et bien visible à quelque distance en arrière ; 2 épaisse et confondue avec le rebord inférieur du plateau cardinal, irrégulièrement crénelée sur sa face supérieure; 4;, longue et séparée de la nymphe qui borde une rainure liga- mentaire large et profonde. Impressions musculaires cor- rodées, la postérieure un peu plus allongée que l'antérieure, réunies par une ligne palléalle,bien marquée et éloignée du bord lisse; un pli interne et émoussé, mais visible sur les deux valves, rayonne en courbe du fond de la cavité umbo- nale, il limite exactement l'adducteur postérieur et aboutit à 45° environ au bord des valves. DiM. Diamètres mesurés sur jS : 50 mill. ; épaisseur des deux valves réunies : 37 mill. Rapp. et diff. — Il est impossible de confondre cette coquille avec C. Benoisti qui est toujours carénée sur la valve /3, et dont l'ornementation est beaucoup moins saillante sur les deux valves. D'autre part, après une même comparaison de notre mutation aquitanienne avec de bons spéci- mens fossiles de C. gryphoides de l'Astien et du Messinien de Vaucluse (coll. Cossmann), nous n'avons pu nous décider à l'y réunir : en effet C. prœgnjphoides se dislingue invariablement par sa dent P I beaucoup plus saillante, par l'absence complète de crénelures sur la commissure des valves, et surtout par le pli interne et saillant qui isole l'adducteur postérieur; ce dernier est relativement plus allongé que chez C. gry- phoides; enfin l'ornementation semble plus grossière, moins régulière, quoiqu'il ne faille pas attacher une importance excessive à ce critérium. En résumé, C. gryphoides ne paraît pas descendre aussi bas, dans le Mio- cène, qu'on le pensait jusqu'ici, et les citations qui en ont été faites repo- sent évidemment sur une comparaison insuffisamment minutieuse des matériaux récoltés dans l'Aquitanien et le Burdigalien. Localités. — Bazas (Marivot), un spécimen valve (PI. XXIV, fîg. 16- 22), coll. de Sacy; Mérignac, coll. Cossmann, Benoist, Degrange-Touzin, — 157 — de Sacy, Peyrot; Léognan (le Thil), coll. de Sacy; St-Avit, coll. Degrange- Touzin. — Aqnitaiiieii. Dax (Mandillot). — Burdigalien. 248. Chama Degrangei nov. sp. PI. XXIV, fig. 16-17 et 26. Valves normales ou dextrorses. Test médiocrement épais. Taille assez petite; forme siibrhomboïdale, plus haute que large; valve gauche, seule connue, un peu creuse, ornée de quelques lamelles écartées, foliacées par places et surtout sur la région anale qui est limité par un angle rayonnant en courbe et crénelé, assez voisin du contour postérieur. Char- nière un peu épaisse : 2 Iriédrique, inclinée, encadrée de deux fossettes sous le crochet qui est peu contourné et peu sail- lant; nymphe large et plate, sur laquelle se détache une arête proéminente; PII très peu visible. Impressions musculaires allongées; celle de Tadducteur postérieur est enclavée par une saillie rayonnante à l'intérieur de la valve, et correspondant au pli externe; impression palléale peu écartée du bord lisse. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 10 milL; diamètre umbono- palléal : 12 mill. Rapp. et diff. — L'ornementation de cette coquille la distingue, à première vue, de toutes celles que nous venons de cataloguer dans l'Aqui- taine; les lames largement écartées qui ornent sa surface externe ressem- blent plutôL à celles qu'on observe chez les formes éocéniques. Aussi cette similitude nous décide à corclure que les deux valves gauches que nous connaissons sont normales c'est-à-dire fixées; la surface d'adhérence est, dans ce cas, très étendue, sur toute la région dorsale et jusqu'à l'arête postérieure. Localité. — Saucats (Peloua), cotypes (PI. XXIV, fig. 16-17 et 26), coll. Degrange-Touzin. — Burdigalien. 249. Chama gryphina Lamk. PL XXIV, fig. 23-25. 1814. Chama sinistror sa Brocchi. Concli , subap , II, p. 519 (non Brug.). 1819. C. gryphina Lamk. Hist. nat. An. s vert , VI, p. 97. 1838. — Goldf. Petr. Germ., II, p. 205, pi. CXXXVIII, fig. 9. — 158 — 1852. C. grypHlna d'Orb. Prod., III, p. 126, 26e et. no 2402. 1862. — Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 212, pi. XXXI, fig. 2. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 48, n" 118. 1899. — Sacco. I Moll. terz. Piera., XXVII, p. 66, pi. XIV, fig. 8-10. Valves inverses ou sinistrorses, Test épais. Taille assez grande; valve /3 droite ou fixée, très profonde, très haute, carénée sur le dos, avec une surface d'adhérence qui s'étend généralement sur toute la face antérieure que limite la carène dorsale; crochet très saillant, enroulé dans le plan de la sur- face d'adhérence, comme chez Exogyrci] ornementation for- mée de plis lamelleux et rarement festonnés qui deviennent saillants sur la carène dorsale; valve « gauche ou libre, très aplatie et très finement marquée; charnière épaisse et large en hauteur : 1 triédrique et granuleuse, au bord d'une large et profonde fossette, également garnie de granulations, jus- qu'à la nymphe que sépare une étroite et profonde rainure ligamentaire; à l'extrémité de cette rainure, au-dessus du muscle adducteur postérieur, on distingue une courte lamelle iP I contiguë à la fossette qui est destinée à loger P II ; 2a peu saillante, se reliant à 2h qui est bien plus saillante et plus épaisse que la branche antérieure; à l'extrémité de la nym- phe, P II fait une petite saillie bien visible. Impressions mus- culaires allongées, inégales, l'antérieure descendant plus bas que l'autre; impression palléale écartée du bord qui est fine- ment crénelé, sauf sur la région anale. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 40 mill.; Diamètre umbono- palléal : 60 mill.; épaisseur de la valve jS : 33 mill. Rapp. et diff . — Certains auteurs ont émis l'opinion que cette espèce n'est que la forme sénestre de C. gryphoides ; il faut avoir négligé complè- tement d'observer la charnière pour écrire une telle inexactitude : la présence de PI, la grosseur de 2b sont des caractères différentiels qui justifient l'établissement dune espèce bien distincte; d'ailleurs Texpli- cation ne peut se soutenir, pour peu qu'on ait étudié la constitution des valves des Rudistes dont se rapprochent les Chamacea. On remarque d'autre part que les crénelures sont toujours effacées, chez C. gryphina, — 159 — sur une partie très appréciable du bord palléal, ce qui n'a pas lieu chez C. gryphoides. M. Sacco y a distingué deux variétés taurolunata Sacco, inversa Bronn, d'après des spécimens très frustes dont nous n'apercevons guère les critériums distinctifs; cependant il nous semble que notre individu excep- tionnellement exogyroïde de Saucats, a beaucoup d'analogie avec la var. taurolunata, tandis que les spécimens du Béarn ressemblent davantage à la forme typique. Localités. — Saucats (Pont-Pourquey), plésiotypes exogyroïdes (PI. XXIV, fig. 23-25), coll. Bial-Neuville; Léognan (le Thil supr), Saucats (le Peloua), coll. Degrange-Touzin; Mérignac (Baour sup'"), coll. Peyrot. — Burdîgalien. Saucats (la Sime), d'après Benoist; Orthez (le Paren), Salies-de-Béarn, coll. Degrange-Touzin. — Helvétieii. 250. Chama aquitanica Benoist. PL XXIV, fig. 1-5 1889. C. aquitanica Ben. Excurs. Villandraut, p. IX {nom. nud.). Valves inverses ou sinistrorses. Test assez épais. Taille moyenne; forme subtrigone ou transverse; valve p droite ou fixée, très convexe, à crochet bicaréné et très fortement enroulé, dont la pointe est masquée sous la surface d'adhé- rence qui ne s'étend que rarement jusqu'au bord palléal; ornementation finement muriquée vers les bords, plus gros sièrement festonnée avec de fines stries radiales sur les fes- tons, dans toute la région dorsale; la carène est généralement marquée par des lamelles relevées et saillantes; valve « gau- che ou libre, peu convexe, finement ornée en avant et au milieu, avec des plis et festons plus grossiers sur la région anale. Charnière inclinée et excentrée : 1 courte, épaisse, cariée sur ses deux faces^ contiguë à une large fossette qui est aussi granulée; sillon ligamentaire large et incurvé; en arrière, contre la petite fossette destinée à loger P II, est une petite protubérance représentant P I rudimentaire; 2a et 2b formant une arête peu arquée et garnie d'aspérités granuleuses sur sa face inférieure; PII très saillante et très écartée, en arrière de la nymphe. Impressions musculaires bien gravées, fran- gées, l'antérieure étroite et longue, la postérieure un peu plus — 160 — courte et plus large, réunies par une ligne palléale qui n'est pas complètement parallèle au bord; celui-ci est garni de fines crénelures qui sont visibles jusque vers le bord cardinal, mais qui ont une tendance à s'effacer à l'aplomb de l'adduc- teur postérieur. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 40 mill.; diamètre umbono- palléal : 35 mill.; épaisseur des deux valves réunies : 30 mill. Rapp. et diff. — Très abondante et admirablement conservée dans le gisement de Gamachot, cette espèce à un faciès particulier qui explique et justifie la séparation d'une mutation distincte de C. gryphina Lk. ; Benoist en avait été frappé et avait appelé l'attention de l'un de nous en lui remettant des valves opposées que nous faisons figurer; nous adoptons donc le nom que notre regretté confrère se proposait de leur attribuer et qu'il a même publié sans description. C. aqiàtanica se distingue de C. gryphina Lk., plutôt par sa forme moins haute, plus transverse et habituellement triangulaire, que par son orne- mentation qui reproduit à peu près celle des spécimens de l'Astien figu- rés par M. Sacco sous le nom de l'espèce lamarckienne {loc. cit., PI. XIV, fig. iOa-i-Oh) et aussi celle des C. gryphina de 1 Helvétien de la Touraine (coll. Peyrot); les charnières de ces spécimens sont trop frustes pour qu'on puisse les comparer à celles d-e notre mutation aquitanienne ; cepen- dant, en rapprochant C. aqintanica de C. gryphina de la Touraine et du Béarn, on constate chez ces dernières provenances que la saillie de PI est plus forte, en outre le crochet est presque toujours mieux dégagé chez l'espèce lamarckienne, ce qui lui donne le faciès d'un Pycnodonta ou d'un Exogyra; enfin 2b est beaucoup plus épaisse chez C. gryphina, et le côté antérieur beaucoup plus étroit. Localités. — Villandraut (Gamachot), types recueillis par Benoist (PL XXIV, iig. 1-5), coll. Cossmann; toutes les coll. Le Thil, coll. de Sacy, Degrauge-Touzin; Uzeste, St Avit, LeHaillan, La Brède (Lassalle), coll. Degrange-Touzin. Mérignac (Baour), coll. Duvergier. — Aquî- taiiien. Cénacle : ERYCINAGEA Fischer, 1887. (= Leptonacea Dali, 1900 « superfamily ») Coquille équivalve, de petite taille, mince, libre; charnière très variable avec ou sans dents; une cavité interne du carti- lage, et généralement un ligament externe; ligne palléale entière. — 161 — Qu'on donne à ce groupe de Familles la valeur d"un Sous-Ordre, comme l'a fait Fischer, d'une Superfamille comme l'a proposé M. Dali, ou d'un Cénacle suivant notre définition, dès l'instant qu'on y comprend à peu près les mêmes formes, il faut évidemment reprendre le nom le plus ancien, et il n'y a aucun motif pour substituer Leptonacea à Erycinacea. La diagnose ci-dessus est assez vague, et M. Dali a été aussi embar- rassé pour en fournir une, à part le caractère commun de parasitisme ou de commensalisme qu'il a signalé pour la plupart de ces petits Pélécy- podcs ; cependant on n'éprouve aucune hésitation pour les grouper ensemble à cause de leur charnière généralement échancrée — à peu d'exceptions près — pour le logement d'une fossette dans laquelle s'insère un carti- lage; en réalité, le ligament est interne comme l'a observé Félix Bernard dans ses recherches morphologiques (l'"«Note, p. 136) qu'il n'a malheu- reusement poursuivies en détail que sur un seul type {Lasœa rubra); il n'est manifestement et exclusivement externe que chez quelques coquilles qui pourraient aussi bien être rattachées au Lucinacea, sauf par leurs bran- chies, et qui constituent une Famille à part presque in'ermédiaire, comme on le verra ci-après. Pour la division de ce Cénacle en Familles rationnellement délimitées, nous pensons qu'il faut partir d'un type primitif, dans lequel la charnière serait absolument et théoriquement au complet, puis trancher les cou- pures familiales en tenant compte de la disparition successive des prin- cipaux éléments de cette charnière ; on réserverait comme critériums génériques, dans chaque Famille, l'atrophie ou la disparition des éléments secondaires, ou encore la combinaison variée de ces éléments. Or le type le plus complet est celui qui comprendrait : AI et A m — 3a, 1, 3/, — PI et P III — E (1) AU — 2, 4/, — PII - E Il n'y a jamais un emboîtement complètement « hélérodonte » des dents cardinales entre elles : 1 vient simplement butter contre 2 qui n'a jamais qu'une branche antérieure, et la seconde est remplacée par une dent que Félix Bernard, se fondant sur des considérations morphologiques, a nommée kh dans le texte (2b sur la fîg 20, p. 137); il est probable que les clichés étaient déjà antérieurement faits quand cet auteur a rédigé le texte, et que c'est ce dernier qui est exact. En tous cas, la Famille qui se rapproche le plus de cette formule est celle des EIrycinid^ chez laquelle on peut observer des lamelles latérales anté- rieures et postérieures, bien développées, mais où les dents cardinales ne sont pas absolument constantes et s'atrophient même partiellement. Le type Lasœa est intermédiaire entre cette Famille et la suivante : les (1) Echancrure de la fossette du cartilage ou résilium (sec. Dali). — 162 — dents cardinales s'allongent tellement en avant qu'on peut tout aussi bien les noter comme lamelles latérales; nous en concluons que c'est une Famille distincte Las^eid^ Gray, non représentée d'ailleurs dans le Néo- gène de l'Aquitaine, attendu que les coquilles précédemment rapportées au Genre Lasœa sont en réalité des Scintilla (=: Spaniorinus) . Dans la Famille Kellyid.e, les lamelles latérales antérieures sont totale- ment absentes, il y a une certaine uniformité quant aux autres dents et lamelles, mais c'est surtout l'échancrure ligamentaire qui varie graduelle- ment et dont les modifications permettent de séparer des Sous-Genres assez bien définis. On passe ensuite à la Famille Scintillid^ qui est caractérisée par l'ab- sence complète de lamelles latérales, les dents cardinales se réduisant parfois à une sur chaque valve, avec une simple juxtaposition, ce qui a motivé beaucoup de confusion de la part de certains auteurs qui ont rapproché de Scintilla des Genres tels que Basterotia. Anisodonta, Fulcrella appartenant à un Sous-Ordre absolument différent ^juisqu'il n'ont pas de plateau cardinal et que d'ailleurs leur ligament externe ne comporte pas de fossette interne. Pour terminer l'histoire de ce Cénacle, il reste à énumérer trois Familles plu» douteuses : Galeommatid.î:, Kellyellid.e et Sportellid.e, cette der- nière surtout plutôt voisine de Corbis et par conséquent des Lucinacea : la prédominance du ligament externe sur le résilium interne qui s'atrophie (Sportella), la disparition des lamelles latérales comme chez Scintilla, jus- tifient amplement la séparation de ces trois groupes qui ne se rattachent au Cénacle Erycinacea que — pour ainsi dire — par l'impossibilité où l'on se trouve actuellement de les placer ailleurs. Aussi considérons-nous leur classement systématique comme essentiellement provisoire. De ces sept Familles, six sont représentées dans le Néogène de l'Aqui- taine qui n'a pas fourni encore de Lasxidœ; mais elles n'occupaient pas exactement cet emplacement dans le tableau général des Pélécypodes que nous avons publié au début de cette Monographie et qui sera — par suite — à rectifier en conséquence par nos lecteurs. Nous avions d'ailleurs fait pré- voir que des changements interviendraient au fur et à mesure que de nou- veaux matériaux nous mettraient en mesure d'élucider les points restés encore obscurs. Or aucun Cénacle n'est peut-être d'une étude aussi ardue que les Erycinacea : la petitesse, la fragilité et aussi la rareté de la plupart des formes qui s'y rattachent créent au paléontologiste les plus sérieuses difficultés; ainsi que l'a fait remarquer M. Dali — qui a considérablement contribué (1) à jeter la clarté dans ce chaos — « la dentition est fréquem- ment développée d'une manière indistincte ou presque amorphe, ce qui (1) Tert. Flor., part. V, p. 11-15 (1900). — 163 — rend très difficile l'homologie des différents éléments de la charnière... » Ajoutons à cette remarque que la position — le plus souvent cachée — de la fossette du cartilage ou résilium est une cause d'erreur dont il faut se défier, et qu'on est obligé pour la définir de faire osciller les valves sous la loupe ou sous Tobjectif du microscope, de sorte que l'aspect de la cavité umbonale varie suivant l'inclinaison qu'on leur fait prendre ; par conséquent les dessins grossis qu'on peut en donner ne se ressemblent guère suivant qu'ils représentent la coquille dans l'une ou dans l'autre de ces positions. On conçoit donc que nous nous soyons longuement étendus sur ces consi- dérations préliminaires. ERYCINIDjE Desh. 1857. (= Leptonidx Dali, 1899). Forme généralement inéquilatérale, le côté antérieur étant le plus long; crochets prosogyres, généralement calyculés; bord cardinal échancré ou interrompu sous le crochet et en arrière pour le logement d'une fossette oblique qui contient cartilage ou résilium ; lamelles latérales de chaque côté sur les deux valves, souvent doubles sur la valve droite, et géné- ralement plus faibles sur la valve gauche; dents cardinales 1 et 2 plus ou moins développées, 4^, non constante; aucune apparence de ligament externe. La priorité de laiiénomination Enjcinidse est évidente, d'autant plus que la composition de la Fam. Leptonidse est sensiblement la même. D'autre part, MM. Bucquuy, Dollfus, Daulzenberg ont substitué à Erycinidœ la dénomination Lasœidss Gray (em. Lasiadae, 1840) qui serait en effet la plus ancienne; mais elle s'applique essentiellement au type Lasœa qui, pour nous, représente une Famille nettement distincte par sa charnière, ainsi que nous l'avons déjà signalé ci-dessus, à propos du Cénacle Enjcinacea. Le critérium le plus sûr pour la division de cette F'amille en Genres consiste : d'une part, dans la présence, l'atrophie ou l'absence complète de 1 et même de 2; d'autre part, dans l'écarlement ou le rapprochement des lamelles latérales, principalement les postérieures. Ces bases étant admises, nous distinguons par suite les quatre Genres Erycina, Lepton, Rochefortia, Montacuta; encore ce dernier a-t-il été inter- prété par Félix Bernard comme ayant les lamelles antérieures assimi- lables à de véritables dents cardinales qui se seraient fortement allongées en avant; mais, comme Montacuta se rattache intimement à Rochefortia^ nous l'admettons plutôt dans la Famille Erycinidœ que dans la Fam. Kcl- Tome LXV. H — 164 — lyldœ. Tous les quatre ont été trouvés ensemble dans nos terrains de l'Aquitaine. ERYCINA Lamk. 1804. Coquille ovale-transverse, inéquilatérale, à crochets proso- sogyres, situés en arrière de la ligne médianfi; surface lisse ou faiblement striée; 1, 2, A I et P II, P I et P II constantes, celles de la valve droite plus ou moins écartées, tantôt sim- ples, tantôt doubles, et celles de la valve gauche parfois très obsolètes. En procédant par voie d'élimination parmi les éléments hétérogènes que Lamarck a primitivement compris sous ce nom générique, il reste E. pellucida Lamk., coquille du Lutécien que tous les auteurs ont admise comme génotype à'Erycuia. Mais on a désigné aussi sous ce nom géné- rique de nombreuses formes diverses dans lesquelles il nous paraît indis- pensable de distinguer des Sous-Genres bien caractérisés Erycina s. str. — Echancrure ligamentaire longuement ouverte en arrière du crochet; 1 bien formée, recourbée et se reliant à son extrémité avec le bord antérieur; A I et P I longues, sim- ples, inéquidistantes; 2 et 4^ bien séparées; A II et P II peu proé- minentes, parfois réduites à une saillie indistincte du bord supérieur Fig. loi. — Erydna pellucida (G.-T. : £'./>e//?-^ tre cardinales bien f" '■ ^ " ^i pj formées ' imnres- ^''^^- ^^^- — Kellya suhorbicularis Mont. Viv. sions musculaires petites, arrondies (G. -T. : Mya suhorbicularis Montg. Viv.). Caractérisé par sa charnière répondant à la formule complète ci-dessus, ce groupe apparaît dès la base de l'Eocène et semble représenté à tous les niveaux du Tertiaire, jusqu'à l'époque actuelle. A côté de cette forme typique, nous dislinguons les subdivisions suivantes : S. -G. Bornia Philippi (1836). — Echancrure ligamentaire étroite et triangulaire sous le crochet; 3a imperceptible, en avant de la fossette destinée à loger 2 ; Q ^^^^^^^^^ ^.^^^^^^^ I> 4t presque complète- tr^ ^ ^\ rv ment atrophiée : P I Fig. 109. — Bomia Sebetia GosLa. Viv. très rapprochée de 1, presque symétrique de l'autre côté de l'échancrure (G. -T. : Erycina corbuloides Bivona = Cyclas Sebetia Costa. Viv.). On distingue facilement Bornia de Kellya par le rétrécissement de l'échancrure et la petitesse de 3a, surtout de 4b qui disparait presque complètement, enfin par le rapprochement de PI et PIII. Ce sont là des différences qui justifient la séparation d'un S. -Genre, mais non pas d'un Genre distinct, comme l'a fait M. Dali. On remarquera que le génotype — résultant de l'élimination des nombreuses formes que Philippi réunissait sous le nom Bornia — est en réalité B. Sebetia, antérieur de sept ans à la publication de B. corbuloides (MoU. Rouss., II, p. 236). Il nous semble douteux que Bornia ait réellement existé avant l'Aqui- tanien; une révision des charnières des espèces de Kellya, dans l'Eocène parisien, pourrait seule élucider la question. En tous cas, ce Sous-Genre est bien représenté dans l'Aquitanien et le Burdigalien de notre région, — 189 -^ Nous mentionnons seulement ici la Section Ceratobornia Dali (1900) qui parait différer principalement par des caractères anatomiques. S. -G. Planikellya Cossm. 1887. — Forme déprimée, sub- trig-one; charnière plate, à peine échancrée en arrière du crochet, de sorte que la fossette du résilium interne est cons- tituée par un plancher triangulaire, à peine (v arrondi sur son contour inférieur, et que son niveau est à peu près le même que celui du reste du plateau cardinal; 1, 3„, 2, 4»,, la seconde et la dernière peu développées; lya radiolata Lk. P 1, P II, P III assez saillantes, les deux premières limitant obliquement la fossette, du côté postérieur; surface externe souvent ondulée par des plis rayonnants qui festonnent les bords (G. -T. : Erycina radiolata Lamk. Eoc). C'est à tort que M. Dali (/. c, p. 1140) a classé ce Sous-Genre comme Section de Lepton, confondant évidemment les cardinales 1 et 2 avec des lamelles latérales antérieui es : il n'y en a pas plus que chez Bornia ou Kellya; la preuve bien certaine que ce sont des cardinales, c'est qu'elles sont l'une précédée par 3a, l'autre suivie par 4^, très réduites il est vrai, mais bien visibles et complétant l'emboîtement. Planikellya se distingue d'ailleurs de ses congénères — et particu- lièrement de Bornia qui a presque la même formule cardinale — par l'obturation de l'échancrure subumbonale, la fossette du résilium ne diffère presque pas de la surface du reste du plateau cardinal : ce caractère frappe immédiatement les yeux et c'est lui qui a motivé le choix du nom Plani- kellya, beaucoup plus que la forme aplatie des valves qu'on retrouve chez d'autres Kellya s. str., ainsi que l'ornementation rayonnante. Ce groupe est abondamment représenté dès la base de l'Eocène; il tra- verse l'Oligocène et se perpétue dans l'Aquitanien; on n'en a pas encore signalé dans le Burdigalien ni dans l'Helvétien de l'Aquitaine; mais nous pouvons indiquer que Bornia complanata Phil. est un Planikellya bien avéré : en envoyant à l'un de nous (coll. Cossmann) des valves de cette espèce méditerranéenne, M. le marquis de Monterosato a d'ailleurs très judicieusement fait remarquer son analogie extérieure avec Kellya solidula du Lutécien, qui est effectivement vih Planikellya; l'examen de la char- nière confirme ce diagnostic. Sect Lasseokellya nov. Sect. Cossm. (1911). — Forme — 190 — orbiciilaire, peu convexe, subéquilatérale , extérieurement striée par des accroissements lamelleux vers les bords; char- nière peu échancrée sous le crochet, avec une fossette interne pour le résilium, s'étendant obliquement q contre PI; pas de lamelle PIII; 1 épaisse et coudée en avant, s'étendant sous le -, T 1 1 p 1) M FiG. 111. — Lasseokellya bord cardinal sous la torme d une crête cestase)ms Cossm. et comparable à celle observée par Félix ^^^' Bernard chez Lasœa. Impressions musculaires inégales; Valve gauche inconnue jusqu'à présent (G. -T. : L. cestasensis n. sp. Mioc). L'unique valve qui nous a servi de génotype pour cette Section ne paraît pas altérée par un encroûtement accidentel; nous l'aurions rapprochée de Lassea, malgré l'absence de PHI et de 3a, à cause de sa fossette liga- mentaire oblique, si son échancrure ne se réduisait à une courbe à peine arquée, comme chez Planikellya. C'est pourquoi nous nous décidons à classer provisoirement Lasœokellya comme Section de Kellya dont elle diffère par la disparition de 3a et de P III, ainsi que par la crête prolon- geant 1 et par sa fossette obliquement linéaire sous P I, mais dont elle se rapproche, non seulement par son échancrure superficielle, et encore par sa forme peu convexe, non inéquilatérale comme Lassea ruhra. Cette coquille ambiguë — qui ne sera mieux définie que quand on en connaîtra la valve gauche — n"a encore été trouvée que dans le Burdi- galien de la Gironde. S. -G. Divarikellya Gossmann (1887). — Forme oblique et arrondie, à côté antérieur plus court, à surface interne rayon- née par des plis saillants, tandis que la surface dorsale est brillante ; charnière de Kellya Ion- ^ guement échancrée en arrière du crochet; parfois une petite protubé- pio. 112. - Divarikellya nitida rance 3^ se montre sous le crochet. Caillât. Eoc. mais il se peut qu'elle soit accidentelle; impressions muscu- laires ovales, situées assez haut (G. -T. : Erijcina nitida Caillât. Foss. éoc). Ce Sous-Genre s'écarte de Kellya, non seulement par l'ornementation de sa surface interne, mais encore par l'atrophie presque complète de — 191 - 3a et de 4b, comme chez Bûrnia; mais l'échancrure est largement allongée comme chez Kellya s. str. Nous n'attachons qu'une importance médiocre à la protubérance Sb- D'autre part, DivarikeUya ne peut se confondre avec Planikellya à cause de son ornementation rayonnante qui forme des plis à l'intérieur des valves, au lieu de dépressions ondulées sur la surface externe, surtout à cause de son plancher cardinal beaucoup plus profon- dément et plus longuement échancré en arrière. DivarikeUya parait avoir vécu seulement depuis TEocène jusqu'à l'Aqui- tanien. Pour terminer ce qui concerne le G. Kellya, nous mentionnerons sim- plement les Sections suivantes qui ne nous paraissent pas connues dans nos terrains : Mancikellya Dali (1899) dans laquelle l'auteur signale la trace de lamelles antérieures, et ce serait alors une Erycina; Kellyola Dali (1899) qui semble dénuée de lamelles latérales postérieures, et en ce cas ce ne serait pas une Kellya; enfin Anomalokellya Cossm. (1887) qui se distingua de Kellya par ta petitesse de sa fossette ligamentaire, et qui n'est certainement pas un Erycinidœ comme le propose M. Dali (/. c. p. 1142) puisqu'il n'y a pas de lamjelles antérieures chez cette coquille thanétienne (Erycina catalaunensis Cossm.). M. Dali a admis Pseudopythina Fischer (1884) comme S. -G. de Kellya, conformément à la classification proposée par l'auteur lui-même; la char- nière parait, en effet, bien semblable, quoique Fischer ait signalé l'absence de lamelles latérales postérieures; mais il est probable que les lamelles sont précisément ce qu'il dénomme « dents cardinales postérieures » à la fossette, chevauchement qui ne peut exister chez un Leptonacea. L'épi- derme de la coquille forme des rayons squameux comme chez Pythina. Enfin, Mysella Angas (1877), que Fischer a rapproché de Kellya, serait — d'après M. Dali qui a examiné les types — synonyme postérieur de Rochefortia {1876). 262. Kellya leognanensls nov. sp. PL XXV, fig. 36-37. Test peu épais. Taille petite; forme liicinoïde, élevée, assez convexe, dissymétrique et un peu inéquilatérale ; côté anté- rieur obliquement tronqué, un peu plus court que le côté postérieur qui est régulièrement arrondi et dont l'arc de cer- cle se prolonge sur le contour palléal, tandis que ce dernier se raccorde en avant avec la troncature buccale par un angle très arrondi; crochet gonflé, assez saillant, prosogyre, incliné un peu en avant de la ligne médiane; bord supérieur déclive — 192 - et peu arqué en avant du crochet, plus relevé en arrière. Surface dorsale bombée au milieu, déprimée ou même un peu excavée en avant vis-à-vis de la troncature buccale, lisse ou un peu rugueuse, quoiqu'il n'y ait que des stries d'accrois- sement très fines, et peu régulières. Charnière épaisse et courte, largement et assez profondément échancrée en courbe à l'arrière du crochet : 2 très petite et oblique, attenant au bord cardinal qui est assez largement aplati en avant; 4^ épaisse et plus longue que 2, divergente, bordant la fossette ligamentaire qui est séparée de la cavité umbonale par un petit septum entaillé en arc; P II saillante et écartée, assez longue, séparée du bord supérieur par une fossette supercielle destinée à loger P 111. Impressions musculaires bien gravées, un peu allongées, presque symétriques, situées assez haut à l'intérieur de la valve; surface interne vaguement rayonnée, plus nettement frangée contre la ligne palléale qui est un peu écartée du bord lisse et qui englobe les adducteurs au lieu d'aboutir sur leur contour inférieur. DiM. Diamètres : 4 mill. dans les deux sens. Rapp. et diff. — Cette coquille se rattache directement par sa char- nière à K. siiborbicularls, quoiqu'elle ait une forme différente; en effet 4b est, comme chez l'espèce vivante, un peu plus forte que 2, et se relie au crochet, tandis que 2 en est séparée; l'échancrure est beaucoup plus allongée et scalène que celle de Bornia, outre que les valves sont plus convexes. K. leognanensis s'écarte bien davantage de ses congénères de l'Eocène quoique sa forme élevée rappelle un peu K. œquilatcralis, du Bartonien du Ruel; mais ce dernier est plus symétrique et plus aplati, avec un crochet beaucoup moins gonflé. Localité. — Léognan (Tliibaudeau), une valve gauche (PI. XXV, fig. 36 37), coll. Degrange-Touzin. — Bnrdigalieii. 263. Kellya sallomacensis 7iov. sp. PL XXV, fig. 38-41. Test peu épais. Taille petite; forme assez plate, subtrigone, élevée, faiblement inéquilatérale, le côté postérieur étant très — 193 — peu plus court que l'autre, quoiqu'ils soient tous deux égale- ment ovales à leur extrémité inférieure; bord palléal très peu arqué, se raccordant par des courbes symétriques avec les contours latéraux; crochets peu saillants, obtus, prosogyres, situés à très peu près au milieu, mais néanmoins en arrière de la ligne médiane; bord supérieur également déclive et à peu près rectiligne de part et d'autre du crochet. Surface dor- sale peu bombée, lisse. Charnière mince, assez longuement échancrée en arrière du crochet : 1 saillante et courte, sous le crochet; 3a très petite, quoique distincte du bord antérieur; P I longue et écartée, séparée de P III par un sillon profond; échancrure ligamen- taire peu profonde, mais étendue; 2 longue, presque hori- zontale, à angle droit avec la petite protubérance de 4;,; PII écartée et bien visible contre le sillon destiné à loger P III. Impressions musculaires petites, arrondies, situées à la moitié environ de la hauteur des valves; ligne palléale parallèle au bord lisse. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 3 mill.; diamètre umbono- palléal : 2,5 mill. Rapp. et diff. — Comme nous avons pu étudier plusieurs valves oppo- sées de cette minuscule coquille, nous avons acquis la conviction qu'il s'agit d'une mutation Lien distincte de K. miocœnica, non seulement par sa forme plus aplatie et par ses crochets situés plus en arrière, mais sur- tout par les détails de la charnière qui est bien plus mince, plus ouverte par l'échancrure du ligam.ent (ce qui l'écarté encore davantage de Bornia Sebetia), et en outre par la dispositicm de la dent 2 qui est presque hori- zontale et qui est orthogonale par rapport à 4;»; enfin FI, PII et P III sont notablement plus écartées en arrière, la fossette ligamentaire étant plus allongée que chez K miocsenica. Les différences avec K. merignacensis sont les mêmes, outre que la forme de K. sallomacensis est bien plus élevée et plus déprimée encore. En définitive c'est un Kellya s. str. tandis que les coquilles précitées sont des Bornia. On peut la comparer avec K. subtriangularis Desh., du Bassin de Paris, qui est aussi trigone, peu convexe, avec un bord palléal rectiligne; mais l'espèce parisienne a les crochets situés en avant de la ligne médiane, et c'est l'inverse chez K. sallomacensis dont les lamelles latérales sont d'ailleurs plus écartées en arrière que chez K. subtriangularis. ~ 194 — . Il est singulier de constater cjue les formes de Kellya, aplaties et trian- gulaires comme dans l'Eocène, persistent encore dans la partie moyenne des terrains miocéniques, au lieu de tendre à se rapprocher de K. subor- biciilaris des mers actuelles, qui est plus bombée et plus arrondie. Nous venons de voir d'ailleurs que cette dernière forme se trouve représentée dès le Burdigalien par K. leognanensis qui n'a aucun rapport avec K. sallomacensis. Localités. — Salles (Mi» Débat), cotypes (PI. XXV, fig. 38-41), coll. Degrange-Touzin; coll. Duvergier; Salles (Largileyre), une valve droite douteuse, coll. Degrange-Touzin; trois petites valves, coll. Duvergier. Sallespisse, coll. Bial-Neuville — Helvëtien. 264. Kellya [Bornia) miocaenica Cossmann. PL XXV, %. 42-47. 1889. Lepton corbuloides Ben. Exe. Vill., P. V. S. L. B. p. IX (non Phil.) 1895. Kellya miocxnica Cossm. S. qq. f. n. Bord., p. 14, pi. V, fig. 3-.5. Test mince. Taille petite; forme un peu convexe, subtrigone vers le sommet, presque équilatérale ; côté antérieur un peu plus court et plus largement ovale que le côté postérieur qui est régulièrement arqué; bord palléal très peu convexe, quoique non complètement rectiligne, se raccordant en courbe avec les contours latéraux; crochets petits, peu saillants, prosogyres, situés un peu en avant de la ligne médiane; bord supérieur déclive en avant, plus relevé et légèrement convexe en arrière du crochet. Surface dorsale médiocrement bombée au milieu, présentant souvent un léger aplatissement vers le bord palléal, déprimée sur la région buccale, un peu moins sur la région anale; elle est lisse et brillante, avec des accroissements excessivement ténus. Charnière profondément échancrée pour le ligament, en arrière du crochet : 1 formé d'une virgule assez saillante qui borde cette échancrure et qui part de la pointe du crochet pour s'atténuer en courbe le long du contour inférieur du plateau cardinal; 3a tout à fait minuscule, séparée de 1 par une étroite fossette; PI épaisse et saillante, située immédia- tement de l'autre côté de l'échancrure ligamentaire, en face — 195 — de P III qui est beaucoup plus courte et moins proéminente; 2 formée d'un petit talon recourbé à 45°; 4^, saillante et un peu oblique sous le crochet, contre l'échancrare ligamentaire ; P II relativement écartée, longue et assez saillante, séparée du bord par la rainure qui loge P III, tandis que P 1 n'est reçue dans aucune fossette; échancrure ligamentaire profonde, séparée néanmoins de la cavité umbonale par une étroite paroi. Impressions musculaires petites, arrondies, situées très haut à l'intérieur des valves; ligne palléale entière, parallèle au bord, se raccordant avec les adducteurs par une tangente du côté du bord; la commissure des valves est lisse, mais on distingue parfois quelques ondulations festonnées vers les extrémités inférieures de la surface interne. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 6,7 mill.; diamètre umbono- palléal : 5,25 mill. Rapp. et diff. — Lorsque l'un de nous a décrit, il y a plus de quinze ans, cette jolie petite espèce, il l'a minutieusement comparée avec les spécimens vivants de la Méditerrannée, et les différences qui justifient la séparation de cette mutation bien distincte ont été énumérées en détail dans le chapitre Rapports et Différences; il est vrai que l'auteur de la description a cru devoir étendre cette séparation aux échantillons du Bassin de Vienne, d'après la seule inspection des figures de l'ouvrage de Hœrnes. Or cette assimilation a été depuis contestée par M. Dollfus et Dautzenberg (V. Kellya Sebetia Costa, Conch. Mioc. Loire, 1909, pp. 269 et 271) qui — non seulement réunissent l'espèce du Bassin de Vienne avec l'espèce vivante — mais encore considèrent celle de TAquitanien, tout au moins la valve gauche, comme très voisine de K. Sebetia (= Bornia corbu- loides Phil.); il doit d'ailleurs y avoir (p. 272) une faute d'impression, car ces auteurs — après avoir cité les figures de Hœrnes en synonymie de K. Sebetia — les indiquent ensuite comme appartenant incontestablement à jK. Geoffroyi Payr. (= Bornia complanata Phil.). Nous n'avons pas les éléments pour trancher cette question en ce qui concerne les provenances du Bassin de Vienne et de la Touraine, n'ayant pas sous les yeux d'échantillons de ces provenances. Mais nous avons de nouveau comparé notre K. miocœnica avec de bons spécimens de B. corbii- loicles, de Cannes et surtout de Palerme (coll. Cossmann, envoi de M. de Monterosato), et nous certifions que les charnières présentent des diffé- renées constantes; l'échancrure ligamentaire est plus évasée chez K. mio- cœnica dont la dent 1 est plus incurvée, et dont la lamelle PI est beaucoup Tome LXV. 13 — 196 — plus longue et plus écartée, tandis que chez B. corbuloides, cette lamelle P I est presque symétrique avec 1; il suffit d'un coup d'œil sur les char- nières pour apercevoir cette différence capitale sur la valve droite, moins sensible il est vrai sur la valve gauche, ce qui explique que MM. Dollfus et Dautzenberg se bornent à réunir la figure 3 de K. miocdenica (tantum) à K. Sebetia. En réalité, les deux valves aquitaniennes appartiennent bien à la même espèce, seulement sur la valve gauche l'écart de PII paraît réduit par la saillie de 4& qui semble empiéter sur l'échancrure ligamentaire. Nous n'insistons pas sur les différences tirées de la comparaison des formes des deux espèces; lune et l'autre sont variables, et à ce point de vue, nous avons fait figurer une valve plus transverse que le type, avec un bord palléal presque rectiligne. L'analogie de cette espèce avec K. Laubricrei Cossm., du Cuisien des environs de Paris, a déjà été signalée à la suite de la diagnose originale; mais, chez ce dernier, la lamelle PII est encore plus écartée que chez K. miocœnica, l'échancrure ligamentaire étant bien plus évasée en arrière et entaillant moins le plateau cardinal, de sorte que l'espèce éocénique n'est pas une véritable Bornia. Localités. — "Villandraut (Gamachot), types et variété transverse (PI. XXV, fig. 42-47), coll. Cossmann ; toutes les coll. La Saubotte, coll. Degrange-Touzin. — Aqnitaiiieii. 265. Kellya (Bornia) merignacensis Cossmann. PL XXV, %, 48-49. 1895. K. merignacensis Cossm. Loc. cit., p. 14, pi. V, fig. 8-9. Test fragile. Taille petite; forme assez convexe, ovale dans le sens transversal, presque équilatérale ; côté antérieur plus largement arrondi que le côté postérieur qui est plutôt ovale et atténué; bord palléal faiblement arqué, se raccordant par des courbes régulières avec les contours latéraux; crochet petit, prosogyre, quoique un peu gonflé et saillant au-dessus du bord dorsal, situé à peu près au milieu de la longueur des valves; bord supérieur à peine excavé en avant contre le cro- chet, déclive et presque rectiligne en arrière. Surface dorsale lisse, sans aucune trace de dépression médiane, un peu exca- vée dans la région de la lunule et du corselet qui, d'ailleurs, sont indistincts. — 197 — Charnière largement et obliquement échancrée en arrière des dents cardinales : 2 et 4^ minuscules, divergentes, sépa- rées par une étroite fossette; PII courte et très rapprochée, se terminant presque à l'entrée de l'échancrure ligamentaire qui n'est séparée de la cavité umbonale que par un rudiment de cloison, en arrière du crochet. Impressions des muscles et du manteau peu distinctes; surface interne non rayonnée. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 7,5 mill.; diamètre umbono- palléal : 5 mill. Rapp. et diff. — La seule comparaison des dimensions de cette coquille et de K. miocxnica indique déjà que li. merignacensis se dislingue de sa congénère du même niveau par une forme très sensiblement plus allongée dans le sens transversal, moins élevée et moins triangulaire vers le crochet qui est situé plus au milieu; mais, comme K. miocœnica est — ainsi qu'on l'a vu ci-dessus — un peu variable dans ses proportions, nous n'aurions pas maintenu la distinction antérieurement faite si la char- nière de la valve gauche, seule connue jusqu'à présent, ne présentait aussi des différences bien visibles : les dents cardinales de K. merignacensis sont plus petites, surtout 4& qui se réduit ici à une minuscule protubérance, beaucoup plus courte que 2, au lieu de l'épaisse lame que porte l'autre espèce ; en outre, le sommet de P II est plus rapproché, et il coïncide avec l'entrée de l'échancrure ligamentaire, tandis que chez K. miocœnica, PII s'élève un peu plus en arrière. Localités. — Mérignac, type unique (PI. XXV, fig. 48-49), coll. Cossmann ; Balizac, une petite valve gauche, coll. Degrange-Touzin. — Aqaitanieii. 266. Kellya (Bornia) Hœrnesi nov. sp. PL XXV, fig. 54-55. ^ISôS. Lepton corbuloides Hœrnes. Tert. Beck. Wien II, p. 249, pi. XXXIV, fig. 4 (non Phil.). 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 54, no 139 (ex parte'^. non Phil. !). Taille moyenne; forme oblongue transverse, inéquilatérale, assez convexe; côté antérieur sensiblement plus court et plus arrondi que le côté postérieur qui est médiocrement arqué sur son contour supérieur, et raccordé en arrière par un angle — 198 — très arrondi avec le contour palléal presque rectiligne au milieu; crochet petit, peu gonflé, à peine saillant, nettement prosogyre, situé à peu près aux cinq huitièmes de la longueur de la valve, du côté antérieur; bord supérieur légèrement convexe de part et d'autre du crochet, mais plus relevé en arrière qu'en avant. Surface dorsale bombée, mais faiblement déprimée au milieu par une très légère dénivellation rayon- nante qui se dirige obliquement du crochet vers le bord palléal et qui est plutôt marquée par la sinuosité des stries d'accroissement que par un creux réel de la surface; les régions anale et buccale sont fortement comprimées, mais non limitées par des angles. Charnière assez épaisse, peu étendue en longueur, large- ment échancrée sur le contour inférieur du plateau cardinal, en arrière du crochet : 2 .formée d'un talon très divergent et saillant sur le bord inférieur; ib presque orthogonale et courte; P II longue, mince, triangulaire et saillante, très écartée en arrière de l'échancrure ligamentaire qui n'atteint pas le cro- chet, et qui est séparée de la cavité umbonale par une petite cloison transverse. Impressions musculaires ovales, situées très haut à l'intérieur des valves, réunies par une ligne pal- léale entière, brillante, et écartée du bord lisse; de fines lignes rayonnantes se distinguent sur la surface interne, mais elles n'atteignent pas le bord palléal. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 9 milL; diamètre umbono- palléal : 6 mill. Rapp. et diff. — Autant qu'on peut en juger par la comparaison d'un spécimen avec une figure lithographiée, la valve que nous venons de décrire est identique à celle que Hœrnes a figurée (fig. 4a) sous le nom Lepton corbuloidcs : c'est exactement la même forme, les mêmes propor- tions, la même ornementation, et les petites différences — qu'on peut constater dans les dents cardinales — sont vraisemblablement dues à l'imperfection inévitable du crayon du dessinateur qui n"a pu matérialiser d'aussi petites saillies avec la rigoureuse exactitude d'un objectif photo- graphique. Comme notre coquille diffère absolument de B. corbuloides Phil , non seulement par sa forme oblongue, plutôt subquadrangulaire que triangulaire, et bien plus dissymétrique, mais surtout par sa charnière — 199 - bien plus largement et moins profondément échancrée, avec une lamelle P II deux fois plus écartée, nous en concluons que la coquille du Bassin de Vienne n'est probablement pas la même que l'espèce vivante, contrai- rement à l'opinion exprimée par MM. DoUfus et Dautzenberg(L c , p. 271). D'autre part, K. Hœrnesi s'écarte de K. merignacensis par sa forme dissymé- trique, par sa lamelle P II située plus en arrière de l'échancrure, par ses dents 2 et 4b plus divergentes, sans parler des autres différences d'aspect et de contour de la valve gauche; elle s'écarte encore davantage deX. mio- csenica, ne fût-ce que par sa forme plus bombée et par sa taille plus grande. Localité — Léognan (Coquillat), une valve gauche (PI. XXV, fig. 54- 55), coll. Peyrot. — Burdigalieii. 267. Kellya {Planikellya) Degrangei nov. sp. PL XXV, fig. 62-65. Test peu épais. Taille au-dessous de la moyenne; forme peu convexe, ovale-trigone vers le crochet, subéquilatérale; c5té antérieur un peu plus court que le côté postérieur qui est presque également arrondi; bord palléal arqué, se raccordant régulièrement avec les contours latéraux; crochets très petits, presque sans la moindre saillie, prosogyres, situés un peu en avant de la ligne médiane; bord supérieur un peu arqué, plus déclive en avant qu'en arrière du crochet. Surface dorsale médiocrement bombée, lisse et très brillante, avec quelques lignes irrégulières d'accroissement. Charnière aplatie, assez puissante, très faiblement échancrée sur son contour inférieur : 1 saillante et incurvée sur toute la largeur du plateau cardinal; 3a tout à fait rudimentaire sous la pointe du crochet; P I formant un petit mamelon assez saillant, un peu en arrière de la fossette ligamentaire ; P III confondue avec le bord dorsal, faisant seulement une très légère saillie en face de PI; 2 épaisse et peu proéminente; 4;, tout à fait atrophiée; PII formée d'une arête mince qui se termine un peu au-delà de l'échancrure du bord cardinal; ligament inséré dans une large fossette scalène sur le plateau cardinal dont le contour inférieur est très peu échancré. Impressions musculaires petites, arrondies, symétriquement — 200 — situées très haut à l'intérieur des valves; ligne palléale for- mant une petite zone brillante à distance du bord lisse; sur- face interne obscurément rayonnée au-dessus de la ligne palléale. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 9 milL; diamètre umbono- palléal : 7 mill. Rapp. et diff. — Extérieurement, cette coquille ne se distingue de K. miocœnica que par sa forme plus ovale et par sa surface plus brillante quand elle est fraîchement conservée; mais lorsqu'on en examine la char- nière, on s'aperçoit immédiatement qu'elle ne peut être classée dans la même Section, à cause de la disparition presque complète de l'échancrure ligamentaire et de la réduction de 3a à un petit point imperceptible. L'in- sertion du ligament dans une fossette, à peine plus creuse que le reste du plateau cardinal, est en effet la caractéristique principale de la Section éocénique Plmiikellya Cossm. (1887); toutefois l'espèce aquitanienne s'écarte de la plupart de ses congénères des environs de Paris par sa forme moins arrondie ou moins oblique; K, symmetrica Desh. a, d'autre part, le bord palléal presque rectiligne et les crochets situés plus en avant. Il est intéressant de constater que la Section Pl-anikellya remonte jusqu'à l'Aquitanien, mais qu'elle y est représentée par une coquille à surface dorsale brillante comme celle de K. Baudoni Desh., quoique moins dissy- métrique. On verra ci-après que le phylum se poursuit dans le Burdigalien et même dans l'Helvètien. Localités. — St-Morillon (le Plantât), cotypes (PI. XXV, fig. 62-65), coll. Degrange-Touzin, coll. Bial, coll. Benoist, coll. Vignal; Balizac, La Brède (tranchée du chemin de fer). Pessac (Noës), Mérignac (vallée du Peugue), coll. Degrange-Touzin; Saucats (Giraudeau), coU Bial de Belle- rade. La Brède (la Salle), coll. Degrange-Touzin et coll. Benoist. — Aquitanieii. 268. Kellya {Planikellya) undulifera nov. sp. PL XXV, fig. 66-69; et var. Benoisti i^ov. var. PI. XXVIIl, %. 55 et 66-68. Taille moyenne; forme ovale-transverse, aplatie, peu iné- quilatérale; côté antérieur ovale, un peu plus court que le côté postérieur qui n'est guère plus largement arrondi; bord palléal presque rectiligne au milieu, légèrement festonné de — 201 — part et d'autre, en deçà des courbes par lesquelles il se rac- corde avec les contours latéraux; crochet petit, à peine sail- lant, prosogyre, situé aux trois septièmes de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur presque également arqué et déclive de chaque côté du crochet. Surface dorsale lisse, déprimée au milieu, rayonnée de part et d'autre par de fai- bles ondulations qui s'approfondissent vers les bords et fes- tonnent le contour palléal. Charnière courte, posée sur un plateau cardinal peu élevé, très faiblement échancré en arrière du crochet : 1 très sail- lante, obliquement incurvée, dépassant le contour inférieur de la charnière; 3a presque invisible, réduite à une faible protubérance qu'on n'aperçoit sous la pointe du crochet qu'avec un très fort grossissement; aire ligamentaire un peu plus profonde que le reste du plateau cardinal, peu entaillée au-dessus de la cavité umbonale, P I très rapprochée, très courte et saillante comme une dent cardinale; P III très obso- lète, formant seulement un léger renflement du bord anal; 2 mince et oblique, 4/, presque perpendiculaire sous le crochet, P II située immédiatement à la suite de la fossette ligamen- taire et médiocrement saillante. Impressions musculaires grandes, ovales, situées très haut à l'intérieur des valves ; ligne palléale parallèle au bord à une certaine distance; les ondulations de la surface externe se reproduisent plus nette- ment sur la surface interne. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 7.5 mill.; diamètre umbono- palléal : 5,5 mill. Rapp. et diff. — II nous paraît impossible de confondre cette espèce avec K. Degrangel qui n'a pas la même forme, qui est dIus trigone vers le crochet, qui ne porte pas d'ondulations rayonnantes, et surtout dont la charnière présente de différences importantes : K. undulifera a, en efl'et, une aire ligamentaire plus creuse et un peu plus échancrée sur le plateau cardinal, sa dent PI est plus courte et plus rapprochée de réi'hancrure. presque comme chez Bornia corbuloides ; mais elle appartient à un tout autre groupe que celte dernière espèce, à cause de son plateau cardinal aplati et faiblement échancré, à cause de la disparition presque complète de 3a. — 202 — Notre espèce aquitanienne rappelle un peu K. undulata Lamk., quoi- qu'elle soit cependant moins arrondie, avec un bord palléal non arqué comme celui de la coquille luticienne et presque rectiligne comme celui de K radiolata Lamk., mais on la distingue de ce dernier par sa forme plus transverse, moins élevée et surtout par sa charnière plus concentrée. Nous faisons en outre figurer une valve droite de l'Helvétien de Salles, dont la charnière est un peu entamée, qui a bien la même forme que le type (8 mill. sur 5.5 mill.), mais dont la surface externe — au lieu de porter des ondulations rayonnantes — est ornée, vers les extrémités, de très fines guillochures, ou d'un réseau ponctué qu'on aperçoit en faisant miroi- ter la surface sous la loupe ; il y a néanmoins quelques festons sur le contour palléal, comme chez le type : nous donnons à cette variété le nom de l'infatigable chercheur qui a autrefois découvert cette valve; nous en avons vu un autre spécimen de la Sime : à cause de leur charnière, il est impossible de les confondre avec Pseudolepton insigne qui a la même orne- mentation, mais dont le côté antérieur est le plus allongé. Localités. — La Brède (Moras), valve droite (PI. XXV, fig. 66 67), coll. Degrange-Touzin; Pessac, coll. Duvergier. — Aqtiitanîeii. Léognan (Thibeaudeau), valve gauche (fig. 68 69), coll. Degrange- Touzin. — Bnrdigalieii. Salles (Largileyre), var. Benoisti (PI. XXVIII, fig. 66-67), coll. Benoist; Saucats (la Sime), une valve gauche (fig. 55 et 68), même coll. — Hel- vétîeii. 269. Kellya [Lasœokellya) cestasensis nov. sp. PL XXV, fig. 70-71. Test peu épais. Taille moyenne; forme un peu convexe, orbiculaire-elliptique, presque équilatérale; côté antérieur demi-circulaire, à peine plus allongé que le côté postérieur dont l'arc est moins régulier; bord palléal convexe, raccordé par des courbes égales avec les deux contours latéraux; cro- chet petit, peu gonflé et peu saillant, très peu prosogyre, situé un peu en arrière de la ligne médiane; bord supérieur arqué et déclive de chaque côté du crochet, se raccordant en arrière par un angle très arrondi avec le contour anal. Sur- face dorsale bombée au milieu, marquée en arrière de quel- ques dépressions rayonnantes très obsolètes, entièrement ornée de très fines stries d'accroissement assez régulières, ^ 203 -^ qui deviennent plus lamelleuses sur une étroite dépression lunulaire. Charnière peu étendue, peu épaisse, largement mais très peu profondément, échancrée en arrière du crochet : 1 épaisse et coudée sous le crochet, son extrémité antérieure se repliant vers le bord lunulaire et se prolongeant en dessous par une petite crête analogue à celle de Lasœa] fossette ligamentaire étroite et obliquement logée à droite de l'échancrure, bordée du côté de la cavité umbonale par un rebord assez saillant, limitée en arrière et dans le voisinage par un mamelon arrondi qui représente P I ; fossette de P II très superficielle et aucune trace de P 111. Impressions musculaires inégales, situées à la moitié de la hauteur de la valve, l'antérieure étroite et allongée, la posté- rieure plus ovale, toutes deux reliées par une petite zone bril- lante, écartée du bord lisse. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 6 milL; diamètre umbono- palléal : 5 mill. Rapp. et diff . — Nous avons expliqué ci-ciessus pour quels motifs il ne nous paraissait possible de rapporter cette coquille à aucun des groupes déjà connus, à cause de sa charnière hybride; il faut d'ailleurs écarter l'hypothèse d'un encroûtement accidentel qui en aurait faussé les carac- tères, car le reste de la valve ne présente aucune trace de déformation ni d'épaississement anormal; l'examen d'une valve opposée nous eût néan- moins permis d'être plus affiimatifs sur cette question de classement générique. En tous cas, en dehors de la différence de charnière qui sépa- re K. cestasensis des autres formes dépourvues de lamelles antérieures, le galbe orbiculaire et presque symétrique de cette coquille la distingue, à première vue, de la plupart des Erycinidœ du Bordelais. D'autre part, toutes les Kellya arrondies du Bassin de Paris ont le côté antérieur plus court, tandis que c'est l'inverse chez K. cestasensis : c'est un motif de plus pour admettre le nouveau groupe LasœokeUya, quoique notre espèce s'écarte des véritables Lasœa par sa forme moins inéquilatérale. Localité. — Cestas, une valve droite (l'I. XXV, fig. 70-71), coll. Cossmann (trouvée en vidant une Mactra substriatella). — Burdigalîeii — 204 — 270. Kellya {Divarikellya) filiola Cossmann. PL XXV, %. 72-73. 1895. K. filiola Cossm. Loc. cit., p. 15, pi. IV, fig. 30-31. Test mince et translucide. Taille microscopique; forme orbi- culaire, médiocrement convexe, oblique et inéquilatérale, côté antérieur arrondi, un peu plus court que le côté postérieur qui est plus dilaté sur son contour supérieur; bord palléal plus fortement arqué en arrière qu'en avant; crochet petit, presque sans aucune saillie sur le bord dorsal, très peui pro- sogyre, quoique situé vers les trois cinquièmes de la largeur, du côté antérieur. Surface dorsale un peu bombée, extérieu- rement lisse et brillante. Charnière extrêmement petite, largement échancrée sous le crochet : 1 oblique, courte et peu saillante; 3^ réduite à un grain minuscule dans l'angle de 1 et du bord lunulaire ; P I assez longue et écartée, formée d'une mince lamelle un peu saillante, vis-à-vis de laquelle on ne distingue pas P 111 con- fondue avec le bord dorsal; échancrure ligamentaire trigone, scalène, peu profonde. Surface interne ornée de deux séries de plis rayonnants, entre lesquelles il existe une région médiane à peu près lisse, à l'aplomb du crochet; bord palléal non festonné. DiM. Diamètre : 2,25 mill. Rapp. et diff . — Cette petite coquille — dont la fragilité explique la rareté — rappelle delà manière la plus frappante, le génotype de Divari- kellya : K. nitida Caillât, de l'Eocène moyen des environs de Paris ; on l'en distingue toutefois par ses plis plus écartés et divisés en deux groupes, avec un espace lisse entre ces deux faisceaux, tandis que les plis sont continus chez l'espèce éocénique; en outre elle a une échancrure plus largement ouverte sous le crochet. On peut également comparer Jv. filiola à K essomiensis Cossm , qui a des plis aussi écartés, mais non interrompus, et dont la forme est d'ailleurs moins orbiculaire, Localité. — Saucats (Min de l'Eglise), valve droite type (PI. XXV, fig. 72-73), coll. Cossmann — Hurdigalieii. — 205 — 271. Kellya [Divarikellya) Sacyi nov. sp. PL XXV, fig. 74-75. Test mince. Taille au-desous de la moyenne; forme un peu convexe, ovale-transverse, inéquilatérale; côté antérieur arrondi, presque moitié plus court que le côté postérieur qui est ovale et plus atténué; bord palléal régulièrement arqué, se raccordant par des courbes dans le prolongement des con- tours latéraux; crochet petit, obtus, peu saillant, prosogyre, situé à peu près au deux tiers (exactement 9/14) de la lon- gueur, du côté antérieur; bord supérieur un peu convexe en avant du crochet, plus élevé et plus déclive du côté postérieur. Surface dorsale bombée au milieu, comprimée sur les régions anale et buccale, à peu près lisse sauf de très fines stries d'accroissement, ornée en outre de larges zones rayonnantes et divariquées aux extrémités, que séparent des dépressions très obsolètes, se transformant — vers le bord palléal — en sillons plus marqués. Charnière courte et étroite, fortement échancrée en arrière du crochet, prolongée en avant par une longue rainure contre le bord dorsal : 1 assez épaisse, un peu oblique sous le crochet; aucune trace de 3a au-dessous de la fossette anté- rieure, destinée à loger 2 ; une petite protubérance postérieure (3ft?) limite l'échancrure ligamentaire dont le plancher est creux et incurvé au-dessus de la cavité umbonale; P I trigone et saillante, un peu écartée en arrière; P 111 à peine visible, formée d'un léger renflement du bord dorsal, de l'autre côté de la fossette destinée à loger P II. Impressions musculaires ovales, situées assez haut; ligne palléale brillante, peu écartée du bord auquel elle est paral- lèle ; surface interne lisse jusqu'à une faible distance de la ligne palléale, puis marquée de costules rayonnantes et écar- tées qui correspondent aux sillons de la surface dorsale, et qui deviennent plus saillantes entre la ligne palléale et la — 206 — commissure des valves sur laquelle elles produisent de très légers festons. DiM. Diamètre antéro-supérieur : 7,5 milL; diamètre umbono- palléal : 6 mill. Bapp. et diff . — Beaucoup plus ovale et moins élevée, plus inéquila- térale et plus grande que K. filiola, cette intéressante espèce rappelle beaucoup, par sa forme et par son ornementation, quoiqu'elle soit moins inéquilatérale et plus arrondie, K. obliqua Caillât, du Lutécien des envi- rons de Paris; en outre, sa surface externe porte des dépressions rayon- nantes, correspondant aux côtes internes et nettement divariquées à l'arrière, tandis qu'on n'en observe pas chez l'espèce parisienne qui n'a que des costules écartées à l'intérieur des valves. Ainsi on retrouve dans le Bordelais les descendants des deux groupes de ces Divarikellya éocé- niques dont aucun autre représentant ne semble encore avoir été signalé dans le Tertiaire supérieur d'aucune région. Localités. — Pessac (Lorient), une valve droite (PI. XXV, fig. 74-75), coll, de Sacy; Mérignac (vallon du Peugue), une autre valve droite moins adulte, coll. Degrange-Touzin. — Aquitanîeii. PSEUDOLEPTON Cossmann, 1895. Forme ovale ou subquadrangulaire, déprimée; surface exté- rieure ornée de costules divergentes ou de lamelles granu- leuses, non lisse en tous cas; charnière courte, profondément échancrée en arrière du crochet; formule cardinale semblable à celle de Kelly a, sauf que P III est invisible, que P I occupe le milieu du bord cardinal, à Fem- ^^^ m. - Pseudolepton /«s.^ne Mayer. Burd. placement de la nymphe s'il y en avait une, et que P II est peu saillante; septum de la fossette ligamentaire très enfoncé dans la cavité umbonale et échancré en courbe sur son contour inférieur; ligne pal- léale simple, très écartée du bord lisse (G.-T. : Lepton insigne Mayer. Mioc). Ce genre s'écarte de Kellya par ses lamelles postérieures beaucoup moins saillantes, moins nettement engrenées; l'échancrure ligamentaire ^ 207 — est beaucoup moins ouverte, de même que chez Bornia; mais la dent l est particulièrement développée, quoiqu'elle ne se prolonge pas en avant comme celle de Lasœokellya. La saillie très obsolète des lamelles posté- rieures (celle de la valve droite est simple), l'existence de 3a, d fféren- cient néanmoins ce groupe de Scintilla, et si on le compare à Lasœa, on trouve — outre l'ornementation et ia forme des valves — que son seplum kellyoïde l'en sépare très nettement. En résumé, à part son ornemen- tation de Lepton, c'est un Genre intermédiaire qui ne peut se confondre avec aucun de ceux que nous avons admis jusqu'à présent. On n'a encore signalé Pseudolepton que dans le Miocène du Bassin de Vienne et du Bordelais, où une nouvelle espèce — à ornementation très différente de celle du génotype — a été récemment découverte. Quant à la valve du Pliocène de Cannes, dont il a été question à la suite de la diag- nose originale, on ne peut affirmer qu'elle appartienne bien au même Genre, malgré son ornementation analogue : il faut attendre que l'on ait recueilli la valve droite. 272. Pseudolepton cf. insigne [Mayer]. PL XXV, fig. 56-61. 1865. Lepton insignis Mayer in Hœrnes. Tert. Beck.Wien, II, p. 250, pi. XXXIV, fjg. 6. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p 55, no 140. 1895. Pseudolepton insigne Cossm. Loc. cit., p. 11, pi. V, fig. 1-2. Test peu épais. Taille relativement grande; forme nn peu convexe, surtout à l'état népionique, ovale ou subquadran- gulaire, inéquilatérale ; côté antérieur semi-elliptique, plus allongé que le côté postérieur qui est beaucoup plus fai- blement arqué sur son contour anal; bord palléal presque recliligne au milieu, arqué toutefois dans le jeune âge, rac- cordé par des arcs inégaux avec les contours latéraux; cro- chets peu gonflés, peu saillants, faiblement prosogyres, situés aux trois septièmes de la longueur, du côté postérieur; bord supérieur peu arqué, plus déclive en avant qu'en arrière du crochet. Surface dorsale médiocrement bombée, comprimée sur la région anale et sur la région buccale, lisse vers le crochet, Qrnée ensuite de très fmes costules qui divergent en — 208 — courbe vers les bords où elles s'écartent davantage en formant des chevrons alignés suivant un arc oblique, vers le tiers antérieur des valves. Charnière courte, assez profondément échancrée en arrière du crochet : 1 presque perpendiculaire, formée d'un talon à peine incurvé qui dépasse un peu le contour inférieur du pla- teau cardinal; une longue fossette oblique la sépare de 3„ qui est petite, quoique nettement indépendante ; fossette liga- mentaire trigone, atteignant le crochet, mais séparée de la cavité umbonale par une cloison plus profondément enfoncée que le plan du plateau cardinal et échancrée en courbe; en arrière du ligament, sur la face plane du plateau cardinal, se détache une lamelle P 1, longue et aplatie comme une nym- phe; sur la valve gauche : 2 très oblique, en forme de mas- sue; 4t réduite à une faible protubérance sous le crochet; puis, en arrière de la fossette ligamentaire, une lamelle nymphoïde P II séparée du bord dorsal par une fossette superficielle, des- tinée à loger P I. Surface interne non rayonnée; impressions musculaires situées très haut et peu distinctes; ligne palléale très écartée du bord lisse auquel elle est parallèle. DiM. Diamètre anléro-postérieur : 12 milL; diamètre umbono- palléal : iO mill. ; taille maximum : 14 mill. sur 12 mill., coll. de Sacy. Rapp. et diff. — Ainsi que l'un de nous l'a indiqué à la suite de la diagnose originale, les spécimens du Bassin de Vienne différent un peu de notre coquille par leur crochet, situé plus au milieu de la longueur des valves, mais tous les autres caractères sont identiques, y compris la char- nière de la valve droite, seule figurée dans l'atlas de Hœrnes : il semble donc qu'il s'agit bien de la même espèce, quoique la certitude complète ne puisse résulter que de la comparaison des échantillons eux-mêmes. En tous cas, il est utile de signaler que les jeunes individus du Bordelais, figurés en 1895 par l'un de nous, paraissent plus ovales — avec un bord palléal plus arqué — que les spécimens gérontiques que nous repro- duisons ici; toutefois nous ne pensons pas qu'il s'agisse là de deux for- mes distinctes, mais seulement de stades successifs dans l'accroissement ~ 209 - des valves. La diagnose ci-dessus a été établie d'après des spécimens gérontiques. Localités. — Léognan (Coquillat), plésiotypes de grande taille (PI.' XXV, fig. 56-59), coll. Degrange-Touzin; coll. Bial. Léognan (Thibau- deau), une valve droite ovale (fig. 60-61), coll. Cossraann. Mérignac, Sau- cats (Min de TEgiise, Lagus), Pont-Pourquey, coll. Cossmann, Uegrange- Touzin. Cestas, Léognan (les Bougés), coll. de Sacy, Degrange-Touzin, Neuville. — Burdigalieit. Salles (Min Débat), Sallespisse, coll. Degrange-Touzin. — Helvétîen. La Brède (Moras), coll. Degrange-Touzin. — Aqnitaiiieii. 273. Pseudolepton granuligerum nov. sp. PL XXV, %. 76-83. Test peu mince. Taille moyenne; forme aplatie, ovoïdo- transverse, subtrigone vers le crochet, inéquilatérale; côté antérieur semi-elliptique, plus allongé que le côté postérieur dont la courbure est un peu plus atténuée vers le bas ; bord palléal régulièrement arqué, se raccordant par des courbes à peu près symétriques avec les contours latéraux; crochets petits, peu gonflés, prosogyres, formant le sommet d'un trian- gle vers les trois septièmes de la longueur, du côté postérieur; bord supérieur très peu excavé en avant du crochet, rectiligne et largement déclive en arrière où il se raccorde avec le contour anal par un angle arrondi. Surface dorsale peu bom- bée au milieu, vaguement déprimée sur la région anale, couverte — à partir de la prodissoconque lisse — de rangées concentriques de fines granulations qui ne s'alignent pas tou- jours très régulièrement et qui se décortiquent assez facile- ment, de sorte qu'il ne reste dans ce cas que des traces de lamelles d'accroissement un peu écartées. Charnière peu étendue, profondément et triangulairement échancrée en arrière du crochet : 1 formée d'un talon oblique qui fait une très légère saillie sur le contour inférieur du pla- teau cardinal; 3^ très petite, réduite à une sorte de granu- lation contiguë à 1, au fond de la fossette de 2, puis le bord dorsal se redresse très mince en avant, simulant une lamelle — 210 - antérieure qui n'existe pas en réalité; fossette ligamentaire petite, latéralement enfoncée et bordée contre la paroi d'ar- rière de l'échancrure; P Kl peu saillante sur le bord postéro- dorsal; 2 étroite, oblique à 45°, repliée à son extrémité; 4b presque perpendiculaire sous le crochet, aussi longue que 2, mais non repliée, P II très obtuse. Impressions musculaires symétriques, assez haut situées; ligne palléale très écartée du bord lisse auquel elle est parallèle. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 8,5 milL; diamètre umbono- palléal : 6 mill. Rapp. et diff. — Quoique cette espèce diffère radicalement de P. insigne par le système de son ornementation, elle doit appartenir au même groupe générique à cause de sa charnière qui comporte exactement les mêmes éléments; les lamelles postérieures ne sont pas toujours aussi nettes que chez l'autre espèce qui précède, mais la régularité du bord dorsal est dérangée — chez les spécimens de St-Médard — par un arrêt de l'accroissement des valves opposées : il en résulte un gradin de part et d'autre, qu'il ne faut pas confondre avec des lamelles latérales; les autres spécimens plus jeunes, identiques d'ailleurs par tous leurs autres carac- tères, ne montrent rien de semblable, de sorte que nous en concluons que c'est une déformation accidentelle des valves figurées et c'est pour- quoi nous ne les avons pas prises comme cotypes, mais comme plésiotypes. Localités. — Mérignac, valve droite type (PL XXV, fig. 80-81), coll Degrange-Toozin; St-Médard, valves plésiotypes (fig. 76-79), même coll.; Pessac (Lorient), valve gauche très épaissie (fig. 82-83), coll. de Sacy. — Aquitaiiieii . 274. Pseudolepton irregulare nov. sp. PL XXV, fig. 50-53; et PI. XXVIII, fig. 92-93. Test peu épais. Taille petite ; forme irrégulière, subqua- draugulaire en moyenne, inégalement convexe, tantôt la valve droite, tantôt la valve gauche, à contours très inéquilatéraux; côté antérieur atténué, toujours plus court que le côté posté- rieur qui est plus largement dilaté et généralement arqué; bord palléal invariablement rectiligne, se raccordant par des arcs inégaux avec les contours anal et buccal, ce dernier sur- - 211 — tout subanguleux; crochets obtus, peu proéminents, proso- gyres, situés aux deux cinquièmes de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur un peu arqué, déclive en avant du crochet, rectiligne et horizontal en arrière. Surface dorsale aplatie au milieu, non déprimée à l'arrière, terne, marquée de stries d'accroissement irrégulières ou même cariées par places, et en outre — sous un très fort grossissement — de stries rayonnantes ou divergentes qui ne s'accentuent pas vers les extrémités. Charnière assez épaisse en général, mais peu étendue en longueur : 1 formée d'une tige mince et perpendiculaire sous le crochet, séparée par une petite fossette de 3a qui est micros- copique et confondue avec le bord supérieur ; fossette liga- mentaire très enfoncée, bien bordée sur son contour inférieur, s'allongeant obliquement sous le bord cardinal qui porte une longue lamelle PI, nymphoïde et peu proéminente; 2 et ib très petites, divergentes; P II étroite et peu saillante sur le bord cardinal, immédiatement au-dessus de la fossette liga- mentaire. Impressions internes peu distinctes, bords lisses. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 7 mill.; diamètre umbono- palléal : 4 mill. Rapp. et diff . — Cette espèce — dont nous avons pu étudier un grand nombre de valves — possède bien la charnière typique de Pseudolepton, de sorte que notre première pensée a été de la rapprocher de P. insigne dont elle pouvait être, à la rigueur, une déformation anormale, déviée par l'habitat; cependant nous avons dû renoncer à cette hypothèse pour plusieurs motifs : d'abord P. irregulare a invariablement le côté antérieur plus court et plus atténué que le côté postérieur, tandis que c'est toujours l'inverse chez P. insigne et aussi chez P. granuligenim ; en outre, le bord palléal est ici toujours rectiligne, même à l'état népionique, tandis que les jeunes P. insigne ont le bord arqué, et que chez P. granuligerum, il est arqué à tout âge; enfin, au lieu des stries divariquées qui ornent la sur-; face de P. insigne, ou des granulations dont est couverte celle de P. gra- nidigenim, nous n'observons ici que des traces de stries rayonnantes, non constantes, moins visibles sur les bords. De cette comparaison, il nous semble résulter que P. irregulare doit être considéré — non comme une race accidentellement distincte des deux autres Pseudolepton de l'Aqui- ToME LXV. 14 — 212 - taine — mais comme une espèce à caractères différentiels persistants sur tous les individus du seul gisement où elle a été recueillie jusqu'à présent. D'autre part, on peut se demander si cette coquille n'est pas une variété déformée de K. Hœrnesi dont nous n'avons jamais vu qu'une valve gau- che, dans l'Aquitaine; mais il suffît de comparer les charnières des val- ves gauches de P. irregulare pour se convaincre qu'un tel rapprochement est inadmissible : ces deux coquilles n'appartiennent évidemment pas au même Genre ! Localité. — Léognan (Thibaudeau), cotypes (PL XXV, fig. 50-53 et PI. XXVIII, fig. 92-93), coll. Degrange-Touzin; une vingtaine de valves environ. — Burdîgalîen. GALEOMMATIDyE Gray, 1840 {em. in Dali, 1899). Coquille en partie interne, les bords du manteau se réflé- chissant sur le test; valves minces, non nacrées, bâillantes; charnière dépourvue de lamelles latérales, dents cardinales plus ou moins développées; ligament interne, logé dans une fossette peu visible et presque médiane; ligne palléale non sinueuse. Gray avait orthographié Galeotmnidœ ; M. Dali a rectifié avec raison cette dénomination, d'après l'étymologie grecque, et il a restreint la Famille aux coquilles qui ont seulement un résilium interne, avec une fossette — souvent peu développée — pour le recevoir; cet auteur a reporté, dans une Famille que nous retrouverons plus loin, les Genres qui sont munis d'une nymphe pour le ligament externe, et que Fischer a rapprochés à tort des Qaleommatidse En ce qui concerne les fossiles — chez lesquels on ne peut vérifier si le manteau s'étendait sur la surface de la coquille — le critérium le plus certain pour distinguer les Genres de cette Famille des Kellyidés ou même de certains Leptonidse, consiste dans l'absence complète de lamelles laté- rales; car le bâillement des valves n'est pas toujours facile à observer. A l'instar de M. Dali, nous y admettons Galeomma Turton (coquil'e bâillante et édentée dont nous ne connaissons pas de représentant dans l'Aquitaine) et Spanioriniis (= Scintilla) ; nous n'avons pas de documents sur Ephippodonta Tate, ni sur Vasconiella Dali, classés dans la même Famille par ce dernier auteur. Libratiita Pease, est indiqué par M. Dali comme un Sous-Genre seulement de Galeomma auquel se rattacherait peut-être aussi, à cause de ses valves très bâillantes, la coquille éocénique, rare et fragile, connue sous le nom Passya Desh. 213 SPANIORINUS Dali, 1900. (= Scintilla Cossm. 1887, non Desh. ; = Scintillula CeruUi-Irelli, 1909). Coquille oblongue-transverse, plus ou moins équilatérale, à surface lisse ou faiblement striée; charnière dépourvue de lamelles latérales, bien échancrée pour le résilium en arrière de l'unique dent 1 . sur la valve droite ..-^^^^''^^^s::;^^ et de la dent 2 sur '"" * 2 i "* la valve gaucne, Fiq, 114.^_ Spaniorinus burdigalensis Cossm. Burd. oii l'on distingue souvent une protubérance 4/, plus ou moins rudimentaire; bord cardinal épais et arrondi de part et d'autre de l'échancrure; aucune trace de nymphe; impressions musculaires palmulées, symétriques; bords lisses (G. -T. : Scintilla Cossmanni Dali. Mioc. de Virginie). C'est à ce Genre bien défini qu'il y a lieu de rapporter la plupart des fossiles tertiaires, soit de l'Eocène, soit du Néogène d'Europe, qui ont été désignées à tort sous le nom Scintilla : on a vu ci-dessus que la forme typique et vivante de Scintilla est à classer dans les Leptonidœ, attendu qu'elle possède des lamelles antérieures et même postérieures, tandis que les fossiles dont il s'agit sont caractérisés par leur bord épaissi — il est vrai — mais absolument dépourvu de lamelles s'emboitant d'une valve sur l'autre; ils ressemblent identiquement, comme forme et comme char- nière à la figure 27 de la PI. XLV, dessinée à la chambre claire par M. Dali et représentant les deux valves de Spaniorinus Cossmanni, fossile du Miocène de Pétersbourg (Etats-Unis). Toutefois l'auteur a omis d'in- diquer l'existence de 4b, en arrière de 2 sous Je crochet ; mais cette pro- tubérance rudimentaire n'est pas absolument constante, et il se peut qu'elle soit totalement atrophiée chez le type de Spaniorinus ; ailleurs, elle se développe un peu plus, et cette circonstance a motivé la création de la Section Scintillula Cerulli-Irelli, pour les espèces chez lesquelles 46 est plus visible; nous ne pensons pas que l'on puisse admettre cette Section attendu qu'on trouve graduellement tous les passages d'un groupe à l'autre. Spaniorinus est abondamment représenté depuis l'Eocène jusqu'à l'épo- que actuelle. En ce qui concerne Scintillorbis Dali (1899), dont le génotype est S. cris- — 214 — pata Fischer, l'auteur le définit comme pourm d'un ligament externe, orné de rayons, mince, orbieulaire comme Lepton, et avec une charnière composée de deux dents sur la valve gauche, une seule sur la valve droite, en arrière du résilium, ce serait alors une lamelle latérale"? En tous cas, cette coquille ne ressemble à rien de ce que nous avons vu dans notre Miocène. Ces éliminations faites, il reste, dans l'Aquitaine, plusieurs espèces voisines de Spanioriims, non seulement par leur forme orbieulaire et iné- quilatérale, mais surtout par leur plateau cardinal n'existant qu'en avant et par leur fossette ligamentaire étroite et nettement limitée au fond de la cavité umbonale, comme q ^ ^_._^^ chezcertainsKellyidés;rab- ^^=^^^^^^^^ ^.^s:===^^^^^^%s. sence complète de lamelles •> Q. 1 ^ ^^ latérales ne permet pas de , . , ^ t. , . , , ,-, FiG- ito. — Lasseina saucatsensts Cossm. Burd. les laisser dans le Genre Lasœa; la protubérance marquée de i^ répond à ce qu'indique M. CeruUi- Irelli pour sa Section Scintilhda, mais nous avons vérifié — sur les spé- cimens de Monte-Mario envoyés par cet auteur à l'un de nous (coll. Cossmann) — que le galbe de ces ScintUhda est identique à celui de Spaniorinus, tandis que nos fausses Lasœa sont très différentes. C'est pour- quoi nous leur conservons le nom Lasseina Cossm. 1910, qui était manuscrit sur toutes nos étiquettes, depuis plusieurs années déjà. Cette Section a vécu de l'Aquitanien à l'Helvétien; son existence dans l'Eo- cène nous paraît encore douteuse (G. -T. : Lasœa saucatsensis Cossm. Burd.). S. -G. Aligena H. Lea (1845). Coquille convexe, inéquila- térale, ornée de lamelles concentriques à l'état adulte; char- nière réduite à 1, 2 écartée et une petite protu- ^_.,^ bérance 4^ qui est dans le prolongement de 2; ^^^^^^^^ fossette du résilium cachée sous le bord dans la Fm. iiô. — AU- . , , , , . . 11)11, gêna capsu- cavrte umbonale; impression de 1 adducteur pos- loides Cossm. térieur située très bas; bords lisses (G. -T. : A. ^ ^^'—q- striata Lea = Amphidesma sequata Cour. Mioc. des Etats- Unis). Quoique M. Dali ait admis Aligena comme un G. distinct, qu'il a même rapprochée de Montacuta, malgré sa charnière éminemment différente, nous ne pouvons partager cette opinion : Aligena se rattache intimement à Spaniorinus et il n'en diffère que par sa forme globuleuse, ses lamelles con- centriques, sa fossette cachée sous le bord qui est d'ailleurs plus mince, comme chez Lasœina. La position qu'occupe 4b, dans le prolongement — 215 — de 2, explique comment il n'en est pas fait mention dans la trop courte diagnose de M. Dali. Néanmoins, ces différences n'atteignant pas la cons- titution même de la charnière, nous ne leur attribuons qu'une valeur sous- générique. Une seule espèce dans l'Aquitanien d'Europe, mais Aligena est repré- senté, dans l'Aquilanien et le Miocène moyen ou supérieur des Etals- Unis, par quatre espèces ; une cinquième espèce {Montacuta elevata Stimpson) pléistocénique et actuelle, est rapportée au même Genre par M. Dali, qui signale la présence d'un lithodesme dans la fossette. 275. Spaniorinus burdigalensis [Gossmann]. PI. XXV, fig. 86-89. 1895. S. burdigalensis Cossm. Loc. cit., p. 8, pi. IV, fig. 22-23. Test assez mince. Taiile un peu au-dessous de la moyenne; forme ovale-transverse, médiocrement convexe, très faible- ment bâillante aux extrémités, inéquilatérale ; côté antérieur semi-elliptique, un peu plus allongé que le côté postérieur qui est plus ovalement atténué sur le contour anal; bord palléal peu arqué, se raccordant par des courbes presque symétriques avec les contours latéraux; crochets petits, légè- rement gonflés, prosogyres, situés en arrière de la ligne médiane; bord supérieur rectiligne — ou même subexcavé sur la valve gauche — en avant du crochet, déclive et à peu près rectiligne en arrière. Surface dorsale lisse, irréguliè- rement et finement striée par les accroissements, à peine bombée au milieu, avec une faible dépression sur la région anale. Charnière épaisse et courte, triangulairement échancrée en arrière du crochet, prolongée de part et d'autre par un rebord calleux et arrondi sur lequel on ne distingue aucune trace de véritables lamelles latérales, ni surtout de sillons pour les loger en face, de sorte que les callosités oblongues du rebord buttent d'une valve contre l'autre : 1 oblique et pointue, sépa- rée du bord antérieur par une fossette au fond de laquelle on -- 216 — n'aperçoit pas trace de 3a; réchancrure ligamentaire n'atteint pas le crochet et se termine par un angle très arrondi au- dessus de la cavité umbonale; en arrière, le contour du bord cardinal fait une légère saillie qui ne doit pas être confondue avec une lamelle latérale; 2 encore plus oblique que 1 et moins saillante, juxtaposée à une fossette distinctement sépa- rée de celle du ligament par une petite protubérance peu saillante qui représente la dent 4;,. Impressions musculaires symétriques, allongées ou palmulées, situées à la moitié de la hauteur des valves; ligne palléale formée d'une étroite zone brillante, parallèle au bord lisse, et aboutissant directement aux adducteurs. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 8 mill.; diamètre umbono- palléal : 5 mill. Rapp. et diff. — Cette espèce a été comparée à celles du Bassin de Paris : elle est moins inéquilatérale et plus étroite que S. ambigua Desh., plus ovale — avec le bord palléal moins rectiligne — que S. parisiensis Desh. ; d'autre part, elle est moins allongée que S. minuta Desh., et moins convexe que S. primœva Cossm.; enfin si on la compare à S. alabamiensis Cossm., du Claibornien des Etats-Unis, on trouve qu'elle est moins haute vers le crochet. S. burdigalensis a exactement les mêmes proportions que S. gouetensis Cossm., de TEocènc moyen des environs de Nantes, mais chez cette der- nière, c'est le côté antérieur qui est plus atténué que le postérieur, à l'inverse de ce que l'on constate chez la coquille burdigalienne. Nous n'avons pas séparé les échantillons de l'Helvétien qui ne diffè- rent que très peu de ceux du Burdigalien. Localités. — Le Peloua, types (PI. XXV, fig. 86-89), coll. Cossmann; toutes les coll. Cestas, coll. de Sacy, Degrange-Touzin; Saucats (Min de l'Eglise), coll. Cossmann; Pont-Pourquey, coll. Bial. Dax (St-Paul), coll. de l'Ecole des Mines, coll. Vignal. Saucats (Mii de Lagus), coll. Benoist. Léognan (Coquillat), Saucats (Pont-Pourquey), coll. Degrange-Touzin. Léognan (Carrère), coll. Peyrot. — Bnrdigalien. Salles (Largileyre), coll. Duvergier, Degrange-Touzin, Vignal; Salies- de-Béarn, une valve gauche, coll. Degrange-Touzin. Saucats (la Sime), coll. Benoist. — Helvétien. — 217 — 276. Spaniorinus exceisus tiov. sp. PI. XXVI, fig. 84-85. Test médiocrement épais. Taille moyenne; forme peu con- vexe, elliptique, élevée relativement à sa longueur trans- versale, presque symétrique; côté antérieur un peu plus largement arrondi que le côté postérieur qui est plus ova- lement atténué vers le bas; bord palléal très peu arqué au milieu, se raccordant par des courbes inégales dans le prolongement de celles des contours latéraux; crochet petit, peu gonflé, non prosogyre, situé à peu près au milieu de la longueur de la valve; bord supérieur brièvement rectiligne et horizontal en avant du crochet, déclive et légèrement arqué en arrière. Surface dorsale, peu bombée, déprimée vers la région anale, lisse sauf les stries irrégulières d'accroissement, portant toutefois — sur la région postéro-médiane — deux faibles lignes rayonnantes et assez rapprochées l'une de l'autre, qui se répètent obtusément à l'intérieur. Charnière courte, bien échancrée en arrière du crochet, réduite à la dent 1 qui est formée d'une tige oblique, et à la fossette ligamentaire large, bien bordée du côté de la cavité umbonale; sur le bord dorsal, de part et d'autre, on n'observe que des épaississements calleux et obsolètes, qui ne paraissent pas ressembler à de véritables lamelles latérales, et auxquels ne correspondent probablement pas, sur la valve gauche, de fossettes ni de lamelles adjacentes. Impression du muscle antérieur allongée, située plus haut que celle du muscle postérieur, reliées toutes deux par une ligne palléale brillante et ossez écartée du bord lisse. Dm. Diamètre antéro-postérieur : 7 milL; diamètre umbono- palléal : 5,5 mill. Rapp. et diff. — Voici encore une coquille embarrassante que nous avons successivement attribuée à d'autres Sections avant de la classer définitivement auprès de S. burdigalensis dont elle se rapproche par les épaississements dentiformes de son bord dorsal, en avant et en arrière du crochet; pour affirmer que ce ne sont pas des lamelles latérales, il - 218 -^ faudrait être en possession de la valve gauclie. En tous cas, la valve ci- dessus décrite s'écarte des Erycines par sa forme symétrique et par sa dent 1 non recourbée qui a plutôt l'aspect de celle de Scintilla; la fossette ligamentaire est en outre plus superficielle et moins échancrée que celle d'Erycina. S. excelsus se distingue d'ailleurs de S. burdigalensis par sa forme plus haute, moins allongée, beaucoup plus équilatérale ; à ce point de vue, elle ressemble davantage à S. parisiensis Desh., mais ce dernier a le côté antérieur plus atténué que le côté postérieur, tandis que c'est l'inverse chez S. excelsa. Nous n'avons pas fait état, dans ces comparaisons, des deux lignes rayonnantes de la région postérieure, n'ayant pu contrôler la constance de ce caractère différentiel qui n'est pent-être qu'individuel. Localité. — Pont-Pourquey, une valve droite (PI. XXV, fig. 84-85), coll. Degrange-Touzin. — Bnrcligalien. 277. Spaniorinus Duvergieri nov. sp. PL XXV, %. 90-91. Test un peu épais. Taille moyenne; forme transverse, médio- crement convexe, dissymétrique plutôt qu'inéquilatérale ; côté antérieur ovale, plus atténué que le côté postérieur qui est largement arqué, presque subtronqué; bord palléal peu courbé au milieu, se raccordant par des arcs inégaux avec les contours latéraux; crochet petit, peu saillant, faiblement prosogyre, situé à peine en arrière de la ligne médiane; bord supérieur peu convexe en avant, plus relevé et déclive en arrière du crochet. Surface dorsale un peu bombée au milieu, comprimée sur la région anale, faiblement déprimée sur la région buc- cale, entièrement lisse sauf les accroissements qui sont peu visibles et peu réguliers. . Charnière épaisse, échancrée sous le crochet, prolongée de part et d'autre par des rebords calleux et arrondis : 1 formée d'une tige très saillante et un peu oblique vers le côté anté- rieur; fossette ligamentaire profonde, bien bordée du côté de la cavité umbonale, peu allongée en arrière sous le bord car- dinal. Impressions musculaires peu distinctes; ligne palléale très écartée du bord lisse. — 219 - DiM. Diamètre antéro-postérieiir : 8 mill.; diamètre umbono- palléal : 6 mill. Rapp. et diff . — Il est peu ordinaire de trouver des Spaniorinus aussi dissymétriques que l'est cette espèce : elle est relativement moins haute et plus transverse que S. excelsiis, mais elle s'en distingue surtout par son côté antérieur plus atténué que le côté postérieur, tandis que ce serait plutôt l'inverse chez la coquille burdigalienne. A ce point de vue, on peut encore rapprocher S. Duvergieri de S. parisiensis Desh. ; mais on remarque immédiatement que la coquille bartonienne a le bord palléal plus convexe que celle de l'Helvétien, et que ses crochets sont plutôt situés en avant de la ligne médiane. Quant à S. minutus Cossm. qui est aussi très inéqui- latéral, son côté anal est plus tronqué et sa forme générale est plus allongée. La profondeur de la fossette ligamentaire qui est bien circonscrite chez S Duvergieri rappelle aussi mi peu la disposition qu'on observe chez Pleurodesma Sacyi qui a une forme subquadrangulaire; mais l'analogie se borne là, attendu que la dent cardinale est bien différente chez les Pleu- rodesmes qui sont d'ailleurs dépourvus de plateau cardinal. Localité. — Salles (Largileyre), valves droites, type (PI. XXV, fîg. 00-91), coll. Duvergier; une valve gauche, coll. Vignal (sera figurée dans le Supplément). — Helvëtieii. 278. Spaniorinus Neuvillei nov. sp. PI. XXIV, fig. 40-il; et PL XXV, %. 92-93. Test peu épais. Taille un peu au-dessous de la moyenne; forme ovale, très oblongue dans le sens transversal, assez convexe, très inéquilatérale; côté antérieur allongé, semi- elliptique; côté postérieur beaucoup plus court, ovale-atténué ; bord palléal convexe au milieu, se raccordant par des arcs inégaux avec les contours latéraux; crochets peu gonflés, peu proéminents, à peine prosogyres, situés au tiers seulement de la longueur des valves, du côté postérieur; bord supérieur rectiligne et horizontal en avant du crochet, déclive et peu arqué en arrière. Surface dorsale lisse, bombée au milieu, déprimée et même excavée sur la région buccale, faiblement comprimée sur la région anale. Charnière mince, échancrée en arrière du crochet : 1 obli-. — 220 — que et saillante sous le crochet; 2 encore plus oblique que 1, mais moins proéminente, avec une protubérance minuscule qui représente 4^, sous le crochet; la fossette ligamentaire est très étroite, peu visible sous le bord cardinal qui s'épaissit ensuite sur la valve droite, et aussi en avant de 1, tandis qu'il reste beaucoup plus mince sur la valve gauche ; mais on n'y distingue aucune trace de lamelles latérales. Impressions musculaires symétriques, grandes, palmulées, reliées par une petite zone palléale, brillante, très écartée du bord lisse; sur- face interne non rayonnée. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 9,5 mill.; diamètre umbono- palléal : 5,5 mill. Rapp. et diff . — Il y a de très importantes différences de forme et de charnière entre cette espèce et S. burdigalensis ; non seulement S. Neu- villei est beaucoup plus étroite, plus inéquilatéiale, plus convexe, mais encore son bord cardinal est plus mince, surtout sur la valve gauche qui porte en outre une protubérance Ab plus visible sous le crochet. Comme nous avons pu étudier les deux valves opposées, nous sommes convaincus qu"il s'agit là d'une espèce bien distincte et d'ailleurs plus rare, ayant vécu à un niveau inférieur à celui où est apparue S. burdigalensis. Si on la compare aux espèces du Bassin de Paris et particulièrement aux plus étroites, on trouve que S. angiista Desh. est plus équilatérale ; que S. ambigiia, aussi inéquilatérale, est plus élevée et plus arrondie ; que S. minuta Cossm. a le côté anal plus tronqué, subanguleux à sa jonction avec le bord palléal qui est moins arqué. Liocalités. — Mérignac (le Ponctic), valve gauche (PI. XXV, fig. 40-41), coll. Neuville; valve droite un peu écornée (PI. XXV, fig. 92-93), coll. de Sacy; coll. Bial. La Brède (Moras sup'"), coll. Degrange-Touzin. — Aquitaiiien. Cestas, Léognan (Thibaudeau), une valve droite, Saucats (Min de l'Eglise), une valve gauche, coll. Degrange-Touzin. — Bnrdigalien. 279. Spaniorinus [Lasœina) saucatsensis [Cossm.]. PI. XXV, fig. 94-98. 1873, Erycina austriaca Benoist. Cat. Saucats, p. 55, no 141 {non Hœrnes) 1895. Lassea saucatsensis Cossm. Loc. cit., p. 8, pi. IV, fig. 24-25- — 221 -- Tesl assez mince. Taille moyenne; forme elliptique ou suborbiculaire, médiocrement convexe, un peu inéquilatérale ;. côté antérieur semi-circulaire, un peu plus long que le côté postérieur qui est aussi un peu plus ovalement atténué; bord palléal arqué, se raccordant par des courbes symétriques avec les contours latéraux; crochets situés un peu en arrière de la ligne médiane, un peu gonflés, très faiblement prosogyres; bord supérieur peu arqué ou presque rectiligne de part et d'autre du crochet, un peu plus déclive en arrière qu'en avant. Surface dorsale marquée de lignes d'accroissement assez visibles, peu régulières cependant, et de traces de colo- ration brune, par bandes concentriques; elle est régulière- ment bombée, à peine déprimée aux extrémités. Charnière extrêmement ténue, à plateau cardinal n'existant qu'en avant des dents cardinales, échancrée en arrière du crochet oii le bord supérieur reste assez mince ensuite sur toute son étendue : 1 saillante, oblique, contiguë à une fos- sette antérieure où l'on n'aperçoit aucune trace de 3a; fossette ligamentaire bien circonscrite et courte, au fond de la cavité umbonale ; pas de lamelles latérales; 2 oblique et médiocre- ment saillante, contiguë à une protubérance ib qui s'allonge contre l'arête limitant la fossette ligamentaire. Impressions musculaires situées à la moitié de la hauteur des valves, l'antérieure allongée, la postérieure plus ovale, toutes deux reliées par une impression palléale non brillante, mais plutôt rugueuse, à laquelle s'arrêtent subitement les rayons internes qui divergent de la cavité umbonale; bords lisses et brillants. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 6,5 mill.; diamètre umbono- palléal : 5 mill. Rapp. et diff. — Ainsi qu'il a été indiqué à la suite de la diagnose originale, cette espèce — peu rare dans la plupart des gisements du Bordelais — a été à toiH confondue avec Erycina aiistriaca Hœrnes, qui appartient vraisemblablement au même Genre et à la même Section Lasœina, mais qui (d'après les figures) paraît s'en distinguer par sa forme lucinoïde, beaucoup plus arrondie, à crochets saillants, à bord lunulaire excavé, etc.; la coquille viennoise semble aussi plus convexe, autant — 222 — qu'on peut en juger d'après l'ombre figurée par le crayon du dessinateur. Au contraire, nos spécimens de l'Helvétien ont une forme tm peu plus trigone vers les crochets et plus aplatie que les types du Burdigalien; peut-être pourrait-on les séparer comme mutation Duvergieri nobis. Aucune Scintilla n'a une forme aussi orbiculaire, et d'ailleui s l'existence bien réelle d'une dent 4b justifie le classement de L. saiicatscnsis dans une Section distincte de Scintilla s. str. et de Spaniorinus. L'absence complète de lamelles latérales rend inutile toute comparaison avec les espèces du G. Erycina. Toutefois parmi les coquilles parisiennes, rapportées au G. Scintilla, il en est deux (S. halitus Desli. et S. texta Cossm.) qui pourraient probablement être classées comme Lasseina, quoique leur forme un peu différente ne permette pas de les confondre spécifiquement avec L. saucatsensis. Localités. — Cestas, plésiotypes (PL XXV, fig. 94-97), coll. Cossmann; toutes les coll. Pont-Pourquey, types originaux de plus petite taille, coll. Cossmann; Saucats (Mi° de l'Eglise, le Peloua, M'" de Lagus), toutes les coll. Saucats (Giraudeau), coll. Benoist; Day, coll. de TEcole des Mines, coll. Vignal. Léognan (Coquillat), coll. de Sacy, coll. Peyrot; Le Thil (sup.), coll. Bial. Thibaudeau, coll. Degrange-Touzin. St-Médard-en-Jalle, La Brède (Moras sup'"), coll. Degrange-Touzin. — Bnpdigalien. Salles (Largileyre), mut. Duvergieri, valves de petite taille, coll. Duver- gier. — Helfétieii. Saucats (Lariey), coll. Bial de Bellerade Pessac, coll. Duvergier. Vil- landraut (Gamachot), St-Avit (Basta), coll. Degrange-Touzin. Mérignac, une valve gauche (fig. 98), coll. de Sacy. — Aquîtaiiieii. 280. Spaniorinus {Lasœina) inœquilateralis [Cossm.]. PL XXV, fig. 98-102. 1895. Lasœa inœquilateralis Cossm. Loc. cit., p. 9, pi. IV, fig. 28-29. Test mince. Taille moyenne; forme ovale, médiocrement convexe, inéquilatérale; côté antérieur allongé, semi-elliptique; côté postérieur plus court, plus ovalement atténué ; bord pal- léal très convexe, se raccordant par des arcs circulaires, dans le prolongement des contours latéraux; crochets petits, obtus, peu proéminents, prosogyres, situés à peu près au tiers de la longueur, du côté postérieur; bord supérieur légèrement excavé en avant du crochet, déclive et presque rectiligne en arrière, — 223 - non anguleux toutefois à sa jonction avec le contour anal. Surface dorsale peu bombée, à peine déprimée sur la région buccale; elle n'est pas lisse et son aspect est plutôt terne; on y distingue, avec un fort grossissement, non seulement des stries d'accroissement assez régulières, mais encore des rayons excessivement ténus qui divergent vers les bords et qui n'apparaissent qu'à une certaine distance du crochet. Charnière presque linéaire, échancrée néanmoins en arrière, vis-à-vis de la fossette ligamentaire qui est bien limitée au fond de la cavité umbonale : 1 petite, étroite, oblique; 2 plus épaisse et allongée contre le bord; ii, petite, mais bien dis- tincte sous le crochet; il n'y a aucune trace d'un épaississe- ment quelconque, qui puisse être confondu avec des lamelles latérales. Impressions musculaires allongées; impression pal- léale écartée du bord lisse. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 4 mill.; diamètre umbono- palléal : 3 mill. Rapp. et diff. — Ainsi qu'il a été indiqué à la suite de la diagnose originale, cette coqulle ne doit pas être confondue avec L. saucatsensis, à cause de sa forme bien plus inéquilatérale, moins régulièrement orbicu- laire, un peu moins convexe, plus atténuée et plus déclive sur le contour anal; en outre, au lieu des stries d'accroissement un peu grossières qui caractérisent l'autre espèce, celle-ci porte des sillons excessivement fins et réguliers, croisés par des lignes rayonnantes encore plus ténues, qui n'avaient pas été observées sur les types originaux et dont on ne cons- tate l'existence qu'au microscope; mais ces rayons sont plus visibles, même à la loupe seulement, sur la surface dorsale d'un troisième échan- tillon plus grand qui ne diffère guère des types par sa forme, et dont la dent Ab est seulement un peu moins développée, peut être par suite d'une mutilation accidentelle. Nous ne croyons pas utile de séparer cette valve gauche sous un nom de variété distincte. Localités. — Saucats (Lagusj, valve gauche type (PI. XXV, fig. 99- 100), coll. Cossmann; Moulin de l'Eglise, valve droite cotype (fig. 101-102), même coll., coll Degrange-Tuuzin. Cestas, coll. Davergier. — Biirdi- galien. Canéjan, une valve gauche douteuse, coll. Degrange-Touzin. — Ac^ui- tanîen. -224 — 281. Spaniorinus [Lasœina) orthezensis 7ioi\ sp. PL XXVI, fig. i-2. Test mince. Taille moyenne; forme ovale-transverse, un peu convexe, inéquilatérale ; côté antérieur semi-elliptique, presque deux fois plus allongé que le côté postérieur qui est un peu moins largement arrondi; bord palléal peu arqué, se raccordant par des courbes à peu près symétriques avec les contours latéraux; crochet petit, obtus, non proéminent, à peine prosogyre, situé à peu près au tiers de la longueur de la valve, du côté postérieur; bord supérieur rectiligne de part et d'autre du crochet, plus déclive en arrière qu'en avant. Surface dorsale un peu plus bombée en arrière qu'en avant, comprimée sur la région anale, très finement ornée de stries d'accroissement assez régulières, de sorte que l'aspect général est terne. Charnière courte, triangulairement échancrée en arrière du crochet : 1 formée d'une petite tige oblique, séparée en avant par une étroite fossette du bord lunulaire qui forme une légère saillie comparable à 3^, quoique ce ne soit réellement pas une dent; fossette ligamentaire courte, complètement cachée dans la cavité umbonale: pas de lamelle latérale sur le bord pos- téro-supérieur qui est simplement épaissi et dont le contour est seulement coudé à la limite de l'échancrure du ligament. Impressions musculaires allongées, peu distinctes; ligne pal- léale parallèle au bord et obscurément frangée. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 6 mill.; diamètre nmbono- palléal : 4 mill. Rapp. et diff. — Nous avions d'abord rapporté cette coquille à L. insequUateralis à cause de sa forme inéquilatérale; mais, en l'examinant plus attentivement, nous avons constaté quelques différences qui justi- fiient l'établissement d'une mutation distincte : elle a le bord kmulaire plus rectiligne, le bord palléal beaucoup moins convexe; l'échancrure ligamentaire est surtout plus étroitement trigone, presque comme chez Bornia dont on pourrait la rapprocher à cause de l'apparence de 3a; mais l'absence complète de lamelles latérales et la forme inéquilatérale des — 225 — valves décident le classement de la coquille d'Orthez dans la Section Lasœina. Localité. —■ Orthez (le Paren), deux valves droites (PI. XXVI, fig. 1-2), coll. De,aTan,2;e-Touzin. — Helvétien. 282. Spaniorinus [Lasœinà) aquitanica nov. sp. PI. XXV, fig. 3-6. Test mince et fragile. Taille moyenne; forme oblongue, siibtrigone, un peu convexe, très inéquilatérale; côté antérieur elliptique, au moins deux fois plus allongé et un peu plus rétréci que le côté postérieur qui est subanguleux en haut, peu arqué ou subtronqué sur son contour anal; bord palléal presque rectiligne à l'aplomb du crochet, raccordé par des arcs très inégaux avec les contours latéraux; crochets petits, obtus, prosogyres, situés à peine au tiers de la longueur des valves, du coté postérieur; bord supérieur presque rectiligne de part et d'autre du crochet, mais horizontal en avant et déclive en arrière. Surface dorsale assez régulièrement bom- bée, comprimée vers les extrémités, du côté du dorsal, cou- verte de stries d'accroissement excessivement fines qui lui donnent un aspect terne. Charnière très concentrée, étroitement échancrée en arrière du crochet : 1 formée d'une petite tige oblique, séparée — par une étroite fossette — du bord lunulaire qui fait une légère saillie dentiforme; fossette ligamentaire peu développée, pro- fondément enfoncée dans la cavité umbonale, s'allongeant un peu en arrière sous le bord qui semble dépourvu de lamelles latérales; 2 épaisse, courte, peu oblique, 4^, invisible contre la fossette. Impressions musculaires très allongées, inégalement inclinées, reliées par une large zone palléale, brillante, écar- tée du bord; aucune apparence de rayons internes. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 6,5 mill.; diamètre umbono- palléal : 4,25 mill. Rapp. et diff. — Bien qu'il y ait une grande analogie de forme entre cette espèce et L. orthezensis, nous la considérons comme une mutation - 226- blen distincte, non seulement à cause de son bord palléal plus rectiligne, de son contour anal subanguleux, plus élargi, moins ovale que chez Fespèce helvétienne, mais surtout à cause des différences que présente la charnière qui ressemble à celle de Bornia sauf les lamelles latérales qui font défaut ici. Nous avons bien constaté qu'il n'y a pas — sur la valve gauche — de fossette pour recevoir la protubérance lunulaire qui ressemble à 3a sur la valve droite, et c'est un critérium important pour le classement de cette coquille dans la Section Lasœina. D'autre part, L. aquitanica s'écarte de L. insequilatemlis par son bord palléal rectiligne, tandis qu'il est assez convexe chez l'autre espèce; en outre les crochets sont situés encore plus en arrière, et enfin la dent 46 manque à peu près complètement; d'ailleurs L. mxquilateralis aune charnière beaucoup plus étroite et plus étendue en longueur. Localités. — Lucbardez (cantine de Bargues), deux paires.de valves (PL XXVI. fig. 3-6), coll. Degrange-Touzin; La Saubotte, même coll., coll. Bial de Bellerade. — Aquitaiiieii. 283. Spaniorinus [Aligena) capsuloides nov. sp. PL XXVI, %. 12-15. Test peu épais. Taille petite; forme de capsule presque hémisphérique , orbiculaire , inéquilatérale ; côté antérieur semi-circulaire, deux fois plus allongé que le côté postérieur qui est un peu plus étroit et moins régulièrement arqué; bord palléal plus convexe en avant qu'en arrière, se raccordant dans le prolongement des courbes des contours latéraux; cro- chet gonflé, assez saillant, faiblement prosogyre, situé à peu près au tiers de la longueur des valves, du côté postérieur; bord supérieur convexe en avant du crochet, déclive en arrière. Surface dorsale très bombée, peu déprimée sur la région anale, couverte de fines lamelles d'accroissement qui p raissent assez régulières, à une certaine distance du crochet. Charnière très réduite, échancrée longuement en arrière : 1 petite, étroite, presque perpendiculaire sous le crochet; fos- sette ligamentaire tout à fait cachée dans la cavité umbonale; en avant, le bord cardinal est un peu élargi et épaissi; aucune trace de lamelles latérales ; 2 formée d'un petit mamelon sail- lant, à une certaine distance en avant du crochet; 4^, presque — 227 — sur la même ligne oblique que 2, mais complètement sous le crochet, très petite d'ailleurs. Impression du muscle antérieur très allongée, située à la moitié de la hauteur de la valve; Tadducteur postérieur est situé très bas, presque à l'aplomb du crochet, et il forme une impression brillante, semblable à un simple élargissement de la bande palléale. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 4,5 mill.; diamètre umbono- palléal : 4 mill. Rapp. et diff . — Par sa forme globuleuse et inéquilatérale, par ses lamelles externes, par son impression musculaire postérieure, cette petite coquille lucinoïde s'écai'te complètement de ses congénères et en parti- culier de L. saucatsensis ; cependant elle a bien la même charnière sur la valve droite, quoique son échancrure fasse un arc beaucoup plus allongé que chez L. inœquilateralis et aquitanica, cette dernière surtout qui a une échancrure de Bornia. Si on la compare & Erycina austriaca, on trouve qu'elle est plus inéqui- latérale, plus conve^^e, non rayonnée à l'intérieur, etc. Localités. — Vrllandraut (Gamachot), valve droite (PL XXVI, fîg. 12- 13), coll. Degrange-Touzin; Saint-Selve (Raton Durand), une valve droite, même coll. Noës (\ allée du Peugue), valve gauche plus élevée (fig. 14-15), coll. Cossmann. Lacbardez, une valve droite un peu irrégulière et sub- granuleuse sur les lamelles (an varf), coll. Degrange-Touzin. Léognan (le Thil), une valve gauche, coll. Bial de Bellerade. — Aquitaiiieii. KELLYELLID.E Fischer, 1887. Coquille petite, équivalve, close, suborbiculaire; ligament interne, logé dans une rainure ou fossette sous le crochet; charnière incomplètement développée, à lamelles antérieures prolongées ou confondues avec les cardinales; lamelles posté- rieures non constantes; ligne palléale non sinueuse; bords lisses. Fischer a admis dans cette Famille les quatre Genres Kelbjella Sars, Allopagus Stol., Lutetia Desh., TuHonia Forbes; mais il leur a attribué un ligament externe, tandis que Félix Bernard insiste bien sur la position interne du ligament; on en aperçoit d'ailleurs nettement la fossette dans le Genre Lutetia qui est le seul de cette Famille qu'on trouve représenté en Aquitaine. Tome LXV. 15 — 228 — LUTETIA Desh. 1860. Coquille orbiculaire ou subtrigone, globuleuse; formule de la charnière, d'après F. Bernard : I : III — L — 2 : 4 — L — P I : p m Pli Félix Bernard n'a pas interprété cette charnière comme Fischer : ayant suivi le développement ontogénique d'une petite espèce de Dax qu'on trouvera décrite ci-après, il a observé que les dents antérieures sont restées au stade de développement qui précède le stade permanent des autres AU FiG. 117. — Lutetia girondica Ben. Burd. Familles : la dent 1 est en face de la lamelle III et elle n'atteint pas le sommet; sur la valve opposée, 2 et A II se composent de deux bombements du bord cardinal, dans le prolongement l'une de l'autre; enfin les lamelles postérieures sont au contraire très allongées et très minces, on les confon- drait avec de simples rainures du bord, si l'on ne vérifiait qu'elles s'emboitent exactement d'une valve sur l'autre (G. -T. : L. parisiensis Desh. Eoc). Ce Genre représenté par trois espèces dans l'Eocène du Bassin de Paris, une à chaque niveau, existe également dans le Miocène inférieur, ainsi que Desbayes l'avait lui-même signalé; seulement Benoista attribué le nom biinligalensis Desb. à une toute autre coquille qu'à une Lutetia, de sorte que nous avons été obligés de donner un nom nouveau à celle du Burdigalien, que Desbayes avait évidemment en vue dans le texte qui accompagne la description des Lutetia parisiennes. D'autre part, la coquille de Claiborne que l'un de nous a rapportée au même Genre (Cossm. Notes compl. Alab., 1894, p. 13) est un peu diffé- rente d'après M. Dali : Alveinus minutus Conrad (1865j peut donc être conservé comme génotype d'un S. -G. distinct qui différerait par l'exis- — 229 — tence d'une faible nymphe, ce qui l'écarterait complètement de Lutetia et même des Kellyellidx d'après Félix Bernard. Nous n'avons pas les élé- ments nécessaires pour trancher la question en ce qui concerne Alveinus, mais nous constatons que la forme de la coquille et sa charnière sont exactement celles de Lutetia. On peut aussi en rapprocher Pauliella Munier-Chalm., dont le génotype (P. Bernardi Mun. Ch.), récolté à l'ile Saint-Paul par Vélain, a été étudié par F. Bernard; il se distingue par ses trois lamelles antérieures sur chaque valve. Enfin, nous avons pu nous convaincre — par l'examen de spécimens authentiques (coll. Cossmann) de Spaniodon nitidum Reuss, génotype de Spaniodon Reuss (1867) — que ce Genre est absolument identique à Lute- tia : c'est exactement la même charnière, la même forme, les mêmes impressions musculaires, il n'y a aucune différence qui puisse motiver même la séparation d'une Section de Lutetia. Il en résulte donc que le G. Lutetia a vécu jusque dans le Miocène supérieur de Volhynie. II n'en est pas de même toutefois en ce qui concerne la coquille sarma- tienne que les auteurs désignent sous le nom Spaniodon Barboti Andrz. Cette coquille — dont l'un de nous (coll. Cossmann), possède plusieurs valves recueillies à Sultanowka par feu Sokolow — est munie d'une seule énorme dent cardi- nale, sur chaque valve, en avant de la fossette ligamentaire; sa „• .,o c ■ ^ * 77 d i, *• \ i '^ _ ' FiG. lis. — bpaniodontella Barboti x\ndrz. charnière a, par suite, un peu Sarm. d'analogie avec celle de Tur- quetia Munier-Ch., étudiée par Félix Bernard dans sa Note sur les Lamellibranches de l'ile Saint-Paul ; mais, tandis que l'espèce actuelle est mince et plus courte en arrière qu'en avant, la coquille sarmatienne est épaisse et a le côté antérieur court comme les Veneridse. C'est évi- demment un Genre nouveau de la même Famille, et le savant Professeur de l'Université de Kiew, M. Andrussow, lui a déjà donné le nom Spanio- dontella. 284. Lutetia girondica Benoist in coll. PL XXVI, fig. 16-19. Test relativement épais. Taille microscopique; forme arron- die, subtrigone vers le crochet, convexe, élevée, inéqiiilatérale ; côté antérieur régulièrement arqué, un peu plus court que le ~ 230 — côté postérieur qui est rectiligne en haut et subanguleux vers le bas; bord palléal médiocrement convexe au milieu, se rac- cordant par des arcs inégaux avec les contours latéraux; cro- chets gonflés, quoique obtus, cordiformes et prosogyres, situés un peu en avant de la ligne médiane; bord supérieur égale- ment déclive et presque rectiligne de part et d'autre du crochet, mais la ligne se prolonge davantage du côté anal et se rac- cjrde par un coude peu sensible. Surface dorsale bombée, lisse, très brillante, les accroissements étant excessivement ténus. Charnière bien développée, à contour inférieur sinueux en arrière du crochet, vis-à-vis la fossette du ligament interne; Al ou 1 n'atteignant pas le crochet, formée d'un épaissis- sement assez long du bord cardinal, séparée par une rainure de A III qui est très épaisse contre le bord lunulaire; P I et P III séparées par une fine rainure qui s'étend sur toute la longueur du côté anal, jusqu'au coude de raccordement avec le contour palléal; 2 formée d'une petite protubérance oblique et épaisse sous le crochet; A II courte et saillante, séparée par une large fossette de A IV ou 4^ [sec. P\Uix Bernard) qui est simplement représentée par un épaississement peu sensible du bord lunulaire; PII confondue avec le bord; fossette liga- mentaire trigone et profonde, séparée néanmoins de la cavité umbonale par un septum échancré sur son contour inférieur. Impressions musculaires bien gravées, allongées, inégales, l'antérieure plus petite ; ligne palléale non sinueuse, parallèle au bord lisse. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 2 mill.; diamètre umbono- palléal : 2,5 mill. Rapp. et diff. — L'entogénie de cette petite coquille — qui n'est pas rare dans les gisemenis du vallon de Saucats — a été étudiée en détail par Félix Bernard (lie note sur le dév. des Lamell.. p. 139, fig. 21); la charnière est bien celle qui est dessinée dans le Manuel de Fischer (p. 1024, fig. 771); seulement l'interprétation n'est pas la même, comme nous l'avons expliqué ci-dessus. L. girondica a beaucoup d'analogie avec ses congénères parisiennes; mais elle' est beaucoup moins inéquilatirale - 231 ~ que L. parisiensis et. que L. iimbonata ; elle est moins élevée et plus tri- gone que L. deficiens Cossni., du Bartonien; elle se distingue des trois espèces par l'allongement de la rainure marginale, du côté postérieur. Localités. — Saucats (Min de Lagus), cotypes (PL XXVI, ûg. 16-19), coU, Cossmann ; assez commune. Léognan (Coquillat), toutes les collec- tions; Saucats (Reloua, M^n de l'Eglise, Pont-Pourquey, Gieux, Girau- deau), coll. Benoist. Martillac (Pas de Barreau); La Brède (Moras supr), Mérignac (Baour supr), Dax (Mandillot), une petite valve gauche, douteuse coll. Degrange-Touzin. — Burdigalien. Mérignac (Baour), coll. Peyrot. Saint-Avit (Basta), Saint-Selve (Raton- Durand), coll. Degrange-Touzin. — Aquitanieii. Orthez (Paren), coll. Degrange-Touzin. Salles (Largileyre), coll. Peyrot. — HelYetieii. Saubrigues, deux valves microscopiques, que nous n'osons séparer de la forme burdigalienne, coll. Dumas; même localité une valve, coll. Degrange-Touzin. — Tortoiiîeii. SPORTELLID.'E Dali, 1900. Coquille non bâillante, à résilium interne et à ligament externe, posé sur une nymphe peu saillante; une ou deux dents cardinales sur chaque valve; pas de lamelles latérales; impressions musculaires allongées, symétriques, ligne palléale simple, bords lisses. Nous approuvons complètement la séparation de cette Famille : l'appa- rition d'un ligament externe, dont on chercherait vainement la trace chez les Familles précédentes, la disparition du bâillement caractéristique des Galeommatidœ^ la réduction de la fossette interne pour le résilium qui est extrêmement petit, presque rudimentaire, justifient amplement cette création. Mais nous nous écartons de M. Dali quand il s'agit de faire entrer dans cette Famille des Genres tels qyJ Anisodonta, Basterotia et Fulcrella qui n'ont pas de plancher cardina'l, et qui — par conséquent — appartiennent au Sous-Ordre Adapedonta, comme on l'a vu précédemment dans cette Monographie. Si fragile que puisse paraître ce critérium, il suffit — à nos yeux — pour différencier complètement ces deux groupes, attendu qu'il dénote un stade d'évolution beaucoup plus avancé chez les Sportellidœ que chez les Basterotidœ. Ainsi émondée, la Fam. Sportellidse ne comprend que les Genres Sportella et Hindsiella, le premier seul repré- senté dans nos terrains néogéniques, quoique Benoist y ait signalé le second dont on n'a trouvé aucune valve jusqu'à présent, de sorte qu'il y a eu probablement une confusion. ~ 232 - SPORTELLA Deshayes, 1858. (=: Fabella Conrad, 1863). Forme oblongue, presque symétrique, à plancher assez épais, un peu dénivelé en arrière du crochet pour l'insertion d'un résilium rudi- _-— is^s;===__ mentaire et très ^ ^ «/a ' ^7° ÎT oblique; charnière „ ,,„ „ ,;7,z,r.uE. ^ ' FiG. 119. — Sportella dubia Desh. Eoc. presque rectiligne : 1 et 2 bien développées, 3a parfois atrophiée, 4^, courte et épaisse; nymphe longue et plate, tout à tait obsolète chez certaines espèces (G. -T. : Psammotœa dubia Desh. Eoc). Quoiqu'il soit à peu près impossible d'indiquer les différences qui per- mettraient de distinguer Fabella de Sportella, M. Dali a maintenu le premier comme Section du second; nous le considérons comme complè- tement synonyme jusqu'à preuve du contraire. Quant à la Section Angus- ticardo Cossm. 1887 (G. -T. : Poromya rotundata Desh.), de l'Eocène des environs de Paris, elle paraît caractérisée par l'épaisseur moindre du plancher cardinal qui existe cependant d'une manière continue, et par la disparition complète de l'échancrure du contour inférieur de ce plancher, la fossette étant réduite à un point imperceptible ; en outre, la coquille est plus arrondie, plus irrégulière et surtout plus convexe que celle de Spor- tella; nous n'en avons d'ailleurs trouvé aucun représentant dans le Miocène. En résumé, Sportella apparaît dès le Thanétien (S. Bezançoni Cossm.) et se poursuit pendant toute la période éogénique jusqu'au Burdigalien; nous n'en connaissons pas, jusqu'à présent, dans le Miocène moyen et supérieur; mais M. Sacco (/. c. XXVII, p, Si, pi. VIII, fig. 8) signale l'existence de l'espèce vivante, S. reconcUta Fischer, dans le Plaisancien du Piémont. Autant qu'on peut en juger d'après une figure très défec- tueuse, cette coquille aurait plutôt l'aspect de Scintilla (= Spaniorinus), et cet auteur lui-même la compare avec hésitation à Pseudopythina Fischer. Il en est de même de Nesis prima Monterpsato, que M. CeruUi Irelli a retrouvée à Monte-Mario, dans le Pliocène inférieur et qu'il a classée dans le Genre Sportella en indiquant sa ressemblance avec S. corbulina Desh. qui n'est pas une véritable Sportelle; il eût été plus prudent de conserver provisoirement la dénomination Nesis Monteros. 1878. Aussi sommes-nous convaincus — sans pouvoir toutefois le démontrer — que ce Genre Sportella, du Tertiaire ancien, n'a atteint que la base de l'époque néogénique. — 233 — 285. Sportella nepotina nov. sp. PL XXVI, fig. 7-9. Test un peu épais. Taille petite; forme oblongue-transverse, très peu convexe, faiblement inéquilatérale; côté antérieur semi-elliptique, un peu plus allongé que le côté postérieur qui est plus atténué et moins régulièrement arqué; bord palléal médiocrement convexe, se raccordant dans le prolongement du contour buccal, et par un angle arrondi avec le contour anal; crochet peu gonflé, obtus, prosogyre, situé très peu en arrière de la ligne médiane; bord supérieur légèrement arqué en avant du crochet, déclive et rectiligne en arrière où il fait un coude insensible en se reliant au contour anal. Surface dorsale peu bombée, déprimée sur la région anale, finement ornée de stries irrégulières d'accroissement, quoique le test soit brillant. Charnière courte et épaisse, supportée par un plateau car- dinal assez large qui est dénivelé plutôt qu'échancré en arrière du crochet : 2 mince, oblique à 45", 4^, presque perpendi- culaire sous le crochet; fossette du résilium superficielle, s'étendant triangulairement en arrière de 4^ jusque sur la paroi de la cavité umbonale dont elle n'est pas nettement séparée; nymphe très obsolète, presque sans aucune saillie sur le plateau cardinal : 3^ faible, couchée, le long du bord cardinal; 1 plus grosse, perpendiculaire. Impressions musculaires étroites, allongées, symétriques, reliées par une étroite zone brillante et assez écartée du bord lisse. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 4,5 milL; diamètre umbono- palléal : 3,5 mill. Rapp. et diff. — Cette petite coquille ne peut se confondre avec aucun des Spaniorinus précédemment décrits, parce que son plateau car- dinal n'est pas véritablement échancré en arrière, la fossette du résilium étant indistincte comme chez la plupart des Sportella; en outre, la prédo- minance de la dent 4b l'écarté encore davantage de S. biirdigalensis qui n'a qu'une protubérance infime à la place de 46, La nymphe n'est malheu- - 234 - reusement pas bien visible sur notre spécimen, mais on sait qu'il en est de iTiême chez beaucoup de Sportelles authentiques. S. nepotina se distingue de S. dubia Desh. par sa forme moins symétrique, plus atténuée en arrière ; elle est beaucoup moins convexe et aussi moins symétrique que S. Caillât i Desh. ; S. gibbosula Desh., de 1 Eocène inférieur, qui aurait presque même forme, est beaucoup plus gibbeux. Elle a beau- coup d'analogie avec S. modesta Desh., du Lutécien, mais chez ce dernier, la nymphe est plus apparente, et la dent 4b est moins saillante, plus obli- que; quant à S. donaciformis Desh., des environs de Paris, c'est une coquille encore plus dissymétrique que celle du Burdigalien. Localité. — Léognan (Coquillat), une valve gauche type (PL XXVI, fîg. 7-8), coll. Cossmann. Le Peloua, une autre valve gauche plésiolype (fîg. 9), coll. Peyrot. — Burdigalien 286. Sportella Degrangei nov. sp. PL XXVI, fig. 10-11. Test peu épais. Taille assez petite; forme elliptique, très allongée transversalement, peu convexe, subéquilatérale; côté antérieur ovale, plus allongé que le côté postérieur dont le contour est à peine plus atténué; bord palléal très peu arqué, se raccordant par des courbes inégales avec les contours laté- raux; crochet très petit, à peine saillant, à peine prosogyre, situé aux trois septièmes de la longueur, du côté postérieur; bord supérieur également déclive et peu arqué de part et d'autre du crochet. Surface dorsale peu bombée au milieu, faiblement comprimée aux extrémités, lisse quoique ornée de très fines stries d'accroissement qui sont assez régulières. Charnière petite, à plateau cardinal étroit et peu épais, à peine dénivelé en arrière par la fossette du résilium : 2 obli- que à 45° et assez longue; 4^ plus épaisse et plus courte, un peu oblique également vers l'avant; fossette très superficielle et courte, vaguement limitée en arrière; nymphe peu dis- tincte, quoique visible cependant par une très légère saillie obsolète sur le plateau cardinal. Impressions musculaires symétriques, étroites et allongées, reliées par une zone pal- léale un peu creuse, écartée du bord lisse. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 6,5 mill.; diamètre umbono- palléal : 4 mill. - 235 - Rapp. et diff . — Cette espèce se distingue immédiatement de S. nepo- tina par sa forme beaucoup plus étroite et plus allongée, par ses extré- mités plus symétriques, quoique son crochet soit situé plus en arrière, par sa charnière plus mince et munie de dents un peu différentes. L'attri- bution au G. Sportella n'est pas plus douteuse que pour l'autre espèce, et ici la nymphe est même un peu plus distincte. Il n'y a guère que S. cor- bulina Desh. qui soit aussi allongée, dans TEocène des environs de Paris; mais c'est une coquille beaucoup plus inéquilatérale encore, moins symé- trique et plus convexe que S. Degrangei. Localité. — Dax (Mandillot), une valve gauche (PI. XXVI, fig. 10-11), coll. Degrange-Touzin. — yt.q[ui(anîen. Cénacle : LUCINACEA Anton, 1839 {em in Dali, 1901). Coquille libre, non nacrée, plus ou moins orbiculaire, inté- gropalléale, à ligament externe ou interne, à charnière, quand elle existe, hétérodonte autour de la dent 2. Cette brève diagnose résume tout ce que l'on peut dire pour justifier la réunion — dans vin seul Cénacle — de mollusques assez divers non seule- ment par leur coquille, mais par l'anatomie de l'animal : les deux seuls caractères invariables sont l'absence de sinus palléal et de dent 1 à la charnière dont l'emboîtement se fait autour de la dent principale de la valve gauche. Il est vrai que certains groupes de Lucines ont la charnière complètement atrophiée, mais ils se rattachent manifestement — par d'autres critériums certains — à la Famille Lucinidœ, de sorte que l'on peut admettre que, si la charnière s'était développée, elle aurait été du « type lucinoïde », pour emprunter l'expression créée par Félix Bernard, en opposition avec le « type cyrénoïde » dans lequel l'emboîtement se fait autour de la dent 1. Ce Cénacle a été l'objet d'une étude très approfondie de M. Dali (Synopsis of the Lucinacea, 1901, Proc. U. S. Nat. Mus., vol. XXIlI) qui l'a divisé en cinq Familles : Thyasùidœ, Dlplodontidœ, Corbidœ, Cyrenellidse, Lucinidœ. Sous réserve de légères modifications, notamment sur la ques- tion de priorité dans la nomenclature, nous admettons ces cinq Familles qui nous paraissent judicieusement constituées, et dont deux seulement {Diplodontidœ, Lucinidœ) ont été signalées jusqu'à présent, dans le Néo- gène de l'Aquitaine. La Famille Thyasiridœ (Dali 1903) devrait porter le nom antérieur Crypto- dontidœ (Dali 1895), car même en admettant que Thyasira Leach. {in Lamk. 1818, non Thyatira Hubner), doive être substitué à Cryptodon Turton (1823) ou Axinus Sow. (1821, non Axina Kirby 1819), il y n'a aucun - 236 — motif de symétrie qui puisse enfreindre la loi de priorité pour le nom de Famille. En tous cas, bien que ce Genre ait apparu déjà dans le Paléo- cène, nous ne connaissons, dans le Sud-Ouest, qu'un seul spécimen brisé provenant de Saubrignes et qui parait pouvoir se rapporter à Tellina flexuosa Montg. qui est le génotype de Cryptodon; mais, dans l'état où il se trouve, il nous est impossible de le décrire, de le faire figurer, ni de le comparer avec l'espèce actuelle, ni avec la variété Michelottii Hœvnes, du Piémont. La Famille Corbidœ (Dali 1903), qui est encore plus ancienne que la précédente, puisqu'on en signale déjà des représentants dans les terrains du Jurassique inférieur, n'a pas été signalée dans notre Miocène. Quant à la Fam. Cyrenellidœ (Fisch. 1887) — qui ne comprend que le Genre Cyrenoida Joannis 1835 (= Cyrenella Desh. 1836) — elle ne parait exister, à l'état fossile, que dans le Pliocène de la Floride (C. caloosaensis Dali), et l'on n'en connaît que trois espèces vivantes; c'est un animal d'eau sau- mâtre, dont les caractères anatomiques ressemblent à ceux des Diplodon- tidse, mais avec une charnière très différente. UNGULINID.^ H. el A. Adaras, 1858. (= Biplodontidse Dali, 1895). Coquille équivalve, circulaire ou déformée quand elle est perforante, plus ou moins bombée, à crochets plus ou moins prosogyres; surface striée par les accroissements; charnière munie, quand elle n'est pas édentée, de 3a, 3/,, 2 et 4^, ; pas de lamelles latérales, mais le bord cardinal est souvent pro- longé par des rainures de part et d'autre, ou d'un seul côté; ligament tantôt interne, tantôt semi-interne et semi-externe; impressions des adducteurs allongées, ligne palléale entière, souvent dédoublée; bords des valves lisses. Dès l'instant que l'on réunit dans une même Famille les Ungulines et les Diplodontes qui ont presque la même charnière, il n'y a aucun motif pour éliminer la dénomination Ungulinidsê qui est de près de 40 ans anté- rieure à Dlplodontidœ. Des trois Genres Ungulina, Diplodonta et Axinopsis Sars (1878), dont se compose cette Famille, les deux premiers sont seuls représentés dans le Néogène de l'Aquitaine. ->- 237 — UxNGULINA [Daudin] Bosc, 1802. (= Clotho Faujas, 1807, non Walckenaer 1805). Coquille irrégulière, logée dans les frous des rochers ou des coraux; surface sillonnée par les accroissements, revêtue d'un épidémie épais; crochets ^ ^ /- — .,.,,^ prosogyres, peu inclinés ^^^^^^^^. - ^^=^^^^^^^^ et peu gonflés; bord car- / ^i ^ dinal épais, dépourvu de ^"^- ^'°- " ^"•'^"^'"« unouifonnis Bast. Aq. rainures en avant et en arrière; 3a épaisse, 3^ mince et à peine bifide, 2 bilobée, 4^ mince et oblique; ligament complè- tement interne, posé sur un épaississement du plateau cardi- nal, en arrière de 3/, et ii, dont il est séparé par une faible arête dentiforme (G. -T. : U. oblonga Daudin = U. riibra Boissy sec. Dollf. Dautz. 1906). Ce Genre — que l'on rapprochait autrefois des Lucines — en diffère essentiellement, non seulement par ses doubles branchies, mais encore par l'impression de l'adducteur antérieur qui ne se détache pas de la ligne palléale, comme chez Lucina; c'est surtout la position interne du ligament qui caractérise Ungulina : il n'est pas reçu dans une fossette, mais il repose au contraire sur une aire épaissie qui est nettement visible en arrière des cardinales, sur le plateau dont la surface aplatie se pro- longe assez loin de part et d'autre de la charnière, sans aucune trace de lamelles latérales. La ligne palléale est simple et s'écarte un peu du bord des valves, vers le milieu. Les Ungulines sont rares dans le Nôogène, peut-être à cause de la fra- gilité de leur test habitué à l'aljri protecteur des rochers sous-marins. Il y a lieu d'observer que, par suite de cet habitat, la présence d Ungulines dans des gisements, tels que ceux de l'Aquitanien par exem.ple, n'implique nullement que ces animaux aient été contemporains, puisqu'il se peut qu'ils aient vécu dans une mer plus récente dont le fond était formé de roches aquitaniennes : ce n'est que quand les trous — dans lesquels se sont logées ces valves — ont une antériorité bien définie (par ex. un calcaire lacustre comme celui qui s'est déposé avant la mer aquitanienno), qu'on peut affirmer, comme l'a fait Banoist pour l'espèce ci-après décrite, qu'elle appartient bien au niveau qui constitue le gisement en question. - 238 ~ 387. Ungulina uhguiformis [Basteiot]. PI. XXVI, fig. 20-23. 1825. Clotho unguiformis Bast. Mém. env. Bord., p. 92, pi. VII, fig. 6. 1838. — Bronn.iei/i. (/eo(/n.,p.964, pl.XXXVII,fig. 13. 1850. Ungulina unguiformis Desh. Traité élém. Conch., I, p. VII. 1855. — Pictet. Traité Pal., III, p. 497, pi. LXXVIII, fig. 6. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 49, a" 123. 1886. — Benoist. Foss. St-Avit (P. V. S. L. B., p. 50). 1888. — De Stef. MoU. plioc. p. 191, pi. X, fig. 1-5. 1901. — Dollf. Dautz. Nouv. liste Péléc, p. 21. 1906. — Dollf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 232, pi. XI, fig. 60-63. Test peu solide, quoique pas très mince. Taille moyenne; forme extrêmement variable, en général un peu convexe et subrectang-ulaire, mais souvent déformée par l'habitat; chez les individus normaux, les contours latéraux sont rectilignes et raccordés par dçs angles arrondis avec l'arc circulaire du contour palléal; crochets peu gonflés, prosogyres, situés pres- que au milieu — ou peu en avant de la ligne médiane — des valves; bord supérieur arqué de part et d'autre du crochet. Pas de lunula ni de corselet; surface dorsale assez bombée au milieu, avec une légère dépression médiane, peut-être accidentelle, mais fréquente ; région anale plus comprimée latéralement que la région buccale; stries d'accroissement irrégulières, parfois cariées ou sublamelleuses vers les bords. Charnière posée sur un plateau cardinal aplati, qui se déve- loppe presque sur toute l'étendue du bord supérieur, et dont le contour inférieur est à peine arqué : 3/, étroite et finement bifide, isocèle avec 3^ qui est aplatie, épaisse et dont la jonc- tion — sous le crochet — est masquée par un repli du bord antéro-supériear; 2 largement bilobée, la branche antérieure perpendiculaire sous le crochet; 4/, mince et peu inclinée; aire ligamentaire scalène sur un épaississement large et court du plateau cardinal, c'est-à-dire dans une situation interne. - 239 - Impressions musculaires à peu près symétriques, étroites et allongées, reliées par une ligne palléale simple qui n'est pas tout à fait parallèle au bord lisse des valves; l'intervalle est obtusément frangé. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 14 mill.; diamètre umbono- palléal : 15 mill. (spécimen dilaté) ; individu rectangulaire : 11 sur 13 mill. Rapp. et diff. — Il ne nous est pas possible de vérifier si cette espèce a réellement vécu de l'Aquitanien au Pliocène : sa forme est trop variable dans un même gisement pour qu'on puisse se fonder sur des différences dans l'aspect des valves, pour y distinguer des mutations; d'autre part, les figures — qui ont été publiées pour les spécimens néogéniques — ne nous permettent pas de constater des variations dans la charnière, selon les niveaux; ce n'est que par l'étude des échantillons eux-mêmes que l'on pourrait établir, s'il y a lieu, des séparations en corrélation avec des modifications de l'appareil cardinal. On ne connaît d'ailleurs aucune Ungu- lina, dans les terrains antérieurs à l'Aquitanien, à laquelle celle-ci puisse être comparée. Localités. — Saucats (Lariey), plésiotypes (PI. XXVI, fig. 22-25), coll. Cossmann; toutes les coll.; Le Thil, coll. de Sacy ; Mérignac (le Pontic), valves orbiculaires (fig. 20-21), coll. de Sacy; Baour, coll. Peyrot. Villandraut (Gamachot), coll. Duvergier. — Aqtiitanien. _ DIPLODONTA Bronn, 1831. (= Mysia Leach in Menke et Desh. 1830, non Mysea Billborg, 1820). Coquille régulière, suborbiculaire, ou subtrigone vers les crochets, lisse ou finement striée, parfois poncticulée à l'exté- rieur, rayonnée à l'in- térieur ; la charnière /^ "■ ^^ est prolongée en avant Fig. 121. — Diplodonta rotundala Monlg. Plioc. par une rainure mar- ginale : 3a simple et mince, 3^ bifide et oblique, 2 largement bifide, 4;, mince et oblique; ligament externe, submarginal (chez Diplodonta s. stricto), supporté par une nymphe plus ou moins proéminente qui ne fait aucune saillie sur le bord dor- sal; impressions musculaires inégales, l'antérieure toujours plus allongée; ligne palléale dédoublée, composée d'une zone — 240 — brillante (G. -T. : Venus lupinus Brocchi = Tellina rotundata Mtgii.). Diplodonta s'écarte nettement d'Ungidina, non seulement par sa forme toujours régulière et par ses impressions musculaires dissymétriques ainsi que par sa ligne palléale dédoublée, mais encore et surtout par son ligament externe qui indique un degré d'évolution plus complète dans la morpho- logie de la charnière. Cependant Diplodonta est bien plus ancien qu'Ungu- lina, puisqu'il apparaît dès le Paléocène (Montien et Thanétien); on doit en conclure que l'ontogénie n'est pas en corrélation avec la phylogénie dans ce cas particulier. Le rejet de la dénomination Mijsia Leach, est motivé — non pas, comme l'indique M. Sacco (/. c. XXIX, p. 62), par ce que l'antériorité est contes- table — mais parce que l'on peut confondre Mij&ia avec Mysea qui a été bien antérieurement appliqué à un G. d'Arachnide. Felaiiiella Dali (1900). Forme plus ou moins subqua- drangiilaire, peu bombée, généralement inéquilatérale; char- nière de Diplodonta h cette exception près que le ligament est semi-interne et semi- ^^^—^ .x:r:\ externe, la nymphe se- /^^!u^ ^\, /^ 3, v^^^^ parant deux aires lie^a- , 1, ^ , FiG. 122.— Fe/«»/e//oB/«// Gossm. et Peyr. x\q. mentaires dont 1 exté- rieure est isolée du corselet par une rainure, tandis que Faire interne s'étend sur le plateau cardinal et se joint à l'autre au bout de la nymphe; en outre, la rainure antéro-dorsale est beaucoup plus marquée par le reploiement du bord lunulaire, de sorte que l'aspect du prolongement du plateau cardinal — vers le côlé buccal — est très différent. (G. -T. : Felania iisfa Gould, Viv.). Les différences que nous venons de résumer ci-dessus justifient ample- ment la séparation d'un Sous-Genre, au même titre que Felania Recluz (1851) qui porte deux rainures en prolongement du plateau cardinal, l'une en avant, l'autre en arrière. Nous ne connaissons pas de Felania fossile, mais le S. -G. Felaniella apparaît dès le Paléocène (Thanétien), et il sem- ble s'éteindre avant l'Helvétien. — 241 — 288. Diplodonta rotundata 'Montagir. PL XXVI, fig. 26-30. 1803. Tellina rotundata Montg. Test. Brit., I, p. 71, pi. II, fig. 3. 1814. Venus lupinus Brocchi. Concli. subap., Il, p. 553, pi. XIV, fig. 8. 1831. Diplodonta lupinus Bronn. Ital. tert. Gebild., p. XII, 96. 1852. Lucina lupinus d'Orb. Prod., III, p. 116, 26* et., n« 2172. 1852. Diplodonta rotundata Wood. CragMoIl., II, p. 144, pi. XII, fig. .3. 1858. Mysia rotundata H. et A. Adams. Gêner, rec. Moll., Il, p. 473, pi. CXIV, fig. 6. 1864. Diplodonta rotundata Mayer. Tert. Azoren. p. 27. 1865. — Hœrn. Tert. Beck. Wien, II. p. 216, pi. XXXII, fig. 3. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 49 no 121 (e.rpar^e). 1882. — Font. Plioc. Rhône, II, p. 116, pi. VIII, fig. 5 isola). 1901. — Sacco. I Moll. terz. Piem., XXIX, p. 62, pi. XV, fig. 1901.' — Dollf. Dautz. Nouv. li.ste Péléc, p. 21. 1904. — Dollf. Cott. Goraez. PI. inéd. da Costa, pi. XYUl, fig. 5. 1906. — Dollf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 236, pi. XIV, fig. 20-26. 1909. — Cerulli-Irelli. Fauna mal. mariana, p. 173, pi. (XXVIII), fig. .35-43. Test mince. Taille moyenne; forme orbiculaire, très con- vexe, oblique et inéqailatérale. quoique très variable dans un même gisement; côté antérieur arrondi, plus court et beau- coup plus atténué que le côté postérieur qui est largement dilaté; bord palléal régulièrement arqué dans le prolongement des courbes latérales; crochets petits, peu proéminents, très faiblement prosogyres, situés très peu en avant de la ligne médiane, quand les valves sont convenablement orientées (1); bord supérieur peu excavé en avant, légèrement déclive en (1) Il est très facile de dénaturer celle orlenlalion chez un Diplodonte, si on incline trop les valves posées à plat sur leur surface dorsale : la position correcte corres- pond à Ihorizonlalité de la tangente à la convexité maxima du bord palléal. - 242 - arrière du crochet. Lunule et corselet indistincts; surface dor- sale régulièrement bombée, non déprimée sur la région anale, couverte de fines stries d'accroissement qui lui donnent l'as- pect fibreux. Charnière peu épaisse, posée sur un plateau assez étroit sur le contour inférieur duquel les dents cardinales font une petite saillie; 3/, profondément bifide et oblique; 3a mince et isocèle, contiguë au bord; 2a finement bifide et presque perpendicu- laire sous le crochet; 4^ très oblique, séparée par une rainure de la nymphe qui est deux fois plus longue et proéminente; une fine rainure sépare le ligament de la région du corselet. Impressions musculaires très inégales, l'antérieure étroite et longue, la postérieure en forme de pépin; impression pal- léale dédoublée, formant une zone étroite et brillante, peu écartée du bord qui est lisse. La surface interne des valves est, en outre, très finement rayonnée. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 17,5 mill. ; diamètre um- bono-palléal : 16 mill.; épaisseur des deux valves : 10 mill. (il y a des spécimens plus bombés). Rapp. et diff. — L'extraordinaire extension stratigrapliique et géo- graphique de cette espèce si répandue a donné lieu à de nombreuses Controverses : la plus importante de ces discussions a porté sur l'inter- prétation de D. lupinus Brocchi, que certains auteurs (MM. Sacco, Dollfus et Dautzenberg, notamment) réunissent à D. rotundata tandis que M. Cerulli- Irelli a tout récemment — après une attentive comparaison du type de Brocchi — maintenu, au moins à titre de variété, la séparation entre les deux formes. Les spécimens de l'Helvétien de l'Aquitaine ressemblent complètement aux valves de la mer de la Manche que nous avons sous les yeux et qui correspondent bien à la forme typique de Montagu; encore y a-t-il lieu d'observer que — dans la même localité de Pornichet — on trouve des individus plus ou moins bombés et qui semblent plus ou moins inéquilatéraux, selon l'inclinaison qu'on fait prendre aux valves. Nous avons cité en synonymie les provenances du Bassin de Vienne et de la Touraine qui, d'après les figures (Hœrnes) ou les spécimens de Manthe- lan que nous avons sous les yeux, paraissent aussi se rapporter au véri- table D. rotundata. Mais les individus d Anvers que les géologues belges désignent sous le nom de variété dilatata Phil. (coll. Cossmann), sont certainement plus inéquilatéraux et plus transverses. Nous pensons - 243 — d'autre part que la variété orbiculaire, Woodi Font , du Bassin du Rhône, doit probablement se confondre avec D. lupinus Br. ; quant à la variété permagna Sacco, elle a plutôt de l'analogie avec D. dilatata. Nous n'attachons pas une très grande importance à toutes ces désigna- tions, parce que la charnière est, en général, exempte de variations, et qu'elle présente un aspect constamment identique à celle des spécimens actuels; enfin parce que, dans le même gisement de Salles, nous trouvons des individus plus ou moins obliques, ou orbiculaires comme D. lupinus de Monte-Mario (coll. Cossmann). En résumé, D. rotundata Mtgu. débute dans l'Helvétien, mais on ne le recueille pas au-dessous de ce niveau. Localité. — Salles (Largileyre), rare (PI. XXVI, fig. 28-30), coll. Dumas; Moulin Débat, une valve droite (fig. 26-27), coll. Bial-Neuville ; Salles (Minoy), coll. Duvergier. — Helvétieii. 289. Diplodonta oncodes nov. mut. PI. XXVI, fig. 31-33 1873. Diplodonta rotundata Ben. Cat. Sau., p. 49, m 121 {ex max. parte). Test fragile. Taille moyenne; forme exceptionnellement gonflée, presque gibbeuse, très inéquilalérale; côté antérieur ovale-arrondi, très sensiblement plus court que le côté posté- rieur qui est fortement dilaté et subanguleux en haut; bord palléal régulièrement arqué; crochets gonflés, assez saillants, nettement prosogyres, situés à peu près au tiers de la lon- gueur, du côté antérieur; bord supérieur peu convexe en avant, rectiligne et presque horizontal en arrière du crochet, se raccordant par un angle arrondi avec le contour anal. Lunule creuse, quoique non limitée; corselet indistinct; sur- face dorsale bombée, très vaguement marquée à l'arrière par une double dépression rayonnante; on n'y distingue, à la loupe, que des sillons d'accroissement excessivement ténus, néanmoins la surface n'est pas brillante. Charnière peu épaisse, très faiblement échancrée sur son contour inférieur : 3^ oblique et largement bifide; 3a non iso- cèle, bien séparée du bord qui recouvre presque totalement la rainure antéro-dorsale; nymphe longue, aplatie, peu dis- tincte de l'aire ligamentaire qui esf large et limitée à l'exté- rieur par une profonde rainure; 2 profondément bifide, pas Tome LXV. 16 — 244 — tout à fait perpendiculaire sous le crochet; ij, formée d'une longue et mince lamelle à 45°, séparée de la nymphe par un sillon bien visible. Impressions musculaires superficielles, iné- gales, l'antérieure allongée, la postérieure plus arrondie; ligne palléale dédoublée, formant une zone brillante, plus large au milieu qu'aux extrémités, rapprochée du bord lisse; surface interne obscurément rayonnée. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 18 milL; diamètre umbono- palléal : 16,5 mil!.; épaisseur des deux valves : 11 à 12 mill. Rapp. et diff. — D. rotundata étant très variable, nous ne nous som- mes décidés à en séparer cette mutation burdigalienne que par le cri- térium de la charnière qui présente des diflerences très sérieuses et constantes : d'abord, le rebord lunulaire envahit davantage la rainure antéro-dorsale, de sorte que la lunule est plus creuse et que les crochets sont plus gonflés, outre qu'ils sont plus prosogyres; d'autre part, 3a est plus détachée, 2 est moins perpendiculaire et un peu inclinée, la nymphe est moiis saillante et elle se confond davantage avec l'aire ligamentaire. Si l'on ajoute à ces différences celles tirées de lu forme qui est plus convexe chez D. oncodes que chez aucune des variétés de D. rotundata, de la posi- tion des crochets qui sont plus en avant, du bord palléal qui est plus régu- lièrement arqué, de sorte que sa convexité maxima est moins en arrière, enfin de l'existence d'une double dépression anale qu'on n'aperçoit jamais chez l'espèce actuelle, on en conclura que la distinction de cette mutation ancestrale est bien justifiée. D. oncodes est plus convexe et a des crochets plus saillants que D. renulata Lk., de l'Eocène; il ressemble par sa forme à D. grata Desh., du Lutécien, mais ses crochets sont situés plus en avant et son contour antérieur est plus atténué; mais ce qui le distingue de toutes ces espèces, c'est surtout son bord antéro-dorsal fortement réfléchi sur la rainure, caractère qu'on n'observe, au même degré, que chez D. deci- piens et grignonensis Desli. ou chez D. Lamberti Desh., quoique ces espè- ces éocéniques se distinguent par une tout autre forme. Localités. — Léognan (Coquillat), assez répandue, valve droite (PI. XXVI, fig. 31-33), coll. Bial-Neuville; Carrère, coll. Peyrot; Thibaudeau, coll. de Sacy. Saucats (Lagiis), commune; Font-Pourquey, valve gauche (fig. 34-35), coll. Cossmann. Cestas (M'i Neuf), coll. de Sacy. — Biir- digalien. — 245 — 290. Diplodonta Sacyi nov. sp. PI. XXVI, fig. 36-37. Test assez mince. Taille au-dessous de la moyenne; forme peu convexe, orbiculaire, très peu oblique, quoique ine'qui- lalérale; côté antérieur régulièrement arrondi, plus court que le côté postérieur qui est subanguleux vers le haut, médio- crement arqué sur le contour anal, et plus dilaté en somme que le côté antérieur; bord palléal plus convexe en arrière qu'en avant, se raccordant par des arcs inégaux dans le pro- longement des contours latéraux; crochets petits, peu gonflés, faiblement saillants, presque opposés ou à peine prosogyres, situés aux trois cinquièmes de la longueur, du côté antérieur; bord antéro-supérieur déclive, faiblement arqué, bord postéro- supérieur rectiligne, peu déclive ou presque horizontal jus- qu'au coude du contour anal. Lunule indistincte, non limitée, un peu déprimée; corselet étroit, assez profond, limité par une rainure du côté du ligament; surface dorsale peu bombée marquée à l'arrière par une dépression assez nette, qui cor- respond à la partie subtronquée du contour anal; toute la surface est couverte de stries d'accroissement excessivement fines, elle est néanmoins lisse et luisante. Charnière peu épaisse : 2 largement bifide, à deux branches très minces, presque perpendiculaires sous le crochet; 4^ incli- née à i5", bien séparée de la nymphe qui est médiocrement allongée, d'abord aplatie, puis plus saillante à son extrémité; région antérieure du plateau cardinal peu aplatie et très vaguement rainurée. Impressions musculaires inégales, peu profondément gravées, l'antérieure plus grande, toutes deux reliées par une ligne palléale très voisine du bord; surface interne obscurément rayonnée. Dm. Diamètre antéro-postérieur: 8,5 mill.; diamètre umbono- palléal : 7,5 mill. Rapp. et diff.- — Si cette petite valve gauche ne différait de D. rotun- data que par sa forme beaucoup moins convexe, moins oblique, plus large en avant, plus tronquée et plus coudée en arrière, nous aurions hésité à - 246 - la séparer de l'espèce actuelle; mais à toutes ces différences qui justifie- raient déjà la distinction d'une autre race, il faut ajouter celles de la charnière qui dénote une espèce absolument différente; 4b est beaucoup plus rapprochée de 2, la nymphe est moins longue, plus proéminente à son extrémité, et surtout le bord antéro-cardiual s'élargit moins, et se creuse à peine, de sorte que la rainure diplodontoïde est peu caractérisée. D. Sacyi s'écarte encore davantage de D. oncodes par son galbe peu bombé, par son crochet moins incliné en avant, par sa lunule moins creuse, par son bord non réfléchi du côté antérieur, par sa rainure obso- lète, etc. Nous le comparerions plutôt à D. renulata Lamk., de TEocène des envi- rons de Paris, quoique cette dernière coquille soit moins dilatée en arrière, et que son contour anal ne soit pas coudé comme celui de D. Sacyi. Localité. — Le Peloua, une valve gauche (PI. XXVI, fig. 36 37), coll. de Sacy. Cestas (Moulin Neuf), même coll. — Burdigalieii. 291. Diplodonta trigonula Bronn. PI. XXVI, fig. 44-47. 1831. Diplodonta trigonula Bronn. Ital. tert. Gebild., p. 96, pi. III, fig. 2. 1844. — Phil. Enumer. Moll. Sic, IL, p. 24(foss.). 1865. — Hœrnes. Tert. Beck. Wien, II, p. 218, pi. XXXII, fig. 4. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 49, no 122. 1886. — Doll-f. Dautz. Etude prélim. Tour., p. 6. 1901. — DoUf. Dautz. Nouv. liste Pélécyp., p. 21. 1901. — Sacco. I Moll. terz. Piem., XXIX, p. 64, pi. XV, fig. 20-22. 1903. — Dollf. Cotter et Gom. Moll. tert. Port., p. 48, pi. XVIII, fig. 6. 1906. — Dollf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 238, pi. XI, fig. 56-59. 1909. D. (Felaniella) triyonula CeruUi-Irelli. Fauna mal. mariana, p. 159, pi. XXVIII, fig. 49. Test médiocrement épais. Taille moyenne; forme orhicu- laire élevée, subtrigone vers le crochet, légèrement oblique, quoique peu inéquilatérale; côté antérieur régulièrement ar- rondi, à peine plus court que le côté postérieur qui est un peu plus dilaté vers le haut; bord palléal arqué dans le prolonge- ment des courbes latérales; crochets assez saillants, peu gon- flés, presque opposés, situés peu en avant de la ligne médiane; - 247 — bord supérieur également déclive et rectiligne de part et d'au- tre du crochet. Lunule et corselet indistincts; surface dorsale peu bombée, non déprimée à l'arrière, irrégulièrement sil- lonnée par les accroissements du test. Charnière triangulaire, limitée par une ligne droite au- dessus de la cavité umbonale, prolongée par une étroite rainure antéro-dorsale : 3^, très profondément bifide, 3a isocèle et contiguë au bord; 2 épaisse et bifide, ib mince et lamel- leuse contre la nymphe qui est peu proéminente; aire liga- mentaire très large au-dessus de la nymphe, et séparée par une profonde rainure de la région du corselet. Impressions musculaires inégales, l'antérieure longue et étroite, la posté- rieure en forme de pépin; ligne palléale dédoublée, formant une étroite zone brillante, à quelque distance du bord lisse; surface interne non rayonnée. DiM. Diamètre : 15 mill. ; épaisseur d'une valve : 4 mill. Rapp. et diff. — Quoique cette espèce diffère absolument du génotype D. rotundata par sa forme subtrigone et presque équilatérale, ce n'est pas un motif pour la placer dans le S. -G. Felaniella, comme l'a fait M. Cerulli- Irelli : sa charnière est, en effet, identique à celle du génotype de Diplo- clonta, et le ligament ne déborde pas sur la nymphe, du côté interne. Les variétés astartea Nyst., Farinesi Font., Fischeri Font, ont été distin- guées d'après la forme extérieure des valves; mais personne n'a comparé attentivement les charuières dont l'étude seule peut décider la séparation définitive d'espèces distinctes. Il semble d"aulre part que D. apicalis Phil. n'est que le jeune âge de D. trigonula, ou tout au moins une race amoin- drie, à l'époque actuelle, de cette espèce fossile. D. Decaisnei Stan. Meunier, de l'Oligocène de Pierrefitte, est moins orbiculaire que D. trigomda; D. lœvlgata Desh., de l'Eocène inférieur, qui n'est pas un Felaniella, est plus bombé et moins trigone, ses autres espè- ces subquadrangulaires sont, pour la plupart dès Felaniella. Localités. - Saucats (Pont-Pourquey), valve gauche, plésiotype (PI. XXVI, fig. 44-45), coll. Bial-Neuville; coll. Cossmann. Léognan (Coquil- lat}, coll. de Sacy. — Burdîgalien. Salles (Moulin Débat), valve droite plésiotype ^fig. 46-47), coll. Bial- Neuville. Salles (M'n du Minoy), coll. Duvergier. Orthez (Paren) coll. Peyrot. — Helvétieii* - 248 — ^ 292. Diplodonta [Felamella) Biali nov. sp. PI. XXVI, %. 48-51. Test peu épais. Taille au-dessous de la moyenne; forme lenticulaire et peu convexe, presque symétrique, obtusément subquadrangulaire quoiqu'arrondie sur tous ses pontours; coté antérieur semi-elleptique, sensiblement égal au côté pos- térieur qui est légèrement dilaté vers le haut et un peu moins arqué sur le contour anal; contour palléal circulaire; crochets petits, à peine saillants, non gonflés, situés au milieu des valves, exactement opposés; bord supérieur à peine excavé en avant, déclive et rectiligne en arrière du crochet. Lunule et corselet indistincts; surface dorsale très peu bombée, non déprimée sur la région anale, ornée de fines stries d'accrois- sement qui deviennent plus fibreuses vers les extrémités. Charnière un peu haute, prolongée en avant par une large rainure aplatie arqué sur son contour inférieur qui est faible- ment échancré en avant : 3;, épaisse et bifide, plus longue que 3a qui est également inclinée, mince, et séparée du l)ord par une fine rainure; 2 divisée en deux par un sillon, la branche postérieure plus étroite et perpendiculaire sous le crochet, l'antérieure un peu inclinée; 4;,^ mince, oblique à 45", séparée de la nymphe qui est assez courte, épaisse et proéminente ; elle divise le ligament en deux régions, l'externe séparée du corselet par une rainure, l'interne formant une aire un peu creuse sur le plateau cardinal et se joignant à l'autre à l'ex- trémité de la nymphe. Impressions musculaires bien gravées, inégales, l'antérieure palmiilée, descendant plus bas que la postérieure qui est limitée par une arête très obtuse; ligne palléale dédoublée, parallèle au bord lisse; surface interne très distinctement rayonnée, surtout vers la zone palléale. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 10,5 mill.; diamètre iim- bono-palléal : 10 mill. Rapp. et diff. — Cette cocfuille est généralement désignée dans les collections sous le nom D, trigonula Bronn, quoiqu'elle soit plutôt qua- — 249 — drangulaire et transverse c(ue trigone et élevée ; mais, si l'un examine la charnière, on s'aperçoit aussitôt qu'elle présente une différence capitale, puisque le ligament chevauche sur la nymphe et qu'il est moitié externe, moitié interne, comme chez Felania; c'est pourquoi nous plaçons D. Biali dans le S. -G. Felaniella Dali, qui est largement représenté dans l'Eocène. Notre espèce aquitanienne a même heaucoup d'analogie avec D. elliptica Lamk., du Bartonien des environs de Paris; mais ce dernier a les trois contours (anal, buccal et palléal) moins arqués ou presque rectilignes, et le bord dorsal plus déclive. D'autre part, D. consors Desh., du Thanétien, est sensiblement plus élevé, moins transverse que D. Blali; D. radians Mellev. est plus trigone vers les crochets, plus convexe et plus fortement rayonné sur toute la surface interne des valves. Nous ne connaissons, dans le Néogène, aucune forme qui puisse être rapprochée de ce Fela7iiella. Localités, — Léognan (le Thil), types (PL XXVI, fig. 48-51), coll. Bial de Bellerade. Mérignac, coll. Cossmann. — Aquitanîen. Pont-Pourquey, une valve droite douteuse, coll. Bial de Bellerade. — Bui'dîgalîen. 293. Diplodonta [Felaniella) brevifulcrata n. sp. PL XXVI, fig-. 38-43. Test mince. Taille petite ; forme goodallioïde, un peu con- vexe, irrégulièrement arrondie, inéquilatérale, avec le côté antérieur plus long et plus atténué que le côté postérieur; crochets un peu gonflés et saillants, opposés, situés toujours en arrière de la ligne médiane, même au tiers de la largeur des valves népioniques; bord supérieur légèrement arqué, plus déclive en avant qu'en arrière du crochet. Lunule et corselet indistincts; surface dorsale médiocrement bombée, an peu déprimée sur la région buccale, ornée de très fines stries d'accroissement. Charnière extrêmement réduite en lar- geur, à contour inférieur peu saillant sur la cavité umbonale : 3;, largement bifide, oblique; 3a isocèle, contiguë au bord; 2 bifide, perpendiculaire sous le crochet; 4;, mince, oblique à 45°; nymphe étroite, saillante, à peine plus longue que 4^, séparant l'aire ligamentaire externe qui est limitée par une rainure de l'aire interne à l'extrémité de la nymphe; du côté buccal, on ne distingue absolument aucune trace d'une rai- — 250 — nure contre le bord antéro-siipérieur. Impressions muscu- laires bien gravées, inégales, réunies par une large zone palléale qui est brillante, tandis que le reste de la surface intérieure est terne et dépourvu de sillons rayonnants. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 5,5 milL; diamètre umbono- palléal : 6 mill. Rapp. et diff. — Lorsi[ue les individus sont jeunes, on peut hésiter à les séparer de D. Biali ; cependant on les redonnait toujours par leur forme plus arrondie, plus élevée, inéquilatérale, par la disparition com- plète de la rainure antéro-dorsale, et surtout par le brièveté de la nymphe qui ressemble à une dent cardinale supplémentaire; en outre, il n'y a aucune trace de rayons internes, et la zone palléale plus large est aussi plus écartée du bord. Dans l'Eocène, c'est à D. inœqualis Desh., de Thanétien, que notre espèce ressemble le plus, quoiqu'elle soit encore plus inéquilatérale, plus élevée et plus rétrécie vers les crochets; on la distingue, d'autre part, de D. radians Mell. parce que celui-ci est presque symétrique et pourvu de sillons rayonnants sur sa surface interne. Localités. — Léognan (Coquillat), cotypes adultes et népioniques (PI. XXVI, fig. 38-43), coll. Bial-Neuville. Saucats (Mii de l'Eglise), coll. Cossmann. Cestas, individu usé et douteux, coll. de Sacy ; Saucats (M'n de Lagus, coll. Bial de Bellerade. Léognan (Le Thil supérieur), coll. Bial- Neuville. — Bnrdigalieii. Pessac (Lorient), coll. de Sacy. Mérignac (Baour), coll. Peyrot. — Ac|uitaiiieii. LUCINID.E Fleming, 1828 (em.). Coquille équivalve, close, orbiculaire ou elliptique, aplatie ou très bombée, à crochets prosogyres, à surface plus ou moins ornée; ligament marginal ou subinterne; charnière variant depuis l'édentulation complète jusqu'à la formule : A III — A 1 — 3a — 3,, — P I — P III A II — A IV — 2 — 4i, — P II — P IV Il n'y a jamais de dent 1, le pivot de l'emboîtement est la dent 2 de la valve gauche qui n'est point centrale, parce que 4a ne s'est pas développée ; on trouve tous les intermédiaires provenant de l'atrophie respective de chacun de ces éléments, — 251 — Impressions musculaires écartées, inégales, l'antérieure inva- riablement prolongée par une digitation assez étroite, parfois très longue, située à l'intérieur de la ligne palléale qui ne comporte aucun sinus et qui aboutit normalement à l'adduc- teur postérieur; bord palléal parfois denticulé par de fines crénelures qui se prolongent plus ou moins sur le bord dorsal. En rapprochant cette Famille des Tellinacea, dans l'Ordre des Dibran- chia, Fischer a été conduit à en éliminer et à en écarter beaucoup les Ungullnids! dans lesquelles il a fait entrer Cryptodon, malgré ses affinités lucinoïdes. Nous avons expliqué — au début de cette Monographie — les motifs qui nous ont décidés à ne pas le suivre dans cette voie; la morpho- logie de la charnière, étudiée par Félix Bernard, nous a offert une base toute naturelle pour laisser les Lucines à l'emplacement qu'elles ont tou- jours occupé dans le système des Pélécypodes C'est même un fait inté- ressant de constater que le pivot de la charnière est à gauche (dent 2) comme chez les formes normales de Chamacidge, quoique les Lucines soient des coquilles libres, non fixées, alors que ce pivot est toujours à droite (dent 1) chez tous les autres Hétérodontes plus ou moins parfaits. L'explication de ce fait est dans l'ancienneté des Lucines; car il est un fait à peu près certain, c'est que les Hétérodontes mésozoïques sont, pour la plupart lucinoïdes, et l'on ne connaît — pour ainsi dire — pas de for- mes cyrénoïdes à dent 1 dans le Jurassique, à part les CardUdœ. La division rationnelle de cette Famille en Genres, Sous-Genres et Sec- tions, a été tentée par M. Dali (1903 — Tert. Flor., p. 1331); nous ne nous en écarterons que sur certains points, et particulièrement sur l'ordre d'exposition de cette classification. En effet, il nous a paru préférable de commencer par le Genre Lucina proprement dit, qui est complètement édenté, et de suivre graduellement l'apparition des éléments successifs de la charnière, ainsi que le déplacement du ligament qui — dans certains groupes — reste interne ou à peu près, comme chez la coquille népioni- que, tandis que chez les autres, il évolue vers la position externe et défi- nitive, avec une nymphe pour le supporter; cette évolution parait en concordance, à peu d'exceptions près, avec le développement de l'appa- reil cardinal, de sorte que l'on peut conclure que la Lucine parfaite est celle qui comporte la formule ci-dessus, avec un ligament externe. Partant de ces données, nous admettons les Genres suivants : I. Lucina; II. Loripes; III. Pseudomiltha; IV. Miltha; V. Myrtea; VI. Coda- kia; VII. Phacoides; VIII. Divaricella. A l'exception du troisième, nous avons à nous occuper ici de tous les Genres; Pseudomiltha Fisch. (1887) est une forme ôocénique, de grande — 252 — taille (G. -T. : Lucina glgantea Desli.) qui a extérieurement la forme de Phacoides, mais dont la charnière est complètement édentée, et surtout dont le bord dorsal comporte une interruption caractéristique sur toute la longueur de l'aire ligamentaire. On observe la même disposition chez Lucinoma Dali (1903), ainsi que nous l'avons constatée, sinon chez le génotype, du moins chez une forme affine, L. acutilineata Conrad (coll. Cossmann). LUCINA [Brug.] Lamk. 1799. Coquille globuleuse, peu épaisse, pourvue d'une lunule, dépourvue de corselet; bord cardinal édenté; ligament ex- terne plus ou moins enfoncé dans la commissure dorsale ; impressions musculaires inégales, dissymétriques; l'antérieure proboscidiforme, la postérieure palmulée; surface interne, tan- tôt rayonnée, tantôt munie d'oscules. Lucina s. str. — Ligament nettement externe, posé sur une nymphe formée par Tépaississement du bord cardinal qui FiG. 12.3. — Lucina edentula Lin. Viv. est un peu calleux et à peine arqué, sans échancrure en arrière du crochet; lunule étroite, longue, bien limitée; impression du muscle antérieur longue, parallèle au bord (G. -T. : Tellina edentula Lin. Viv.). La délimitation exacte du terme Lucina a été établie dans le Manuel de Fischer ef adoptée aussi par M. Dali (1900 — Tert. Flor., VI, p. 1352). La plupart des auteurs ont admis comme synonyme Loripinus Monterosato (1884), dont le G.-T. est L. fragilis, coquille de la Méditerranée. D'accord avec M. Dali, nous pensons qu'il y a des motifs suffisants pour admettre cette Section distincte. Loripinus Monts. 1884.^ — Ligament enfoncé presque à l'in- térieur sous le bord dorsal, dans une sorte de rainure oblongue et étroite; bord cardinal étroit et échancré en arrière du cro- chet, parfois muni — sur la valve droite — d'une protu- — 253 — bérance dentiforme sous le crochet, mais sans aucune fos- sette sur la valve gauche; lu- nule courte, large, obtusément limitée; impression cki mus- FiG.i24.-Lon>«us/'ra^/z/.Phii,Plioc. cle antérieur assez courte, di- vergente (G. -T. : Lucina fragilis Phil. = edentula Br. non Lin. Plioc). Comme Ta fait ressortir M. Dali, il y a une grosse différence dans l'insertion du ligament qui est quasi-interne chez Loripinus; en outre, la lunule et l'impression musculaire sont beaucoup plus courtes; le bord car- dinal est aussi plus mince et mieux échancré en arrière. C'est à cette Section et non au G. Lucina s. str. que Ion doit rapporter les fossiles connus en Elurope, depuis ceux de TEocène et de l'Oligocène, jusqu'au Néogène de France et d'Italie. Toutefois, aux Etats-Unis, d'après le témoi- gnage de M. Dali, on trouve de véritables Lucines depuis le Claibornien (L. subvexa Conr.), jusqu'à l'Aquitanien de la Floride (L. Janus, corpulenta Dali). Quant à I. chrysostoma Meuschen (= edentula Chemn. non L.), il est abondant dans le Pliocène de la Floride (coll. Cossmann), et on le distingue aisément par son bord cardinal aussi épais que celui d'un Lori- pes; mais c'est bien également un Lucina s. stv. Par conséquent, on pour- rait conclure de là que Loripinus est cantonné en Europe seulement, et Lucina s. str., de l'autre côté de l'Atlantique, le génotype étant originaire de la Jama'ique. 294. Lucina [Lovipinm) fragilis Phil. PI. XXVI, fig. 52-35. 1814. Tenus edentula Brocclii. Concb. subap., II, p. 552 {non Linné). 1825. Lucina edentula Borson. Oritt. Piem., XXIX, p. 272. 1836. Lucina fragilis Phil Enum. MoU. Sic, I, p. 34. 1844. — Phil. Ibid., II, p. 25. 1850. Lucina Sismondœ Desh. Traité élém. Conch.,p. 786. 1852. Lucina subedentula d'Orb. Prod., III, p. 116, 26'^ et., n" 2181. 1865. Lucina Sismondœ Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 224, pi. XXXII, fig. 6. 1881. — Font Moll. Plioc. Rhône, II, p. 110. 1884. Loripinus fragilis Monteros. Nomencl. Conch. médit., p. 17. 1901. Lucina fragilis Sacco. I Moll. terz. Piem., XXIX. p. 69, pi. XVII, fig 3-5. 1901. Loripes fragilis DoUf. Dautz. Nouv. liste Pélécyp., p. 22, - 254 — 1903. Loripes fragills Dollf. Cott. Gom. Moll. Tert. Port., p. 45, pi. XVII, fig. 4-5. 1909. Lucina fmgilis Dollf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 241, pi. XVI, fig. 1-4. 1909. Loripinm fragilis Cerulli-Irelli, Fauna mal. Mar., p. 176, pi. XXIX, fig. 6-8. Taille moyenne; forme très convexe, suborbiculaire, quoi- que inéquilatérale; côté antérieur relevé vers le haut et très atténué, à peu près aussi large que le côté postérieur qui est plus dilaté et subtronqué sur son contour anal; bord palléal régulièrement arqué; crochets gonflés, prosogyres, situés à peu près au milieu; bord supérieur excavé en avant du cro- chet et subanguleux à sa jonction avec le contour buccal; bord supéro-postérieur un peu arqué, raccordé en courbe avec le contour de la troncature anale. Lunule large, profonde, bien limitée; surface dorsale bombée, fortement déprimée sur la région anale dans la partie correspondant à la troncature du contour; fines stries d'accroissement croisées par quelques rayons très obsolètes. Charnière étroite,, largement excavée en arrière, munie sur chaque valve de protubérances dentiformes qui n'engrènent pas l'une avec l'autre, celle de la valve gauche est d'ailleurs plus épaisse; ligament subinterne, inséré dans une étroite rainure sous le bord dorsal et vis-à-vis de l'excavation du contour cardinal; impressions musculaires profondément gravées (sur les valves décrites du Tortonien), l'antérieure très courte, à peine digitée par un prolongement aussi large que long; ligne palléale cariée (sur nos valves plésiotypes), parallèle au bord lisse. DiM. Diamètre antéro-postérieur : H mill.; diamètre umbono- palléal : 9,5 mill. Rapp. et diff. — A part les impressions internes qui sont — peut- être accidentellement — plus profondément gravées dans le test, les valves que nous venons de décrire sont, en tous points, identiques à celles du Pliocène de Masserano (coll. Cossmann) que nous a envoyées M. Sacco. L'atténuation caractéristique du contour buccal, la profondeur de la — 255 - dépression anale, l'existence de protubérances dentiformes sous les cro- chets, ne laissent place à aucune hésitation sur l'attribution de ces valves à l'espèce pliocénique d'Italie, qui paraît d'ailleurs se retrouver dans le Bassin de Vienne, dans l'Helvétien de la Touraine (d'après MM. DoUfus et Dautzenberg) et dans le Tortonien du Portugal; toutefois nous n'avons pu vérifier en nature ces trois provenances. Localité.— Saubrigues, plésiotypes(Pl. XXVI, fig. 52-55), coll. Dumas. — Tortonien. 295. Lucina [Loripimis) fragilis, mut. Lecointreae nov. mut. PI. XXVI, fig\ 59-62. Test peu épais. Taille au-dessous de la moyenne; forme globuleuse, orbiculaire, subéquilatcrale quoique dissymétri- que; coté antérieur arrondi un peu plus court et beaucoup plus atténué que le côté postérieur qui est dilaté en avant et obtusément tronqué sur son contour anal presque vertical et peu arqué; bord palléal très convexe un peu en arrière de l'aplomb du crochet, se raccordant par des arcs de cercle iné- gaux avec les contours latéraux; crochets gonflés quoique petits, prosogyres, situés en avant de la ligne médiane (1); bord supérieur un peu et brièvement excavé en avant du cro- chet, relevé et faiblement arqué en arrière, se raccordant par un angle très arrondi, avec la troncature anale. Lunule petite, cordiforme, profonde, vaguement limitée par un pli obtus; pas de corselet; surface dorsale très bombée au milieu, à peine déprimée sur la région anale, lisse sur toute son étendue, saut quelques accroissements irréguliers. Bord cardinal mince, un peu sinueux ou très largement excavé en arrière du crochet, l'insertion du ligament se faisant sous l'arête vive du bord dorsal; aucune trace de dents cardinales ni de lamelles laté- rales. Impressions musculaires inégales, dissymétriques, la postérieure ovale ou palmulée, l'antérieure proboscidiforme (1) Il est entendu que, comme dans tous les cas où les valves peuvent paraître plus ou moins obliques et plus ou moins înéquilatérales suivant l'inclinaison qu'on leur fait prendre à plat, la position normale est obtenue quand la tangente à la convexité maximum du bord palléal est horizontale. • — 256 — et se prolongeant par une courte et large zone d'attache; ligne palléale peu distincte, très voisine du bord lisse; surface interne très vaguement rayonnée. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 10,5 mill.; diamètre um- bono-palléal : 9,5 mill. Rapp. et diff. — Lorsque cette coquille est vue du côté du dos, on pourrait la confondre avec Diplodonta oncodes, mais \\n simple coup d'œil sur la charnière — et sur l'impression du muscle antérieur — suffit pour dissiper toute équivoque. Nous n'avons pas hésité à la séparer comme une mutation distincte de L. fragilis Phil. (= L. edentula Br. non L.) cfiii est répandue dans le Pliocène d'Italie ou des Alpes maritimes et qui a vécu aussi à Saubrigues : en effet, tous nos spécimens de Monte-Mario, de Masserano, de Biot et de Cannes (coll. Cossmann) sont caractérisés ; par leur forme beaucoup plus transverse ; par leur extrémité antérieure plus relevée au niveau des crochets; par leur bord antéro-do sal plus longue- ment excavé, par leurs crochets situés un peu plus en avant; par leur dépression anale beaucoup plus profonde et excavée, limitée par un faible pli rayonnant; par leur bord cardinal muni sur la valve droite d'une petite protubérance dentiforme, tandis que la valve gauche est plus profondément échancrée en arrière du crochet; enfin par leur impression mu culaire encore plus brièvement prolongée vers l'intérieur de la valve. Toutes ces différences accumulées et d'ailleurs constantes motivent amplement l'adoption d'un nom nouveau. Toutefois, nous n'avons admis en .«ynonymie : ni la coquille du Bassin de Vienne désignée par Hœrnes sous le nom Sismondœ Desh., qui est tout à fait différente, d'après la figure; ni les citations de l'Helvétien et du Tortonien du Piémont, par M. Sacco qui n'a figuré que des valves du Pliocène; ni la coquille de la Touraine (Dollf. Dautz., /. c. p. 241, pi. X'VI, fig. 1-4), quoiqu'elle ressemble plutôt à nos échantillons de Salles qu'à celle du Pliocène, ni enfin L. fragilis de la Médilerrannée, dont M. de Monterosato nous a envoyé (coll. Cossmann) plusieurs valves à bord édenté, ressemblant plus à notre mutation helvétienne qu'à la forme plio- cénique, mais distincte néanmoins des deux espèces. Comme la correc- tion fragilis Phil. a été faite à la place d'edentida Br. {non L.), il est à pré- sumer que le nom fragilis devra être conservé pour le fossile du Pliocène seulement, mais cela n'a pas d'influence sur notre diagnose. Mayer a décrit et figuré {Journ. Conch. XXX"V1I, p. 60. pi. l'V, fig. 5), une Liicina saUomacencis qui appartient aussi au groupe de L. fragilis, mais elle est beaucoup plus dissymétrique que L. Lecointreœ et présente sur sa moitié supérieure des lamelles concentriques serrées qui n'exis- tent pas dans celle-ci. Cette sculpture est peut-être due à l'altération du — 257 — test de Tunique valve connue de l'auteur. Quoi qu'il en soit, nous n'avons pas trouvé de spécimens pouvant se rapporter à la figuration de Mayer. Nous nous bornons donc à mentionner ce nom, sans cataloguer l'espèce qui est encore douteuse pour nous. Localités. — Salles (Largileyre), valve gauclie (PI. XXVI, fig. 61-62), coll. Cossmann; valve droite (tig. 59-60), coll. Dumas. Salles (M'i Débat), une valve gauche, coll. Bial de Bellerade. Salles (Minoy) coll. Duvergier. — Helvëtieii. 296. Lucina [Loripinus) fragilis, mut. Benoisti nov. mut. PI, XXVI, fig-. 63-67. 1873. Lucina globulosa Ben Cat. Saucats, p. 51, no 126 (non Desh. ex parte, parva testa). Test très mince et fragile. Taille petite; forme d'un segment sphérique, orbiculaire sur les trois quarts de son contour, peu dissymétrique; côté antérieur un peu plus atténué que le côté postérieur; bord palléal régulièrement arqué; crochets petits, pointus, à peine prosogyres, situés presque au milieu de la longueur des valves; bord supérieur légèrement excavé en avant, plus relevé et arqué en arrière du crochet. Surface dor- sale régulièrement bombée, sans aucune dépression anale, lisse et terne cependant par suite de la finesse des lignes d'accroissement. Charnière excessivement mince, édentée, quoiqu'il y ait sous le crochet de chaque valve une petite protubérance dentiforme, mais sans qu'il existe à l'opposé uue véritable fossette pour la recevoir; ligament très étroit, inséré sous le bord postéro-dorsal, aucune saillie ressemblant à une nymphe ne le supporte. Impression du muscle anté- rieur prolongée par une courte tige qui se rétrécit rapide- ment en divergeant vers le centre; impression palléale peu écartée du bord lisse; surface interne non rayonnée. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 8 mill.; diamètre umbono- palléal : 7,5 mill. Rapp. et diff. — Celte petite et fragile coquille nous parait distincte de L. Lecointreœ, non seulement par sa forme plus orbiculaire, beaucoup — 258 — plus globuleuse et moins dissymétrique, complètement dépourvue de dépression du côté postérieur qui n'a aucune trace de troncature, mais encore par les petites protubérances dentiformes do son bord cardinal plus visibles que sur la plupart des écliantillons de la mutation de Salles; en outre, l'impression du muscle antérieur s'amincit à son extrémité libre et divergente. Elle s'écarte encore bien davantage de L. fragilis qui est complètement dissymétrique, avec des crochets antérieurs, et qui est munie d'une forte dépression anale. Mais elle ressemble bien davantage aux formes éocéniques, telles que L. Conili de Raincourt, quoique cette dernière soit plus élevée; L. jmrnensis Desh. est encore plus symétrique, et L. sphxricula Desh semble plus globuleuse; d'ailleurs toutes ces espè- ces nouvelles ou variétés locales de l'Eocène — qui se ressemblent beau- coup entre elles — diffèrent de L. Benoisti par l'absence complète de protubérances dentiformes sous les crochets, et à ce point de vue, l'espèce burdigalienne rappelle plutôt L. fragilis dont la forme est si différente. Benoist la rapportait, avec un point de doute — comme jeune individu — à L. ylobidosa Desh. qui est une toute autre coquille L. Benoisti présente une étroite analogie avec Lucina subfragilis Dautz. de la baie de Rufisque (A. L. S. B. LXIV, p. 195, pi. IV, fig. 13-14); les crochets paraissent tou- tefois un peu plus gonflés dans l'espèce du Sénégal, et la figuration ni la diagnose ne mentionnent le dentelon umbonal que nous avons signalé dans notre fossile. C'est un exemple à ajouter à ceux que nous avons déjà cités de l'affinité de la faune actuelle des côtes occidentales d'Afrique avec celle de nos terrains néogéniques de l'Aquitaine. Localités. — Saucats (M'h do Lagus), fréquente; cotypes (PI. XXVI, fig. 63-67), coll. Cossmann. L.éognan (Coquillat), coll. Bial-Neuville ; Cestas (Min neuf), Saucats (Le Peloua), coll. de Sacy. Léognan (Carrère, Le Thil sup''. Bougés, Thibaudeau), coll. Peyrot. Pont-Pourquey, Mérignac (le Pontic), coll. Bial Neuville; Dax (Mandillot), coll. Degrange-Touzin. — Biirdigalieii et AqiiitaiBien. 297. Lucina [Lovipinus) globulosa Deshayes. PL XXVI, %. 56-58. 1830. L. globulosa Desh. Encycl., II, 2o part., p. 573. 18C1. — Mayer. Jou/-n. Co»c/t., IX, p. 63. 1867. — Desm. Act. S. L. B., XXVI, p. 364, pi. V, tîg. 4. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 51, no 126. Test relativement mince. Taille grande; forme très convexe, orbiculaire, inéquilatérale et dissymétrique ; côté antérieur — 259 -- ovale vers le haut, beaucoup plus court et plus atténué que le côté postérieur qui est largement circulaire; bord palléal arqué dans le prolongement des contours latéraux; crochets gonflés, un peu saillants, prosogyres, situés aux trois cinquiè- mes de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur à peine enfoncé sous le crochet, se relevant immédiatement après vers le contour buccal; bord supéro-postérieur à peine arqué, déclive sur une certaine longueur, puis coudé à sa jonction avec le contour anal. Lunule minuscule, vaguement limitée à l'intérieur; surface dorsale fortement bombée au milieu, avec une dépression très obsolète sur région anale, et peu excavée sur la région lunulaire; stries d'accroissement peu régulières, assez profondes, croisées par des traces de rayons. Charnière très mince, complètement édentée; rainure liga- mentaire très longue et très étroite, sous le bord dorsal caréné; le contour inférieur du bord cardinal est un peu arqué en arrière des crochets. Impression du muscle antérieur large, relativement peu allongée, très divergente de la ligne pal- léale qui est écartée du bord lisse; surface interne vaguement rayonnée. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 60 mill.; diamètre umbono- palléal : 55 mill.; épaisseur d'une valve : 20 mill. Rapp. et diff. — Ce n"est pas seulement par sa grande taille que cette belle coquille diflère de L. Benoisti, mais encore par sa forme plus dissy- métrique et plus inéquilatérale ; en outre elle est dénuée des protubérances dentiformes qui caractérisent la mutation burdigalienne, et l'impression de l'adducteur antérieur ne s'amincit pas comme chez cette dernière. Il est singulier de constater que cette mutation aquitanienne — qui a aussi vécu dans le Burdigulien — se rapproche plus de L. fragilis par sa forme dissymétrique; mais elle n'a pas la profonde dépression anale qu'on observe chez l'espèce vivante, et sa digitation antérieure est surtout plus large et plus longue. Nous n'avons compris dans notre synonymie ni la coquille du Bassin de Vienne, figurée par Hojrnes, ni celle du Piémont que M. Sacco a rap- portée à la var. Hœrnea Desm. : ce sont des Lucines à bord cardinal bien plus large en arrière des crochets, et il est probable que l'on devra les rapporter plutôt à Lucina s. str., parce que le ligament n'est pas iji terne Tome LXV. 17 -- 260 — comme chez notre Loripiniis. Il y a lieu de constater d'ailleurs que la pré- sence de ce I. Hœrnea à tous les niveaux, depuis l'Aquitanien de la Ligu- rie jusqu'au Pliocène inférieur, demande à être confirmée par une étude plus approfondie; la plupart des échantillons sont dans un état de conser- vation très défectueux; ceux avec le test ne montrent pas l'intérieur des valves, et il est probable que l'on trouverait là des bases pour mettre un peu d'ordre dans toutes les mutations comprises sous le même nom, ainsi que nous l'avons fait pour les LoripinKs du Sud-Ouest. Mayer (/ c.) cite L. globulosa au Tartas (Gaas) « dans la couche la plus supérieure du Tongrien ». Nous n'avons pu vérifier s'il s'agit bien de l'espèce ou d'une mutation ancestrale. D'ailleurs, l'existence dans ces mêmes couches (d'après Mayer) de L. coJumbella, ornata etc. rend douteuse soit la position stratigraphique qui a été assignée jusqu'ici à ces couches, soit la détermination des échantillons qui n ont peut-être pas été comparés avec le soin minutieux que nous apportons à ces comparaisons. Localités. — St-Morillon (le Plantât), plésiotypes (PL XXVI, fig. 56- 58), coll. Bial-Neuville; un individu de taille maximum, coll. de Sacy. Saucats (M'i de Bernachon), fuie Benoist. Léognan (Le Thil, Les Sables), coll. Bial de Bellerade. Noës (lit du Peugue), coll. de Sacy. Mérignac (Baour inh), coll. Peyrot. La Brède (La Salle, tranchée du ch. de fer); Ste-Croix-du-Mont; Sendets; La Saubotte; Canenx; Lucbardez (cantine de Bargues), coll. Degrange-Touzin. — Aquîtaiiien. Saucats (Peloua), coll. Degrange-Touzin (remaniée?). — Btirdi- galien* LORIPES Poli, 1791. (= Lucinida d'Orb. 1846, fide Dali). Coquille suborbiciilaire, faiblement ornée ; lunule étroite, cor- difonne, creuse; ligament interne dans une fossette profonde. Loripes s. str. — Taille assez grande ou moyenne; bords FiG, 125, — Loripes lacteus Gmel. Plioc, lisses; charnière incomplète : 3a, 3^,, 2, 4^; A I et A II seules, faibles quelquefois P 1; digitation antérieure un peu allongée, parallèle à la ligne palléale (G. -T. : Tellina lactea Gmel. Viv.). — 261 — L'apparition d une charnière déjà assez développée distingue facilement ce Genre de Liicina s. str. et de Loripinus; mais son ligament non évolué vers la position externe qu'il occupe chez les formes plus parfaites, telles que Phacoides, fixe le classement de Loripes auprès de Lucina, avant Pseu- domiltha, bien que ce dernier soit édenté, et avant Miltha qui n'a cepen- dant pas de lamelles latérales. Il existe des Loripes au-dessous de l'Helvétien de la Touraine, dans notre Miocène inférieur. S. -G. Microloripes Cossm. 1910. — Taille petite; forme gonflée; bords finement crénelés; 3a, 3;,, 2, 4b; AI et PI, A II et A IV, PlIetPIV; digitation large, confondue avec la ligne ^m. 125. — Microloripes palléale (G.-T. : Lucina dentata Bast. cieniatus ^^^i. )?\\oz. Mioc). L'importante différence qui existe dans les lamelles latérales de ces petites coquilles ne permet pas de les confondre avec les vrais Loripes chez lesquels, lorsque les lamelles postérieures se montrent faiblement, jamais on ne constate les doubles lamelles A IV et PIV qui caractérisent Microloripes; d'ailleurs, la digitation plus large a son contour externe confondu avec la ligne palléale ; enfin les bords sont crénelés : tous ces critériums réunis justifient amplement la distinction de notre nouveau S. -Genre. L'ancienneté de ce Sous-Genre est d'ailleurs bien plus grande puis- qu'on trouve des Microloripes dans TEocène : ils ont été confondus avec Parvilucina qui est dans un groupe de petites coquilles, à charnière bien développée, mais avec un ligament externe. Les deux formes ont coexisté dans l'Eocène; tandis que Loripes s. str. n'apparaît que dans l'Aquitanien, Microloripes ne paraît pas avoir atteint le Pliocène. 298. Loripes Dujardini [Deshayes]. PI. XXVI, fig. 68-69. 1837. Lucina lactea Duj. Mém. Touraine, p. 49 {non L.). 1850. Lucina Dujardini Desh. Traité élém. Conch., p. 783. 1865. — Horn.Tert.Beck.Wien,lI,p.235,pl.VII, fig. 33. 1873. — Ben. Cat. Saucats, p. 52, no 133. 1874. — n'ourn. Fal. de Sos (A. S. L. B., IX), p. 135. 1901. — Loripes lacteus var. Dujardini Sacco. I MoU. terz. Piem., XXIX, p. 98, pi. XXIX, fig 5-6, 1909. Lucina (Loripes) Dujardini Dollf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 242. pi. XVI, 5-12. — 262 - Test mince. Taille moyenne; forme orbicnlaire, médio- crement bombée, peu inéquilatérale ; côté antérieur demi- circulaire; côté postérieur légèrement coudé vers le haut et subtronqué sur son contour anal; bord palléal arqué et rac- cordé par des arcs de cercle avec les contours latéraux; crochets petits, mais assez gonflés, prosogyres, situés un peu en avant de la ligne médiane; bord liinulaire légèrement excavé, bord siipéro-postérieur déclive et arqué, bord anal presque rectiligne. Lunule cordiforme, très creuse, très fine- ment striée, limitée à l'extérieur par un bourrelet assez net. Surface dorsale peu bombée, déprimée sur la région anale et plus faiblement sur la région buccale, couverte de stries d'accroissement bien marquées, plus lamelleuses et plus ser- rées sur la région anale. Charnière : 3a couchée le long du bord lunulaire, 3^ assez forte et presque perpendiculaire sous le crochet; A I mince et saillante, P I plus allongée et située plus loin du crochet; fossette ligamentaire longue, assez large. Impression muscu- laire antérieure large, formant une digitation relativement courte et presque entièrement confondue avec l'impression palléale, qui est frangée et assez écartée du bord palléal non crénelé. DiM. Diamètre : 11, S mill. ; épaisseur d'une valve : 3 mill. Rapp. et diff. — La surface extérieure des spécimens de la Touraine (coll. Peyrot) parait lisse, cela lient uniquement à ce qu'ils sont toujours roulés, aussi nliésitons-nous pas à rapporter à la même espèce nos exem- plaires de l'Aquitaine pourvus de stries d'accroissement saillantes, mais dont la charràère est bien identique. Loripes Dujardini est bien voisin de L. lacteiis avec lequel il fut primitivement confondu : MM. Dollfus et Dautzenberg font remarquer que sa forme est plus haute en proportion, plus plate, que son bord antérieur est plus déclive; nous ajouterons que la digitation du muscle antérieur est beaucoup plus courte, que .3/; est moins forte. Il sera, d'autre part, facile de séparer L. Dujardini de L. denlatiis qui est beaucoup plus petit, plus bombé, dont le bord palléal est denté et dont la charnière présente des lamelles postérieures très saillantes et doubles. Localités. — St-Médard-en-Jalle (Gajac), plésiotype, valve droite (PI. XXVJ, fîg. 68-69), coll. Duvergier; Mérignac (Baour inf'), une autre valve droite, coll. Degrange-Touzin. — Aquitaiiieii. — 263 — SaucaLs (Giraudeau, La Cassagne, Lagus) fi,lc Benoist. — Btirdi- galieii. 299. Loripes [Microloripes) dentatus [Defrance]. n. XXVI, %. 81-84. 1823. Lucina dcntata Defr. Dict. Se. nat. XXVII, p. 275. 1825. — Bast Env. Bord., p. 87, pi. IV, fig, 20. 1838. — Grat. Cat. Gir., p. 65. 1852. Erycina dentata d'Orb. Prod. III, p. 115, 26" et., no 2148. 1858, Lucina dentata Mayer. Journ. Concli., Vil, p. 76. H865. — Hœrn. Tert. Beck. Wien, p. 238, pi. XXXIII, fig. 9. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 53, n" 134. 1886. — Benoist. Foss. St-Avit, p. 50. ?1886. — Dollf. Dautz. Et. prél. Tour., 50-6. 1889. — Font. Depéret. Tert. Prov., p. 67. % 1901. — Dollf. Dautz. Nouv. liste Péléc, p. 22. ?1909. L. {Loripes) dentata Dollf. Dautz. Conch. Mioe. Loire, p. 244, pi. XVI, fig, 13-17. Taille 1res petite; forme d'un seo-ment sphérique, presque équilatérale, quoique un peu dissymétrique; côté antérieur demi-circulaire; côté postérieur très ol)tusément coudé vers le haut et subtronqué sur son contour anal : bord palléal régu- lièrement convexe et raccordé avec les contours latéraux par des arcs de cercle presque égaux; crochets un peu gonflés, prosogyres, situés à peu près au milieu, bord lunulaire légè- rement excavé; bord supéro-postérieur déclive et peu arqué, relié par un angle très arrondi avec le contour anal qui est presque rectiligne el vertical. Lunule cordiforme, lisse, très creuse, obtusément limitée à l'extérieur; surface dorsale très convexe au milieu, déprimée sur la région anale, couverte de sillons d'accroissement assez serrés, qui deviennent subla- melleux sur la dépression anale. Charnière assez épaisse pour la petite taille des valves, à contour inférieur un peu sinueux en avant, échancré en arrière : 3a longuement incurvée contre le bord lunulaire; 3b plus épaisse, perpendiculaire sous Iç crochet; AI et P I . — 264 — inéquidistantes, minces et très saillantes; fossette ligamen- taire large et trigone, en arrière des cardinales; 2 épaisse, trigone, verticale; 4;, oblique et un peu moins épaisse; A II et P II saillantes et minces, plus allongées que A IV et P IV qui sont moins proéminentes, de l'autre côté de la fossette courte et profonde qui reçoit les lamelles de la valve opposée. Impression du muscle antérieur large, très brièvement digitée, à contour confondu avec celui de la ligne palléale qui est frangée et écartée du bord finement crénelé; les crénelures s'atténuent sans atteindre la lunule ni la région du corselet. DiM. Diamètres : 5 mill. ; épaisseur d'une valve : 2 mill. ou à peu près. Rapp. etdiff. — Nous n'avons rappelé ci-dessus qu'avec un point de doute les citations de Hœrnes pour le Bassin de Vienne, et celles de la Touraine; il nous semble en effet, d'après les figures, que ces spécimens sont plus inéquilatéraux que les échantillons typiques de l'Aquitanien et du Burdigalien ; ils se rapprocheraient donc davantage de L. nivea Eichw. que nous n'avons pas compris dans notre synonymie, parce que nous avons sous les yeux de nombreuses valves provenant de Podhorce, en Gallicie (coll. Cossmann), et nous avons constaté que celles-ci sont constamment plus inéquilatérales, moins convexes, avec une charnière plus haute, une fossette plus profonde, etc., il s'agit évidemment là d'une mutation tout à fait distincte. De même les échantillons de Vesseloie (Russie) que nous a envoyés feu Sokolow (coll. Cossmann), et que cet auteur désignait sous le nom dentata, constituent une troisième race encore plus haute et plus oblique, à fossette démesurément large et profonde Localités. — Saucats (Min de l'Eglise), plésiotypes (PI. XXVI, fig. Si- Si), coll. Cossmann. Commune dans tous les gisements principaux (plus de 70 gisements dans la coll. Degrange-Touzin. — Aqnîtauieii et Burdigalien. Saucats (La Sime), coll. Degrange-Touzin. — HelTetien. 300. Loripes {Microloripes) dentatus [Defrance]; var. neglectus Basterot. PI. XXVI, fig. 85-87. 1825. Lucina neglecta Bast. Mém env. Bord , p. 18, pi. VI, fig. 18. 1838. — Grat. Cat zool. Gir., p. 65. Nous conservons, mais seulement à titre de variété (car il y a des for- — 265 — mes de passage) et non d'espèce distincte, L. ncijlecim Bast. que Mayer et — après lui — Benoist ont cru devoir réunir à L. dentatus. On distingue L. neglectus par l'épaisseur beaucoup plus considérable de son test qui est toujours encroûté, par sa forme moins bombée, plus haute, goodalloïde ; le côté postérieur est plus déclive, le côté antérieur est moins dilaté, moins arrondi et surtout moins élevé, le crochet est plus fort. La charnière est plus ramassée, plus massive, son contour inférieur, plus sinueux en avant, est plus échancré en arrière, les dents sont plus fortes; la fossette liga- mentaire est plus profonde et plus allongée ; enfin les impressions palléale et musculaires sont plus fortement gravées en raison de l'épaisseur du test. Contrairement à ce que dit Basterot dans sa diagnose, le bord est finement crénelé, ainsi qu'on le remarque dans les spécimens bien conser- vés. Cet ensemble de caractères différentiels ne tient pas seulement « à l'habitus » comme l'écrit Mayer {l. c), car on trouve le type et sa variété dans les mêmes gisements. Toutefois L. neglectus est plus fréquent dans les gisements aquitaniens et ne parait pas dépasser le Burdigalien inférieur alors que L. dentalus se développe tout particulièrement dans le Burdigalien moyen et supérieur. L. neglectus, a donc presque la valeur d'une mutation qui peut, dans certains cas, servir à délimiter stratigra- phiquement les gisements, et c'est surtout ce motif qui nous a guidés dans notre insistance pour ressusciter ce nom. En tous cas, il est intéressant, de faire remarquer que, comme le nom dentata est de deux années antérieur à la dénomination neglecta, si l'on réunit les deux formes — et ce n'est pas notre avis — c'est le premier de ces deux noms qu'il faut adopter. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 5,5 mill.; diamètre umbono-ventral : 6mill. Localités. — Saucats(Peloua), plésiotypes (PI. XXVI, fig. 85-87), coll. Peyrot, commune dans de nombreux gisements. — Aqnitaiiieii et Burdigalien iuf^ 301. Loripes [Microloripes] cf. niveus [Eichwald]. PL XXVI, %. 77-80. 1830. hucina nivea Eichw. Naturhist. Skizze Lith., p. 206. 1831. — Dub. Plat. Volh. Pod., p. 58, pi. VII, fig. 40-42. 1837. — Pusch. Polens. Pal., pp. 183 et 238. 1853. — Eichw. Leth. ross., III, p. 83, pi. V, fig. 2. Taille très petite (clans l'Aquitaine); forme assez convexe, înéquilatérale, à côté antérieur plus allongé que le côté pos- térieur qui est subtronqué ; bord palléal arrondi ; crochets — 266 — gonflés, saillants, prosogyres, situés en arrière de la ligne médiane ; bord supérieur excavé en avant du crochet, déclive et presque rectiligne en arrière. Lunule creuse, lisse, limitée par un petit gradin; surface dorsale médiocrement bombée, déprimée sur la région anale, oriiée de fines stries d'accrois- sement sublamelleuses, surtout sur la dépression postérieure. Charnière haute, épaisse, médiocrement échancrée sur son contour inférieur : 3a mince, longue, oblique à 45°; 3;, plus épaisse, légèrement oblique en sens inverse; fossette ligamen- taire large et profonde; A I et P I presque équidistantes, min- ces, lamelleuses; 2 et ij, presque égales; A II et A IV, P II et P IV bien marquées, quoique étroites. Impression du muscle antérieur à peine plus longue que celle du muscle postérieur, s'écartant un peu de la ligne palléale vers l'extrémité diver- gente de la digitation; bords très finement crénelés. DiM. Diamètre antéro-postérieur ; 4,5 mill.; diamètre umbono- palléal r 4 mill. Rapp. et diif. — Nous ne sommes pas bien sûrs que les valves ci- dessus décrites soient identiques à l'espèce d'Eichwald, et la comparaison avec les spécimens variables de Pologne (coll. Cossmann) nous laisse évidemment quelques doutes sur cette détermination; mais comme nous n'avons que de très petits échantillons provenant de gisements différents de la Gironde ou des Landes, et que ces échantillons ne sont même pas tous parfaitement pareils, nous nous bornons à indiquer ce rapprochement provisoire jusqu'à ce que la question puisse être tranchée d'une manière plus certaine à l'aide de matériaux meilleurs et plus nombreux. La seule chose qu'il nous soit possible d'affirmer, quant à présent, c'est que ces échantillons du Miocène moyen et supérieur de l'Aquitaine (1) sont certainement distincts de L. dentatus, non seulement par leur forme plus inéquilatérale et moins bombée, par leurs crochets plus saillants, mais encore par leur charnière plus haute, à cardinales plus longues, à lamelles latérales plus minces, à fossette ligamentaire plus profonde, à contour inférieur moins échancré; en outre, la digitation du muscle anté- rieur, n'est pas confondue avec le bord palléal sur toute son étendue et elle diverge à son extrémité d'ailleurs très courte. (1) Sauf ceux de Sauçais (la Sime) que nous avons comparés à ceux de L. den- tatus de Léognan et qui sont identiques (même bombement, charnière aussi forte, etc.), on les trouvera donc repérés ci-dessus à L. dentatus. — 26? — Mayer a décrit sous le nom L. sallomacensis une valve de Salles qui res- semble un peu à celles-ci; mais il indique explicitement que sa charnière est édentée et que la forme de la coquille ressemble à celle de Lucina gib- bossula Lamk. : nous avons exprimé plus haut l'opinion que c'est proba- blement un Loripinus, mais que, dans le doute, la coquille devait être provisoirement rayée de nos catalogues (V. pp. 256-257). Localités. — Salles (le Minoy), une valve droite (PL XXVI, fig. 77- 78), coll. Cossmann; Salles (Largileyre), une autre valve droite plus iné- quilaté^ale, mais trois fois plus petite, coll. Dumas. — Helvétîeii. Saubrigues, une valve gauche (PI. XXVI, fig. 79-80;, coll. Dumas. — Tortonien. MILTHA H. et A. Adams, 1858. Coquille inéqiii valve, avec la surface des valves presque lisse. Charnière avec les dents latérales obsolètes (Adams, seule espèce citée : Lucina Childreni Gray). Coquille large, aplatie, ornée de stries ou de lamelles con- centriques; lunule très petite; charnière portant à droite : deux dents cardinales dont la postérieure est bifide, lambdi- forme et parfois complètement divisée; à gauche : deux dents cardinales divergentes, pas de dents cardinales (G. -T. : L. Chil- dreni Gray, Brésil, sec. Fischer). Ces deux diagnoses se ressemblent peu, cpioique s'appliquant au même génotype ; en fait, celle de Fischer se rapproche plus de la réalité quoiqu'il l'ait un peu trop élargie pour y introduire des formes fossiles qui ont exac- tement la même charnière, mais dont le galbe est un peu différent de celui de l'espèce génotype. Miltha est, en définitive, un Genre intermédiaire entre Pseudomiltha — dont la charnière est complètement édentée — et Phacoides qui possède, outre les cardinales au complet, des lamelles laté- rales. Le contour des valves est en général Iransverse ou élevé comme chez le génotype, mais toujours irrégulier, avec une dépression plus ou moins profonde, plus ou moins bien limitée sur la région anale; la digita- tion du muscle antérieur est très longue ou très courte comme chez Mcga- xinus Brugn. (G. -T. : Lucina elliptica Borson.), seulement ce dernier a la charnière édentée. D'autre part, Miltha se distingue toujours de Pseudo- miltha (G. -T. : Lucina gigantea Desh.) parce que son bord dorsal n'est pas interrompu — comme chez ce dernier — sur toute la longueur de l'aire ligamentaire; comme Gibbolucina et Megaxinus sont également dépourvus de cette échancrure caractéristique et que d'autre part la digitation anté- — 268 — rieure est courte et large comme celle de M. Childreni chez Gibbolucina, longue au contraire chez Megaxinus, nous en concluons qu'il ne faut atta- cher à l'apparition ou à la disparition des dents sur le plateau cardinal que la valeur d'un critérium sectionnel, de même qu'à la longueur de la digita- tion antérieure. Dans ces conditions les subdivisions à admettre dans le G. Miltha seraient les suivantes : Miltlia s. str. — Valves irrégulières, gibbeuses, presque lis- ses; lunule petite; pas de corselet; charnière : 3a, 3/,, 2, 4^; nymphe courte; digitation large et courte (G. -T. : L. Chil- dreni Gray. Viv.). Ce groupe n'apparaît que dans TOligocène supérieur. M. Dali le signale aussi dans le Miocène inférieur et le Pliocène des Etats-Unis, même dans l'Eocène supérieur de l'Alabama et dans l'Oligocène du Mississipi; mais, comme les valves ne sont figurées que du côté du dos, il est impossible d'affirmer que ce sont bien des Miltha s. str. Sect. Megaxinus Brugn. — Forme et surface identiques à celles de Mi/tha, mais la charnière est édentée; aire liga- mentaire large, insérée ^^^==5» entre le rebord dorsal G ^^^^^^^^^^ ^^^^^^^ÎÎK ^ et la nymphe qui est Ion- /^^ \ / -"^ l A gue; digitation allongée Fig. i21. -Megaxhms elhpHcus Borson.PWoc. et un peu divergente (G. -T. : Lucina ellïptica Borson; L. rostrata Pecch. Mioc). Cette Section ne semble pas avoir vécu dans l'Eocène ni dans l'Oligocène des environs de Paris, elle y est précédée par Gibbolucina, elle apparaît dès l'Aquilanien et se poursuit jusqu'à l'époque actuelle. Sect. Gibbolucina Cossm. 1904. — Forme et surface iden- tiques à celles de Miltha et de Megaxinus] charnière éden- tée comme chez ce dernier ou ne laissant apparaître que la trace des dents cardinales; nymphe courte; digitation très courte et très divergente (G. -T. : Liicina callosa Lamk. Eoc). Groupe éogônique dont il parait exister un dernier représentant dans l'étage Aquitanien. — 269 -^ Sect. Eomiltha Cossm. 1910. — Forme transverse, sou- vent rhomboïdale, très plate, à surface lamelleuse; charnière 3 FiG. 128. — Eomiltha Cuvieri Bayan. Eoc. de Miltha; nymphe longue; digitation très allongée, rejoi- gnant presque le bord palléal à l'aplomb du crochet (G. -T. : L. conforta Defr. Paléoc). Nous proposons cette nouvelle Section pour les formes qui s'écartent complètement de Miltha et ne s'en rapprochent que par leur charnière ; le génotype provient de Thanétien, ses descendants ont vécu dans l'Eocène inférieur ou moyen; M. Dali a fait figurer un moule interne, de l'Aquita- nien de la Floride méridionale, Phacoides ocalaniis n. sp., qui a une com- plète analogie avec les empreintes d'Eomiltha Cuvieri Bayan, du Lutécien. Enfin nons en décrivons ci-après une espèce burdigalienne. Au-dessus de ce niveau, nous n'en connaissons plus. 302. Miltha trigonula [Deshayes]. PI. XXVI, fig. 70-73. 1830. Lucina trigonula Desh. Encycl. méth., XII, p. 382. 1851. Lucina aquitanica Mayer. Journ. Conch., IX, p. 64 (nom. nucL). 1886. — Benoist. Foss. St Avit. (A. S. L. B. XL), p. 45. 1893. — Degr.-Touz. La Fontaine {P.-V. S. L. B., p. XXXVII). Test peu épais. Taille moyenne; forme transverse, irrégu- lière, médiocrement convexe, très inéquilatérale; côté anté- rieur court, se terminant par un bec ovale encadré de deux sinuosités, celle du bas plus profonde; côté postérieur presque deux fois plus allongé, arqué, non tronqué; bord palléal peu convexe en arrière oîi il se raccorde par un arc de cercle avec le contour anal, séparé du bec buccal par une large sinuosité; crochets non gonflés, assez saillants, prosogyres, très inclinés, situés aux trois cinquièmes de la longueur des valves, du côté antérieur; bord lunulaire excavé, puis déclive et légèrement sinueux en-deçà du bec buccal; bord supéro-postérieur arqué — 270 — et très faiblement coudé à sa jonction avec le contour anal. Lunule lisse, longue et triangulaire, très creuse, limitée à l'extérieur par un angle qui s'adoucit à mesure qu'il s'écarte du crochet; corselet réduit à une carène un peu incurvée; surface dorsale médiocrement bombée au milieu, comprimée sur toute la région anale qui est étroitement aplatie et limitée par un pli rayonnant; l'aire antérieure — y compris la saillie du bec buccal — est isolée par un autre pli incurvé, corres- pondant à la sinuosité du contour palléal; toute la surface externe est marquée de stries irrégulières d'accroissement qui deviennent sublamelleuses sur la région anale et aussi vers les bords. Charnière assez haute, régulièrement arquée sur son contour inférieur; plateau cardinal très aminci en avant par la cavité de la lunule, de sorte qu'on n'aperçoit que l'extrémité de 3a qui sort sous le bord lunulaire; 3^ oblique à 45° et mince; 2 pres- que perpendiculaire sous le crochet; ib mince et très oblique; nymphe formée d'une arête étroite et longue, rectiligne, écar- tée des cardinales; aire liga'mentaire peu creuse, comprise entre cette arête et la carène du bord dorsal. Impression du muscle postérieur longue et étroite, bordée par une saillie rayonnante et obsolète qui correspond au pli de la surface externe; digitation du muscle antérieur s'avançant jusqu'au crochet, parallèlement à la ligne palléale qui est peu écartée du bord lisse; surface interne obscurément rayonnée. DiM. Diamètre antéro-poslérieur : 27mill.; diamètre umbono- palléal : 23 mill. Rapp. et diff. — Nous restituons à cette espèce le nom sous lequel Deshayes l'a décrite dans l'Encyclopédie et qui a échappé à Mayer de même qu'àBenoist; en l'absence de figuration, c'est évidemment le nom trigonida, plus ancien, que l'on doit reprendre. Quoique génériquement pareille à M. Childreni, cette espèce s'en distin- gue par sa forme tout à fait différente, transverse au lieu d'être ovale en iiauleur, par sa nymphe plus oblongue, par ses crochets plus inclinés en avant; son test est aussi moins épais. Elle a presque complètement la forme de Lucina gibbosula Lamk., mais ce dernier est un Megaxinus édenté, ou plutôt un Gibbolucina, Section un peu différente, comme on Ta vu ci- - 271 — dessus. Elle a aussi — par son galbe et par l'aspect de sa surface exté- rieure — une grande ressemblance avec Liicina elliptica Bronn, avec laquelle l'ont confondue plusieurs collectionneurs bordelais, mais elle s'en différencie encore par sa charnière, Lacina elliptica étant — elle aussi — un Megaxinus édenté. D'autre part, il existe dans le Stampien de Gaas (Landes) une forme ancestrale de Miltha, Lucina aliformis Mayer, chez laquelle la nymphe est beaucoup plus étroite, les cardinales moins divergentes et presque com- plètement encroûtées — mais cependant beaucoup plus distinctes que chez Lucina callosa — sa lunule est plus allongée et moins creuse On nous a également communiqué une autre forme voisine du même niveau, prove- nant de Sarcignan (Madère) ; toutefois les valves sont beaucoup plus pro- fondes que celles de M. trigonula, leur surface ne porte pas de dépression antérieure, mais souvent des cicatrices irréguliôres et radiales sur le dos, avec des plis d'accroissement assez rugueux qui se recourbent de part et d'autre des cicatrices; la coquille est élevée et les crochets sont presque médians; la charnière un peu effacée par la fossilisation ressemble beau- coup à celle de M. trigonula, ainsi que la digitation du muscle antérieur. Nous croyons utile de figurer cette espèce bien distincte de M. trigonula, et comme elle n'a pas été décrite — croyons-nous — elle pourrait être dénommée M. Saciji nov. sp. (PI. XXVI, fig. 74-76). En somme M. trigonula, annoncée dans l'Oligocène, se développe dans l'Aquitanien et s'éteint dans le Burdigalien inférieur. Localités. — Léognan (Le Thil), plésiotypes (PI. XXVJ, fîg. 70-73), coll. de Sacy, coll. Bial-Neuville, Sauçais (Lariey) coll. Benoist; Villan- draut (Gamachot), coll. Bial-Neuville, coll. Degrange-Touzin ; St-Médard- en-Jalle (Gajac), coll. Duvergier, Martillac (Breyra), St-Morillon (le Plan- tât, Bleynie), La Brède (Moras, La Salle), St-Selve (Piaton-Durand); St-Avit (Basta), Lucbardez (cantine de Bargues, Corbieu (Mi° de Carreau); Canex, coll. Degrange-Touzin — Affuitanien. Mérignac (Baour supi), St-Médard-en-Jalle (Caupian) ; Léognan (Le Thil supr, Thibaudeau), Dax (Mii de Cabannes), coll. Degrange-Touzin. — Burdigalien. 303. Miltha avitensis /wv. sp. PI. XXVII, %. 14-17. Test peu épais. Taille assez petite; forme irrégiilière, trans- verse, médiocrement bombée, dissymétrique, quoique peu inéquilatérale; côté antérieur subovale, plus atténué et à peine plus court que le côté postérieur qui est plus large- ment dilaté, un peu coudé vers le haut, subtronqué sur son — 272 - contour anal; bord palléal très peu arqué, raccordé par des angles arrondis avec les contours latéraux ; crochets médio- crement gonflés, saillants, prosogyres, inclinés un peu en avant de la ligne médiane; bord lunulaire excavé, puis le contour se relève un peu, parfois festonné vers le haut; bord SLipéro-postérieur déclive et presque rectiligne en arrière du crochet, se raccordant avec le contour anal par un angle très obtus. Lunule assez large, un peu cordiforme, creuse et lisse, limitée par un faible gradin, dénivelant complètement la par- tie antérieure du plateau cardinal; corselet réduit à la carène du bord ligamentaire; surface dorsale peu convexe sur la région médiane qui est encadrée — sans être exactement limitée — par deux aplatissements rayonnants auxquels suc- cèdent : du côté anal, une large dépression bordée par un pli obsolète, et correspondant à la troncature anale; du côté buc- cal, quelques cicatricules qui festonnent un peu le contour; l'épiderme est terne et lisse, vaguement marqué par des accroissements qui deviennent sublamelleux et plus réguliers sur la dépression anale. Charnière concentrée sous le crochet, peu arquée sur son contour inférieur, faiblement échancrée sous la nymphe : 3a masquée par l'enfoncement du bord lunulaire, de sorte qu'on n'en aperçoit que l'extrémité; 3/, légèrement oblique, 2 perpendiculaire, peu épaisse, obtusément bifide; 4^ mince et oblique, bien séparée de la nymphe qui n'est guère plus allongée, mais qui fait une assez forte saillie dentiforme sur le contour inférieur; aire ligamentaire large et peu profonde. Digitation du muscle antérieur courte, large, très divergente; impression de l'adducteur postérieur subrhomboïdale; impres- sion palléale peu distincte, paraissant assez éloignée du bord lisse. DiM. Diamètre antéro-postérieur : lOmill.; diamètre umbono- palléal : 9 mill. Rapp. et diff . — Cette coquille a complètement l'aspect de Gibbolu- cina gibbossula ou de G. callosa des environs de Paris; mais elle s'en dis- tiugue essentiellement par sa charnière qui la place dans le G. Miltha. Elle — 273 — est moins élevée et beaucoup plus transverse que le génotype M, Childreni, mais elle a les crochets aussi saillants et la surface presque aussi lisse; tandis que les Eomiltha de l'Eocène qui ont à peu près la même forme transverse que M. avitensis, ont généralement des lamelles courtes sur toute leur surface dorsale. On pourrait croire que c'est le jeune âge de M. trigonula Mayer. ci- dessus décrit; mais nous n'hésitons pas à l'en séparer — non pas comme variété, mais comme une espèce distincte — à cause de sa forme beaucoup moins transverse et moins inéquilatérale, de ses crochets presque médians, plus inclinés, à cause de son bord palléal non sinueux du côté antérieur, de sorte qu'il n'y a pas de bec buccal chez M. avitensis; en outre, cette der- nière n'a pas le pli antérieur ni la dépression rayonnante qui correspond à cette sinuosité; d'autre part sa nymphe est beaucoup plus courte, le contour inférieur de son plateau cardinal est plus arqué en arrière; enfin sa digitation antérieure est plus large et plus divergente que celle de M. trigonula. Le nombre et l'importance de ces critériums distinctifs ne permettent pas de les attribuer simplement à la différence d'âge des val- ves ou à des déformations individuelles. Localité. — St-Avit, cotypes (PI. XXVII, fig. 14-17). coll. Cossmann. — Aquitanien. 30i. Miltha [Megaxinus) incrassata [Dubois]. PL XXVIII, fig-. 1-3. 1831. Lucina incrassata Dub. de Montp. Volhynie, p. 58, pi. VI 1-3. 1837. Lucina scopulorum Duj. Mém. Tour., p. 49 (non Brongn.). 1837. Lucina incrassata Pusch. Polens Pal., p. 183. 1852. — ■ d'Orb. Prod.,111, p. 116, 27et , n°2I65(£'.7?prtr^e). 1865. — Hœrn Tert. Beck. Wien, II, p. 225, pi. XXXIII, fig. 1. 1881. — Bardin. Et. pal. Maine-et-Loire, p. 21. 1901. Megaxinus incrassatiis Sacco. I Moll. terz. Piem , part. XXIX, p. 78, pi. XVIII, fig. 9-10. 1909. Lucina (Phacoides) incrassata Dollf. Dautz. Concli. Mioc. Loire, p. 248, pi. XVII, fig. 1-7. Test très épais, encroûté à l'intérieur. Taille assez grande (en Aquitaine) ; forme convexe, orbiculaire, très inéquilaté- rale; côté antérieur court et arrondi, peu sinueux vers le haut; côté postérieur largement développé, subtronqué et rectiligne sur son contour anal ; bord palléal très arqué; crochets petits, — 274 - pointus, prosogyres, situés au quart de la longueur, du côté antérieur; bord lunulaire profondément excavé sous le cro- chet; bord supéro-postérieur arqué, presque horizontal jus- qu'à la troncature anale. Lunule petite, très creuse, lisse; corselet caréné et allongé; surface dorsale assez bombée au milieu, étroitement excavée sur la région anale^ ornée de stries d'accroissement qui deviennent sablamelleuses aux extrémités. Charnière édentée, calleuse, à contour inférieur échancré sous le crochet; nymphe longue et proéminente, bordant une aire ligamentaire creuse. Surface interne cariée, sur laquelle se détachent en creux les impressions muscu- laires, la digitation très large et la cicatrice linéaire qui part du milieu de la nymphe pour aboutir à l'extrémité de la digitation. Dm. Diamètre antéro-postérieur : 35 mill.; diamètre umbono- palléal : 33 mill. ; épaisseur d'une valve : 9 mill. Rapp. et diff. — Nous avons comparé les valves de notre Helvétien à celles de la Touraine, ainsi qu'à celles de Lapugy (coll. Cossmann), et nous avons pu nous convaincre qu'elles leprésentent bien la forme typi- que de l'espèce de Dubois; les spécimens ci-dessus décrits sont particu- lièrement épais et ils répondent complètement — à ce point de vue — au principal caractère que cet auteur a voulu rappeler quand il a choisi le nom de son espèce. Ils ne sont pas aussi irréguliers, dans leur contour extérieur, que les valves du Modénais désignées par M. Sacco sous le nom « var. suhirregularls »; mais ils ressemblent aux figures 9 et 10 de la FI. XVIII [loc. cit.). On peut également les rapprocher de Megaxlnus Bellar- cUanus qui est plus nettement tronqué sur son contour anal, et dont la lunule est surtout bien moins creusée sous le crochet; la grande largeur de la digitation chez M. incrassatus est enfin un critérium dont il y a lieu de tenir grand compte. Nous avons exclu de la synonymie ci-dessus toutes les références rela- tives aux provenances aquitanienneset burdigaliennes, que l'on a toujours confondues jusqu'à présent avec M. incrassata et qui s'en distinguent, comme on le verra ci-après. La coupure des deux mutations se fait ici très nettement, entre le Burdigalien et l'Helvétien, aussi bien qu'entre la Gironde et les Landes. Localités. — St-Martin-de-Hinx (Landes), plésiotypes (PI. XXVIII, fig. 1-3), coll. Degrange-Touzin. — Helvétien. — 275 — Soustons, une valve un peu endommagée, coll. Degrange-Touzin. Tortoiiien. 30o. Miltha [Megaxinm) incrassata [Dubois]; mut. subscopulorum [d'Orb.]. PI. XXVII, fig. 25-28. 1825. Lucina scopulorum Bast. Env. Bord,; p. 87 (non Brongn.). 1850. — Desh. Traité élém. Conch., I, p. 789, pi. XVI, fig. 7-8 (non Brongn.) 1852. Lucina subscopulorum d'Orb. Prod., III, p. 116, 26e et., no 2169. 1873. Lucina incrassata Benoist. Cat. Saucats, p. 51, n° 127 {non Dub.). 1886. — Benoist. Foss. St-Avit, p. 50 {non Dub.). 1889. — Fontannes et Depéret. Provence, p. 67. 1901. Megaxinus incrassatus, var. subscopulorum Sacco (/. c. pi. XVIII, fig. 7-8). Test peu épais. Taille assez grande; forme orbiculaire, peu convexe, inéquilatérale; côté antérieur sinueux vers le haut, plus court que le côté postérieur qui est assez régulièrement arrondi ; bord palléal arqué dans le prolongement des con- tours latéraux; crochets déprimés, petits, peu saillants, très prosogyres, situés presque au tiers de la largeur des valves; bord lunulaire formant un arc convexe, encadré de deux petits sinus ; bord supéro-posté rieur arrondi à partir du crochet. Lunule lisse très petite et très profonde, limitée à l'extérieur par un gradin, pas de corselet; surface dorsale peu bombée, marquée en arrière d'une très faible dépression rayonnante que limite un pli très obsolète; en avant, deux sillons incur- vés et effacés rayonnent du crochet vers les sinus du contour lunulaire; toute la surface est couverte de stries d'accrois- sement excessivement serrées, quoique peu régulières, et de place en place, il y a des arrêts plus profonds. Charnière édentée, assez large, un peu calleuse, à contour inférieur largement arqué sous le crochet, nymphe rectiligne et longue, coïncidant presque avec le bord du plancher car- dinal; ligament assez large, inséré entre cette nymphe et le rebord caréné du contour dorsal qui le recouvre complète- ToME LXV. 18 — 276 — ment. Impression du muscle antérieur formée d'une longue digitation perpendiculaire, relativement étroite; impression du muscle postérieur subrhomboïdale, descendant aussi bas que l'autre; elles sont reliées par une zone palléale frangée, parallèle au bord lisse et peu écartée ; surface interne généra- lement traversée en biais — de la nymphe à l'extrémité de l'adducteur antérieur — par une cicatrice obsolète. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 35.5 mill.; diamètre um- bono-palléal : 33 mill.; épaisseur d'une valve : 6 mill. Rapp. et diff . — C'est une erreur, à notre avis, de confondre la forme aquitanienne et burdigalienne, désignée par Basterot sous le nom scopu- lorum, avec celle de 1 Helvétien que la plupart des auteurs s'accordent à idenlifier avec Lucina incrassata ; en effet nous avons minutieusement com- paré les spécimens ci-dessus décrits — et bien typiques pour TAquitanien — avec ceux de l'Helvétien de la Touraine et du Tortonien de Lapugy (coll. Cossmann) : ces derniers s'en écartent, à première vue, par leur galbe constamment plus convexe (35 o/o d'épaisseur en plus), par leur forme un peu plus haute, par leurs crochets beaucoup plus gonflés, plus proéminents, surtout par leur impression digitée plus large et moins lon- gue. Toutes ces différences accumulées justifient l'adoption de la mutation subscopiilorum, pour laquelle nous reprenons le nom de d'Orbigny, puisque cet auteur avait en vue le gisement de Saucats dans la correction qu'il a faite sur le nom de Basterot. On s'en convaincra d'ailleurs en se repor- tant à la pi. XVIII (fig. 7-8) de la monographie de M. Sacco qui a fait figu- rer deux bonnes valves de Saucats, en comparaison avec les figures 9 et 10 qui représentent le véritable incrassata. Nous avons d'ailleurs dans l'Aquitaine la forme typique de cette espèce, comme on Ta vu ci-dessus, mais à des niveaux plus élevés que ceux où, a vécu la mutation subscopiilorum. Localités. — Mérignac, néotypes (PI. XXVII, fig. 25-28), coll. Coss- mann, commune; Saucats (Lariey, Bernachon, route du Son) toutes les coll.; Le Haillan, St-Médard (Gajac), Cabanac (Gassies, Pouquet), IVIar- tillac (Breyra), St-Morillon (Plantât, Bleynie, Courrens, Chiret); Léognan (Les Sables, le Thil inf'') ; Labrède (Lassalle, Moras, tranchée du ch. de fer), Pessac (Noès); Uzeste; La Saubotte; Ste-Croix-du-Mont; Budos; Villan- draut (M'ns de Gamachot et de Fortis); St-Selve (Raton-Durand); Bazas; Corbieu (Min ^q Carreau), Canenx, Lucbardez (cantine de Bargues); St- Sever (Meignos), coll. Degrange-Touzin. — Ac|iiitanien. Mérignac (Baour sup'"); Cestas; Saucats (Peloua, Pont-Pourquey) toutes les coll., plus rare. — Burdigalien. — 277 — 306. Miltha [Megaxinus) Bellardiana [Mayer]. PL XXVII, %. 10-13. 1847. Lucina miocœnica Michelotti. Desc.foss. mioc.,p. 114, pl.IV, fig. 10 {solo). 1861. — Mich. Et. Mioc. inf., p. 69 (ex parte). 1864. Lucina Bellardiana Mayer. Tert. Azoren, p. 27-28. 1881. — Font. Moll. plioc. vall. Rhône, II, p. 109. 1900. Lucina neogenica Rovereto. Illustr. Moll. tongr., p. 119. 1900. Lucina Bellardiana Ivol. etPeyr. Contrib. paléont. Touraine, p. 117. 1901 . Megaxinus Bellardianus Sacco. I Moll. terz. Piem., XXIX, p. 75, pi. XVII, fig. 29-31. Test peu épais. Taille grande (dans le Bordelais); forme suborbiculaire, peu convexe, dissymétrique; côté antérieur bisinueux vers le bord lunulaire, régulièrement arrondi sur le reste du contour buccal, beaucoup plus court que le côté pos- térieur qui est verticalement tronqué sur son contour anal; bord palléal fortement arqué dans le prolongement du contour antérieur, raccordé par un angle très arrondi avec la troncature anale; crochets peu gonflés, saillants, prosogyres, situés aux trois cinquièmes dé la longueur, du côté antérieur, bord supé- rieur excavé sous le crochet, puis il devient convexe et ensuite sinueux; bord supéro-postérieur régulièrement arqué jusqu'à la troncature anale avec laquelle il se raccorde par un angle très arrondi. Lunule creuse^ lancéolée, limitée par un gradin qui s'oblitère à mesure que la coquille vieillit; corselet réduit à une carène tranchante; surface dorsale médiocrement bom- bée, marquée en arrière d'une large dépression excavée que limite un pli rayonnant; une autre dépression rayonnante et cicatriculée correspond à la sinuosité du contour antérieur; toute la surface est couverte de lamelles excentriques, assez régulières, peu saillantes qui se relèvent un peu sur la dépres- sion anale et se serrent davantage sur la dépression buccale; cette ornementation s'efface presque complètement sur les spécimens du Tortonien qui sont d'ailleurs de petite taille. Charnière édentée, anguleusement arquée sous le crochet — 278 — où le plateau cardinal est précisément très rétréci par la cavité de la lunule ; nymphe réduite à une arête rectiligne et très longue; aire ligamentaire large et aplatie, un peu creu- sée seulement près de la rainure qui la sépare du corselet. Impression du muscle postérieur grande, ovale en hauteur; digitation du muscle antérieur longue, rectiligne, arquée à son extrémité, assez large, parallèle à la ligne palléale qui aboutit normalement au contour de l'adducteur postérieur; bords lisses ; surface interne rayonnée, surtout vers la ligne palléale. DiM. Diamètres : 48 mill. ; épaisseur d'une valve : 9 mill. Rapp. et diff. — Ainsi que l'ont expliqué successivement MM. Ivolas et Peyrot, Sacco, Dollfus et Dautzenberg, Mayer a séparé avec raison les deux espèces que Michelolti avait réunies sous le nom miocœnica qui doit être réservé à la forme pourvue de lamelles latérales {Phacoides), tandis qvie l'autre est un Megaxinus edenté qui est bien différent de M. incrassatiis par son galbe tronqué en arrière, bisinueux en avant, par ses lamelles plus régulières, par sa charnière plus arquée sous le crochet, par sa digitation moins large et plus longue, par son aire ligamentaire plus aplatie, etc. D'autre part, Miltha multUamellata — qui a aussi des lamelles courtes — a une forme plus irrégulière, et sa charnière est pourvue de dents cardi- nales, de sorte que c'est un Eomiltha et qu'on ne peut les confondre ensemble. M. Sacco n'a pas précisé si le nom Bellardianus devait être réservé à la mutation miocénique; il semble bien avéré que la mutation pliocénique est celle à laquelle doit s'appliquer le nom cunciata P'ontannes; nos spécimens de l'Aquitanien ressemblent tout à fait aux figures publiées pour M. Bellar- dianus de l'Helvétien du Piémont, et ils ne diffèrent du type de l'espèce (fig. 29) que par leur surface plus régulièrement ornée; mais nous avons aussi dans le gisement de Saubrigues, des spécimens presque entière- ment lisses et de petite taille comme le type; nous ne pensons donc pas que les échantillons de l'Aquitanien constituent une mutation ancestrale. M. Rovereto avait proposé de changer le nom de l'espèce sous le pré- texte qu'il existe déjà Lucina Bellardu d'Arch , mais il n'a pas été suivi par- M. Sacco, et nous pensons que les règles de nomenclature recommandent simplement d'éviter à l'avenir que les cas similaires se reproduisent, mais qu'elles n'ont pas un caractère rétroactif. Localités. — Léognan (le Thil infér.), plésiotypes (PI. XXVII, fig. 10- 13), coll. de Sacy. — Aquitanieii. SautDrigues, jeunes spécimens typiques, coll. Degrânge-Touzin. Tortonieii. 307. Miltha (Megaxinus) subgibbosula [d'Orbigny]. PI. XXVII, fig. 32 et PI. XXVIII, %. 8; mut. taurotundata Sacco. PI. XXVII, fig. 29-31; ?miit. subtransversa [d'Orbigny]. PI. XXVIII, fig. 9-10; 1825. Luctna gibbosula Bast. Mém. env. Bord., p. 87 [non Lamlc ). 1831. Lucina transversa Bronn. Ital. teit. Gebild., p. 95 (non Lainlc). 1847. — Michelotli. Desc. foss. Mioc, p. 115 («on Lamlc). 1852. Lucina subgibbosula d'Orb. Prod. III, p. 116, 26^ et., n" 2174. 1852. Lucina substransversa d"Orb. Ibid., n° 2183. 1861. Lucina peclemontana Mayer. Journ. Conch., vol IX, p. 64. 1865. Lucina transversaHœrn.Terl.Beck.'Wien, II, p. 246, pi. 34, fig. 2. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 54, n" 138. 1901. Megaxinus transversus, var. taurotunda Sacco. I Moll. terz, Piem., XXIX, p. 73, pi. XVII, fig. 24-26. Taille moyenne; forme irrégulière, un peu convexe, iné- quilatérale; côté antérieur court, bisinueux vers le haut; côté postérieur deux fois plus long, plus largement arqué ; bord palléal un peu gibbeux au milieu, puis déclive vers les contours latéraux avec lesquels il se raccorde par des arcs réguliers; crochets un peu gonflés, pointus, raccordés et sail- lants situés aux deux tiers de la longueur, du côté antérieur; bord lunulaire excavé, puis convexe jusqu'à la seconde sinuo- sité du contour buccal; bord supéro-postérieur arqué et relevé, se raccordant par une courbe continue avec le contour anal. Lunule lisse, très creuse, petite et arrondie, dénivelant le bord cardinal, limitée à l'extérieur par un gradin obtus; surface dorsale bombée au milieu, vis-à-vis de la gibbosité du contour palléal, déprimée de part et d'autre, marquée en arrière d'un pli très obsolète qui sépare une région anale peu déprimée; du côté antérieur, un profond sillon rayonnant et incurvé limite la région buccale et aboutit à la seconde sinuosité du contour; toute la surface est irrégulièrement ornée de plis d'accroissement plus ou moins visibles. — 280 — Charnière édentée, un pea échancrée sous le crochet; nym- phe longue, un peu arquée. Impression du muscle postérieur grande et subrhomboïdale; digitation du muscle antérieur étroite et coudée, parallèle à la ligne palléale qui est peu écarté du bord lisse. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 19 mill.; diamètre umbono- palléal : 17 mill. Rapp. et diff. — Nos spécimens de l'Helvétien de la Gironde s'appli- quent exactement sur les figures de la var. taiirorotunda que M. Sacco a séparée du véritable Meg. transversiis (Plioc. et Viv.) à causé de sa forme moins transverse et plus élevée, quoiqu'elle soit cependant moins étroite en hauteur que M. ellipticus Borson. moins épaisse surtout. Ceux du Bur- digalien, visés par Basterot, ont seulement une forme plus régulièrement transverse et une charnière plus amincie. La forme de cette coquille est évidemment très voisine de l'espèce éôcé- nique bien connue sous le nom Lucina gibbosula Lamk., mais elle s'en dis- tingue par sa digitation moins large et par sa charnière complètement édentée, de sorte que c'est un Megaximis et non pas un Gibbohicina. C'est bien elle que Benoist a voulu désigner sous le nom transver'sa, attendu que le fossile de Lariey — qu'il cite aussi sous ce nom — est L. aquitanica Mayer (= trigoniila Dh.) et l'on a vu ci-dessus que c'est un Miltha avec une charnière pourvue de dents, de sorte qu'il n'y a pas de confusion possible, même quand la forme extérieure se ressemble. 11 est probable, du moins d'après l'inspection des figures, que c'est aussi la même coquille ou une variété helvétienne qu'on rencontre dans le Bas- sin de Vienne et que Hœrnes a également désignée comme L. transversa. Enfin M. Sacco a également rapporté à Megaximis transversus, non seu- lement les provenances pliocéniques que Bronn avait en vue sous ce nom, mais plusieurs variétés, parmi lesquelles nous retenons seulement la var. taurorotunda, qui seule nous intéresse. En résumé, on peut dire que cette forme se poursuit, depuis le Burdi- galien jusqu'au Pliocène, avec de simples variations dans la forme du contour, et sans que ces variations affectent une allure régulière, par exemple dans l'allongement du diamètre antéro-postérieur, puisque les spécimens helvétiens sont un peu moins transverses que ceux du Burdi- galien, et beaucoup moins que ceux du Pliocène ; mais, comme ces modi- fications paraissent constantes dans les difïérentes régions et aux différents niveaux, nous en concluons que ce sont des races et à la fois des muta- lions bien définies, auxquelles on peut se permettre d'appliquer des noms distincts. — 281 — En ce qui concerne le choix de ces dénominations, la question est un peu plus délicate et elle nécessite que nous remontions aux origines pour dissiper toute confusion : Basterot a comparé son Lucina gibbosiila à l'espèce vivante de nos côtes (X. transversa Lamk.) et il pensait que Lamarck aurait dû assimiler l'espèce du Bassm de Paris à cette dernière; or nous avons dit plus haut que c'est impossible puisqu'elles appartiennent à deux Sections distinctes. D'autre part Basterot a indiqué que son fossile provient de Léognan où se trouve en effet une forme que Mayer a ultérieu- rement nommée L. soror (nom. nud.) et qui est exactement celle figurée par nous. Nous avons donc à nommer : d'une part la forme helvétienne de Salles, d'autre part la forme burdigalienne de Léognan, puisque nous avons cons- taté de légères différences entre elles, la seconde étant la forme typique dont l'autre n'est qu'une variété. Pour le type du Burdigalien, il n'y a pas d'hésitation; c'est bien la forme que Basterot avait en vue, et c'est bien à elle que d'Orbigny a appliqué le nom subgibhosula pour corriger l'erreur de Basterot; la dénomination soror est postérieure, et aussi celle tauro- typica qui paraît s'en rapprocher beaucoup d'après les figures publiées par M. Sacco. Quant à la forme helvétienne qui se rapproche beaucoup plus de M. subgibbosula que de M. siibtransversa d'Orb,, du Pliocène, c'est bien la variété taurorotunda Sacco; elle existe aussi en Touraine (coll. Peyrot), bien qu'elle n'y ait pas été signalée par MM. DoUfus et Dautzenberg. Enfin, à titre de comparaison et comme document pour le cas où on en retrouverait d'autres, nous faisons figurer une petite valve de Saubrigues, peut-être déformée, qui est aussi identique que possible à la figure 15 de la pi. XVII, publiée par M. Sacco comme Megaxinus transversus (Bronn), de l'Astien. On sait d'ailleurs que la coquille pliocénique désignée par Bronn sous ce nom, et considérée comme distincte de l'espèce de Lamarck, doit être nommée subtransversa d'Orb. (F*rod. Ili, p. 116, n" 2183), correc- tion de neuf années antérieure à L. pedemontana Mayer. Localités. — Léognan (Coquilîat), néotypes (PI. XX"VII, fig. 32), coll. Bial-Neuville; Dax (St-Paul, coll. Degrange-Touzin. — Burdigalien. Salles (Min Débat), mut. taurorotunda Sacco (PI. XXVII, fig. 29-31 et PI. XXVIII, fig. 8), coll. Bial-Neuville; coll. Degrange-Touzin. Salles (le Minoy), coll. Duvergier. — Helvétien. Saubrigues, mut. subtransversa d'Orb. (PI, XXVIII, fig. 9-10), coll. Degrange-Touzin; un autre spécimen plus trigone, même coll. — Tor- tonieii. 282 308. Miltha (Gibbolucina) ellipsoidalis noi). sp. PI. XXVIII, fig. 11-12. Test peu épais. Taille moyenne; forme assez convexe, trans- verse, elliptique à diamètres peu inégaux, inéquilatérale quoi- que presque symétrique; côté antérieur arrondi, à peine plus atténué — mais trois fois plus court que le côté postérieur qui est plus dilaté; bord palléal régulièrement arqué; crochets un peu gonflés, quoique peu saillants, prosogyres, situés presque aux trois-quarts de la longueur des valves, du côté antérieur; bord supérieur légèrement convexe de part et d'autre du cro- chet, mais plus relevé en arrière. Lunule très petite et très creuse, dénivelant le bord cardinal, vaguement limitée à l'extérieur; corselet réduit à une mince carène sur le bord dor- sal ; surface dorsale assez régulièrement bombée jusque sur la région anale; du côté antérieur, deux courtes cicatrices rayonnantes déterminent une inflexion des stries d'accrois- sement, d'ailleurs peu régulières sur le reste de la surface. Charnière édentée, à peine arquée sur son contour infé- rieur, à plateau cardinal réduit à néant du côté antérieur, par la dépression de la lunule; nymphe peu saillante, prolongée en arrière par le bord inférieur du plancher cardinal; aire ligamentaire assez étroite, un peu creuse, surtout vers son extrémité postérieure, en partie recouverte par la carène du corselet. Impression du muscle postérieur subquadrangulaire, assez large; digitation du muscle antérieur assez large, peu allongée, parallèle à peu de distance de la zone palléale qui est étroite, mais bien délimitée par deux lignes plus ou moins parallèles, à une certaine distance du bord lisse. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 19 mill.; diamètre umbono- palléal : 15 mill. Rapp. et diff. — 11 nous paraît impossible de rapprocher cette espèce d'aucun Megaximis déjà connu; l'absence complète d'aréa postérieure lui donne un aspect tout à fait spécial, sa forme régulièrement elliptique est rare dans le G. Miltha; cependant son ligament complètement externe - m - exclut toute comparaison avec Lucina s. str.; d'ailleurs sa forme est moins globuleuse que celle de L. edentula, sa surface est bien différente, et elle n'a pas la même digitation. L'apparence de sa surface externe, sa courte lunule, la disposition de sa nymphe et de la zone palléale, ressemblent certainement plus à celles de Glbbosula qu'à celles de tout autre groupe de Lucinidœ; on peut donc admettre que M. ellipsoidalis est un dernier (1) représentant « à contour régularisé » de ceUe Section éocénique : l'atrophie des dénis cardinales est complète, la digitation s'allonge un peu, de sorte que c'est un passage de Glbbosula à Megaxiniis, lune s'éteint et l'autre apparaît au même niveau ; on sait que c'est là précisément la caractéristique des étages stratigra- pliiques, et l'on en tire un argument de plus à l'appui de la légitimation de TAquitanien. Localité. — Léognan (le Thil), type, valve droite (PI. XXVIII, fig. 11- 12), coll. de Sacy. — Aquitaiiien. 309. Miltha (Eomiltha) multilamellata [Deshayes]. PL XXVII, fig. 3-7. 1830. Lucina multilamellata Des,h. Dict. encycl., p. 377. 1838. — Grat. Cat. zool. Gir., p. 703. 1842. Lucina ambigua Math. Cat. Bouches-du-Rhône, p. 145 (non Defr ). 1873. Lucina multilamellata Ben. Cat. Saucats, p. 51, no 128. 1886. — Ben. Foss. St-Avit, p. 50. 1891. — Gourret. Faune Carry, p. 123. 1901. Dentilucina Delbosi Sacco. I Moll. terz. Piem., XXIX, pi. XVIII, fig. 10-11 {non d'Orb.). 1909. Lucina {Megaxinus) multilamellata DoUf. Et. crit. coq. Bord. (A. S. L. B., LXII), p. 361, pi. XI, fig. 3-4. Test assez épais. Taille grande; forme peu convexe, subor- biculaire, quoique à contours irréguliers, inéquilatérale ; côté (1) Depuis que ces lignes étaient écrites, nous avons eu communication d'une autre petite valve de l'Aquilanien ou du Burdigalien de St-Paul-lès-Dax. qui a tout à fait l'aspect de Glbbosula callosa Lamk., excepté que les dents cardinales 2, kh sont visiblement atrophiées.; cette charnière qui n'est pas complètement édentée, ainsi que la largeur et la brièveté de la digitation antérieure, ne permettent pas de classer cette coquille comme une mutation ancestrale de j¥. subgihhosula d'Orb. Nous nous bornons à la faire figurer (PI. XXVIII, fig. 94-95), sans lui attribuer de dénomination spécifique, en attendant que la communication d'exemplaires plus grands et de valves opposées nous mette en mesure d'en préciser la diagnose (coll. Degrange-Touzin). — 284 — antérieur subanguleux vers le haut, ovale-atténué sur son contour buccal, plus court que le côté postérieur qui est deux fois coudé et tronqué verticalement — ou même excavé -^ entre les deux coudes; bord palléal arqué, relié par un angle arrondi avec la troncature anale, souvent limité en avant par une petite échancrure; crochets peu gonflés, peu saillants, prosogyres, inclinés vers les deux tiers de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur très déclive et presque recti- ligne en avant du crochet, arqué et plus relevé en arrière jus- qu'au coude de la troncature. Lunule courte, rugueuse, pro- fonde, dénivelant le bord cardinal; corselet très étroit, caréné; surface dorsale peu bombée, marquée à l'arrière d'une large dépression excavée qui correspond à la troncature, et d'une autre très étroite, sur toute la région buccale; ornementation n'apparaissant guère qu'au diamètre de 15 mill., composée au-delà de courtes et nombreuses lamelles concentriques, un peu relevées et subdenticulées sur la dépression anale ainsi que sur la région antérieure; on distingue en outre de fins rayons, très obsolètes. Charnière assez haute, légèrement échancrée sur son contour inférieur, en arrière des crochets : 3a et 2 atrophiées par la lunule; 3;, oblique, inégalement bifide, 4/, mince, très oblique à 45°; nymphe longue, scalène, aplatie; ligament inséré dans une large gaîne séparée du corselet par une rainure. Impres- sion du muscle postérieur grande et allongée; digitation du muscle antérieur très étroite, rectiligne, s'avançant jusqu'à l'aplomb du crochet, non parallèle à l'arc de la ligne palléale qui est obscurément frangée et écartée du bord lisse ; surface interne cariée par des oscules irréguliers. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 60 mill.; diamètre umbono- palléal : 57 mill. Rapp. et diff. — Irrégulière comme M. conforta Defr., cette espèce s'en distingue par sa forme moins transverse, par ses lamelles plus ser- rées, par sa lunule plus enfoncée, atrophiant davantage les cardinales. Cette espèce a été tout récemment figurée, pour la première fois, dans ce même Recueil, par M. G. Dollfus qui l'a classée dans le S. -G. Megaxi- — 285 — nus, bien qu'elle ne soit pas édentée, mais nous nous sommes expliqués déjà ci-dessus sur la valeur relative de l'existence ou de l'absence des dents dans le G. Miltha, de sorte que l'indication donnée par notre con- frère peut être considérée comme très proche de la vérité. En fait, comme on vient de le voir, M. multilameUata ne diffère que par sa forme et son ornementation de M. contorta qui est notre génotype d'Eomiltha. M. Dollfus a en même temps rectifié deux erreurs de synonymie, Tune relative à L. amhUjua Math, nom préemployé, et l'autre relative à L. Delbosi d"Orb. Le type de cette dernière est un moule du calcaire à Astéries. Elle est commune à St-Morillon (coll. M. H. N. B.) et se trouve avec le test au même niveau, à Bordeaux (quartier de Terre-Nègre, Caudéran etc.). La coquille est de très grande taille, orbiculaire et lisse, et n'a rien à voir avec L. multilameUata La localité indiquée « Morillac » est vraisembla- blement le résultat soit d'une faute d'impression, soit dune erreur de lec- ture d'une étiquette qui portait « Martillac » où il existe des gisements aquitaniens importants et renfermant en effet, L. multilameUata. M. Sacco a d'ailleurs figuré, à diverses reprises dans son ouvrage, des spécimens provenant des environs de Bordeaux : les figures 10a, lOfc repré- sentent le type, la fig. H, une var. transverse sur laquelle s'applique exac- tement un spécimen valve de St-Avit (coll. Benoist). D'autre part, M. Sacco a figuré (part. XXIX, p. 82, pi. XVIII, fig. 35-37) Denîilucina Rollei, de l'Aquitanien de Dego, qui a un peu la même forme et une ornementation plus espacée ; mais, si c'est réellement un Dentihicina, ce qu'on ne peut juger, la charnière n'étant pas représentée, cette espèce diffère de la nôtre par ses lamelles latérales. Localités. — Léognan (le Thil inf''), plésiotypes (PI. XXVII, fig. 3-5), coll. de Sacy; spécimen valve de 70 mill., même coll.; coll. Bial-Neuville; Martillac, Mérignac, Uzeste, La Saubotte, St-Selve (Raton-Durand), coll. Degrange-Touzin ; Saucats (Lariey), exemplaire valve (PI. XXVII, fig. 6-7), coll. Benoist. — Aquîtaiiîen. 310. Miltha (Eomiltha) callipteryx [Tournouër]. PI. XXVII, fig. 18-21. 1874. Lucina callipteryx Tourn Journ. Conch., XXII, p. 306, pi. X, fig. 4. Test médiocrement épais. Taille assez grande; forme très aplatie, irrégulière, siibquadrangulaire, transverse, très iné- qiiilatérale ; côté antérieur assez court, atténué, presque pointu à l'extrémité du bord lunulaire; côté postérieur dilaté et gib- beux sur son contour supérieur, sinueux et excavé vers le bas; bord palléal très convexe à l'aplomb du crochet, se rac- cordant par un arc plus ouvert dans le prolongement du contour buccal, et par un angle arrondi avec la sinuosité anale, crochets petits, déprimés, un peu obtus, prosogyres, situés aux cinq neuvièmes de la longueur, du côté antérieur; bord lunulaire longuement rectiligne jusqu'à la sinuosité qui limite le bec buccal; bord supéro-postérieur légèrement arqué en arrière du crochet, puis déclive et raccordé par un arc avec le contour anal. Lunule divisée en deux parties lancéo- lées : l'interne se compose d'un rebord aplati qui rétrécit le plateau cardinal, l'externe plus longue se réduit à une aire très étroite et limitée par un gradin rayonnant en courbe du crochet vers le bec buccal; corselet très étroit et aplati comme la première zone de la lunule, prolongé tout le long du bord supéro-postérieur; surface dorsale à peine convexe, séparée de la région anale et déprimée par un pli obsolète et arrondi qui aboutit au sinus entre le contour palléal et le contour anal; toute la surface est couverte de lamelles obtuses et écar- tées, qui persistent sur la région anale et sur la seconde zone lunulaire; leurs interstices ne sont pas tout à fait lisses, et l'on y distingue des lignes d'accroissement très fines, peu régulières. Charnière assez haute, plus étroite en avant du crochet où son contour inférieur fait un coude assez arqué : 3a atrophiée, à peine distincte du bord; 3^ épaisse, mais peu saillante, légè- rement oblique sous le crochet; 2 incurvée, épaisse à son extrémité inférieure qui va en s'abaissant vers le bord car- dinal ; 4/, linéaire, un peu arquée sous le crochet, séparée de la précédente par une faible fossette; nymphe longue et apla- tie, à peine plus élevée que le reste du plateau cardinal; aire ligamentaire peu profonde, en fond de bateau; pas de traces de lamelles latérales sur aucune des deux valves. Impression du muscle postérieur en forme de pépin, vis-à- vis de la gibbosité du contour anal; digitation du muscle antérieur longue et rectiligne, assez étroite, très voisine de la ligne palléale et presque parallèle à celle-ci ; impression pal- — 287 — léale bien gravée, obtusément frangée, très écartée du bord lisse, inégalement distante de ce bord. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 45 mill.; diamètre umbono- palléal : 40 mill.; épaisseur d'une valve : 5 mill. Rapp. et diff. — Au point de vue générique, cette coquille se rapporte bien — par la plupart de ses caractères internes — à Miltha Childreni Gray, génotype; elle en diffère non seulement par son ornementation, mais sur- tout par sa forme qui rappelle plutôt les coquilles éocéniques, telles que M. Cuvieri Bayan, que Fischer a indiquées comme exemple de Miltha fossile; M. contorta Defr., du Paléocène, est presque aussi gibbeuse, mais moins inéquilatérale, tandis que M. Childreni est plus haute que large. En tous cas, M. callipteryx se distingue des unes et des autres par ses lamel- les très espacées; celles de M. contorta sont quatre ou cinq fois plus ser- rées à tout âge. La charnière est particulièrement effacée et montre une tendance vers Pseudomiltha qui n'a plus de dents cardinales; mais on remarque immédiatement que Miltha callipteryx s'en distingue par son corselet non interrompu vis-à-vis du ligament. Localité. — Cestas, types figurés (PI. XXVII, fig. 18-21), coll. Coss- mann, coll. Rozier; Cestas (Min neuf), coll. de Sacy, coll. Bial-Neuville, etc. — Bui*cli(|alieii. 311. Miltha (Eomiltha) Chainei (1) nov. sp. PI. XXVIII, fig. 13-15. Test peu épais. Taille petite; forme orbiculaire, peu convexe, inéquilatérale, côté antérieur arrondi, plus court que le côté postérieur qui est faiblement tronqué : bord palléal peu arqué, raccordé par une courbe régulière avec le bord buccal, et par un angle arrondi avec la troncature anale; bord cardinal déclive de part et d'autre du crochet; crochets peu gonflés, saillants, prosogyres, placés un peu en arrière de la ligne médiane; lunule allongée, peu creusée, dissymétrique, plus longue et plus large sur la valve gauche, limitée par un angle saillant; corselet réduit sur la valve droite à une carène tran- chante, légèrement élargi à son extrémité postérieure sur la valve gauche; surface dorsale médiocrement bombée, dépri- (1) Dédiée à M. Chahie, conservateur adjoinl au Musée d'Histoire Nat. de Bordeaux, mée sur les régions buccale et anale, couverte de lamelles foliacées, légèrement crépues, assez rapprochées et se serrant davantage sur les côtés de la coquille. Charnière anguleuse, assez large : 3a atrophiée, 3^ oblique, triédrique, non bifide, 3a courte, mais assez forte, appliquée contre le bord lunulaire, 4^ très oblique et peu saillante, liga- ment inséré dans une cavité longue et assez étroite. Impres- sion du muscle postérieur ovalaire; digitalion du muscle antérieur assez large, ne s'avançant pas tout à fait jusqu'à l'aplomb du crochet et non parallèle à l'impression palléale; celle-ci est large et finement frangée. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 11 mill.; diamètre umbono- palléal : 10,5 mill. Rapp. et diff. • — Beaucoup plus petite que M. multilamellata, plus transverse, ornée de lamelles plus espacées et plus saillantes; elle se trouve d'ailleurs à un niveau plus élevé. On ne peut pas non plus la con- fondre avec M. Bellardiana dont elle a un peu le galbe, mais dont elle diffère par l'ornementation plus grossière de sa surface extérieure, et sur- tout par sa charnière qui la place dans un au're groupe. Enfin, son galbe et sa charnière sans lamelles latérales la distinguent facilement de Pha- coides borealis ornée comme elle de lamelles concentriques, et dont on trouvera plus loin la description. Localités — Saubrigues, cotypes (PI. XXVIII, fig. 13-15), coll. Degrange-Touzin, une paire de valves. Saint-Jean-de-Marsacq, Bélus (RoUon), même coll. — Toi'toiiîeii. Peyrehorade (Peyrère), deux valves plus petites, même coll. — Hel- vétîeii. MYRTEA Turton, 1822. (^^ Ortijgia Brown, 1827; = Cyrachœa Leach, 1847). Coquille ovale-transverse, généralement déprimée, à surface plus ou moins ornée; lunule lancéolée, creuse, plus large sur la valve gauche que sur la valve droite; corselet carène, gène- pt Pt ralement épineux ; pio. 129. — Myrtea spinifera Montg. Plioc. une seule dent 3 sans > 2 ^^^>^ y^i^^^ ' L — 289 — branche antérieure; 2 et 4?,; A I et P I proéminentes; A II et P II à peine indiquées; aire ligamentaire étroite et rainurée vers le corselet; digitation du muscle antérieur courte et cou- dée (G, -T. : Venus spinifera Montagu. Viv.). Dans l'évolution graduelle de la charnière des Lucinidœ, l'apparition des lamelles latérales chez L. spinifera constitue un critérium générique qui différencie nettement Myrtea des groupes précédents et particulièrement de Miltha ou d'Eomiltha; c'est qu'en effet les lamelles latérales ont plus de constance, dans un même groupe de cette Famille, que les dents cardi- nales qui sont sujettes à s'atrophier dans un même Genre. D'autre part, le — ligament quoique peu apparent et assez profondément inséré dans une rainure sur le corselet — n'est pas interne comme chez Loripes, ni décou- vert par la disparition du bord dorsal, comme chez Pseudomiltha. Le coude que présente généralement la digitation du muscle antérieur, chez ce génotype, est un critérium dont nous n'avons pu vérifier encore la cons- tance chez d'autres espèces; mais il est à remarquer que la digitation varie peu dans un même groupe, c'est ce qui nous a décidé à indiquer le critérium sectionnel pour la diagnose de Miltha s. str. Enfin la largeur plus grande de la lunule sur la valve gauche est un critérium qu'on observe aussi chez certains Cldone. D'après les travaux de M. Sacco et de M. Dali, il y aurait à distinguer deux Sections, qui ne paraissent pas représentées dans le Néogène de l'Aquitaine : Sect. Myrteopsis Sacco, 1901. — Forme plus haute; dents faibles ou obsolètes, surface lisse (G. -T. : M. taurolœvis Sacco Helv.). Dans l'état de conservation où est le génotype de cette Section, la sépa- ration en est des plus douteuses : l'usure a pu faire disparaître l'ornemen- tation, et d'autre part la forme élevée des valves se retrouve aussi chez certaines variétés helvôtiennes de M. spinifera; comme l'étude des dents cardinales est généralement difficile chez les spécimens de Colli Torinesi où la glauconie atrophie accidentellement presque tous les caractères internes des valves, cette Section nous paraît peu caractérisée. Sect. Eulopia Dali, 1901. — Surface dorsale ornée d'une sculpture rayonnante et vermicalée entre les lamelles; valve ordinairement de petite taille (G. -T. : Liicina sagrinata Dali. Viv.). — 290 — L'auteur n'a pas fait figurer de vues internes des valves des deux espè- ces aquitaniennes de la Jamaïque et de la Floride qu'il rapporte à celte Section. Seule, l'existence d'une ornementation radiale paraît être une base bien fragile pour l'établissement d'une Section distincte de Myrtea. En résumé Myrtea spinifera est, comme on le verra ci-après, la seule espèce de ce Genre qui soit représentée soit directement, soit par des variétés burdigalienne et helvétienne, dans nos terrains de l'Aquitaine. Nous ne le connaissons pas dans l'Aquitanien d'Europe; mais M. Dali a cité ou décrit deux espèces : l'une de l'Eocène de l'Alabama et du Vicksburgien (Olig.) du Mississipi; l'autre de l'Aquitanien de la Jamaïque, et peut-être aussi du Pliocène de Costa-Rica. Cette dernière est arrondie comme l'espèce vivante des Antilles (M. pristiphora Dali et Simpson). 312. IVTyrtea spinifera [Montagu]. PI. XXVIII, %. 16-19. 1803. Venus spinifera Mtg. Test, brit., p. 577, pi. XVII, fig. 1. 1822. Myrtea spinifera Turton. Dithyra brit., p. 133. 1837. Lucina hiatelloides Duj. Mém. Tour., p. 259 {non Bast.). 1847. — . Mich Mioc. Italie sept , p. 116, pi. IV, fig. 11. 1853. Lucina spinifera Forb. et Hanley. Brit. Moll., II, p. 49, pi. 35, fig. l. 1865. — Hœrnes. Tert. Beck. Wien, II, p. 236, pi. 33, fig. 8. 1882. — Font. Plioc. Rhône, II, p. 111, pi, VI, fig. 23 24. 1886. Myrthea spinifera DoUf. Dautz. Etude prél. Tour., p. 6. 1897. Lucina hiatelloides Raulin. Stat. gôol. Landes, p. 340. 1901. Myrtea spinifera Sacco. I Moll. terz. Piem , XXIX, p. 93, pi. XXI, fig. 8-10. 1901. — Dollf. Dautz. Nouv. liste Pélécyp., p. 22. 1909. — Dollf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 245, pi. XVI, fig. 18-27. 1909. — Cerulli-Irelli.F.mal.Mar.,p. 164, pl.29,fig. 25-32. Test peu épais. Taille assez petite; forme plus aplatie sur la valve droite, transverse, un peu inéquilatérale ; côté anté- rieur à peine plus court que le côté postérieur, tous deux subtronqués verticalement; bord palléal arqué; crochets petits, pointus, légèrement saillants, situés un peu en avant de la ligne médiane; bord supérieur faiblement excavé en avant du crochet, déclive et rectiligne en arrière, faisant un angle plus ou moins arrondi avec les troncatures anale et buccale. Lunule creuse, lisse, lancéolée, plus large sur la valve gauche; cor- ~ 291 — selet aplati, caréné, lisse, moitié plus long que la lunule, plus large aussi sur la valve gauche ; surface dorsale à peine bombée au milieu, déprimée de part et d'autre, mais les dépressions ne sont pas limitées avec précision; ornemen- tation très variable, composée de lamelles concentriques plus ou moins serrées, plus ou moins régulières, qui forment en tous cas des aspérités épineuses sur la carène du corselet; elles s'effacent presque totalement chez certains individus. Charnière assez étroite, à contour inférieur coudé sous le crochet : 3 petite et trigone au milieu; pas de branche anté- rieure ; A I et P I très saillantes, inéquidistantes, juxtaposées à de profondes fossettes; 2 obliquement incurvée contre le bord, ib peu saillante, de l'autre côté de la fossette; Ail et PII très peu proéminentes; nymphe étroite, assez proémi- nente, contiguë à une aire ligamentaire réduite à une longue rainure contre le crochet. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 12 mill.; diamètre umbono- palléal : 9 mill. Rapp. et diff. — Cette coquille est une des plus variables que nous ayons à signaler, âe sorte qu'il est presque impossible de distinguer avec précision les différentes formes qui se trouvent, la plupart du temps, dans les mêmes gisements, et entre lesquelles on peut établir des transitions graduelles, si l'on dispose d'un nombre de valves suffisant. Mais toutes ces formes ont un caractère commun, c'est le peu de largeur de la lunule et du corselet; on peut ajouter que la forme est généralement transverse, quoique — parmi les deux plésiotypes de Saubrigues que nous faisons figurer — il y en ait un certainement plus court que l'autre. Comme on l'a vu dans la diagnose généricpie, l'espèce est inéquivalve, de sorte que la lunule et le corselet sont plus étroits et plus resserrés sur la valve droite que sur la valve gauche. Dans ces conditions, de toutes les variétés qu'a nommées M. Sacco, nous n'en retrouvons aucune, mais nous séparons au contraire la mutation hiatelloides Bast. qu'il réunissait au type. Il y a lieu de remarquer toute- fois que les spécimens de Saubrigues que nous faisons figurer atteignent une taille supérieure à celle des échantillons des autres provenances que nous avons sous les yeux (coll. Cossmann) : Monte-Pellegrino(Pleistocène); Monte-Mario, Cannes, Oued-Nador (Astien); Biot, Sienne, Sidi Moussa (Plaisancien); St-Ariès (Messinien) ; seuls les spécimens de l'Helvétien Tome LXV. 19 -^ 292 - du Piémont (coll. Cossmann) que M. Sacco a séparés sous le nom distinct taurina ainsi que la variété tauromagna Sacco, ont une forme plus arron- die, plus haute et une taille plus que double ; ils manquent en Aquitaine. Localités. — Saubrigues, peu rare ; plésiotypes (PI. XXVIII, fig. 16-19), coll. Dumas; coll. Bial de Bellerade; coll. Degrange-Touzin ; St-Jean-de- Marsacq, coll. Degrange-Touzin. — Tortonieii. Baudignan, St-Martin-de-Hinx, coll. Degrange-Touzin. — Helvétien. 313. Myrtea spinifera [Montagu]; var. hiatelloides [Bast.]. PI. XXVIII, fig. 23-25. 1825. Lucina hiatelloides Bast. Env. Bord., p. 87, pi. "V, fig. 13. 1838. — G rat. Cat. Gir., p. 64. 1852. — d'Orb Prod., IIl, p. 115, 26e et., no 2161. 1873. Lucina spinifera Benoist. Cat. Saucats, p. 53, n° 1.35. 1897. — Raulin. Stat. géol. Landes, p. 299. Rapp. et diff. — Cette variété diffère de la forme typique, moins par l'écartement de ses lamelles dans le voisinage des crochets, que par la 1 irgeur et la profondeur beaucoup plus grandes de sa lunule et de son cor- selet, quoique les valves soient presque aussi aplaties que celles du Plio- cène et des mers actuelles; de même que chez ces dernières, M. hiatel- loides a un corselet et une lunule plus larges sur la valve gauche que sur la valve droite, mais cela n'empêche pas d'observer l'exactitude et la cons- tance de notre critérium différentiel. D'autre part, les lamelles étant plus écartées dans la région du crochet, il en résulte que les aspérités épineuses qui garnissent la carène du corselet sont moins serrées que chez M. spi- nifera typique. Bien que la figure de Basterot n'indique pas l'écartement variable des lamelles, comme il a indiqué que le gisement de son espèce est Léognan, on doit en conclure que le nom hiatelloides s'applique à la forme burdiga- lienne, tandis que les valves de l'Helvétien et dvi Tortonien de l'Aqvutaine sont de véritables L. spinifera; aussi n'avons nous cité en synonymie que les références se rapportant au Miocène inférieur. Localités. — Saucats (Min de Lagus), néotypes (PI. XXVIII, fig. 23- 25), coll. Cossmann; Léognan (Coquillat), topotypes, coll. Cossmann; coll. Bial-Neuville, de Sacy. Léognan (Carrère), spécimens à lamelles serrées jusqu'au crochet et à crénelures écartées, coll. Peyrot. Cestas, coll. Bial- Neuville. — Bitrdîgalieii. - 293 — 314. Myrtea spinifera [Montagu]; var. tenuicardinata nov. var. PL XXVIIL fig. 26-29. Rapp. et diff. — Nous rapportons à cette variété des spécimens du gisement de Peyrehorade et de St-Elienne-d'Orthe qui se distinguent des M. spinifera de Saubrigues par leur taille plus que double, par leur forme élevée et moins trigone, par leur lunule et leur corselet linéaires; les lamelles latérales paraissent beaucoup plus obsolètes, enfin l'ornemen- tation de la surface dorsale se compose de lamelles.concen'riques beaucoup plus serrées, qui produisent de très finc-S crénelures sur la carène du corselet; d'autre part, la digitation musculaire est un peu plus allongée et moins coudée. Nous avons pu comparer ces critériums externes avec des valves provenant de Colli Torinesi (coll. Cossmann et Peyrot), qui nous ont été envoyées par M. Sacco sous le nom tauromagna, et nous avons constaté des différences qui justifient l'adoption d'une variété complète- ment distincte qui se confondrait peut-être avec Myrteopsis magnotaurina dont les caractères n'ont pas été très nettement indiqués pai' l'auteur, mais non avec M. taurina qui serait une forme usée et dépourvue de lamel- les, plus convexe et munie de larges lunule et corselet. En tous cas, la var. tenuicardinata se distingue de la var. tauromagna par sa forme arron- die en avant, tronquée en arrière, par sa charnière plus étroite, tandis que les exemplaires d'Italie ont le corselet et la lunule larges et concaves. Localités. — Peyrehorade (Peyrère), types (PI. XXVIII, fig. 26-29), coll. Raulin. St-Etienne-d'Orthe, plésiotype, coll. Degrange-Touzio. — Helvétien. CODOKIA Scopoli, 1777 (em.). (= Leniillaria Schum. 1817; = Antilla de Greg. 1885; = Codakia Dali 1901 sicut Scopoli). Godokia ,ç. str. — Coquille grande, épaisse, plus ou moins réticulée, peu convexe; lunule petite; charnière : 3a, 3/,, 2, 4;,; A I et P I, A II et A IV, P II et P IV, très inéquidistantes ; FiG. 130. — Codokia tigerina Lin. Viv. nymphe faible; aire ligamentaire très large, peu creuse, recou- "- 294 - verte par le bord dorsal; digitation large et peu allongée; bords lisses ou à peine festonnés (G, -T. : Chama codok Adanson. Viv, = Venus piinctata Lin.). La formule de la charnière de Codokia est beaucoup plus complète que celle de Myrtea; les lamelles latérales sont généralement plus développées sur la valve gauche que sur la valve droite, à l'inverse de ce qui a lieu dans la plupart des auires Genres : il n'y en a qu'une antérieure et une postérieure sur la valve droite, et chacune d'elles se loge dans une pro- fonde fossette distinctement encadrée de deux lamelles sur la valve gau- che; elles sont en outre très inéquidistantes des cardinales. Mais ce qui caractérise principalement Codokia s. str., c'est l'insertion profonde d'un large ligament qui déborde sur des nymphes aplaties et qui est masqué à l'extérieur par le rebord du contour dorsal, en l'absence de corselet. La lunule est d'ailleurs très petite pour la taille de la coquille qui ne porte pas d'aréas anale et buccale rayonnantes comme il en existe chez beaucoup d'autres groupes de Liicinidœ. La surface n'est pas toujours réticulée, mais il est rare qu'il n'existe pas quelques traces de rayons entre les lames ou cordons concentriques. Codokia s. str. est d'origine beaucoup plus ancienne qu'on ne le croit : nous citerons en effet, dans l'Eocène des environs de Paris, Liicina con- centrica Lamk., qui paraît avoir vécu depuis le Paléocène jusqu'à l'Eocène supérieur, presque sans modifications, et qui — par sa charnière et son large ligament — représente exactement les formes néogéniques, quoique avec un galbe plus arrondi et une ornementation simplement composée de lamelles concentriques. Lucina uncinata Defr., du Thanétien, parait aussi appartenir au même Genre, à cause de sa large et profonde aire ligamentaire, sous le bord dorsal. Dans l'Aquitaine, on le trouve égale- ment dans l'Aquitanien et le Burdigalien, puis il passe dans THelvétien de la Touraine, dans le Bassin de Vienne, le Pliocène du Piémont. En Amérique, M. Dali en signale l'existence dans l'Aquitanien de la Jamaïque et le Pliocène de la Floride, puis dans le Pleistocène. Sect, Jagonia Recluz, 1869. — Taille petite; forme inéqui- latérale, côté antérieur plus allongé; surface treillissée; même formule cardinale, seulement les lamelles latérales sont pres- PIV FiG. 131. — Jagonia decmsata Cosla. Yiv. — 295 — que éqiiiJistantes, les postérieures plus marquées que chez Codokici] en outre le ligament est plus étroit, et la digitation antérieure est large et coudée; bords crénelés (G.-ï. : Le Jagon, Adanson = Venus orbiculata Montg. Viv.). Il n'existe entre Jagonia et Codokia que des différences d'une valeur sêctionnelle seulement; elles ressortent suffisamment de la comparaison des deux diagnoses pour que nous nous dispensions d'insister. Nous ne connaissons pas de Jagonia éocéniques, mais Lucina squamosa Lamk., du Stampien des environs de Paris, parait être le représentant le plus ancien de cette Section qui se poursuit dans l'Aquitanien, l'Hel- vétien et le Tortonien de nos régions du sud-ouest, puis dans le Pliocène. En Amérique, M. Dali en signale six espèces dans l'Aquitanien de la Jamaïque et de la Floride, deux espèces dans le Miocène et le Pliocène de la Barbade; quant à Jagonia portoricana, c'est peut-être un Parviliicina. 315. Codokia leonina [Basterot]. PL XXVII, fig. 22-24. 1814. Venus tigerina Brocchi. Conch. subap., II, p. 551 [non Lin.). 1825. Cytherea leonina Bast. Mém. env. Bord., p. 90, pi. VI, fig. 1. 1838. Lucina tigerina Gvat. Cat. Gir., p. 65, n°737. 1845. Lucina leonina Ag. Icon. coq. tert., p. 62, pi. XII, fig. 13-15. 1850. — Desh. Traité élém. Conch., I, p. 784. 1852. — D'Orb. Prod. III, p. 183. 26e et. 1865. — Hœrnes. Tert. Beck. Wien, II, p. 221, pi. XXXII, fig. 1 a-e. 1873.- - Benoist. Cat. Saucats, p. 52, n» 132. 1901. Codokia leonina Sacco. I Moll. terz. Piem., XXIX, p. 92, pi. XXI, fig. 1-2. 1903. — DoUf.Cott.Gom. Moll. tert. Port., pi. XVII, fig. 2-3. 1909 . — DoUf. Essai Aquit . , p . 24 et 43 . Test assez épais. Taille grande; forme orbiculaire, plus ou moins sub-elliptique, peu convexe, presque équilatérale; côté antérieur demi-circulaire, un peu plus court que le côté pos- térieur qui est moins régulièrement et moins largement arqué; bord palléal en arc de cercle dans le prolongement des con- tours latéraux; crochets pointus, peu gonflés, mais assez proé- minents, prosogyres; situés presque aux trois cinquièmes de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur très peu arqué — 296 — en avant, déclive et presque rectiligne en arrière du crochet, où il fait assez loin un coude très obsolète en se raccordant avec le contour anal. Lunule petite, lisse, creuse, subtrigone, limitée par une arête vive; pas de corselet; surface dorsale peu bombée, à peine déprimée sur la région anale, ornée de nombreuses et courtes lamelles concentriques qui sont croi- sées par 50 à 60 rainures rayonnantes irrégulièrement espa- cées, dont les intervalles sont souvent divisés par des sillons rayonnants beaucoup plus obsolètes ; aux extrémités buccale et anale, ces intervalles sont plus arrondis, plus étroits et les lamelles y forment des crénelures un peu plus saillantes. Charnière haute et épaisse, fortement échancrée sous le sommet, tandis que le contour inférieur du plateau cardinal fait une forte saillie vis-à-vis de la lamelle antérieure : 3a large, trigone, adhérente au bord lunulaire; 3^, plus mince, un peu oblique à droite, assez longue ; A I pointue, saillante, très rap- prochée des cardinales; P I très écartée et émoussée; nymphe scalène, largement aplatie; aire ligamentaire très allongée, creuse, limitée par des rainures et close par la carène du bord dorsal; 2 perpendiculaire, très obtusément bifide à son extré- mité inférieure; 4^ mince et longue, oblique à gauche; A II épaisse et puissante, séparée par une profonde fossette de A IV qui est formée d'une longue arête moins saillante, moins pro- longée en avant que Ail; PII très obsolète à l'extrémité d^ l'aire du ligament. Impression du muscle postérieur palmu- lée; impression de l'adducteur antérieur prolongée par une digitation assez large et médiocrement longue qui s'écarte de la ligne palléale profondément gravée et frangée à une cer- taine distance du bord lisse; sur la région buccale, l'orne- mentation produit quelques petits festons qui n'entaillent pas le bord interne des valves ; une étroite cicatrice interne relie l'extrémité du ligament à celle de l'adducteur antérieur. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 47 mill.; diamètre umbono- palléal : 43 mill.; épaisseur d'une valve : 9 mill.; diamètres d'une grande valve obronde de Pessac : 50 mill. - 297 — Rapp. et diff. — Quoique la coquille bordelaise soit assez voisine de C. tigerina pour que la détermination de Basterot soit concevable, elle s'en écarte cependant par sa forme moins transverse, par son ornementation radiale moins serrée, par ses impressions musculaires moins larges, par sa lunule plus grande et plus profonde, entamant davantage le plateau cardinal, par sa lamelle A I beaucoup plus rapprochée du piton plus sail- lant qui termine 3a. Au contraire, C. exasperata Reeve, est plus élevée, plus arrondie, avec une ornementation beaucoup plus régulière et plus créne- lée, à mailles carrées ; sa charnière et sa cicatince sont aussi un peu différentes. D'autre part, les individus du Piémont — et notamment ceux du Plai- sancien de Vezza d'Alba (coll. Cossmann) — ont une charnière encore plus haute que celle de C. leonina, moins échancrée; leur cicatrice interne est plus sinvieuse et touche presque la digitation musculaire; mais leur ornementation est identique, ainsi que leur lunule ; ce ne sont exactement ni des C. leonina, ni surtout des C. tigerina, de sorte que l'on pourrait leur appliquer la dénomination transiens Sacco, à titre de mutation. D'après les figures de Hœrnes, les spécimens du Bassin de Vienne s'en rapprocheraient également et peut-être ceux du Portugal. En tous cas, il y a lieu de remarquer que les valves de l'Aquitanien sont peut-être plus obrondes encores que nos plésiotypes du Burdigalien. Localités. — Saucats (Min de l'Eglise), plésiotypes (PI. XXVII, fig. 22-24), coll. Cossmann; Cestas (M'i Neuf) un jeune spécimen, coll. de Sacy; Saucats (Pont-Pourquey, Giraudeau, Peloua), coll. Bial-Neuville, coll. Degrange-Touzin. Canéjan, Léognan (le Thil supr), coll. Degrange- Touzin. — Bnrdigalîeii. Pessac (Lorient) coll. Bial-Neuville; même gisement, valves obrondes, coll. de Sacy; Gamachot, fide Dollfus; St-Avit (Basta); Corbieu (Min de Carreau); La Brède (tranchée du ch. de fer), Martillac (Breyra), Saucats (Lariey), coll. Degrange-Touzin, Mérignac (Baour inf»"), coll. Peyrot. — Aquîtanîen. 316. Codokia Haidingeri [Hœrnes]. PI. XXVII, fig. 8-9. 1848. Lucina Haidingeri Hœrn. Verz., p. 26. 1865. — Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 222, pi. XXXII, fig- 2. 1886. - Dollf. Dautz. Etude prél. Tour., p. 6. 1900. — Koch. Tert. Siebenburg, II, p. 129. 1900. - Ivolas et Peyrot. Contr. Fal. Tour., p. 116. ,1901, — DoUf. Dautz. Nouv. liste Pélécyp., p. 23. — 298 — 1909. Codokia Haidingeri Dollf Dautz. Concli. Mioc. Loire, p. 256, pi. XVII, fig. 19-22. Taille assez petite (dans l'Aquitaine); forme régulièrement orbiculaire, à peine transverse, peu convexe, subéquilatérale; côté antérieur un peu plus court que le côté postérieur, pres- que également arrondi; bord palléal en arc de cercle, dans le prolongement des contours latéraux; crochet obtus, quoique un peu saillant, prosogyre, situé légèrement en avant de la ligne médiane; bord lunulaire tellement excavé qu'il réduit à néant le plancher cardinal qui se relève aussitôt après la Ivmule; bord supéro-postérieur arqué et déclive. Lunule courte, étroite, lisse, limitée par un gradin élevé; pas de corselet; surface dorsale régulièrement et peu bombée, faiblement dépri- mée sur la région anale qui n'est pas nettement limitée, par- tout ornée de fines stries concentriques, très régulières, sans aucune trace de stries rayonnantes. Charnière bien développée, peu sinueuse sur son contour inférieur : 2 perpendiculaire, épaissie à son extrémité; 4^ mince et divergente; Ail mince, triangulaire, saillante, très rapprochée des cardinales, séparée par une profonde fossette de A IV qui est beaucoup plus courte et moins saillante; P II très petite à l'extrémité du ligament, c'est-à-dire trois fois plus écartée que Ail; nymphe peu saillante, bordant une aire ligamentaire plus allongée, qui est recouverte par la carène du bord dorsal. Impression du muscle postérieur grande, subrhomboïdale, située assez haut; digitation du muscle pos- térieur large, peu longue, divergente et bien séparée de la ligne palléale, qui est profondément gravée, à peu de dis- tance du bord palléal lisse; cicatrice interne et obsolète, rayon- nant en biais de la cavité infraligamentaire vers l'extrémité de la digitation. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 10 mill.; diamètre umbono- palléal : 9,5 mill. Rapp. et diff . — La valve que nous venons de décrire n'est pas abso- lument identique à celles de la Touraine qu'ont figurées MM. Dollfus et — 299 — Dautzenberg; elle semble un peu plus transverse, plus équilatérale, et ses contours latéraux sont plus également arqués ; la charnière est bien sem- blable, sauf que P II est moins effacée, peut-être moins usée ; enfin sa digitation antérieure est moins longue et un peu plus large. Aussi pourra- t-on probablement, quand on aura un plus grand nombre de matériaux, distinguer une mutation merignacensis dont il faudrait alors caracté- riser aussi la valve droite. C'est à dessein que nous n'avons pas admis Liicina detrita Desli., de l'Eocène, dans la synonymie ci-dessus : il est bien évident que c'est aussi un Codokia par sa charnière, mais sa forme est beaucoup plus élevée, plus inéquilatérale quand on l'oriente convenablement (1), son bord supéro- antérieur est plus déclive; surtout sa charnière est plus arquée sous le crochet, les lamelles antérieures étant plus proches des cardinales; enfin la digitation antérieure est plus étroite, plus rapprochée de la ligne pailcale. C'est donc une espèce absolument distincte de C. Haidingeri, et MM. Dollfus et Dautzenberg ont bien fait de ne pas remplacer le nom Haidingeri par le nom detrita qui correspond à une forme figurée et bien caractérisée, cinq ans avant que Hœrnes ait donné la précision nécessaire à sa citation de 1848. Localités. — Mérignac, valve gauche (PI. XXVII, fig. 8-9), coll. Cossmann. Léognan (le Thil), valve gauche, coll. de Sacy, Mérignac (Baour) une valve gauche, coll. Peyrot. — Aquîtanieii. 317. Codokia {Jagonia) decussata [Costa]. PI. XXVIII, fig. 30-32. 1795. Tellina reticulata Poli. Test. Siciliœ, II, p. 48, pi. XX, fig. 14 {non L.). 1829. Lucina decussata Costa. Osserv. zool. Tarante, p. 8. 1830, _ Costa. Test. viv. Taranto, p. 23, pi. I, fig. 4 a-b. 1894. Lucina reticulata Degr.-Touz. Etude prél. Orthez, p. 418 [non L.). 1901. Jagonia reticulata Sacco. I Moll. Piem., XXIX, p. 97, pi. XX, fig. 65-67. 1909. Lucina (Jagonia) reticulata Dollf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 257, pi. XXIII, fig. 1-2. Très rare dans le Béarn, cette espèce y est cependant repré- sentée par des valves tout-à-fait semblables à celle que (1) La plus grande convexité du bord palléal tangente à l'horizontale : sur les fig. 23-25 de la PI. XVII de la Gonch. Mioc. de la Loire — qui représentent l'espèce éocénique — les valves ont été posées trop en arrière. __ 3Ô0 — M. Sacco a figurée du Pliocène du Piémont et aussi à celles de la Méditerrannée : c'est la même ornementation relative- ment fine, à côtes rayonnantes et bifides vers les extrémités, croisées par des rangées concentriques de ponctuations, sur les spécimens bien conservés, il y a en outre des crénelures assez proéminentes sur les côtes de la région anale. Les cro- chets, un peu proéminents sur le contour supérieur sont peu prosogyres et situés au tiers de la longueur, du côté posté- rieur. Quant à la charnière, 3a et 2 sont obtusément bifides, A II et A IV, P II et P IV sont beaucoup mieux marquées que A I et surtout que P I qui est très effacée. Le bord palléal n'est pas crénelé d'une manière visible sur la plupart des spécimens adultes, et on ne distingue de crénelures très obso- lètes que sur les valves de petite taille, peut-être parce qu'elles ont été moins roulées que les autres. Nous n'osons tirer de conclusions très précises de la comparaison avec les figures publiées par MM. Dollfus et Dautzenberg pour les échantillons de la Touraine ; car celui qu'ils rapportent à la forme typique doit être sur une planche XXIII qui n'avait pas encore paru quand nous avons rédigé cette diagnose, tandis que la PI. XVIII — qui reproduit des spéci- mens très voisins de nos C. clecussata (fig. 1-10) — les attribue à L. pecten Lamk. (= L. exigua Eichw,) ou à Coripia nuciilina Dujardin qui ne figure pas dans le texte de la même livraison. Il en résulte une certaine confu- sion pour le lecteur. Localités. - Salies-de-Béarn, quatre valves (PI. XXVIII, fig. 30-32), coll. Degrange-Touzin. Saubrigues, une valve gauche douteuse, de petite taille, coll. Dumas. — Hel^étieii. 318. C. decussata, var. perobliqua [Sacco]. PI. XXVIII, fig. 33-35. 1901. Jag. reticulata yar. perobliqua Sacco. Loc. cit., p. 98, pi. XX, fig. 68. H909. Lucina (Jagonia) pecten Dollf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 260, pi. XVIII, fig. IL Nos spécimens de Sallespisse et d'Orthez sont à peu près identiques non seulement à la figure publiée par M. Sacco, mais encore à la figure représentant un spécimen de Bossée, sous le nom Jagonia pecten (= Lucina — 301 —, exigua Eichw.) dans la Monographie de MM. Dollfus et Dautzenberg; malheureusement, toutes ces figures ont été faites du côté de la surface externe, de sorte que nous en ignorons les charnières. Or celle de la valve droite de Sallespisse montre une lamelle P I presque aussi épaisse que AI; les cardinales sont très inclinées; la digitation antérieure — courte et large — s'écarte à peine de l'impression palléale qui forme une zone très écartée du bord, et celui-ci est plutôt obtusément lacinié que véritable- ment crénelé. 11 serait intéressant de vérifier la conformité de ces crité- riums internes chez les spécimens d Italie et de la Touraine. Localités. — Sallespisse, une valve droite incomplète (PI. XXVIII, fig. 35) ; Orthez (le Paren), deux valves gauches, l'une figurée (PI. XXVIII, fig. 33-34), coll. Degrange-Touzin. — Helvëtîeii. Dax (Mandillot), une valve gauche de petite taille (coll. Degrange- Touzin . — Bui'digalien. 319. Codokia [Jagonia) reticulatoides nov. sp. PI. XXVIII, fig. 36-41. 1873. Lucina reticulata Benoist. Saucats, p. 53, no 136 {non Poli). 1909. Jagonia reticulata DoUf. Essai Aquit., pp. 24 et 43. Test assez mince. Taille petite; forme variable, orbiculaire- transverse, peu convexe, très inéquilatérale ; côté antérieur demi-circulaire, deux fois plus allongé que le côté postérieur qui est moins régulièrement arqué et obtusément coudé; bord palléal largement arqué, se raccordant par des courbes iné- gales avec les contours latéraux; crochets petits, pointus, prosogyres, situés au tiers de la longueur des valves, du côté postérieur; bord lunulaire brièvement excavé, puis convexe sur toute l'étendue buccale; bord supéro-postérieur déclive, presque rectiligne en arrière du crochet, se raccordant par un angle très arrondi avec le contour anal. Lunule petite, creuse, lisse, limitée par un gradin obtus; surface dorsale peu bom- bée, déprimée sur la région anale, partout ornée de fines cos- tules rayonnantes, dichotomes vers les bords, crénelées par des lamelles d'accroissement très serrées; sur la région anale, les aspérités sont même assez saillantes. , Charnière puissante comparativement à la taille des valves, — 302 — fortement coudée en arrière du crochet, surtout sur la valve gauche : 3^ contiguë au bord lunulaire, plus courte que 3/, qui est nettement bifide; lamelles latérales équidistantes, AI plus épaisse et plus saillante que PI; 2 trigone et bilobée à l'extré- mité, ib plus mince et inclinée contre la nymphe; A II et P II saillantes et pointues, séparées par de larges fossettes de A II et P III qui sont moins proéminentes et plus courtes ; nymphe étroite et peu saillante, bordée par l'aire du ligament qui est à peine excavée. Digitation de l'adducteur antérieur fortement coudée et divergente; impression musculaire postérieure palmulée et transverse; il est rare qu'on puisse les observer facilement; ligne palléale parallèle au bord obtusément crénelé et assez écartée de ce dernier; les crénelures ne se prolongent pas sur les contours latéraux; cicatrice interne et obtuse, divergeant en biais de la cavité umbonale vers l'adducteur antérieur, mais s'arrêtant loin de ce dernier. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 10,5 mill.; diamètre um- bono-palléal : 8,5 mill. Rapp. et diff . — La forme aquitanienne a toujours été confondue avec la coquille néogénique et actuelle, connue sous le nom reticulata préem- ployé par Linné, de sorte que la véritable dénomination — rétablie par M. Dali et adoptée par MM. Dollfus et Dautzenberg — est J. decus^ta (Da Costa). Cependant elle s'en distingue par sa forme moins convexe, plus déprimée à l'arrière, plus inéquilatérale et moins élevée, par son ornementation plutôt crénelée que ponctuée, surtout par les variétés de sa cbarnière : les cardinales sont plus petites, moins divergentes, moins fortement bifides parce qu'elles sont moins épaisses; les lamelles anté- rieures sont un peu plus écartées des cardinales ; la digitation musculaire est plus coudée. Tous ces motifs nous décident à en faire une mutation bien distincte, qui s'écarte aussi de son ancêtre J. squamosa Lk. par son ornementation plus fine, quoiqu'elle soit aussi inéquilatérale que la coquille stampienne. Il 'y a lieu de remarquer toutefois que la comparaison que nous venons de faire est basée sur des spécimens méditerranéens et pleistocéniques (coll. Cossmann) qui représentent exactement la forme typique que Poli avait en vue ; mais ceux du Plaisancien de Villalvernia (Piémont) et du Messinien de St-Ariès (Vaucluse), que nous avons sous les yeux (coll. -^303 — Cossmann), ont une forme presque aussi inéquilatérale que J. reticidatoides, avec une ornementation trois fois plus grossière; l'écartement des sillons rayonnants s'accentue encore chez la var. perobliqua Sacco, à tel point que M. Dollf. et Dautz. ont proposé de rattacher cette variété à J. pecten Lamk. (= L. exigua Eichw.). Si l'examen de la charnière et de la surface interne — qui ne parait pas avoir été fait sérieusement jusqu'à présent pour les spécimens d Italie et de Touraine — démontrait que les spéci- mens pliocéniques ont les mêmes dents et les mêmes impressions que J. pecten, il en résulterait un singulier chassé-croisé stratigraphique entre le B ssin méditerranéen et le Sénégal! Mais, à priori, ils nous semblent plus inéquilatéraux et moins élevés que les spécimens de Gorée (coll. Cossmann). Quoi qu'il -en soit nous maintenons, de toute far-on, la sépara- tion de J. reticidatoides, ne fût ce que pour ne pas augmenter encore la confusion qui parait avoir été faite. Localités. — St-Avit, cotypes (PI. XXVIII, fig. 36-41), coll. Cossmann, coll. Degrange-Touzin; Mérignac, même coll. Léogran (le Thil), coll. Bial de Bellerade. La Brède (tranchée du ch. de fer), coll. Degrange- Touzin. — Aqiiitanien. Saucats (le Peloua), coll. de Sacy, coll. Benoist, coll. Degrange-Touzin; Léognan, coll. Benoist, — Burdigalîeii. 320. Codokia (Jagotria) decussata [Da Costa]; mut. sublœvigata Sacco. PI. XXVIII, fig. 42-46. 1901. Jagonia reficidala var. sublsevigata Sacco. I MoU. terz, Piem., p. 98, pi. XX, fig. 69-70. Test assez épais. Taille petite; forme orbiciilaire-arrondie, un peu convexe, médiocrement inéquilatérale ; côté antérieur arrondi, un peu plus long que le côté postérie'ur qui est coudé et obliquement subtronqué ; Lord palléal irréguliè- rement arqué; crochets petits, recourbés, situés en arrière de la ligne médiane; bord lunulaire excavé, bord supéro- postéricLir déclive et peu arqué. Lunule creuse et lisse; sur- face dorsale bombée au milieu, fortement déprimée ou même excavée sur la région anale, vis-à-vis de la troncature du contour; ornementation réduite à des lamelles obtuses et peu régulières que croisent vaguement des rayons obsolètes; il n'y a ni crénelures, ni ponctuations. Charnière normale, à cardi- - 304 - nales aussi divergentes que chez la coquille méditerranéenne ; impression du muscle antérieur assez large et peu coudée; bords des valves finement crénelés. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 7,5 milL; diamètre umbono- palléal : 6,5 mill. Rapp. et diff. — Nos échantillons sont à peu près identiques à ceux de l'Helvétien du Piémont (collection Cossmann) que M. Sacco a séparés comme une variété qui pourrait presque être érigée en espèce ; car elle diffère encore plus des spécimens pliocéniques et helvétiens dénommés J. decussata que de la forme typique de cette espèce, non seulement par l'effacement de l'ornementation, mais par son galbe arrondi et peu iné- quilatéral qui rappelle beaucoup l'espèce vivante. Les différences avec J. retlculatoides sont encore plus accentuées, parce que la charnière s'en écarte également, tandis qu'elle se rapproche plutôt de celle du véritable J. decussata. Comme on le voit par ce qui précède, il y a — dans tout ce groupe — des anomalies assez étranges dont on n'a pas encore suffisamment débrouillé la genèse, parce qu'on a trop facilement réuni toutes ces coquilles réticulées sans s'attacher à vérifier si les variations ne concor- dent pas avec des mutations ou des races bien définies. Pour ne pas sor- tir du cadre de l'Aquitaine, nous nous bornons à afffirmer que la race et mutation sublœvigata est parfaitement délimitée, comme J. reliculatoides son ancêtre. Localité. — Peyrehorade (Peyrère), plésiotypes (PI. XXVIII, fig. 42- 46), coll. RauUn. — Hel-vëtîen. PHAGOIDES Blainv. 1825. ' (=; Lucina Lamk. 1801, non 1799; = Egraca Leach, 1852). Coquille plus ou moins orbiculaire, extérieurement ornée, avec une aire anale quelquefois très marquée ; charnière com- plète, les dents cardinales parfois partiellement atrophiées, les lamelles latérales toujours présentes; nymphe étroite et allon- gée; ligament visible sur le bord dorsal; lunule variable, tou- jours creuse; digitation du muscle antérieur plus ou moins allongée. Phacoides s. str. (= Dentilucina Fisch. ex eod. iijpo). — Forme orbiculaire comme une lentille; surface concentrique- ment sillonnée à l'extérieur; lunule étroite; aire anale plus 305 2, ib, la première parfois - Phacoides jcunaicensis Chemn. Viv. OU moins bien limitée; 3a, peu visible sur le bord lunu- laire ; AI, PI, inéquidistantes de même que A II, P II, ces deux dernières toujours moins saillantes que celles de la valve droite; digitation du muscle antérieur habituellement lon- gue et peu écartée de l'impression palléale; bord lisse (G. -T. : Venus jcmiaicensis Chemn. Viv.). Le vocable Lucina ayant été restreint aux coquilles édentées, à ligament subinterne et dépourvu de nymphe, Fischer avait proposé la dénomination Dentilucina pour les formes du même groupe que L. jamaicensis qui s'en écartent à première vue par leur charnière complète et par leur ligament externe; mais M. Dair a retrouvé, dans le Manuel de Malacologie de Blainville, l'expression Phacoides (1) appliquée à une seule coquille iden- tique à L. jamaicensis, et il la publiée, en 1901, dans son « Synopsis ot Lucinacea ». Ce terme paraît avoir été adopté par la plupart des auteurs, depuis cette époque. On distingue aisément Phacoides des formes obrondes de Pseudomiltha par la présence dune charnière, et par le bord dorsal non interrompu en arrière du crochet; de Loripes, par le ligament externe, ainsi que par l'absence de A IV et de PIV; de Codokia, par son aire ligamentaire non recouverte par le bord dorsal, par l'absence de A IV et de PIV; de Myr- tea par sa charnière un peu plus complète, par son ligament moins profondément inséré et plus apparent, par sa digitation plus longue et non coudée. Phacoides a certainement vécu dans les couches supérieures du Créta- cique, si ce n'est à une époque même plus ancienne; on le trouve à tous les niveaux du Système tertiaire, jusqu'à l'époque actuelle, représenté par des formes assez nombreuses qu'il serait difficile de subdiviser en plu- sieurs groupes par suite de différences dans le galbe de la coquille, attendu qu'il y a des passages intermédiaires entre ces groupes. Cepen- dant M, Dali a distingué quelques nouvelles Sections fondées principale- ment sur des différences de l'ornementation. Sect. Lucinisca Dali, 1901. — Coquille lentiforme, blan- (1) Elymologie : ^a/oç lentille. — 306 - che, avec des aires dorsales bien marquées, et une sculpture réticulée et muriquée (G. -T. : Lucina nassula Conrad. Viv.). Celte Section existe aussi à l'état fossile, depuis l'Aquitanien des Antil- les jusqu'au Pleistocène des Etats-Unis; nous n'avons rien de semblable en Europe. S. -G. Hère Gabb, 1866. — Forme orbiculaire, souvent très élevée, à crochet saillant; ornementation concentrique inter- rompue par des sillons rayonnants; lunule très creuse, atro- phiant 2 et 3a; lamelles latérales doubles sur la valve gauche; digitation assez longue et divergente (G. -T. : Lucina Richtofeni Gabb. Mioc). L'apparition de A IV et PIV, sur la valve gauche, l'atrophie presque complète de 2 et de 3a, l'ornementation toute spéciale de la surface, sont des critériums sous-génériques qui séparent suffisamment Rere de Phacoicles. 11 est douteux que ce Sous-Genre ait vécu dans TEocène, et il est probable que Eere Barbieri Desh., du Lutécien, appartient au Sous-Genre Carclio- lucina; nous ne connaissons pas, d'autre part, de véritables He^^e dans le Néogène d'Europe, où l'on ne trouve que CarcUolucina. Parmi des espèces américaines, citées sous ce nom par M. Dali, il y a d'ailleurs les Linga, ainsi que nous avons pu le vérifier. Sect. Pleurolucina Dali, 1901. — Forme démesurément haute; ornementation formée de quelques larges côtes rayon- nantes que traversent des lamelles concentriques; même for- mule cardinale que Hère; digitation antérieure courte et diver- gente (G. -T. : Lucina leucocynia Dali. Viv.). Nous avons pu étudier quelques valves d'une espèce plésio-génotype : Pleurolucina amahilis Dali, du Pliocène de Caloosahatchie : elles sont deux fois plus hautes que larges et sillonnées comme Inoceramus sulcatus du Gault, avec des crochets cordiformes, subspiranx, qui masquent presque entièrement la lunule; le doublement des lamelles latérales de la valve gauche y est bien apparent. Outre l'exagération de la forme élevée, et la différence d'ornementation, il y a le critérium de la digitation qui justifie — à lui seul — la séparation de cette Section. Elle apparaît déjà dans l'Aquitanien des Antilles, mais nous ne la connaissons pas à l'état fossile en Europe. - 307 - Sect. Volupia Defr. 1829. ;= Gradilucina Cossm. 1902, ex eod. typo). — Forme trigone, à crochets très saillants, ornée de gros gradins concentriques et munie de deux aréas bien limitées, l'une anale, l'autre buccale, qui correspondent, l'une à une troncature, l'autre à un sinus du contour (G. -T. : \ . rugosa Defr. = Lucina tabulata Desh. Eoc). Cette forme est encore plus haute et plus extraordinaire que Pleuro- lucina, mais elle se rattache à Hère par sa charnière et par le système de son ornementation. Elle n'a été signalée que dans l'Eocène des environs de Paris et du Cotentin, où elle est d'ailleurs très rare. S. -G. Linga de Gregorio, 1885. — Forme plus ou moins globuleuse, ornée de lamelles concentriques, avec deux aréas bien limitées, de chaque côté de la surface médiane; lunule FiG. 1.33. — Linga Adansoni Viv. cordiforme, n'atrophiant pas 3a ni surtout 2 qui est bien développée; lamelles latérales doubles sur la valve gauche; digitation longue, large et divergente (G. -T. : Lucina coliim- hella Lamk. Mioc). La forme de la lunule ijt surtout la réapparition de 2 et de 3a, la lar- geur de la digitation du muscle antérieur justifient le maintien de ce Sous-Genre que M. Dali a traité comme un simple synonyme de Rere. Linga n'apparaît que dans l'Aquitanien et se développe ahondamment dans le Burdigalien et i'Helvétien ; il est plus rare dans le Pliocène et à l'époque actuelle, où il a émigré vers l'Atlantique. S. -G. : Cardioliicina Sacco, 1901. beuse, inéquilatérale, à côté postérieur tronqué; lamel- les concentriques épaisses, décussées par des rayons obsolètes ; bords crénelés ; Tome LXV. Coquille petite, gib- FiG. 134. Cardiolucina Agassizi Mich' Mioc. 20 ^ 308 — 3a minuscule, 3^ épaisse; 2 et 4^ inégales et divergentes; A I et A. III, P I et P III, A II et P II, inéquidistantes des cardi- nales ; nymphe aplatie, peu allongée ; digitation courte, adhé- rente à la ligne palléale (G. -T. : Lucina Agassizi Michelotti. Mioc). Dans ce Sous-Genre, c'est sur le valve droite que les lamelles sont dou- bles, et non sur la valve gauche comme chez Linga\ en outre, la digitation a son contour externe confondu avec la ligne palléale, ce qui est excep- tionnel chez les Lucinidœ. Il est probable que Cardiolucina a vécu déjà dans TEocêne {Hère Barbieri Desh.); d'autre part, M. Sacco en signale une espèce dans l'Aquitanien de la Ligurie, et une autre sous le nom Hère mio-Barhieri dans THelvélien du Piémont. Le génotype existe dans le Tortonien de TAquitaine; on n'en a pas encore cité dans le Pliocène, seulement MM. Dollfus et Dautzenberg indiquent deux coquilles similaires, par leur ornementation, dans la mer Rouge et l'Océan Indien; mais l'une d'elles {Lucina piswn Reeve, non Phil. = L. eucosmia Dali) a été prise par M. Dali comme génotype d'un tout autre groupe {Bellucina), de sorte que la survivance de Cardiolucina, après l'époque miocénique, nous parait encore problématique, ? S. -G. Callucinal Dali, 1901. — Coquille orbiculaire, dosi- nioïde, ornée de filets concentriques et parfois d'une faible sculpture radiale ; aréas dorsales obsolètes ; lunule petite, comprise surtout sur une valve et s'adapiant — quand la fer- meture a lieu — clans une cavité de l'autre valve; charnière avec une dent cardinale sur chaque valve, les autres dents faibles ou absentes; bords internes et crénelés (G. -T. : Lucina radians Conrad. Mioc). Ce groupe — qui a débuté dans l'Aquitanien de la Jamaïque {L. paupe- rata Guppy) et qui s'est poursuivi dans le Miocène et le Pliocène des Etats-Unis, jusqu'à l'époque actuelle — est surtout caractérisé par sa lunule dissymétrique qui atrophie 3a et 2 et par Teffacement des aréas dorsales. Toutefois, si nous n'avons pas pu étudier le génotype, nous avons examiné quelques valves (coll. Cossmann) de C. pauperata, espèce que l'auteur a lui-même placée dans son Sous-Genre, et nous avons pu nous convaincre que c'est tout simplement un Phacoides ou un Cavilucina, à lamelles latérales très effacées. Dans ces conditions, l'utilité de ce Sous- Genre parait discutable, à moins que l'attribution de L. pauperata à ce S. -G. soit inexacte. — 309 — Sect. Epilucina Dali, 1901. — Coquille vénériforme, à charnière complètement développée et à bords non crénelés; les autres caractères semblables à Callucina (G. -T. : Lucina californica Conr. Viv.). Ici encore, d'après l'examen de trois valves du Pléistocène de San Pedro (coll. Cossmann), nous avons pu nous convaincre que cette Sec- tion ne diffère de Phacoidcs que par l'effacement des aréas dorsales : ce n'est réellement pas un critérium suffisant pour justifier la séparation d une Section. S. -G. Parvilucina Dali, 1901. — Coquille petite, gonflée, souvent inéquilatérale; ornementation plus ou moins réticulée mais non muriquée; dents petites, mais ordinairement toutes présentes (G. -T. : Lucina hemlsculpta Carp. Viv.). Nous avons le génotype sous les yeux (coll. Cossmann), et nous consta- tons qu'à part l'ornementation et la forme convexe des valves, il n'y aurait aucun motif sérieux pour distinguer même une Section de Phacoides, si la digitation — dont l'auteur n'a pas fait mention — ne présentait en effet une disposition tout à fait anormale : elle se réduit à une large ellipse dont le contour externe se confond avec la ligne palléale. Les lamelles laté- rales sont très petites et simples sur les deux valves dont les bords sont finement crénelés. Sect. Belluciiia Dali, 1901. — Aréas dorsales et ornemen- tation fortes (G. -T. : Parvilucina eucosmia Dali = L. pisuni Reeve. Viv.). A peine différente de Parvilucina, cette Section est — en tous cas — très éloignée de Cardiolucina que l'on avait cru reconnaître dans le génotype. 321. Phacoides borealis [Linné]. PI. XXVII, fig. 1-2; et PI. XXVIII, fig. 47. 1766. Venus borealis Linn. Syst. nat., XII, p. 1134. 1814. Venus circinnata Brocchi. Conch. subap., II, p. 552, pi. XIV, fig. 6 {non L.). -1823. Lucina circinnata Defr. Dict. Hist. nat., XXVII, p. 275. - 310 - 1831 . Liicina clrcinana Dub. Volhynie, p. 56, pi. VI, fig. 4-7 {non Lamk.). 1838. — Grat. Cat. Gir.,p. 64 1844. Lucina flandricaNYsi. Coq. Pol. Belg., p. 127, pi. VI, fig. 6. 1844, Lucina antiqiiata Nyst. Ibid., p. 128, pi. VI, fig. 7. 1850. Luci7ia borealis Forb. et Hanley. Brit. Moll., II, p. 46, pi. XXXV, ' fig- 5. 1852. — Wood. Crag. Moll., II, p. 139, pi. XII, fig. 1. n865. — Hœrnes. Tert. Beok. Wien, p. 229, pi. 33, fig. 4. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 52, 11° 129. 1851. — Font. Plioc. Rhône, II, p. 107, pi. VI, fig. 18-19. 1881. — Nyst. Plioc. Scaldisien, p. 176, pi. XIX, fig. 2. 1894. • — Degr.-Touz. Ortliez {A. S. L. B., XLVII), p. 418. 1901. Dentilucina borealis Sacco. I Moll. terz. Pie m., XXIX, p. 80, pi. XVIII, fig. 23-36. 1903. — Dollf.C. G. Moll. tert. Port., pi. XVIII, fig. 4. 1909. — Cerulli-Irelli. Fauna mal. Mar., p. 178, pi. XXIX, fig. 16-23. Test médiocrement épais. Taille assez grande; forme un peu convexe, orbiculaire, subéquilatérale, quoique dissymétrique; côté antérieur régulièrement arqué vers le bas, un peu plus atténué que le côté postérieur qui est plus dilaté et coudé vers le haut, subtronqué ou presque rectiligne sur son contour anal; bord palléal régulièrement circulaire; crochets petits, non gonflés, peu saillants, prosogyres, situés à peu près au milieu de la largeur des valves; bord supérieur largement excavé sur la région lunulaire, se raccordant par un arc très court avec le contour buccal; bord supéro-postérieur rectiligne et déclive en arrière du crochet, se raccordant par un angle arrondi avec la troncature anale. Lunule étroite et longue, très creuse, lisse, limitée à l'extérieur par une carène vive; surface dorsale régulièrement bombée au milieu, faiblement déprimée sur la région anale, un peu excavée sur la région lunulaire où quelques cicatrices rayonnent souvent du cro- chet vers le bord; ornementation composée de fines lamelles d'accroissement régulièrement distantes, dans les intervalles desquelles on distingue de fines stries concentriques. Charnière médiocrement épaisse, à contour inférieur un peu — 311 — arqué sous le crochet, rectiligne en arrière sous la nymphe : 3a mince et peu oblique, en partie confondue avec le bord lunulaire; 3^, obtusément bifide, perpendiculaire sous le cro- chet; AI peu écartée, petite et obsolète; PI deux fois plus éloignée, longue et peu saillante; nymphe étroite, allongée, rectiligne; aire ligamentaire assez large, incomplètement mas- quée par le bord caréné du contour dorsal; 2 obtusément rai- nurée, très peu oblique vers l'arrière; 4;, aussi épaisse que 2, non bifide, bien séparée de la nymphe; A II et PII se rédui- sant à de très faibles saillies. Impression du muscle postérieur ovale, située assez haut, bordée par un pli interne et rayon- nant obliquement de la cavité umbonale vers l'extrémité de la digitation de l'adducteur qu'elle n'atteint pas cependant; sur- face interne généralement munie d'oscules plus ou moins réguliers et souvent effacés par la fossilisation. DiM. Diamètres : 35 mill.; épaisseur d'une valve : 7 mill. Rapp. et diff. — Quoique cette espèce soit assez variable, surtout à l'état fossile, les échantillons de l'Helvélien de l'Aquitaine ressemblent très exactement à ceux de Monte-Mario (coll. Cossmann) que Brocchi avait en vue sous le nom inexact circinnata; ils sont de plus grande taille — mais de la même forme — que ceux du Crag d'Angleterre (coll. Coss- mann) que Wood a rapportés avec certitude à l'espèce linnéenne; identi- ques aussi à ceux d'Anvers (coll. Cossmann) que Nyst a dénommés flandrica et antiquata, sauf la taille qui est toujours plus grande, aussi bien dans l'Helvétien de l'Aquitaine que dans le Pliocène méditerranéen. Nous n'avons pas compris dans notre synonymie L. affinis Eichw , attendu que, d'après les valves de Pologne (Podhorce) que nous avons sous les yeux (coll. Cossmann), c'est une espèce distincte par sa forte convexité, par sa charnière plus épaisse, quoique à peu près dépourvue de lamelles latérales, et par sa large nymphe aplatie; en outre, la cicatrice interne de L. affinis s'approche davantage de la digitation musculaire qui est plus large, et l'impression du muscle postérieur est beaucoup plus développée. D'après la seule inspection des figures de l'ouvrage de Hœrnes, il nous est diffficile d'affirmer si les fossiles du Bassin de Vienne doivent être rapportés à L. affinis ou à L. borealis; cependant il y a lieu d'observer que le véritable L. borealis se trouve aussi en Volhynie (Olesko) d'après des valves qui nous ont été envoyées (coll. Cossmann) et qui ressemblent complètement — les unes à la forme typique — les autres à la var. ■paucilamellata Sacco ; il n'y a donc rien d'impossible à ce que I. borealis se trouve avec i, affinis — 312 — dans le Bassin de "Vienne. D'autre part, nous avons de St-Lunaire (coll. Cossmann) des individus presque dépourvus de lamelles comme la var. paucilamellata, de sorte qu'il n'est pas possible d'attacher la moindre importance aux variations de rornementation; c'est pour ce motif que nous laissons de côté les variétés proposées par M. Sacco [paucilamellata, crasshiflata, anteproducta, tauroborealis) ; seule, la mutation o/i(70]5a?'i'a Sacco {l. c. fig. 32), de l'Aquitanien de Ligurie, pourrait peut-être se distinguer, si l'on en connaissait la charnière et les impressions internes. Nous y rapportons les valves burdigaliennes qui ont une forme aplatie et une ornementation plus serrée. D'après les spécimens de Cacella (Portugal) que nous avons sous les yeux (coll. Cossmann), c'est bien aussi L. borealis qu'on trouve dans le Tortonien de cette région ; il en est de même de ceux figurés par Fon- lannes, et le dessinateur a même fidèlement reproduit la cicatrice interne, ainsi que les lamelles latérales. Il résulte de ce qui précède que L. borealis a une très grande extension géographique et stratigraphique, et qu'elle a atteint — à l'état fossile — une taille supérieure à celle qu'elle a actuellement ou qu'elle avait même dans le Pliocène boréal ; la cicatrice interne existe invariablement, même chez les spécimens actuels, quoi qu'en dise Wood, seulement elle est paii-fois peu visible. Enfin, elle a commencé à apparaître à l'époque helvé- tienne, mais il ne semble pas qu'elle ait existé dans le Bassin de la Loire. Localités. — Salles (Largileyre), valve gauche (PI. XXVIII, fig. 4-5), coll. Cossmann; valve droite (fig. 6-7), coll. Dumas; (le Minoy),- coll. Peyrot. (M'Q Débat), coll. Bial-Neuville, commune. Orthez (Paren), Sahes- de-Béarn, coll. Degrange-Touzin; rare; Clermont (Landes), — Helvë-- tien. Saucats (Mi^ de l'Eglise), coll. Degrange-Touzin ; Léognan (Coquillat), var. oligoparva Sacco (PI. XXVII, fig. 1-2), coll. Cossmann; Peloua, une petite valve droite, coll. Degrange-Touzin. — Burdigalien. Saubrigues, valves incomplètes et douteuses, coll. Dumas; Soustons, coll. Degrange-Touzin. — Tortonien. 322. Phacoides orbicularis [Deshayes]. PL XXVIII, %. 56-59. 1814. Venus pensilvanica Brocchi. Concb. subap.,II, p. 551 (non Linn.). 1823. Litcina cmssa Deïv . Dict. Hist. net., XXVII, p. 276 (non Lamk.). 1836. Lucina orbicularis Desh. Exp. Morée, III, p. 95, pi. XXII, fig. 6-8. 1839. Lucina jamaicensis Mich. Brach. acef, foss., p, 23. 1847. Lucina pensylvanica Mich, Desc, foss. Mioc,, p. 116, — 313 — 1850. Lucina orbicularis Desh. Traité élém, Conch., I, p. 786. 1852. Lucina Brocchii dOrb. Prod., 111, p. 116, 26<= et., a« 2179. 1852. Lucina subpensylvanica d'Orb. Ibid., p. 183, 27e et. n» 2348. 1901. Dentihicina orbicularis Sacco. 1 Moll. terz. Piem., XXIX, p. 78, pi. XVm,flg. 14-16. 1903. — Dollf. Cott. Gom. Moll. tert. Port., pl. XVII, fig. 8-9. Test assez mince. Taille au-dessous de la moyenne (dans l'Aquitaine); forme peu convexe, irrégulièrement orbiculaire, inéquilatérale ; côté antérieur anguleux vers le haut, très peu arqué vers le bas, beaucoup plus court que le côté postérieur qui est tronqué et excavé sur son contour anal; bord palléal assez régulièrement convexe, se raccordant par un arc de cercle avec le contour buccal, et par un angle obtus avec la tronca- ture anale; crochets peu gonflés, un peu saillants, prosogyres, situés aux trois cinquièmes de la longueur des valves, du côté antérieur; bord lunulaire convexe entre deux sinuosités, celle sous le crochet par le fait de l'existence de la lunule, l'autre en avant fait un angle net avec le reste du contour buccal ; bord supéro-postérieur peu arqué, déclive jusqu'à un coude de raccordement avec la troncature anale. Lunule lisse, très étroite, très enfoncée, dénivelant le bord cardinal sur une certaine longueur; corselet presque linéaire, caréné, lisse; surface dorsale assez déprimée au milieu, divisée à l'arrière par un angle rayonnant et adouci qui limite une dépression anale assez profonde, séparée elle-même du corselet par un relief arrondi qui aboutit au coude supérieur du contour dorso-anal ; aire lunulaire limitée par un gradin qui aboutit au bec buccal; toute la surface est couverte de lamelles concen- triques, saillantes, assez écartées, dont les interstices portent quelques stries obsolètes d'accroissement; ces lamelles sont m peu crépues sur les deux angles rayonnants du côté postérieur, et elles indiquent aussi une vague dépression sur la région buccale. Charnière peu épaisse, largement et profondément arquée au milieu : 3a et 3^, très inégales, divergentes, la branche posté- — 314 — rieiire plus épaisse; AI et PI à peine visibles, inéquidistantes, mais A III et P III — de l'autre côté de la fossette — sont lamelleuses et saillantes; nymphe formée d'un long bourrelet contre une étroite rainure ligamentaire ; 2 bifide, 4^ très mince et obliquement allongée; A II et PII saillantes, poin- tues; aucune lamelle IV de l'autre côté des fossettes destinées aux lamelles III. Impression du muscle postérieur assez large, subrhomboïdale ; digitation de l'adducteur antérieur relative- ment courte, s'écartant peu de l'impression palléale qui est parallèle au bord très finement crénelé ; les crénelures ne per- sistent ni sur la troncature anale, ni sur le bord lunulaire. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 16 mill.; diamètre umbono- palléal : 15 milI. Rapp. et diff . — Cette espèce est variable, dans ses proportions et dans son ornementation : M. Sacco y a distingué {l. c, pi. XVUI, fig. 17-21), les variétés rotundelloides, mhlamellata, paucilamellata (qui tombe en synonymie avec la var. de P. borealisl); les spécimens de Saubrigues répondraient plutôt à la première de ces variétés et ceu>' de Peyrère à la troisième, mais il est impossible de délimiter toutes ces formes qui passent de l'une à l'autre par des transitions graduelles. Peut-être, toutefois, les échantillons de l'Astien de Cannes (coll. Cossmann), gisement où l'espèce est très commune, ont-ils constamment une forme plus convexe et plus transverse, avec des lamelles plus serrées, moins proéminentes quoique plus uniformément crépues ; on pourrait à la rigueur, les distinguer sous le nom de variété Depontaillieri Cossm. (1910). D'après les figures de la Monographie des Moll. tert. du Portugal, c'est aussi la var. rotundelloides qui serait représentée à Cacella; l'un des deux spécimens de Rego que nous avons sous les yeux est en effet tout sem- blable à ceux de Saubrigues, mais l'autre est plus transverse avec des lamelles moins écartées. En Italie, M. Sacco affirme qu'on trouve, dans l'Helvétien et le Tortonien, la forme typique et ses trois variétés; mais aucune des figures ne ressemble à notre var. Depontaillieri, de l'Astien. Localités. — Saubrigues, peu rare; plésiotypes de la variété rotundel- loides (PI. XXVIII, fig. 56-59), coll. Dumas; coll. Benoist; Peyrehorade (Peyrère), coll. Raulin ; St-Jean-de-Marsacq, coll. Bial-Neuville et coll. Degrange-Touzin. — Tortonien. St-Etienne-d'Orthe, coll. Degrange-Touzin. — Helvëtien. - 315 — 323. Phacoides Michelottii [Mayer]. PI. XXVIII, fig. 47-50. 1858. Lucina iMichelottii Mayer . Journ. Conch., Yll, p. 75, pi. III, fig. 5. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 52, n" 131. 1886. Loripes Michelottii DolU. Dautz. Et. prél. Tour., p. 6. 1893. Liicina Michelottii Raulin. Stat. géol. Landes, p. 299. 1901. Dentilucina Michelottii Sacco. I Moll. terz. Piem., XXIX, p. 85, pi. XX, fig. 12-16. 1901. Lori2:)es Michelottii DoUï. Dautz. Nouv. liste Pélécyp., p. 22. 1909, Phacoides Michelottii Dollf. Dautz. Concb. Mioc. Loire, p. 250, pi. XVI, fig. 30-33. Test épais. Taille assez petite; forme un peu convexe, sub- quadrangulaire, presque équilatérale, quoique dissymétrique; côté antérieur bi-coudé vers le haut, arrondi vers le bas, à peine plus court que le côté postérieur qui est subtronqué ver- ticalement sur son contour anal; bord palléal régulièrement arqué dans le prolongement du contour buccal, subanguleux à sa jonction avec la troncature anale; crochets peu gonflés, assez saillants, très prosogyres, situés très peu en avant de la ligne médiane; bord lunulaire profondément excavé, puis coudé et rectiligne jusqu'à l'angle de raccordement avec l'arc du contour buccal; bord supéro-postérieur à peine convexe, anguleux à sa jonction avec la troncature anale. Lunule courte, peu large, lisse, très courte, limitée par un profond gradin et dénivelant fortement le contour dorsal du plateau cardinal; corselet réduit à la carène ligamentaire; surface dorsale médio- crement bombée, séparée — par des plis très marqués — des aires buccale et anale qui sont profondément excavées, sur- tout la seconde, puis relevée sur le bord de la lunule et du corselet; ornementation composée de nombreux cordons con- centriques, subimbriqués, serrés et quelquefois effacés par l'usure; ils se relèvent contre la lunule et le corselet et pro- duisent de petites aspérités sur les carènes limitatives. Charnière bien développée, à contour inférieur échancré un — 316 — peu en arrière du crochet : 3a minuscule, imperceptible contre le bord lunulaire; Sy trigone, un peu oblique, obtusément bifide à son extrémité inférieure; Al et PI très inéquidis- tantes, épaisses quoique obsolètes ; nymphe étroite, longue, assez saillante, contiguë à une large aire ligamentaire; 2 et il minces, obliques vers l'arrière; A II et P II à peine visi- bles, semblant atrophiées chez certains individus, quoiqu'il existe toujours des fossettes superficielles pour les loger sur la valve opposée. Impression du muscle postérieur ovale- arrondie; digitation du muscle antérieur courte, large et contiguë à la ligne palléale qui est très écartée du bord fine- ment crénelé sur la région palléale seulement. DiM. Diamètres : 10 mill. Rapp. et diff. — Cette espèce varie moins que ses autres congénères; cependant M. Sacco y a distingué une variété paucicincta, à cordons con- centricfues plus écartés, d'ailleurs ces cordons s'effacent souvent chez les spécimens usés comme le sont généralement ceux de 1 Helvétien de la Touraine. Par suite, on pourrait confondre ces derniers avec P. Meneghinii dont la surface est tantôt lisse, tantôt ornée vers les bords et même sur le dos; mais, comme nous l'avons vérifié sur des spécimens d'Albenga et de Castelnuovo d'Asti (coll. Cossmann), outre que cette ornementation est composée de lamelles et non pas de cordons, P. Meneghinii a une forme moins arrondie et plus courte sur tout le contour buccal, moins tronquée sur le contour anal, ses bords ne sont pas crénelés, et ses lamelles laté- rales sont presque totalement effacées sur les deux valves, 3 n'a plus qu'une branche comme chez Myrtea ; aussi on s'explique aisément que MM. DoUfus et Dautzenberg aient pu le rapprocher de M. sfinifera, quoi- que la forme soit bien différente. En tous cas, il n'est pas possible d'ad- mettre, comme le suggère M. Sacco, que certaines variétés de P. Mene- ghinii puissent se confondre avec P. Michelottii . Localités. — Saucats (Min de l'Eglise), plésiotypes (PI, XXVIII, fig. 47-50), coll. Cossmann, commune; (Lagus, Peloua, Pont-Pourquey, etc.), Cestas, Léognan, Dax (St-Paul), toutes les coll. — Burdîgalieii. Clermont (Landes), Salles (Minoy); Belus; St-Martin-de-Hinx, col), Degrange-Touzin; Saucats (La Sime). — Helvétien. Saubrigues, coll. Dumas, — Xortoiiieii* 317 - 324. Phacoides subMichelottii [Sacco]. PL XXVIII, fig. 51-Si. 1858. Liicina JSron?ii Mayer. Journ. Conch., VII, p. 74 {ex parte). 1901. Lucina Meneghinii de Stef. et Pant. in Sacco, loc. cit. 1901 . — var. mhMichelotii Sacco. p. 85, pi. XX, fig. 10-11. Test épais. Taille assez petite; forme orbiciilaire, peu. con- vexe, éqiiilatérale, peu dissymétrique; côté antérieur arrondi à partir de l'angle à l'extrémité du bord lunulaire; côté pos- térieur subtronqué sur son contour anal ; bord palléal régu- lièrement arqué dans le prolongement du contour buccal, se raccordant par un angle très obsolète avec la troncature anale ; crochets très petits, à peine saillants, prosogyres, situés à peu près au milieu; bord lunulaire excavé en avant du crochet, déclive et peu arqué en arrière où il fait un angle très obtus avec la troncature anale. Lunule étroite, lisse, très profondé- ment excavée, de sorte qu'elle rétrécit à la largeur d'une arête le plateau cardinal; corselet réduit à la carène ligamentaire; surface dorsale peu bombée au milieu, munie à l'arrière et à Lavant de deux dépressions rayonnantes, inégales, celle du côté anal est plus large et correspond à la troncature du contour postérieur; elles sont toutes deux limitées par des plis obtus; l'ornementation est peu visible dans le voisinage des crochets, puis les lamelles concentriques, régulièrement écartées, commencent à apparaître sur le dos au diamètre de S millimètres ; elles sont assez saillantes vers les bords et surtout relevées sur les deux dépressions où on les distingue à partir du crochet; elles forment de petites crénelures sur les carènes du corselet et de la lunule, comme chez Myrtea spinifera. Charnière peu épaisse, régulièrement arquée ou anguleuse sur le milieu de son contour inférieur : 3a imperceptible et finement allongée contre la lunule; 3/, peu saillante et courte, non bilobée; AI et PI inéquidistantes, à peine proéminentes; nymphe et rainure ligamentaire étroites, très allongées; â - 318 — obtuse et séparée de la lunule par une étroite rainure qui reçoit 3a; 4^, étroite, peu distincte, peu oblique; AU et sur- tout P II à peine indiquées. Impression du muscle postérieur ovale ou subrhomboïdale ; digitation du muscle antérieur large, peu allongée, divergente à son extrémité; ligne palléale médiocrement écartée du bord qui est entièrement dépourvu de crénelures; surface interne obtusément cariée le long et au-dessus de la ligne palléale. DiM. Diamètres : 11 mill. Rapp. et diff. — Quoique celte coquille ait presque la même forme que P. Michelotfii, elle s'en distingue, à première vue, par ses lamelles au lieu de cordons concentriques etparla petitesse de ses dents cardinales; son contour antérieur est très différent et sa troncature anale est beau- coup moins nette; il en résulte une forme plus orbiculaire que quadran- gulaire : la séparation de ces deux formes est donc amplement justifiée. Mais il est impossible, à notre avis, de les considérer comme une simple variété de P. Meneghinii qui a une forme bien différente, plus baute, tron- quée en avant comme en arrière, avec des crochets plus saillants, situés plus en avant, et avec des dents plus fortes; c'est plutôt par ces caractères que par la persistance des lamelles dorsales que l'on doit se guider pour les distinguer l'une de l'autre. En ce qui concerne la dénomination à attribuer à ce fossile, il y a lieu de remarquer que le nom Bronni était préemployé, que le nom de liste unguis Bon. s'applique aussi bien au fossile pliocénique qu'au fossile mio- cénique, de sorte qu'il ne pourrait prévaloir sur le nom subMichelottii qui précise bien la forme que nous avons en vue. Mayer avait d'ailleurs con- fondu les deux espèces, et il a cité les environs de Dax en second lieu, le type provenant de Castel'Arquato, c'est-à-dire du gisement pliocénique visé par de Stefani et Pantanelli pour iwcina Meneghinii. Localités. — Saubrigues, plésiotypes (PI. XXVIII, fig. 51-54), coll. Dumas; même loc, coll. Benoist. — Tortoiiieii. Peyrehorade (Peyrère), jeunes individus dépourvus de lamelles au milieu, coll. Raulin. — Helvétieii. 325. Phacoides Biali nov. sp. PI. XXVIII, fig. 60-63. Test assez épais. Taille petite; forme convexe, orbiculaire, un peu dissymétrique, quoique presque équilatérale; côté anté- - 319 - rieur irrégulièrement arrondi, plus atténué que le côté posté- rieur qui est largement arqué; bord palléal elliptique, raccordé par des arcs symétriques avec les contours latéraux; crochets petits, peu saillants, légèrement gonflés, prosogyres, situés à peu près au milieu de la longueur des valves; bord supérieur excavé, puis bombé et ensuite légèrement sinueux, en avant du crochet; bord supéro-postérieur régulièrement arqué en arrière du crochet. Lunule lisse, très excavée, dénivelant le bord cardinal, limitée à l'extérieur par une arête vive; sur- face dorsale bombée au milieu, à peine déprimée sur la région anale qui est vaguement limitée par un pli rayonnant; deux autres plis non moins obsolètes la partagent en trois aréas; du côté antérieur, une cicatrice rayonnante et incurvée cor- respond à la sinuosité du contour buccal; toute la surface est finement ornée de stries concentriques très régulières, très serrées, avec quelques gradins marquant les arrêts de l'ac- croissement du test. Charnière assez épaisse pour la taille de la coquille, à peine échancrée en courbe du côté postérieur : 3a cachée par la dénivellation lunulaire qui s'étend comme un manteau jus- qu'en arrière du crochet, de sorte qu'on n'aperçoit que l'ex- trémité de la dent; 3;, épaisse, oblique, obtusément bifide, AI formée d'un petit mamelon obsolète et très voisin des cardi- nales; PI deux ou trois fois plus écartée, en forme d'arête mince et saillante ; 2 épaisse et perpendiculaire sous le cro- chet, en partie écourtée par la lunule; 4;, mince, oblique, contiguë à la nymphe qui est peu proéminente et peu déve- loppée; A II et P II à peine visibles, plutôt indiquées par les fossettes superficielles qui reçoivent les lamelles opposées. Impression du muscle postérieur grande, rhomboïdale, située assez bas; digitation antérieure longue, étroite, incur- vée, s'écartant en divergeant de la ligne palléale qui est paral- lèle au bord lisse. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 11 milL; diamètre umbono- palléal : 9,5 mil!.; épaisseur d'une valve : 3,5 mill. — 320 - . Happ. et diff. — Cette espèce se distingue facilement de P. Michelottii par son ornementation beaucoup plus fine, par l'absence de troncature anale, par son pli postérieur très obsolète, par son galbe plus convexe, par sa charnière moins échancrée en arrière, par sa nymphe plus courte, et surtout par la forme ainsi que par l'écartement de sa digitation anté- rieure; enfin par ses bords lisses, sans traces de crénelures. P. Biali s'écarte encore davantage de P. subMichelottii qui appartient d'ailleurs à un niveau beaucoup plus élevé; il ne s'en rapproche que par l'absence de crénelures sur la commissure des valves. C'est plutôt dans l'Eocène des environs de Paris qu'on pourrait signaler des formes affines : par exemple P. Requieni Lévesque, du Cuisien, qui est plus lamelleux, avec une lunule moins profonde; P.umbilicatusDesh.^ duThanétien, qui est moins convexe et plus inéquilatéral ; P. microdonta Desh., du Cuisien, qui est plus tronqué sur son contour anal. Localités. — Villandraut (Gamachot), cotypes (PI. XXVIII, fig. 60-63), coll. Rial-Neuville ; coll. Degrange-Touzin, coll. Peyrot. — Aqiii- taiiieii. 326. Phacoides asymetricus n. sp. PI. XXVIII, fig. 20-22. Taille petite; forme orbiciilaire, assez convexe, très dissy- métrique; côté antérieur arrondi, presque trois fois plus long que le côté postérieur qui est subtronqué vers le bas et coudé vers le haut; bord palléal circulaire dans le prolongement du contour buccal, raccordé par un arc plus réduit avec le con- tour anal; crochets peu gonflés, saillants et pointus, proso- gyres, situés aux deux septièmes environ de 1 1 longueur des valves, quand elles sont convenablement orientées; bord supé- rieur excavé dans la région lunulaire, déclive et peu arqué en arrière du crochet. Lunule lisse, très creuse, dénivelant le bord cardinal, limitée à l'extérieur par un angle obtus; sur- face dorsale médiocrement bombée, déprimée et même sub- excavée sur la région anale qui est limitée par un angle très effacé; stries d'accroissement d'abord peu régulières, puis plus écartées et équidistantes vers les bords des individus gérontiques. Charnière élevée, faiblement échancrée en arrière sur son »»^ 321 -^ contour inférieur : 3^ épaisse et bifide; 3a très petite, confondue avec le bord lunulaire, de même que 2 qui est plus longue; 4b oblique, assez étroite; lamelles latérales inéquidistantes, visibles seulement sur les jeunes spécimens, mais effacées par l'usure sur les valves adultes; nymphe épaisse et assez courte, séparée du bord par une étroite rainure ligamentaire. Impres- sion du muscle antérieur terminée par une très courte digi- tation qui s'écarte de la ligne palléale parallèle au bord lisse; au-dessus de l'impression palléale, une seconde zone trans- versale et peu arquée relie les deux adducteurs. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 9,5 mill.; diamètre um- bono-palléal : 8,5 mill. Rapp. et diff . — Il n'est pas bien certain que cette espèce — toujours roulée — ne soit pas remaniée dans les gisements aquitaniens où on la trouve rarement, et qu'elle ne provienne pas de l'Oligocène où elle a vécu très authentiquement, ainsi qu'il résulte des communications qui nous ont été faites. En tous cas, sa forme inéquilatérale, à crochet très postérieur, sa digitation musculaire, etc. . . ne ressemblent aucunement aux espèces déjà connues dans l'Aquitanien et le Burdigalien : elle rappelle plutôt les Cardiolucina, mais elle n'en a pas l'ornementation, ni les fortes lamelles latérales, doubles sur la valve droite ; on la distingue de même des grou- pes qui se rattachent au S -Genre Hère et qui portent généralement de fortes côtes rayonnantes, ou des Jagonia réticulées. Nous la laissons pro- visoirement dans le Genre Phacoides, quoiqu'elle s'éloigne singulièrement du génotvpe; peut-être est-ce un Parviiucina Dali? Localités. — Pessac (Noës), cotypes (PI. XXVJII, fig. 20-22), coll. de Sacy; (vallée du Peugue), coll. Bial-Neuville, Léognan (le Thil), coll. Bial-Neuville. Mérignac (le Pontic), coll. de Sacy. — Aquitaiiien. Noës, Sarcignan, coll. de Sacy. — Oligocène. 327. Phacoides (Linga) columbella [Lamarck]; mut. Basteroti [Agassiz]. PI. XVIII, fig. 64-65 et 71-74. 1825. Lucina columbella Lamk. in Bast. Env. Bord,, p. 86, pi. V, fig. 11. 1835. - Desh. An. s. vert., p. 230. 1845. Lucina Basteroti Ag. Icon. coq. tert., p. 58, pi. XI, fig. 1-6. 1852. Lucina columbella dOrb. Prod., III, p. 115, 26« et., no2162. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 50, no 125. — 322 — 1886. Lucina coIumbeUa Benoist. Foss. St-Avit, p. 50. 1897. - Raulin. Stat. géol. Landes, p. 299 (sola). 1901. Linga Basteroti Sacco (var.). I Moll. terz. Piem., XXIX, p. 91, pi. XX, fig. 58 60. 1903, Linga columbellaDom . Cott. Gom. Moll. tert. Port., pi. XVII, fig. 6-7. Test très épais. Taille assez grande pour le groupe; forme très globuleuse, subsphérique, inéquilatérale; côté antérieur anguleux vers le haut, sinueux et même échancré vers le bas; contour palléal circulaire dans le prolongement du contour buccal; crochets gonflés, subspiraux, prosogyres, situés pres- que au trois cinquièmes de la largeur, du côté antérieur; bord supérieur convexe du côté buccal; entre deux sinuosités, l'une en avant du crochet, l'autre à l'extrémité de la lunule; bord supéro-postérieur presque rectiligne se raccordant avec la courbe du contour anal. Lunule très large et très grande, très excavée sous le crochet, bombée au milieu, limitée à l'extérieur par une profonde dépression qui aboutit à la sinuo- sité du contour ; une autre dépression ou rainure, bordée par un gradin obsolète, limite la région anale qui forme une sorte d'excroissance bombée; toute la surface est ornée de courtes lamelles assez écartées, dont les intervalles — lisses vers le crochet — sont déçusses vers les bords — et même bien avant chez l'adulte — par de fines stries rayonnantes qui donnent l'aspect obtusément crénelé aux dernières lamelles palléales. Charnière épaisse, arquée sur son contour inférieur, un peu amincie en avant du crochet, par le creux de la lunule : 3rt minuscule sous le crochet, 3^ oblique et bifide; A III et P III très saillantes, inéquidistantes, l'antérieure deux fois plus rapprochée; 2 épaisse et pyramidale, 4?, oblique, mince et longue; Ail pyramidale, A IV très obsolète, PII épaisse, P IV mince et conliguë au bord; nymphe peu proéminente, presque confondue avec le bord ; aire ligamentaire plate et large . Impression de l'adducteur postérieur ovale-allongée, immé- diatement sous la lamelle postérieure; digitation du muscle — 323 — antérieur assez longue et très large, divergeant de la ligne palléale qui est assez écartée du bord crénelé et garnie de franges entre elle et le bord ; les crénelures très fines ne se prolongent ni sur le contour lunulaire ni sur le bord liga- mentaire. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 22 mill.; diamètre umbono- palléal : 23 mill.; épaisseur des deux valves : 19 mill. Rapp. et diff. — Avant d'admettre cette mutation qui a été rejetée par MM. Sacco, Dollt'us et Dautzenberg, nous avons longuement et minu- tieusement comparé tous les spécimens des divers Bassins (coll. Coss- mann) et des diiï'érents niveaux; de cet examen nous tirons la conclusion que la coquille du Burdigalien et de l'Aquitanien du Sud-Ouest se distingue invariablement du véritable L. coiumbella de la Touraine par son galbe deux fois plus gonflé et conséquemment par sa lunule plus creuse sous le crochet, qui entame davantage le plateau cardinal ; en outre, la digitation antérieure est manifestement plus large et plus divergente, l'adducteur postérieur est un peu plus développé; la rainure postérieure est plus pro- fonde et détermine sur le bord palléal un sinus bien plus aigu, le corselet est moins large; nous ne signalons que pour mémoire l'écartement des lamelles qui est assez variable chez L. coiumbella s. str., cependant il sem- ble plus grand chez la mut. Basteroti ; il n'y a rien à dire de la charnière qui parait bien identique chez les deux formes, et c'est ce qui nous décide à ne pas admettre L. Basteroti comme une espèce complètement distincte de celle de Lamarck. Les spécimens de l'Helvétien de l'Aquitaine appartiennent aussi incon- testablement à la var. Basteroti, dont ils ont tous les caractères. Ils sont cependant, en général, un peu moins bombés que ceux du Burdigalien, mais ils s'écartent beaucoup plus des spécimens helvétiens de la Touraine que des spécimens aquitaniens ou burdigaliens de l'Aquitaine. Les spécimens d'Adiça (Portugal) que nous avons sous les yeux (coll. Cossmann) sont extrêmement voisins de ceux du Burdigalien, de sorte que L Basteroti auquel nous les rapportons serait à la fois une mutation et une race qui se prolongerait — dans le Sud-Ouest de l'Europe — jus- qu'au Miocène supérieur. Au contraire, la forme typique de la Touraine, qui est bien celle dési- gnée par Lamarck d"après MM, Dollfus et Dautzenberg, parait s'étendre df*ns le Bassin de Vienne, dans le Piémont et aussi en Pologne; les ébhantillons de Potzleinsdorf et de Podhorce (coll. Cossmann) ressem- blent exactement à ceux de Pontlevoy. Mais la variété candida Eiclnvald, se distingue par la brièveté de sa digitation musculaire et par l'atténuation Tome LXV. 2i _ 324 --- des rainures rayonnantes de la surface externe, de sorte que le contour est à peine échancré : les valves d'Holubica (Pologne) que nous avons sous les yeux (coll. Cossmann) ont des lamelles antérieures plus écartées des cardinales que chez L. columhella et chez L. Basteroti. Signalons enfin la var. tolpa de Greg., qu'on reconnaît à ses lamelles effacées : elle ex.iste en Touraine concurremment avec la forme typique, mais il y a de nombreux passages intermédiaires. Il n'en est pas de même de la var. strictula Sacco, qu'on retrouvera ci-après. En ce qui concerne L. Adansoni d'Orb., coquille vivante aux Canaries et sur la côte Ouest de l'Afrique, nous remarquons que nos valves ont la lunule aussi enfoncée que L. Basteroti, mais que leur l'orme est aussi peu convexe, et que leurs lamelles sont aussi serrées que chez le vrai L. colum- hella. Il semble que c'est une mutation chez laquelle il y a une tendance au retour à la lunule ancestrale, avec persistance du galbe plus récent; peut être un cas de convergence? L. pensylvanica L. est beaucoup moins gonflée et plus grande : il n'y a pas de confusion possible. Localités. — Pont-Pourquey, plésiotypes (PI. XXXIII, flg. 71-74), coll. Cossmann ; commune dans tous les gisements (I). — Bui>dîgalieii. Léognan (le Thil), Mérignac (Baour), St-Avit, Villandraut (Gamachot), toutes les coll. Mérignac (le Pontic), spécimens extra-gonflés (fig. 6i-65), coll. Peyrot. — Aquîtaiiieit. Salles (Minoy), coll. Duvergier; Saucats (La Smie); Baudignan, Parle- boscq; St-Etienne-d'Orthe, coll. Degrange-Touzin, beaucoup plus rare que dans les autres étages. — Helvétien. 328. Phacoides {Li)Hja) columbella [Lamarck]; var. strictula [Sacco]. PI. XXVIII, fig. 87-89. 1901. Luclna (Linga) Columhella var. strictula Sacco. 1 Moll. terz. Piem , XXIX,p.9l,pl.XX,fig 64. 1909. — — — Dollf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 254, pi. XVII, fig. 17-18. « Testa transverse compressior, brevior » (Sacco. « Très convexe et très haute par rapport à sa largeur » (Dollf. et Dautz.). (1) M. Degrange-Touzin possède des L. columbella provenant de plus de cinquante gisements de l'Aquitanien et du Burdigalien du Sud-Ouest. - 325 - Nous reproduisons exceptionnellement les brèves diagnoses de nos pré- décesseurs : sans les figures qui les accompagnent fort heureusement, il serait difficile de reconnaître la variété; mais en examinant les valves du Miocène supérieur du Sud-Ouest, nous avons pu nous convaincre qu'il y avait d'autres motifs que ceux invoqués ci-dessus, pour maintenir la légi- timité de cette variété, à défaut desquels on aurait pu attribuer sa forme anormale à de simples déformations individuelles. D'abord la taille est beaucoup plus petite, quoiqu'il s'agisse de spécimens manifestement, adultes; en second lieu la lunule est tellement développée que la sinuosité du contour — qui en marque l'extrémité — est à la moitié de la hauteur des valves, c'est-à-dire très sensiblement plus bas que chez L. Basteroti ou L. columbella ; le bombement de cette large lunule est plus réduit et circonscrit par des dépressions plus larges, quoique moins pro- fondes ; les lamelles latérales sont hioins inéquidistantes, l'antérieure étant relativement plus écartée des cardinales que chez les formes ances- Irales; le contour inférieur du plateau cardinal est beaucoup plus profon- dément échancré en arrière.; enfin, la digitation du muscle antérieur descend un oeu plus bas parce que l'adducteur est situé au-dessous de la sinuosité lunulaire, sans que cette digitation soit — de ce chef — plus lon- gue que chez L columbella. Il semble bien que tous ces motifs accumulés justifient l'admission d'une variété — plutôt que d'une race — distincte pour L. atrictula qui se trouve ainsi occuper une aire géographique assez étendue. Localités. — Saubrigues, valves droites (PI. XXVIII, fig, 87-89), coll. Dumas. Peyrère, deux valves opposées, coll. Raulin. — Tortonieu. St-Martin-de-Hinx, coll. Degrange-Touzin. — Helvét-icii. 329. Phacoides [Cardiolucina) Agassizi [MichelottiJ. PL XXVIII, fig. 83-86. 1839. Cardium Agassizi Michelotti . Brach. Acef. foss., p. 17. 1847. Luc ina Agassizi Mich. Mioc Ital. sept., pi. IV, fig. 4, 5, 7. 1850. — Desh, Traité élém. Conch., I, p. 783. 1852. — dOrb. Prod., III, p. 116, 26'" et., no 2176. 1865. — Hœrn. Tert. Beck. Wien, il, p. 239, pi. XXXIII, fig. 10. 1886. - DoUf. Dautz, Et. prél. Tour., p. 6. 1897. — Raulin. Stat. géol. Landes, p. 342, 1901. Cardiolucina Agassizi Sacco. I Moll. terz. Piem., XXIX, p. 89, pi. XX, fig. 37 39'. 1901. Linga Agassizi DoUf. Dautz. Nouv. liste Pélécyp., p. 24. 1909, — Dollf. Dautz. Conch. Mioc, Loire, p. 251, pi. XVI, fig, 34-39. -^ 326 — Test très épais. Taille petite; forme gibbeuse, rhomboïdale, inéqiiilatérale ; côté antérieur obliquement ovale, plus allongé que le côté postérieur qui est coudé vers le haut, puis tronqué et même subexcavé sur son contour anal; bord palléal très peu arqué, se raccordant par une courbe dans le prolongement du contour buccal, et par un angle presque orthogonal avec la troncature anale ; crochets gonflés, assez saillants, faible- ment prosogyres, situés à peine plus en avant que le tiers .de la longueur des valves, du côté antérieur; bord supérieur peu arqué en avant, rectiligne et déclive en arrière du crochet, puis coudé au point de raccordement avec la troncature anale. Lunule petite, creuse, cordiforme, limitée par un gradin; pas de corselet; surface dorsale bombée au milieu, marquée à l'arrière d'une étroite et profonde dépression rayonnante, qui correspond à la troncature du contour anal; ornementation composée de lamelles épaisses et serrées, crépues vers les bords parce qu'elles sont obtusément décussées par des rayons obsolètes. Charnière épaisse, ré^'ulièrement arquée sur son contour inférieur : 3a très petite, 3;, plus épaisse; A I, A III, P I, P III, inéquidistantes, courtes et saillantes, encadrant les petites fossettes des lamelles opposées; nymphe oblique, aplatie, médiocrement allongée; 2 plus oblique et un peu plus épaisse que 4;,; A II et P II pointues et saillantes, situées sur le bord, avec une fossette contiguë seulement pour A III et P III. Impression du muscle antérieur courte, arquée, adhérant sur presque toute la longueur à la ligne palléale, parallèle et un peu écartée du bord crénelé; impression du muscle postérieur petite, ovale, située assez haut; crénelures grossières sur tout le contour palléal et à la partie inférieur du contour buccal, plus fines et imperceptibles sur le contour lunulaire, absentes sur toute la troncature et sur la région du ligament. Dm. Diamètre : 6 mill. Rapp. et diff. — Cette coquille est le génotype de CarcUolucina et l'on a vu ci-dessus par quels critériums cette Section se distingue de Eere; ^ 32t -^ MM. DoUfus et Dautzenberg signalent qu'on rencontre une sculpture ana- logue chez L. Semperi Issel, de la mer Rouge, et chez L. pi&um Reeve, de l'océan Indien; mais ils n'indiquent pas par quels caractères on les dis- tingue de la forme cantonnée dans le Miocène d'Europe. Nous ne connais- sons, d'autre part, aucune forme ancestrale à laquelle on puisse comparer P. Agassizi. M. Sacco a séparé deux variétés de cette espèce, dont l'une au moins (var. regularior) moins convexe et un peu plus arrondie, paraît exister aussi à Saubrigues; l'autre (var. constricta) est plus étroite et plus élevée, peut-être par suite de déformations accidentelles. C'est bien cette espèce qu'on trouve dans le Bassin du Danube, d'après une valve de Lapugy (coll. Cossmann) que nous avons sous les yeux. Localités. — Saubrigues, très commune; plésiotypes (PI. XXVIII, fîg. 83-86), coll. Dumas. St-Jean-de-Marsacq, St-Martin-de-Hinx, coll. Degrange-Touzin. — Tortonien. Peyrehorade (Peyrère), coll. Raulin à l'Ecole des Mines. Mimbaste, commune, coll. Benoist. — Helvëtieii. DIVARICELLA von Martens, 1880. (== Cyclas [Klein] Môrch, 1853, won Lamk.; = Egraca Leach, 1852, îiom nucl.). Coquille orbiculaire, convexe, extérieurement ornée de stries divariquées; charnière plus ou moins épaisse : 3a, 3^, 2, 4/,; L AI, L PI, L AU, L PII; impression du muscle antérieur briè- vement digitée. Divaricella s. sir. — Crochets peu saillants; lunule petite et profonde; bords cré- nelés; ligament externe, .^^r^;^^ reposant sur une nymphe dIuS ou moins épaisse ^^'^- ^^^- — Divaricella quadrisulcata d'Orb. très allongée (G. -T. : D. angulifera v. Mart. = Liicina ornata Reeve 1850, non Ag. 1845). Le génotype doit conserver le nom angulifera puisque L. ornata était préemployé. M. Dali a séparé de ce groupe les suivants, à titre de Sec- tions que nous adoptons parce que les critériums distinctifs sont parfaite- ment définis. — 328 — Section Liicinella Monterosato, 1884. — Coquille inéqui- latérale à bords crénelés; ligament logé dans une fossette oblique et triangulaire, en arrière des cardinales; angle de divergence des stries très obtus, s'alignant plus au milieu des valves Fig. 136. — Lm- ,^ ^ y . ,. . ^ cinella diva- {(jr.-l. : Lucina divancata L. =■ L. commutata ricatnhmné Phil.). ^'''- Comme l'ont établi MM. DoUHis et Dautzenberg, le nom commutata n'a été proposé par Philippi que parce que cet auteur supposait à tort que Linné avait attribué le nom divaricata à une espèce des Indes Occidentales qui doit être désignée sous le nom quadrisulcata dOrb. La séparation faite — et maintenue in sch. — par M. de Monterosato, est tout à fait jus- tifiée; mais c'est M. Dali qui a eu le mérite de signaler le principal crité- rium différentiel, c'est-à-dire la situation tout à fait différente du ligament de LucineUa. Il est probable que la Section Bourdotia Dali (G. -T. : Lucina Bourdoti; Cossm. Eoc) n'est représentée que par de jeunes individus de LucineUa; la forme inéquilatérale des valves et l'arrondissement de la divergence des stries s'atténuent avec l'âge ; d'autre part, la charnière est la même, car c'est la petitesse des valves étudiées qui a fait croire qu'il n'existait qu'une cardinale sur chaque valve. Sect. Pompholigina Dali, 1900. — Coquille extrêmement gonflée, à crochets subspiraux; aréas dorsales antérieure et postérieure bien indiquées ; bords non crénelés ; " ligament externe (G. -T. : Lucina gibba Gray. Viv.). Cette Section ne semble pas avoir existé à l'état fossile. Nous n'avons donc à nous occuper ici que Divaricella et de LucineUa, qui sont représentés dans l'Aquitaine; il y a lieu de remarquer d'ailleurs que leur origine est ancienne, puisqu'il y a un DivariceUa [D. discors Desh ) dès l'Eocène inférieur, qu'on en trouve dans 1 Eocène moyen et supérieur, ainsi que dans l'Oligocène, et que LucineUa est probablement aussi repré- sentée par de jeunes individus (I. Bourdoti Cossm ) de l'Eocène moyen. — 329 — 330. Divaricella ornata [A^assiz]. PL XXVIII, fig. 79-82. 1823. Luchia divarlcata Defr. Dict. Se. nat., XXVII, p. 271 {non Lin ), 18-25. — Bast. Môm. Env. Bord., p. 86. 1837. Lucina divaricata Duj. Mém. Tour., p. 42. 1838. — Grat. Cat. Gir. p. 64, n° 724. 1845. Lucina ornata Ag. Iconog. Coq. tert., p. 64. 1852. — d'Orb. Prod., III, p. 115, 26^ et., n"2I60. 1865. — Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 233, pi. XXXIII, %. 6. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 50, no 124. 1886. — Benoist. Foss. St-Avit, p. 50. 1886. Divaricella ornata Et. prél. Tour., p. 16. 1897. Lucina ornata Rawlin . Stat. gâol. Landes, p. 289 et 299.' 1899. — Sokolow. Schichlen mit. V. konkensis, p. 29, pi. III, fig. 33 36. 1901. L. divaricata var. ornata Sacco. I Moll. terz. Piem., XXIX, p. 99, pi. XXIX, fig. 15-18. 1901. Divaricella ornata Dollf. Dautz. Nouv. liste Pclécyp., p. 23. 1903. — Dollf. Cotter et Gom. Moll. tert. Port., pi. XVIII, fig. 2^ ex parte). 1909. — Dollf. Daiilz.Conch. MioG.Loire,p. 262, fig.12-25. Test assez épais. Taille moyenne; forme presque circulaire, assez convexe, subéquilatérale ; côté antérieur à peine plus court, mais plus régulièrement arrondi que le côté postérieur qui est obtusément anguleux vers le haut et peu arqué sur son contour anal; bord palléal en arc de cercle dans le pro- longement des courbes latérales; crochets peu saillants, quoi- que légèrement gontlés, opposés, situés à peu près au milieu des valves; bord supérieur excavé sur la région lunulaire et convexe au-delà, presque rectiligne et déclive en arrière du crochet jusqu'à l'angle arrondi qui le raccorde avec le contour anal. Lunule petite, lisse, très creuse, limitée à l'extérieur par un gradin presque rectiligne; pas de corselet; surface dorsale médiocrement bombée au milieu, vaguement dépri- mée sur la région anale, partout ornée de stries imbriquées et divergentes qui se reploient — en s'effaçant parfois — sur une zone irradiant du crochet vers le bord palléal, au tiers environ de la largeur, du côté postérieur; vers les bords, ces stries s'approfondissent et deviennent sublamelleuses, tout en restant assez serrées (0™™5 d'écartement en moyenne). Charnière assez épaisse, un peu arquée sur le contour infé- rieur du plateau cardinal : 3^ mince, lamelleuse, un peu incurvée, s'allongeant jusqu'à la moitié de la distance qui sépare L AI ; 3;, formée d'un talon triangulaire et épais, exac- tement sous le crochet; LAI pointue, courte, peu écartée; L PI deux fois plus éloignée, formée d'une arête assez courte et médiocrement saillante; nymphe longue, étroite, presque confondue avec le rebord cardinal inférieur; rainure ligamen- taire assez profonde, comprise entre la nymphe et le bord dorsal caréné; 2 étroite, incurvée à 45°, saillante; 4t plus mince, presque isocèle; L AU obsolète, L PII beaucoup plus saillante et longue, au-delà de la nymphe. Impression du muscle antérieur semblable à un gros doigt recourbé; impression du muscle postérieur grande, ovale en hauteur, limitée par un pli rayonnant et obsolète; ligne pal- léale non parallèle au bord, assez écartée au milieu, circons- crivant l'impression de l'adducteur antérieur, aboutissant normalement à l'extrémité de l'adducteur postérieur; com- missure des valves très finement crénelée sur presque toute son étendue, sauf sur le contour supéro-buccal; surface interne obscurément rayonnée. DiM. Diamètre antéro-postérieur : 20,5 mill. ; diamètre um- bono-palléal : 19,5 mill.; épaisseur des deux valves : 11,5 mill. Rapp. diff. — En admettant cette espèce dans l'Helvétien de la Tou- raine, MM. Dollfus et Dautzenberg ont rappelé qu'elle se distingue de l'espèce vivante L. divaricata L. (= L. commutata Phil.) par sa taille plus grande, par sa forme moins convexe et par la position différente de l'an- gle de divergence des stries divariquées; ma's on peut surtout ajouter que les deux coquilles n'appartiennent pas au même groupe, puisque celle-ci a un ligament externe, avec une nymphe pour le supporter, tan- dis que L. divaricata L. a une fossette ligamentaire tout à fait interne et courte, en arrière des cardinales, ce qui a motivé l'adoption de la Sec- tion Lucinella Monteros. C'est donc — comme l'ont fait les deux auteurs précités — avec D. quadrisulcata d'Orb. (espèce voisine du génotype de Divaricella) qu'il faut comparer D.ornata; MM. DoUfus et Dautzenberg ne trouvent d'autre différence que la convexité moindre des valves de l'espèce fossile, attendu que l'espèce vivante a, au même diamètre, une épaisseur supérieure de 25 % environ; nous ajouterons à ce critérium que, chez D. quadrisulcata, les stries divariquées sont presque deux fois plus écartées que chez D. ornata; que ses dents cardinales sont moins isocèles; que la lamelle antérieure est encore plus voisine des cardinales; que le contour inférieur du plateau cardinal est plus sinueux en arrière ; que les crénelures continuent plus en avant et plus haut sur le contour buccal, etc.. Bref, il est impossible de confondre ensemble les deux formes. D'après la comparaison des individus de Pôtzleinsdorf que nous avons sous les yeux (coll. Cossmann), c'est bien la même espèce qui existe dans le Bassin de Vienne ; les individus du Miocène supérieur de Golubaz (Serbie, coll. Cossmann) sont aussi très voisins de D. ornata typique, quoique un peu sinueux sur le contour antérieur, par suite de l'existence de dépressions ou cicatricules rayonnantes sur la région externe. Les valves de l'Helvétien de la Touraine ont généralement le bord supérieur moins relevé en arrière du crochet, ce qui leur donne un aspect un peu moins transverse et plus élevé; mais la charnière est identique, ainsi que les impressions musculaires et l'ornementation ; seule, la var. parcisulcata D. D. est remarquable par ses stries plus écartées; nous ne la connais- sons pas dans le Bordelais. En ce qui concerne le Piémont, ce sont celles du Tongrien (= Aquitanien) qui peuvent être rapportées à D. ornata, et encore M. Sacco n'a figuré que des spécimens de Bordeaux, la valve hel- vétienne (fig. 19) parait plutôt se rapporter à la var. parcisulcata. Enfin D. ornata est moins arrondie que D. pulchella Ag. , de l'Eocène moyen, moins élevée que D. ermenonvillensis Desh., du Bartonien des environs de Paris. Localités. — Saucats (Pont-Pourquey), commune; plésiotypes (PI. XXVIII, fig. 79-82), coll. Cossmann. Saucats (M^a de l'Eglise, Peloua, Gieuii); Léognan (le Thil supr), Thibaudeau, Coquillat, Sangsueyre, Ces- tas ; Canéjan ; Mérignac (Baour supr) ; St-Médard-en-Jalle, coll. Degrange- Touzin. Dax (M'û de Cabannes, Mandillot), coll.Degrange-Touzin ; St-Paul (Mainot), coll. Peyrot. — Hnrdigalieii. Mérignac, coll. Cossmann extrêmement commune; Saucats (Lariey), route de Son. Pessac (Noës), coll. Bial-Neuville. Le Haillan, St-Médard- en-Jalle (Gajac) Cabanac (Pouquet) Martillac (Breyra), La Brède (Moras inf'', Lassalle, tranchée du ch. de fer), Uzeste; St-Morillon, Bleynie, Chî- ret, Pinot; St-Selve (Baton-Durand), St-Avit, Corbieu, Lucbardez, coll. Degrange-Touzin. — JLquiianien. — 332 — 331. Divaricella [Lucinella] divaricata [Linné]; var. rotundoparva Sacco. PI. XXVIII, fig. 75-78. 1758. Tellina divaricata Linn. Syst. nat,, 20, X, p. 677. 1795. Tellina digitaria Poli. Test, utr. Sic, I, p. 47, pi. XV, flg, 25. 1836. Lucina commutata Phil. Enum. MoU. Sic, I, p. 32, pi. III, fig. 15. 1845. Lucina divaricata Ag. Icon. coq. tert., p. 63. 1851. Loripes divaricatus Wood. Crag. Moll., II, p. 137, pi. XII, 8g. 4. 1852. Lucina commutata d'Orb. Prod., III, p. 183, 27e et., no 2341. 1870. Lucina divaricata Hidalgo. Moll. Mar. Esp., p. 147, pi. LXXIV, 1878. Lucina syrtica Ben. Tortonien Gironde, p. 3 (nom. nud.). 1894. Lucina {Divaricella) syrticaBen. in Degr.-Touz. Orthez {A. S.L. B. XL VII), p. 418. 1898. Divaricella divaricata B. D. D. Moll. Rouss,, II, p. 629, pi. XC, flg. 1-7. 1901. — var. rotundoparva Sacco. I Moll. terz. Piem., XXIX, p. 99, pi. XXIX, fig. 14-15. 1909 _ _ var. rotundoparva DoUf. Cott. Plioc Tage, p. 36, pi. III, fig. 25-26 et 27-29. Test assez mince. Taille petite; forme convexe, arrondie, un peu inéquilatérale; côté antérieur subanguleux vers le haut, un peu plus court que le côté postérieur qui est plus réguliè- rement arqué ; bord palléal en arc de cercle raccordé avec les contours latéraux; crochets assez saillants, prosogyres, situés un peu en arrière de la ligne médiane; bord supérieur excavé en avant, déclive et rectiligne en arrière du crochet. Lunule assez large, courte, très profonde, lisse, extérieurement limi- tée par une arête; surface dorsale bombée, non déprimée à l'ar- rière mais vers le bord kinulaire, ornée de stries divergentes assez écartées pour la taille des valves, dont l'inflexion large- ment arquée se fait presque sur le milieu de la région dorsale. Charnière peu épaisse, faiblement échancrée en arrière : 3a, 3/, assez minces et divergentes; 2 épaisse, 4;, plus petite; lamelles latérales presque équidistantes, bien marquées sur les deux valves; fossette ligamentaire profonde et oblique sous le bord, en arrière des cardinales; pas de nymphe. Impression du muscle antérieur brièvement digitée, assez large; bords crénelés sur toute l'étendue des valves. — 333 — DiM. Diamètres : 6, S milL; épaisseur des deux valves : 5 mill. Rapp. et diff. — Ainsi que nous avons pu nous en assurer par l'exa- men des spécimens de la coll. Benoist, c'est la forme que cet auteur avait désignée, dans son étude sur le gisement de Largile;yre (1. c), sous le nom Liicina Syrtica, nom repris par M. Degrange-Touzin, mais qui — n'ayant été accompagné d'aucune description ni figuration — ne peut prévaloir contre celui donné plus tard par M. Sacco. Il est intéressant de constater que cette forme du Pliocène descend jusque dans l'Helvétien de l'Aquitaine, tandis que D. ornata ne s'y mon- tre pas ; MM. Dollfus et Cotter avaient constaté le même fait dans le Portugal. La séparation de la variété rotundoparva est d'ailleurs bien jus- tifiée : malgré la variabilité de la coquille vivante, le fossile helvétien présente une forme toujours plus convexe et plus orbiculaire, et les stries de la surface dorsale sont certainement plus écartées ; toutefois on n'aperçoit aucune différence dans les charnières. Dans ces conditions, il ne paraît pas y avoir de motifs pour transformer cette variété en une mutation distincte, d'autant plus que les spécimens nombreux du Pleis- tocène de Palerme et de Biot (coll. Cossmann) sont tantôt arrondis comme la var. rotundoparva, tantôt inéquilatéraux comme les échantillons actuels des côtes de la Sicile : seules, la convexité moindre et la finesse des stries divariquées distinguent ces spécimens pleistocéniques de nos valves helvétiennes. Au contraire, les valves de l'Astien du Piémont, figurées par M. Sacco, ont les stries écartées comme nos échanlillons de Salles, mais leur contour se rapproche davantage de celui des spécimens actuels. Enfin, parmi les échantillons du Pliocène du Portugal, figurés par MM. Dollfus et Cotter, celui de Nadadoiro est subtronqué en arrière, et ceux de Negreiro sont plus arrondis. De ces variations, on peut con- clure en définitive que L. divaricata commence à apparaître dans l'Helvé- tien de l'Aquitaine, avec une convexité et un écartement de stries qui tendent à diminuer actuellement, tandis que la taille moyenne de la coquille s'accroît sensiblement. Ces conclusions sont confirmées par l'examen des spécimens (coll. Cossmann) de Ciurana(Tortonien de Cata- logne), Cannes (Astien), Castrocaro (Messinien), qui sont des D. rotun- doparva, tandis que ceux de Monte-Mario sont de vrais divaricata et que ceux du Saharien d'Egypte appartiennent à une autre variété à forte charnière. Localités. — Salles (Largileyre), peu rare ; plésiotypes (PL XXVIII, flg 75-78), coll. Cossmann; coll Benoist; coll. Dumas. Salles (Le Minoy), coll. Cossmann; (Min Débat), coll. Bial-Neuville, Paren, Sallespisse, Salies-de-Béarn, coll. Degrange-Touzin. — Helvëtien. NOTICE NÉCROLOGIQUE Monsieur Albert GRANGER MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ LINNÉENNE 1837-1911 PAR Mr A. DEGRANGE-TOUZIN, Membre titulaire. Messieurs, Notre règlement veut qu'une notice nécrologique soit consacrée à la mémoire des membres de notre société que l'inexorable mort nous a ravis. Certes c'est une pieuse cou- tume que de rendre cet hommage à des collègues auxquels nous étions attachés par les liens d'une bonne et précieuse camaraderie autant que par l'amour des mêmes goûts, des mêmes recherches, des mêmes études scientifiques. Mais, lorsque cet honneur s'adresse à l'un des membres de notre société qui a eu l'heureuse fortune de s'élever au-dessus du vulgaire et de conquérir l'attention publique par un labeur incessant, par une vie consacrée presque toute entière à la science, c'est en quelque sorte une dette sacrée de reconnais- sance que nous payons à la chère mémoire de celui qui n'est plus. Nul ne fut plus digne de recevoir cet hommage posthume -^ 385 -^ que notre regretté collègue Albert Granger. Membre de la société linnéenne pendant 33 ans, il sut gagner l'estime et l'affection de tous ceux qui l'approchèrent, par une vie intè- gre et sans reproches, par une courtoisie raffinée qui rendait charmantes et précieuses les relations qu'on entretenait avec lui. Amoureux de la science et du travail, il publia dans les «Actes» de la société une longue série de mémoires qui lui valurent de hautes distinctions honorifiques. C'est bien le moins qu'après une vie si bien remplie, une voix s'élève pour rappeler les mérites de l'homme de bien, les qualités aima- bles du collègue qui emporte nos sympathies et nos regrets, la haute valeur scientifique du savant qui consacra aux études d'histoire naturelle tous les loisirs que lui laissaient ses devoirs professionnels. Albert Granger est né le 13 Octobre 1837, à Orléans. Dès sa prime jeunesse, il se distingua par l'amour du travail et donna la mesure des qualités aimables et sérieuses qui fu- rent la caractéristique de sa vie. Tout jeune encore il aimait l'histoire naturelle dont l'étude, à cette époque, n'occupait dans les programmes universitaires qu'une place bien res- treinte. Mais sa vocation l'entraînait avec ardeur vers cette branche des sciences qui attirait sa jeune intelligence. Toute- fois ces recherches scientifiques qui avaient pour lui tant d'at- traits ne furent jamais dans son existence qu'un délassement et une distraction pour son esprit ; elles ne lui firent jamais oublier les devoirs de la carrière qu'il avait embrassée. Au sortir du lycée, il était entré dans l'administration des Postes. Grâce au zèle qu'il déploya toujours dans l'exercice de ses fonctions, grâce à l'ardeur qui l'animait pour le travail, grâce à l'aménité de son caractère et à la correction de ses habitudes, il devait occuper successivement tous les emplois de cette carrière, depuis les plus humbles jusqu'aux plus élevés. 11 fut placé pendant de longues années dans les bu- reaux ambulants; puis, il devint inspecteur et finalement fut nommé Directeur des Postes. En cette qualité il fut attaché au bureau de la gare du Midi. =^ 336 - Après une station de début, il avait été nommé à Bor- deaux. C'est dans notre ville que désormais sa carrière devait s'écouler toute entière. Peu d'années après sa nomination à Bordeaux, un événement de la plus haute importance y fixa pour jamais sa résidence. C'est ici qu'il fit la rencontre d'une jeune fille qu'il aima du plus profond de son cœur et qui devint sa femme et la mère de ses enfants. Cette union fut le charme de sa vie: je pourrais dire la raison d'être de son existence. Car il avait concentré tout son bonheur, toutes ses affections dans l'intimité pleine de tendresse qu'il partageait avec sa compagne d'élection, dans son amour pour les en- fants qu'elle lui avait donnés. Ses fonctions dans les bureaux ambulants le conduisaient souvent hors de Bordeaux; il avait eu successivement dans ses attributions les lignes de Bordeaux à Cette et de Bordeaux à Irun. Ces déplacements continuels, car chaque semaine il faisait jusqu'à trois et quatre fois les trajets de Bordeaux à Cette ou à Irun, furent pour lui l'occasion de recherches intéressantes. Il mettait à profit les quelques heures de repos qui lui étaient données aux points terminus, pour faire des recherches d'histoire naturelle. Il explorait les rivages de la mer, parcourait les champs, les cultures et les prés dans les plaines et sondait les bois et les forêts des régions monta- gneuses; et partout il recueillait des coquilles marines ou terrestres et prenait des notes sur les mammifères ou les oi- seaux qu'il rencontrait dans ses multiples pérégrinations. C'est ainsi qu'il put recueillir une foule de matériaux intéres- sants dont, plus tard, il devait utiliser les richesses dans de nombreuses publications. Il ne connut jamais l'oisiveté. Le travail était pour lui une nécessité, intellectuelle en même temps qu'un délassement. Les recherches sur le terrain, les travaux de classement dans son Cabinet lui prenaient toutes ses heures de liberté. Il s'était adonné avec passion à toutes les branches de l'histoire natu- relle, mais plus particulièrement à l'étude des Mollusques. Sa nomination comme membre titulaire de la Société linné- ~ 337 — enne, le l^'' Mai 1878, devait lui permettre de faire paraître dans les «x\ctes)) de la Société les résultats de ses obser- vations. En effet, dès l'année suivante, en 1879, il publiait un Catalogue des Mollusques testacés observés sur le littoral de Cette. (1). Ce mémoire, dit-il dans la préface de l'ouvrage, est le fruit d'observations faites pendant plus de six ans sur le littoral de la Méditerranée, d'Adge à Cette et de Cette à Palavas, et d'excursions par tous les temps et à toutes les époques de l'année. Aussi l'auteur peut-il légitimement se permettre de garantir l'exactitude rigoureuse de ce Catalogue «puisque, dit-il, je n'y ai indiqué que des Coquilles que j'ai recueillies personnellement et à l'état vivant. » Un an plus tard, en 1880, il rédigeait, comme nouveau résultat de ses explorations sur le littoral de Cette, une note sur la Disparition de quelques Mollusques des côtes Méditer- ranéennes de France (2). Depuis cette époque, éloignée déjà, à laquelle parurent ses premiers travaux, Albert Oranger ne cessa ni ses observations ni ses recherches; il les étendit même à des régions qu'il n'avait pas encore étudiées. 11 les appliqua aux départements voisins du nôtre. La Charente-Inférieure, les Landes, les Basses-Pyrénées sollicitèrent tour à tour son attention et sa curiosité scientifique. C'est ainsi qu'il put, à des intervalles plus ou moins rapprochés, faire paraître de nombreux mé- moires sur divers sujets de zoologie : En 1893, un Catalogue complet des oiseaux sédentaires ou de passage observés dans les dépjartements de la Charente- Inférieure, de la Gironde, des Landes, des Basses-Pyrénées {^)\ En 1895, un Catalogue descriptif des îiids et œufs des oiseaux de la région du Sud-Ouest, Charente-Inférieure, Gironde, Landes et Basses-Pyrénées (4); (1) Actes de la Soc. lin. , Tome XXXIII, p. 235. (2) Actes de la Soc. lin. , Tome XXXIV, p. 353. (3) Revue des Sciences naturelles de l'Ouest, 1893. (4) Actes de la Soc. lin. Tome XLVIII. p. 273. -^ 338 - En 1897, un Catalogue des Mollusques terrestres, des eaux douces et saumdtres observés dans les départements de la Cha- rente-Inférieure, de la Gironde, des Landes et des Basses- Pyrénées (1); En 1906, un Catalogue des Majnmifères sauvages et marins des départements de la Charente-Inférieure, de la Gironde, des Landes et des Basses-Pyrénées (2). Gomme on le voit, 'par les titres de ces ouvrages, Albert Granger avait largement étendu le champ, de ses investi- gations et de ses recherches. Ges divers catalogues s'appli quent en effet à la région toute entière du Sud-Ouest qu'il avait pu, pendant de longues années, grâce à ses fonctions publiques, parcourir dans tous les sens, à plusieurs reprises et à des intervalles de temps très rapprochés. Ges catalogues, présentent tous un intérêt véritable. G'est ainsi que celui qui décrit les nids et les œufs des oiseaux de la région donne pour la première fois des indications sur le sujet traité. Ges renseignements qui s'appliquent à la des- cription exacte des nids^ à l'emplacement choisi par chaque espèce pour l'établir, à leur composition, à leur forme, leur nombre, à la couleur, à la grosseur des œufs, à l'époque de la ponte, sont absolument inédits et ne se rencontrent dans aucun autre ouvrage. G'est avec raison que l'auteur le fait remarquer. Et c'est de ces circonstances que vient en partie le très réel intérêt que présente Ge Mémoire. Dans son Gatalogue des Mollusques terrestres et des eaux douces et saumàtres de la région, Albert Granger comble une autre lacune. 11 fait remarquer avec raison que Fischer avait publié des travaux très complets, en 1865 et 1869 (3), sur la faune conchyliologique marine du Sud-Ouest, mais qu'il n'existait, pour la faune conchyliologique terrestre et fluvia- tile, que des publications déjà anciennes, n'intéressant qu'une partie de la région. L'auteur cherche à compléter les travaux (1) Actes de la Soc. lin.; Tome LU, p. 237. (2) Acies de la Soc. lin. ; Tome LXI , p. 205. (3) Actes de la Soc. Lin.; Tomes XXV, p. 257; XXVII, p. 5 el XXIX, p. 193. — 339 — de ses devanciers: il présente un résumé des mémoires déjà publiés et y ajoute les espèces décrites postérieurement par Desmoulins, Grateloup, Gassies, de Nansouty, de Folin, Beltrémieux, etc. Enfin, Albert Oranger avait été frappé de cette circonstance que la faune des Mammifères du Sud-Ouest de la France n'avait donné lieu qu'à des études locales. S'e m parant des travaux de Beltrémieux, pour la Charente-Inférieure, de Lataste (1) et de Fischer (2) pour la Gironde, et s'inspirant des renseignements qui lui avaient été fournis par MM. Dubalen et Hiriart, Directeurs des Musées de Mont-de-Marsan et de Bayonne, il eut la pensée de dresser le Catalogue com- plet des Mammifères de cette région. Et c'est ainsi qu'il fut amené à publier, en 1906, le INlémoire que nous avons cité plus haut dans lequel il résume les travaux déjà publiés et qu'il enrichit de ses observations personnelles. Toutes ces monographies, sauf une, relatives au Sud-Ouest de la France, ont trouvé tout naturellement leur place dans les Actes de la Société Linnéenne. Elles y font bonne figure. Elles sont le fruit de longues et patientes recherches et elles valurent à leur auteur le bon renom dont il jouissait dans le monde des Naturalistes. Il s'intéressait en etTet à toutes les branches de la zoologie et déployait la même activité scien- tifique, qu'il s'occupât de mammifères, d'oiseaux ou de Mollusques. Toutefois l'étude de cette dernière classe d'êtres organisés est celle qu'il a poursuivie avec le plus d'ardeur. Elle parais- sait avoir toutes ses préférences. Au surplus, l'étude de la faune du Sud-Ouest ne suffisait pas à son besoin de connaître et, quelque satisfaction intellectuelle qu'elle lui eût donnée, il porta ses visées plus loin et entreprit une Révision des espèces françaises du genre Hélix (3) qu'il fit encore paraître (1) Catalogue provisoire des Mammifères sauvages non marins du déparlement de la Gironde; Actes de la Soc. Lin. ; Tome XLIV, p. 11. (2) Les Cétacés du Sud-Ouest; Actes de la Soc. Lin.: Tome XXXY, p. 5, (.3) Actes de la Soc. Lin.; Tome LVIII, p. 1. Tome LXV. 22 — 340 — dans les Actes de la Société Linnéenne. Ce genre est, comme on sait, l'un des plus nombreux en espèces. Moquin-Tandon en avait cité 266, l'abbé Dupuy 338 ; et, des travaux de Fagot, Mabille, Bourguignat et Locard, il semblerait que ce nombre pourrait s'élever à environ 500 espèces. Albert Granger pensa que cet accroissement du nombre des espèces résultait d'une tendance fâcheuse qui, souvent aujourd'hui, entraîne les auteurs à créer des espèces pour des formes qui ne sont pas incontestablement autonomes. 11 essaie de réagir contre cet entraînement regrettable qui encombre inutilement la nomen- clature et dans sa Révision il ne mentionne que pour Mémoire ou comme simples variétés de nombreuses formes décrites comme espèces distinctes depuis quelques années. N'est ce pas là un acte de véritable sagesse qui atteste la haute prudence de l'auteur et les légitimes scrupules de son esprit rigoureusement scientifique? 11 comprenait en etïet l'espèce dans un sens large, étendu, à la façon du grand Linné qui fut aussi celle de notre savant et regretté collègue Clavaud. Et, s'il nous est permis d'exprimer notre faible avis en une matière qui a soulevé tant de polémiques et de dis- cussions, n'avons-nous pas le droit de dire qu'Albert Granger obéissait en cela aux règles du plus vulgaire bon sens. Car on ne voit pas de quel intérêt peut-être pour la science l'élé- vation au rang d'espèces distinctes de tant de formes très voisines d'espèces déjà décrites et dont les variations, peu importantes d'ailleurs, doivent être attribuées le plus souvent à des circonstances multiples et variées qui suffisent pour les expliquer. Cette méthode rigoureusement scientifique, son activité féconde, la renommée qui s'était élevée autour de son nom et que ses nombreux travaux avaient suscitée, valurent à Albert Granger l'honneur d'être appelé à fournir sa collabo- ration à VHistoire naturelle de la France publiée sous le nom de Musée Scolaire Deyrolle, œuvre considérable conçue dans un esprit de vulgarisation. C'est lui qui rédigea les 6'"" et 7™^ parties de cet important compendium. Elles comprenaient Fhis- — 341 — toire en deux volumes de tous les Mollusques. La 6""" partie s'applique aux Céphalopodes, aux Gastropodes et aux Ptéro- podes et contient 19 planches; la 7'"'' étudie les Mollusques bivalves, les Tuniciers, les Bryozoaires et n'a pas moins de 18 planches. L'auteur y ajoute un aperçu de la classe des Brachiopodes. Dès le début de l'ouvrage, Albert Oranger indique l'esprit dans lequel il est conçu : « Nous chercherons, dit-il, à expo- ser clairement la faune conchyliologique, en élaguant tout détail trop scientifique. Si nous avons réussi à être utile aux débutants, nous serons suffisamment récompensé de nos pei- nes. » L'auteur expose quelques généralités au sujet des termes techniques employés ordinairement en conchyliologie et qu'il est indispensable de connaître; puis il donne des notions élémentaires pour la recherche et la préparation des mollusques, il indique les précautions à prendre pour leur conservation; puis il passe à la description des espèces et donne des détails sur leurs stations et leurs habitats. Enfin il étudie leur utilité pour l'homme et indique ceux qui, dans toute la France, peuvent servir à l'alimentation. Dans le même recueil, il décrit les Coelentérés, les Echi- nodermes, les Protozoaires; enfin les Reptiles et les Batraciens de France. A la liste déjà longue de tous ces travaux, il faut ajouter un Manuel du Naturaliste et un Guide de l'Amateur d' Insectes \ puis diverses notes sur des sujets de Botanique, telles que Observation sur la fleur de l'Arum dracimculus (1) et une Note sur les Aegagrophiles de Mer (2); enfin une note sur les Roches provenant du Canal de Cette (3). Tels furent les travaux d'Albert Oranger. On peut dire que, depuis l'époque oii il fut nommé membre titulaire de la Société, jusqu'à la fin de sa vie, il fut constamment sur la brèche. S'il s'intéressait plus particulièrement à la Zoologie, (1) Actes de la Soc. Lin.; Extr. des Proc. verb. des séances, t. XXXII, p. LIV. (2) Actes de la Soc. Lin.; Extr. des Proc. verb. des séances, t. XLVI, p. GXLV. (3) Actes de la Soc. Un.; Extr. des Proc. verb. des séances, t. XXXII, p. LX. — 342 — et plus spécialement encore à l'étude des mollusques tes- tacés, aucune branche des sciences naturelles en général ne restait en dehors de ses recherches. La diversité des sujets qu'il a traités atteste l'universalité de ses connaissances et l'activité qu'il apportait à l'étude de sa science favorite. Sa vie toute entière fut consacrée à un travail fécond. Tout le temps de liberté que lui laissaient ses devoirs professionnels, il le donnait aux recherches multiples qu'il avait entreprises. C'est ainsi qu'il put produire tant d'oeuvres intéressantes dont la Société Linnéenne put enrichir ses publications. Elle lui doit beaucoup; aussi me permettrez-vous de payer en son nom à sa mémoire respectée le juste tribut de reconnaissance qui lui est dû. Du reste, avant sa mort, à une époque déjà reculée, le 1®'" février 1899, la Société lui avait conféré, comme une juste récompense de ses mérites, le titre de membre honoraire. Pour compléter la tâche que vous m'avez confiée, de rap- peler par cette notice la vie et les travaux d'Albert Granger, j'ajouterai quelques mots d'appréciation générale sur la nature et la portée de son œuvre. Sans doute, elle ne se caractérise pas par les aperçus pro- fonds qui touchent à la Science pure et sont l'apanage des grands esprits. On y chercherait vainement des théories sen- sationnelles ou transcendantes. Mais ce n'était pas là le but vers lequel se portaient les recherches de notre collègue. Ce qu'il voulait surtout, c'était faire connaître des faunes incom- plètement décrites. Il a rempli la tâche qu'il s'était ainsi pro- posée par la publication de nombreux catalogues de zoologie. 11 voulut aussi mettre entre les mains de tous ceux qui s'in- téressent à l'Histoire naturelle des ouvrages pouvant leur en faciliter l'étude. Le Manuel du Jeune Naturaliste et le Guide de l'Aînateur d'Insectes, li Description des Mollusques de France furent écrits dans une pensée de vulgarisation scien- tifique, avec le désir de ne pas rebuter les jeunes intelligences qui se sentent entraînées vers l'étude de l'Histoire naturelle. Tel est le caractère particulier de ses travaux didactiques. Et l'on peut dire qu'il a supérieurement réussi dans son entre- — 343 — prise. Ses mémoires sont écrits avec ordre, avec clarté. Les termes et les descriptions sont sobres et bien conçus. L'en- semble fut une œuvre utile, bien digne d'assurer à son auteur une place importante parmi les adeptes les plus fervents de l'Histoire naturelle. Ce dévouement à la science, l'utilité du but poursuivi, l'actir vite incessante avec laquelle il marchait vers ce but, ne s'arrêtant jamais, travaillant toujours, enfin les résultats scientifiques obtenus valurent à Albert Oranger l'honneur d'être nommé Officier d'Académie, le 27 janvier 1897. Mais cette distinction modeste était vraiment insuffisante pour lui. Aussi justice lui fut-elle rendue, quelques années plus tard. Au mois d'Avril 1903, il fut nommé Officier de l'Instruction publique. Et certes, je considère comme un devoir de le dire très haut, elles étaient bien placées sur sa poitrine ces palmes académiques qui doivent être la récompense du dévouement à la science et qui trop souvent hélas! comme nous le voyons chaque jour, ne sont que la rémunération de services d'un ordre tout différent rendus par des gens qui ont de bien autres soucis que les intérêts de la Science. Oui, Oranger pouvait les porter fièrement, avec le légitime orgueil de l'homme qui a rempli sa tâche, du savant qui a fait œuvre utile. Elles n'étaient dues qu'à ses mérites : il les avait bien gagnées ! Voilà ce que fut Albert Oranger, comme naturaliste et comme écrivain scientifique. Mais nous devons à sa mémoire de tracer aussi son portrait comme collègue, comme homme privé. C'est une tâche douce à remplir, car nul plus que lui ne svit mériter l'estime et la sympathie de tous ceux qui l'approchèrent. Dans l'Administration des Postes, il ne comptait que des amis. Les collaborateurs qui étaient sous ses ordres, ses chefs hiérarchiques avaient tous été séduits par l'affabilité extrême de ses manières, par l'urbanité impeccable de son caractère. Obligeant et serviable pour tous, plein de modestie, il rem- plissait avec aisance tous ses devoirs professionnels, n'ayant jamais sur les lèvres une parole méchante pour autrui ni une — 344 — appréciation pouvant susciter un froissement. Il était aussi, à peine ai-je besoin de le rappeler, d'une probité scrupuleuse, d'une honnêteté qui ne se démentit jamais. Toutes ces émi- nentes qualités lui avaient conquis l'estime et l'affection de tous ses camarades qui se sentaient tout naturellement entraî- nés vers lui. Aussi ce fut un deuil universel parmi tous ses collègues lorsque, en 1897, la loi inexorable l'obligea à rési- lier ses fonctions. On peut dire qu'il emporta dans sa retraite, avec la considération universelle de tous ceux qui avaient été ses collaborateurs, les témoignages émus de leur chaleureuse amitié. N'est-ce pas ainsi que vous aussi, mes chers collègues, vous avez connu Albert Granger? Ces qualités aimables que je viens de rappeler, ne les avez-vous pas appréciées comme tous ceux qui ont été mêlés à sa vie? Ne fut-il pas, en effet, pour ses collègues Linnéens comme pour ses collègues des Postes, un camarade de bonne compagnie, à l'esprit aussi cultivé que modeste, aux relations pleines d'aménité qui rendaient char- mant tout commerce avec lui. Malheureusement les exigences de ses fonctions, qui le tenaient souvent éloigné de Bordeaux, ne lui permettaient pas d'assister régulièrement à nos séances. Mais, quand il venait prendre part à nos réunions ou tra- vailler à la bibliothèque, comme il le faisait souvent, c'était toujours avec le sourire sur les lèvres qu'il serrait les mains tendues vers lui. Il était de ceux qui savent se faire aimer, don naturel bien précieux qui est l'apanage de quelques âmes d'élite. Pour ma part, je conserverai un doux et inaltérable souvenir de cette figure si attirante, si sympathique! Et vous tous qui l'avez connu et apprécié, vous penserez, en gardant précieusement sa mémoire, que vous avez perdu l'un des meilleurs de vos collègues! Ce que fut Albert Granger pour tous ceux que les relations de la vie rapprochèrent de lui, il le fut pour sa famille à un degré éminent. Son intérieur était pour lui le port de refuge chéri oii il aimait à se délasser des fatigues professionnelles et des ennuis que parfois ses fonctions pouvaient lui susciter. Son — 345 — affection pour une compagne tendrement aimée et pour les deux filles qu'elle lui avait données lui faisait goûter ce bonheur familial qui est la suprême ressource contre les épreuves de la vie. Là, dans ce foyer béni, auprès de celles qu'il aimait et de qui il était aimé, son existence s'écoula heureuse et tranquille. Toutefois une cruelle épreuve lui était réservée qui devait assombrir les dernières années de sa vie. H y a trois ans, Madame Albert Oranger était enlevée prématurément à son affection. Ce fut pour lui comme un coup de massue dont il ne put se relever. La secousse fut au-dessus de ses forces, sa santé en fut profondément altérée. Son cœur en fut brisé dans les fibres les plus intimes. Rien ne put calmer sa douleur ni atténuer l'amertume de ses regrets. Ni ses travaux scienti- fiques, ni les efforts de ses enfants ne purent détourner sa pensée de la catastrophe irréparable qui l'avait broyé. En proie à la plus noire tristesse, l'âme déchirée, sans but désor- mais dans la vie, disant à ses filles, qui essayaient de le consoler par leur tendresse, qu'il n'avait plus rien à faire ici- bas, il attendait avec impatience le jour souhaité où il irait rejoindre dans la tombe celle qui avait emporté le meilleur de son cœur. Ce jour, il l'appelait de tous ses vœux. Il le vit venir avec calme, sans effroi, n'ayant d'autre regret que celui de laisser sur cette terre deux filles tendrement aimées. Aussi peut-on bien dire de lui, en lui appliquant un mot connu, qu'il est mort, parce qu'il ne voulut pas être consolé : quia noluit comolari! Il emporte dans la tombe l'estime, l'affection, les regrets de ses collègues, de ses amis, de sa famille. Que son âme repose en paix dans l'éternel sommeil! TABLE DES MATIÈRES (ACTES 1911) Pages G. Gruvel cl R. Ciu'DEAu, Mission en Mauritanie occidenlale (sui(e) : IV. Partie cliimique 5 V. Partie zoologique (suite) : P. Lksne. — Coléoptères, 1''^ partie 11 II. d'Orbigny. — Coléoptères, 2" partie 16 M. F. Le GeRf. — Lépidoptères 17 R. Kœler. — Echinodernies 19 L.Mangin. — Observations sur le Pliytopiancton de la Côte occidentale d'Afri- que 21 VI. Partie Ethnographique. R. Verneau (D'). — Ethnographie ancienne de la Mauritanie 29 CossMANN et Peyrot. — Conchologie néogénique de l'Aquitaine (suite) 51 A. Degrange-Touzi». — Notice nécrologique sur M. Albert Granger 334 PLANCHE XIX 1-6. 7-10. 11-14. 15-16. 17-20. 21-22. 23-24. 25-28. 29-31. 32-34. 35-37. 38-39. 40-41. 42-43. 44-45. 46-47. 48-49. 50. 51. Venerupis Iiius [Linné]. Petricola (Rupelluria) Faujasi [BasI.]. LuciNOPSis (Lajonkairla) rupestris [Broc. i(J. id. LuciNOPSis (Lajonkairia) L.^joîskairei [Payr.] id. Petricolaria PERMUTABiLis Cossm. et Peyr. id. Cyrena Brongïsiiarti Basl. Cyre^a Sowerbyi Basl. Cyrena Brongniarti Basl. id. var. t'o.s/it/aZ« G. el P. id. var. allongée. PisiDiuM SAUCATSENSE Benoist. Cyren.'V Brongniarti Bast. var. contulala G. P. Gyrena Geslini Desh. LuciNOPSis (Lajonkairia) Lajonkairei [Payr.]. Petricolaria permutabilis Cossm. et Peyr. 2/1 Mérignac (Baour). 3/2 Saucats (Lariey). 3/2 Villandraiit (Gamachot). 1/1 Saucats (Lariey). 1/1 Sl-Avit. 1/1 Gestas. 3/2 Salles (Largileyre). 3/2 Mérignac (Piganeau). 2/1 Saucats (Peloua). 1/1 Saucats. 2/1 Bazadais. 1/1 Ganéjan. 1/1 La Brède (la Salle). 1/1 Saucats (Peloua). 2/1 Saucats (le Son). 1/1 Saucats (le Son). 1/1 Dax (Mandillot). 1/1 Gestas. 2/1 Saucats (Peloua). ACTKS DV. J.A SoCflCTÉ LINNKENNE DE BoHDEAUX. T. LXV. Pi.. XIX. ^^^^ Il ^"-^ 12 i:i 14 13 ■!« ' ^^ ^ù^ "-liP ^9 ^^^ If. i: Conchologie néogénique de l'Aquitaine P;ir M. CossiuANN et A. Peyhot. Iji ri.jCMli'igr. S'jbier el Cie PLANCHE XX 1-3. CoRAi-LiOPHAGA Deshayesi [Maycr]. 4-5. id. 6-7. Gyprina girondica Benoist. 8. id. 9-10. Coralliophaga Deshayesi [Mayer]. 11-13. ISOCARUIA BURDIGALENSIS Dcsh. 14-16. Coralliophaga Deshayesi [Mayer]. 17-18. yln Trapezium sp.'l 19-22. Coralliophaga transylvanca [Hœrn. 23-26. iil. 27. Coralliophaga Deshayesi [Mayer]. 28-29. Cardium aguleatum Linné. 30. Cardium paucicostatum Sow. Bordeaux. Mérignac. Saucats. Léognan. Mérignac. Léognan (Coquillal). Mérignac. Léognan. Mérignac. Saucats (Peloua). Mérignac. Salles (Largileyre). Salles (Largileyre). y. > XI * . 'M lis Actes dk la Sociétiî linnéennb de BonDEAUx. T.* LXV. Pl. XX. Conchologie néogénique de l'Aquitaine Par M. (".ossMA.NN el A. Peyiiot. Pbot<>coil4)f;r. Sohicr ' PLANCHE XXI 1-2. Cardium leognanense Mayer. 3-4. Cardium (Bingicavdlum) hians Brocclii. 5. id. var. recta D. 0. (i. 6-9. Cardium girondicum Mayer. 10-11. Cardium leognanense Mayer. 12-13. id. 14-17. Cardium saucatsense Mayer. 18-19. Cardium Vidali Cossni. el Peyr. 20-21. id. 22-25. id. 26-27. Cardium (Rlngicardium) Darwini MaycM'. 28. Cardium (Ringicanliutn) Kuînstleri Coshiin. et Peyr. 3/2 Léognan (le Thil). 1/1 Salles (Largileyre). 1/1 Salles (Largileyre). 1/1 Léognan (Coquillal). 3/2 Léognan (le Thil). 3/2 Mérignac. 1/1 Pont-Pourquey. 3/2 Salies-de-Béarn. 1/1 Ciurana. 1/1 Sallespisse. 1/1 Léognan (Coquillal). 1/1 Salles (Largileyre). ,\c:iKs iiK i.\ SoriFTi: i,i> n i.f-.s m: iik Iîdiiiik^i r. LXV. Pi.. XXI. Conchologrie néogrénique de l'Aquitaine Par M. CossHAN.N el A. Pbvbot. J>llol.ic<>lln«' */M" '< C« PLANCHE XXII 1-2. Cardium 3-4. Cardium 5-6. 7-10. Cardium 11-14. Cardium 15-16. Cardium 17-18. 19-20. Cardium 21-24. Cardium 25-28. Cardium 29-30. Cardium Cossin, 31-32. Cardium Cossin, 33. Cardium Cossm. 34. Cardium 35-37. Cardium 38-40. Cardium 41-42. 43-47. Cardium 48-51. Cardium (Cerastoderma) Basteroti Desh. (Ringicavdhun) Grateloupi Mayer. i(l (Parvicardium) fragulinum Cossni. PELOUATENSE Cossm. et Peyr. (Ringicardium) burdigalinum Lamk. id. TURONENSE Maycr em. (Parvicardium) Benoisti Cossm. SALLOMACENSE CossiTl. el Peyr. (Trachycardium) polycolpatum . el Peyr. ( Trachycardiujn) polycolpatum . el Poyr. ( Trachycardium) polycolpatum . el Peyr. (Tracliycai-dium) fraternum Mayer. (Lwincardiuvi) Biali Cossin. elPeyr. (Trachycardium) fraternum Mayer. id. (Parvicardium) sonense Cossin. (Parvicardium) papillosum Poli. 1/1 Ponl-Pourquey. 1/1 Dax. 1/1 Mérignac. 5/1 St-Avit. 3/2 Saucats (Peloua). 1/1 Léognan. 1/1 Mérig-nac (le Ponlic; 2/1 Salles (Largileyre). 3/1 St-Avil. 1/1 Salles (le Minoy). 1/1 Léognan (Coquillal). 1/1 Saucats (le Son). Léognan (Coquillal) Léognan (le Thil). Ceslas. Léognan (le Thil). Saucats (Lariey). 3/1 Sauçais (le Son). 2/1 Salles (le Minoy). Actes de la Société linnéenne de Boudeaux. T. LXV. Pl. XXII. Conchologfie néogrénique de l'Aquitaine Par M. CossMA.NN et A. Peyiiot. Phoiocolldgr. Suhier et Cic. PLANCHE XXIII 1-2. Cardium (Plaglocardium) Degrangei Cossm. 3/1 Sl-Avit. 3-6. Cardium (Plaglocardium) Degrangei Cossm. 3/1 Mérig-nac. 7-8. Cardium (Trachycardium?) pallastamum Baslerot. 1/1 Peyrère. 9. Discors disgrepaiss [Bast.] var. iierculea B. G. Gr. 1/1 Salles (Largileyre). 10. Discors discrepans [Basl.) var. hercllea B. G. G. 1/1 Salles (le Minoy). 11-14. Discors discrepa^vS [Basl.] forme typique. 1/1 Sauçais (M'" de l'Eglise) 15. id. id. 1/1 Léognan (Goquillal). 16-19. Cardium (Loxocardtum) Mikerv-e Cossm. el Peyi'. 3/2 La Brède. 20-23. Discors aquitan!Cus [Mayer]. 1/1 Léognan (le Tliil). 2i-24i'is d. 1/1 Villandraul (Gamachol) 25-27. Cardium ( Lsevtcardium) leptocoupatum Cossm. el Peyr. 3/2 Saubrigues. 28-31. Cardium (Laevicardium) gau.icum Mayer. 3/2 Salles (le Minoy). 32-35. CordiuV (Lseincardium) pantegolpatum Cossm. et Peyr. 1/1 Saubrigues. 36-37. Cardium leognaneîsse Mayer, anomalie. 3/2 Léognan (Goquillal). Actes de lx Sociétic linnéenne de BonoEAUx. T. LXV. Pl. XXI II. Concholog-ie néogénique de l'Aquitaine Par M. CossMANN et A. Peyrot. Pholocollogi-. Sohier cl Ci( PLANCHE XXIV 1-5. Chama aquitanica Benoist. 6-9. GiiAMA GRYPUOiDES L. vai". mioasperella Sacco. 10-13. GiiAMA Benoisti Cossm. el Peyr. 14-15. Chama gryphoides Linné. 16-17. Chama Degrangei Cossm. et Peyr. 18-22. Chama pr.egryphoides Cossm. el Peyr. 23-25. Ghrma gryphoides Linné. 26. Chama Degrangei Cossm. el Peyr. 27. Erycin'a incrassata Cossm. 28. id. 29-30. id. 31-32. Erycina aturensis Cossm. el Peyr. 33. id. 34-35. id. 36-37. Erycina (Scacchia) cardintorta (jossm. .38-39. id. 40-41. Spaniorinus Neuvillei Cossm. el Peyr. 1/1 Villandraut (Gamachol). 1/1 Sauçais (Peloua). 1/1 Sauçais (Peloua). 1/1 Saubrigues. 3/2 Sauçais (Peloua). 1/1 Bazas (Mari vol). 1/1 Ponl-Pourquey. 3/2 Sauçais (Peloua). 3/1 Pont-Pourquey. 3/1 Gieux. 3/1 Ponl-Pourquey. 2/1 Dax (Min Je Cabannes] 3/1 Mérignac. 2/1 Dax (Mandillol). 5/1 Sauçais (M'" de l'EglLse] 2/1 Ponl-Pourquey. 2/1 Mérignac. Actes de i,a Société linnéenne de Bordeaux. T. LXV. Pl. XXIV. Conchologie néogrénique de l'Aquitaine Par M. CossMANN et A. Peyhot. Photocollogr. Soliier et Oie. PLANCHE XXV 1-4. Erycina (FicaecJiia} De(.;rangei Cossm. el Peyr. 5-6. Erycina (Sracehia) ]3egrangei var. Jtel- retica C. P. 7-10. ElR-rCiNA ( Hemilepton) i.ongifossula [(jO-ssni. e»i.]. 11-12. Erycina (Hemilepton) eversa Cossm. et Peyr. 13-14. Erycina (Hemilepton ) fallax (dessin, et Peyr. 15-16. Erycina (Hemilepton) fallax Cossni. et Peyr. 17. Lepton transversarium Cossm. 18-19. id. 20-21. id. 22-25. MONÏACUTA EXIGU A (jOSSm. 26-27. id. var.? 28-31. Erycina (Semiefjjcina) bearnensis Cossm. et Peyr. 32-33. RocHEFORTi V DuvERGiERi (^.ossiii. et Peyr. 3i-35. id. 3b-37. Keli.ya leognanensis Cossm. et Peyr. 38-41. Kei.lya sai,i.omac:însis Cossm. et Peyr. 42-47. Kellya (BorniaJ miog.enica (jossm. 48-49. Kellya (liornia) merk^nacensis (Jossm. 50-53. PsEUDOLEPïoN iRREiuM.ARE (>)ssm. et Peyr. 54-55. Kellya (Bornin) Hikrnesi Cossm. et Peyr. 56-59. PsEUDOLEPTON INSIGNE [Mayer]. 60-61. id. juvenls? 62-65. Kellya (Planikelhja) Degrangei Cossm. et Peyr. 66-67. Kellya (Planikellija) undllifera Cossm. et Peyr. 68-69. Kellya (Planikelhja) lndulifera Cossm. et Peyr. 70-71. Kellya (LasœokelUja) cestasensis Cossm. et Peyr. 72-73. Kellya (Divarikelbja) filiola Cossm. 74-75. Kellya (Divarikellya) Sacyi Cossm. et Peyr. 76-79. PsEuuoLEPTON granuligerum Cossm. et Peyr. 80-83. PSEUDOLEPTON GRANULIGERUM CoSSm. et Peyr. 84-85. Spaniorinus excelsus Cossm. et Peyr. 86-89. Spaniorinus burdigalensis [Cossm.]. 90-91. Spaniorinus Duvergieri Cossm. et Peyr. 92-93. Spaniorinus Neuvillei Cossm. et Peyr. 94-97. Spaniorinus (Lasae.ina) saugatsensis [Cossm]. 98. Spaniorinus (Lasœina) in.-equilateralis [Cossm.]. 99-100. Spaniorinus (Lasseina) in.equilateralis [(.jossin.]. 101-102. Sqaniorinus (Lasaeina) in.-equilateralis [Cossm.]. 4/1 Orthez (le Paren). 5/1 Salles. 2/1 Pont-Pourquey. 3/1 Noaillan (la Saiibotte). 3/1 Saucats (M'" de FEglise) 3/1 Mérignac (le Pengue). 3/1 Saucats (M'" de Lagus). 3/1 Léognan (Carrère). 5/1 Saucats (M"'" de FEglise) 4/1 Saucats (M'" de l'Eglise) 3/1 Ces tas. 5/1 Orthez (le Paren). 6/1 Léognan (Coquillat). 8/1 Salles. 4/1 Léognan (Tliibaudeau). 5/1 Salles (Min Débat). 2/1 Yillandraut (Gamachot) . 2/1 Mérignac. 2/1 Léognan (Thibaudeau). 2/1 Léognan (Coquillat). 3/2 Léognan (Coquillat). 3/1 Léognan (Thibaudeau). 2/1 St-Morillon (le Planta). 2jl La Brède (Moras). 2/1 Léognan (Thibaudeau). 3/1 Cestas. 5/1 Saucats (M"' de l'Eglise). 2/1 Mérignac (Lorient). 2/1 St-Médard. 3/1 Mérignac (Lorient). 3/1 Pont-Pourquey. 2/1 Saucats (Peloua). 2/1 Salles (Largileyre). 2/1 Mérignac (le Pontic). 3/1 Cestas. 3/1 Mérignac. 4-1 Saucats (M'" de l'Eglise). 5/1 Saucats (M'" de Lagus). Actes dk la Sociétk linnéenne de Bordeaux. T. LXV. Pl. XXV Concholog-ie néogénique de l'Aquitaine Par M. CossMANN et A. Peyhot. 100 102 Phoiocollogi-. Sohier el Cic PLANCHE XXVI 1-2 7-8. y, 10-11. 12-13, 14-15. 16-19. 20-21. 22-25. 26-27. 28-30. 31-33. 34-35. 36-37. 38-43. 44-45. 46-47. 48-51. 52-55. 56-58. 59-62. 63-67. 68-69. 70-73. 74-76. 77-78. 79-80. 81-84. 85-87. Spamorinus (Lasseina) mrtiiezensis Cossm. et Peyr. Spaniorinus (Lasseina) aquitanicus Cossm. et Peyr. Sportella nepotina Cossm. et Peyr. ici. Sportella DectRangei Cossm. et Peyr. Spaniortnus (Aligena) capsuloides Cossm. et Peyr. Spaniorinus (Aligena.) capsuloides Cossm. et Peyr. Lutetla girondica Benoisl. Ungulina unguiformis [Basterot]. id. DiPLoDONTA rotu^data [Moniagu). id. DiPLODONTA ONOODES Cossiii. et Pcyr. id. DiPLODONTA Sacyi Cossm. et Peyr. DiPLODONTA (Felaniella) brevifllcrata Cossm. et Peyr. DiPLODONTA trigonula Broiiii. id. DiPLODONTA (Felaniella) Bi.vli Cossm. el Peyr. LuciNA (Loripinus) fragilis Philippi. LuGiNA (Loripinus) globulosa Desli. LuciNA (Loripinus) Legointre.e Cossm. et Peyr. LuciNA (Loripinus) Benoisti Cossm. el Peyr. LoRiPES DujARDiNi [Desh.]. MiLTHA TRIGONULA [Desll.]. : MiLTHA Sacyi Cossm. et Peyr. LoRiPES ( Microloripes ) niveus [Eiohw.]. id. LoRiPES (Microloripes) dentatus [Defr.]. id. var. necjlecta [Bast.] 3/J Orthez (le Paren). 2/1 Lucbardez. 3/1 Léognan. 2/1 Saucats (Peloua). 3/1 Dax (Mandillol). 4/1 Villandraut (Gamachot), 5/1 Noës (le Pengue). 6/1 Saucats (M'" de Lagus 2/1 Mérignac (le Pontic). 1/1 Saucats (Lariey). 1/1 Salles (Mil Débat). 2/1 Salles (Largileyre). 1/1 Léognan (Coquillat). 1/1 Ponl-Pourquey. 2/1 Saucats (Peloua). 3/1 Léognan. 1/1 Pont-Pourquey. 2/1 Salles (Min Débat). 3/2 Léognan (le Thil). 3/2 Saubrigues. 1/1 St-Morillon (le Planta). 2/1 Salles. 3/1 Saucats (M'" de Lagus). 3/2 Gajac. 1/1 Léognan (le Thil). 1/1 Sarcignan (Madère). 3/1 Salles (le Minoy). 4/1 Saubrigues. 3/1 Saucats (Min de l'Eglise) 3/1 Saucats (Peloua). Actes de la Société j.iv.m, h.\.M; i>t liuimnAUX. T. LXY. Pl. XXVI. Conchologie néogénique de l'Aquitaine Par M. CiiâsMANN el A. Pkykot. hMi<>c.ill"gr. S..hitr el Cir. PLANCHE XXVIl 1-2. 3-5, 6-7, 8-9. 10-13. 14-17. 18-21. 22-24. 25-28. 29-31. 32. Phacoides borealis [Linné], var. oligoparva Sacco. MiLTHA (Eomiltha) multilamellaïa [Desh.] MiLTHA (Eomiltha) multilamei.lata [Desh.] Codokia IIaidingeri [Hœrnes]. MiLTHA (Mef/cu-inusJ Bellardiana [Mayei']. MiLTHA AviTENSis Cos.sm. el Peyr. MiLTHA CALUPTERYX [ToumOUOr]. Codokia leonina [Baslerol]. MiLTHA (Meffaxinus) incrassata [Dub.]. inul. suhscopulosum [d'Orb.]. MiLTHA (Merjaxinus) slbgibbosula [d'Orb.] var. taurorolunda Sacco. MiLTH.\ (Meçjaxinufs) subsibossula l'orme typique. 1/1 Salles. 1/1 Léognan (le Thil). 1/1 Sancals (Lariey). 3/2 Mérignac. 1/1 Léognan (le Thil). 3/2 St-Avit. 1/1 Gestas. 1/1 Sauçais (M'" de l'Eglise 1/1 Mérignac. 1/1 Salles (Min Debal). 1/1 Léognan (Goquillal). ACTKS DK L\ SOCIBTK II N M, l.^ N K DE BoilDEALX. T. LXV. Pl. XXVII. Conchologie néogénique de l'Aquitaine Par M. GossMANN et A. Peyhot. Pholocollngi-. S"hier el Ci£ PLANCHE XXVIII 1-3. 4/7. 8. 9 -10. 11 -12. 13- -15. 16- -19. 20- -22. 23- -25. 26-29. 30-32. 33-34. 35. 36-41. 42-46. 47-50. 51-54. 55. 56-59. 60-63. 64-65. 66-67. 68. 69. 70. 71-74bi^ 75-78. 79-82. 83-86. 87-89. 90-91. 92-93. 94-95. MiLTHA (Megaxinus) incr.\ssat.\ [Dubois]. Phacoides borealis [Linné]. MiLTHA ' Mef/ruvlniisJ subgibbosula d'Ab. miil. laurot'otunda Sacco. Mu.tha ( Mef/a.rinus } sibitIcbosula d'Ab. mut. suhsh-ansversu d"<_»rb. Miltha ( Gihbolucina) ellipsoid.\lis Cossm. eL Peyr. Miltha C-Eom ////)« jChainei Cossm. elPeyr. Myrtea spin'ifera [Montagu]. Phacoides assymetrigus Cossm. el Peyr. Myrtea spinifera [Mont.] var. Jiiatelloides [Bast.]. Myrtea spimfera [Monl.] var. teiiuicar- clinata Cossm. el Peyr. CouoKiA [Jagonia) declssat.\ [Da Costa]. id. var. pero- bliqua Sacco. Codokia l'Jarjonia) declssata var. jjero- hllqua Sacco. CoDOKiA (Jagonia) retigllatoides Cossm. el Peyr. Codokia f Jagonia) decussata [Ua Costa]. var. suhlsevigata Sacco. Phacoides Michelottii [Mayer]. Phacoides sub-Mighelottii [Sacco]. Kellya (Planikellya) i^'d^ufera Cos.sm. el Peyr. var. Benoisti C P. Phacoides orbicilaris [13esh.] var. rotiin- delloides Sacco. Phacoides Biau Cossm. et Peyrot. Ph.\coides (Linga) coi.umbella [Lamk.] mut. Basteroti Ag. Kellya i Planikellya) l'ndulifera Cossm. et Peyr.- var. Benoisli C. P. Kellya (Planikellya) undultfera Cossm.- el Peyr. var. Benoititi C. P. Sportell.-v nepotina Cossm. el Peyr. Lepton transversarium Cossm. *. Phacoides (Linga) columbella [Lamk.] mut. Basteroti Ag. Divaricell.\ (Lucinella) divaricata [L.] var. )-otundoparva Sacco. Divaricella ornata [Agassiz]. Phacoides (Cardiolucina) Agassizi [Mich.] Phacoides (Linga) columbella [Lamk.] mut. strictula Sacco. Cardium (Cerantoderma) B.\steroti Desb. Pseudolepto:^ irregulare Cossm. el Peyr. Miltha (Gibbolucina) sp. 1/1 Sl-Marlin-de-Hinx 1/1 Salles. 1/1 Salles (Mi" Débat) 2/1 Saubrigues. 1/1 Léognan (le Thil). 3/2 Saubrigues. 3/2 Saubrigues. 3/1 Pessac (Noës). 2/1 Sauçais (M'" de Lagus) 1/1 Peyrère. 2/1 Salies-de-Béarn. 2/1 Or liiez (le Paren). 2/1 Sallespisse. 2/1 Sl-Avil. 2/1 Peyrère. 3/2 Sauçais (M'" de l'Eglise] 3/2 Saubrigues. 3/2 Sauçais (la Sime) 1/1 3/2 1/1 2/1 3/1 Saubrigues. Villandraut (Gamachol). Mérignac (le Pontic). Salles (Largileyre). Sauçais (la Sime). Sauçais (Peloua). Sauçais (Lagus). 1/1 Ponl-Pourquey. 2/1 Salles (Largileyre). 1/1 Ponl-Pourquey. 3/1 Saubrigues. 3/2 Saubrigues. 8/1 Salles. 2/1 Léognan (Thibaudeau 2/1 Sl-Paul-lès-Da.\. AciKS DK LA Société linnéenne de Boiideaux. T. LXV. Pl. XXVIIl. Conchologie néogénique de l'Aquitaine Par M. Cos! 50 » 100 » 600 » 2.378 Total des sommes encaissées. 217 70 1.641 » 229 » 176 40 1.400 3.664 10 + 92 70 + 133 » + 179 » + 76 40 +830 ï ARTICLES SOMMES prévues Frais généraux et envois de publications Bibliothèque Employé de la blbliothè- qje Souscriptions et Fête Lin- néenne Publications : Arriéré Tome LXU Tome LXIV. Impres. typo. Planches 400 » 150 » 100 » 50 « 249 » 1.700 » 800 » SOMMES dépen- sées Total des dépenses pré- vues ' 3.449 » Total des sommes dépensées.... Excédent des recettes sur les dépenses. Somme égale 527 15 117 55 100 » 125 65 395 20 1.386 05 642 25 3.293 85 370 25 Différences 3.664 10 + 127 15 — 32 45 + 75 65 + 146 20 —313 95 — 157 75 Si nous regardons en détail les chiffres indiqués ci-dessus, nous avons quelques constatations à faire : D'abord, nous voyons avec satisfaction que toutes les cotisations arrié- 44 PROCÈS-VERBAUX rées sont encaissées ainsi que toutes celles de l'année 1910. C'est un résultat digne d'éloges et dont nous devons féliciter notre Trésorier. Ainsi, nous avons de ce chef un surcroît de recettes de 300 francs envi- ron sur nos prévisions. La vente des publications a marché normalement. Quant à Farticle « subventions » nous le voyons en augmentation de 800 francs sur le projet de budget. Vous savez que cette somme nous a été accordée par le ministère de l'Instruction pubUque, cela grâce à l'énergie et à la persévérance de notre Bureau. Passant à la colonne des dépenses, nous voyons en premier lieu une augmentation de 127 fr. 15 par rapport à la somme prévue pour les frais généraux et envois de pubUcations. Nous avons examiné avec soin ces divers frais et nous pouvons affirmer que, seuls, ceux reconnus indispensables ont été faits. Un excédent de dépenses de 146 fr. 20 pour le tome LXll est motivé par des arriérés de comptes sur les exercices antérieurs. Au sujet du tome LXIV et des impressions en typographie, nous avons payé en 1910, 313 fr. 95 de moins que ne portait notre projet de budget. Mais il reste dû, à la maison Delmas, le montant des factures des trois derniers fascicules des Actes et de deux livraisons de Procès-Verbaux, factures que, malgré nos démarches, ce fournisseur ne nous a pas encore remises. Nous porterons, dans le projet de budget de 1911, une somme globale pour solder cet article. En ce qui concerne les planches, nous n'avons pas atteint la somme de 800 francs qui nous était allouée, bien que leur nombre, figurant cette année dans nos Actes, ait été relativement important. Soyons donc satisfaits de ce résultat. Pour terminer, il nous reste à vous donner un extrait du mouvement de la caisse pour l'exercice qui vient de finir : Au 31 décembre 1910, il y avait en caisse F. 763 05 Nos recettes, en 1910, se sont élevées, suivant détail plus haut à 3.664 10 Total F. 4.427 15 A déduire : nos dépenses de 1910 3.293 85 Reste en caisse, au 31 janvier 1911 F. 1.133 30 PROCÈS-VERBAUX 45 Cette somme de 1.133 fr. 30 se décompose comme suit : 1» Espèces entre les mains du trésorier F. 375 60 2° En dépôt à la Société Bordelaise 757 70 Ensemble ... .F. 1.133 30 Notre rapport est terminé. Nous le soumettons à votre approbation. Et, pour conclure, nous formons Tespoir que les subsides des pouvoirs publics, que les cotisations de membres toujours de plus en plus nom- breux, permettent à notre chère Société, non-seulement de continuer, mais encore d'étendre ses travaux pour la grande satisfaction des amis de la Science. M. RoziER, trésorier, présente le projet de budget pour 1911. PROJET DE BUDGET POUR 1911 RECETTES DÉPENSES ARTICLES SOMMES ARTICLES SOMMES Solde en caisse au 31 décem- bre 1910 1.133 30 125 » 1.600 » 100 » Frais généraux SCO » 750 » 1.920 » 150 » 100 » 100 » 38 30 Publications ; Tome LXIV. En cours de pu- blication T. LXV. Impres. typo. 1.320 Planches 600 Bibliothèque Revenus de la Société Cotisations Ventes de publications SCBVENTIONS : Conseil général 100 Conseil municipal 500 600 « Employé Total Souscriptions, fêtes, excur- sions Solde en caisse Total 3.558 30 3.558 30 La Société adopte, à l'unanimité, le rapport de M. Lacouture et le pro- jet de budget du Trésorier. 46 PROCÈS-VERBAUX Rapport de la Commission des Publications. Par M. L. Doinet. Après les rapports si complets, si détaillés, présentés par notre Secré- taire général et par le Rapporteur de la Commission des Finances, un nouveau rapport de la Commission des -Publications serait presque une superfétation. Mieux que des appréciations, les faits établissent les résultats dus à Factivité dâ nos collègues MM , Muratet et Rozier. Je ne puis donc que donner l'assurance à la Société que la Commission mettra tous ses soins, pendant cette nouvelle année comme pendant Tannée précédente, à étudier tout ce qui pourra contribuer à assurer la publication de nos Actes et de nos Procès Verbaux dans des conditions aussi économiques, aussi régulières et aussi parfaites que possible. COMMUNICATIONS M. Llaguet montre à la Société des œufs de poule décalcifiés et diffor- mes. L'un deux est très allongé et se termme en pointe aiguë. Enroulé sur lui-même, il décrit deux spires et rappelle vaguement une forme blanche de reptile. A ce propos, M. Lamarque fait remarquer qu'il a observé un phéno- mène identique, chez des pigeonnes. M. DoiNET soumet quelques remarques au sujet del'éclosion de diver- ses mouches dans le courant du mois de janvier. A ce sujet, M. le D'" Manon rappelle que beaucoup de mouches se développent dans les cocons de différents lépidoptères qu'ils rendent ainsi stériles. Aussi les collectionneurs, qui font l'élevage, s'assurent-ils toujours de l'état des cocons. M. DohNET apporte les quelques champignons qu'il a récoltés avec M. Boyer, à Lafon Féline : Trameles Pini, Trameles inodora, et enfin un Schizophijllum commune et un Trameles inodora, venus côte à côte, sur le tronc d'un même arbuste. PROCÈS-VERBAUX 47 Séance du 15 février 1911. Présidence de M. A. Bardié, président. ADMINISTRATION Lettre de M. Gruvel, accompagnant un travail de M, le professeur Verneau sur les échantillons néolithiques, rapportés de la Mauritanie en 1908. DONS M. Bardié offre une plaquette sur l'Archéologie populaire et les boiseries du xviii*' siècle à Bordeaux. COMMUNICATIONS Compte rendu mycologique de la 93e Fête Linnéenne, le 26 juin 1910, à Léognan et Martillac. Par M. L. Doinet. Outre un certain nombre de champignons appartenant à des espèces qui n ont pu être déterminées, ont été recueillis des champignons appartenant aux espèces suivantes : Amanita ruhescens Fr. Volvaria gloiocephala. Colhjbia fusipes Fr. Crepidotus mollis Schœff. j> dnjophila Fr. Stropharia merdaria Fr. Russula mustelina Fr. Pameolus papilionaceus Fr. T> Mollis Q. Polijporus fuscopellis Q. B'jgrophorus conicus Scop, Bolelus edulis B. » obrusseus Fr. » granulalus L. Cantharellus ciharius Fr. Schizoplvjlliim commune Fr. LenLinus squamosus Sch. Geasler hijgrometricus Pers. » tigrinus B. 48 PROCÈS-VERBAUX Séance du 8 mars 1911. Présidence de M. A. Bardié, président. COMMUNICATIONS I\I. DoiNET montre deux champignons : Pohjporus adustus Fr. et Pohjporus versicolor Fr. De son coté, M. Lacouture a récolté : Peziza coccinea Jacq. et Xylaria hijpoxylon. Enfin, M, Lambertie a trouvé une cécidie : Perrisia affinis Kieff, sur une Viola cultivée. Champignons de couche obtenus sur pots en carrière au moyen de hlanc pur préparé par un procédé nouveau. Par M. G. Boyer. J'ai l'honneur de présenter aujourd'hui, à la Société, des champignons venus en carrière dans le pot à fleurs que vous avez sous les yeux. Ce pot, d'une contenance de un litre et demi, a été presque entièrement garni de fumier de champignonniste, puis ensemencé, le 12 décembre, avec le blanc pur que j'obtiens par le procédé nouveau, dont j'ai déjà entretenu la Société (1), La variété de champignon employée avait reçu le' nom de « la Griffe ». Ce pot et un autre, traité de la même façon, avaient été placés dans une petite meule qui ne fut pas ensemencée. A côté de celte meule en furent disposées deux autres semblables. L'une fut lardée avec du blanc pur et la deuxième servant de témoin ne reçut rien. La longueur des meules était d'environ 0'"80. La hauteur et la lar- geur étaient les mêmes que celles des autres meules voisines cultivées en même temps dans la carrière. Toutefois, la meule renfermant les pots, au lieu d'avoir comme les autres 0™22 à 0'n24 de hauteur, fut arrêtée au niveau des bords soit à O'^IS cent, du sol. Le tout fut gobelé (1) Présentation de cliampignons issus d'un blanc pur obtenu en milieu stérilisé, par une méthode nouvelle [P. V. Soc. Lui., 18 mai 1910). PROCÈS-VERBAUX 49 en temps voulu et traité comme à Tordinaire. Suivant les prévisions, le témoin et la meule contenant les pots ne furent envahis par aucun blanc et ne donnèrent pas de champignon. La meule ensemencée et les pots commencèrent à en produire au milieu de février Je rapportai de Caudéran l'un des pots, le 17 février. Il supportait un champignon de 5 gr. 80 et plusieurs autres tout petits. Le deuxième pot, qui a été transporté à Bordeaux le 24 février, est celui que je pré- sente à la Société. Il est surmonté de deux beaux champignons, offrant bien les caractères de la Griffe. Pesés après la séance, ils accusent 15 gr. et 8 gr. à l'état frais. Plusieurs marques en rocher se voient aussi à la surface dugobetage. Il est probable qu'en carrière la production eût été abondante. Cette expérience venant après plusieurs autres, montre d'abord que c'est bien le blanc que je produis qui donne lieu aux champignons obtenus, puisque les témoins n'en fournissent pas, et que, en outre, j'obtiens la variété ensemencée par moi. De plus, elle confirme mes précédents résultats au sujet de la valeur des blancs fournis par mon procédé nouveau. Sur l'importance que présente un pareil blanc pour la culture en carrière, je renvoie à mon article : De l'utilité du blanc pur dit stérilisé dans la culture du champignon de couche. {P. V. Soc. Lin., 18 mai 1910). Séance du 22 mars 1911 Présidence de M. A. Bardié, président. DONS M. Llaguet offre, au nom de M. Artigues, ancien membre de la Société, deux manuscrits botaniques de Charles Desmoulins. Ces manus- crits renferment des travaux sur les Euphorbiacées, sur la végétation du sommet du Pic du Midi d'Ossau et sur des questions soumises au Congrès de Nancy. PERSONNEL M. Bardié a le grand plaisir d'annoncer à la Société, la récente dis- tinction obtenue par son prédécesseur à la présidence, le docteur Henri 50 PBOCÈS-VERBAUX Lamarqiie. Sa nomination au titre d'Officier d'Académie est accueillie avec satisfaction, par tous ses collègues qui la désiraient ardemment pour lui depuis longtemps. Sur la même promotion, M. le Président est heureux de relever aussi le nom d'un autre Linnéen, M. le D"" Dupuy, de Villandraut. COMMUNICATIONS M. l'abbé Labrie envoie à la Société le travail de M. Lambert sur la « Révision des Echinides fossiles du Bordelais ». Ce travail sera pré- senté à une prochaine séance par M. l'abbé Labrie qui en a écrit la préface. M. Llaguet signale la présence du Cijsliceixus pisiformis dans une lapinière. Un grand nombre de lapins sont infestés par ce parasite, et si le fait ne présente que peu de danger pour l'homme qui rejette les abats de son alimentation, la contamination est à craindre pour le chien, qui se nourrit des viscères rejetés et peut devenir ainsi un intermédiaire entre le lapin et l'homme. Séance du 5 avril 1911. Présidence de M. A. Bardié, président. M. Barrère donne connaissance du programme définitif des excur- sions de la Société : 30 avril, Canéjan-Gazinet; 14 mai, Thil-Léognan ; 25 mai, Lormont; 4 et 5 juin (Pentecôte), gorges de Kakueta et d'Holçarte; 25 juin (Fête Linnéenne), Saint-André-de-Cubzac; 9 juillet, Lacanau-lac ; courant octobre, Tresses-Mélac. Toutes les excursions seront publiques, sauf la Fête Linnéenne. M. LE PRÉsmENT trausmct l'invitation de M. Beille à visiter les serres, le jardin botanique et les herbiers du Jardin des Plantes de Bordeaux. Cette visite aura heu le dimanche matin 21 mai. COMMUNICATIONS M. Llaguet présente l'estomac d'un des lapins infestés par le Cysti- cercus pisiformis dont il a parlé à la dernière séance. PROCÈS-VERBAUX 51 M. DuBALEN, dans les fouilles qu'il exécute à la grotte de Rivière, près de Dax, vient de trouver deux gravures sur os, représentant chacune une figure humaine très étudiée et très nette. Ces gravures paraissent devoir être attribuées aux primitifs de l'époque magdalé- nienne. Les foyers de la grotte sont placés à deux mètres environ au-dessus du niveau des basses eaux de l'Adour et à trois mètres de ce fleuve. Cette observation devra donc modifier l'opinion que les grottes habitées pendant le quartenaire étaient au moins de quinze à vingt mètres au-dessus du niveau actuel des grandes vallées. Les consé- quences sont que les vallées, à cette époque, étaient plus profondes et le niveau de la mer plus bas; puisqu'on ce moment, la marée arrive jusqu'à la grotte, les conditions d'habitation ne seraient plus possibles. Toxicité des pulpes glycérinées de sarcosporidies du cheval. Par MM. J. Sabrazès et L. Muratet. Plus de 90 °/o des chevaux d'abattoir sont atteints, à Bordeaux, de sarcosporidiose. La musculature de l'œsophage héberge avec prédi- lection ces parasites. L'extraction des kystes, à l'aiguille, exige beaucoup de patience. On peut, en y mettant le temps, retirer des centaines de kystes d'un seul œsophage et les faire servir à des expériences diverses. Orientés généralement suivant le grand axe des fibres musculaires, ces kystes mesurent de 5 à 10 millimètres de longueur ; ils sont filifor- mes. Nous réservons pour le moment leur étude ainsi que celle de leurs locaUsalions et des lésions qu'ils provoquent. Comme l'ont fait Laveran et Mesnil pour déterminer la toxicité des sarcosporidies du mouton, nous avons choisi le lapin comme animal d'épreuve et nous avons utilisé la pulpe glycérinée de kystes broyés. Le broyage prolongé, au mortier, rompt la membrane des kystes et dégage leur contenu. En procédant aussi aseptiquement que possible et en abandonnant en vase clos, à la glacière, le matériel glycérine, on obtient en quelques jours une pulpe dépourvue de tout microbe, qui ne sera d'ailleurs inoculée qu'après ensemencements, aérobie et anaérobie, restés stériles. Le séjour à la glacière pendant un mois ne modifie pas sa toxicité. Injecte-t-on sous la peau de lapins pesant de 1.200 à 2.000 gr. un 52 PROCÈS-VERBAUX centimètre cube de cette pulpe glycérinée représentant la teneur de 100 à 150 kystes (soit quelques centigrammes de parasites broyés), l'animal maigrit, faiblit, se refroidit et, cinq à six heures après l'injec- tion, a une diarrhée profuse très fétide. Il succombe au bout de deux à trois jours. Le même tableau s'est toujours très exactement reproduit à chaque expérience similaire. L'autopsie montre un état congeslif des viscères, particulièrement marqué le long du tractus gastro-intestinal, dont la muqueuse est abrasée. La pulpe glycérinée, débarrassée des résidus par centrifugation, accuse la même toxicité; la mort survient dans les délais habituels, mais après une phase d'hyperleucocytose que nous n'avons pas observée lorsqu'on inocule l'extrait total (leucopénie). L'hémoculture, l'ensemencement des viscères et du point d'injection sont stériles. L'extrait aqueux, obtenu en broyant les kystes dans de l'eau distillée et éUminant la pulpe par centrifugation, chauffé ou non à SO», n'a pas déterminé de phénomènes toxiques et n'a pas eu d'effet préventif. Une injection préalable de pulpe glycérinée de dix kystes seulement n'entraîne que des phénomènes morbides atténués, passagers (refroidis- sement), et ne préserve pas non plus de la mort les lapins qui reçoivent, deux mois plus tard, la pulpe glycérinée de cent kystes. Il résulte de ces recherches que les kystes de sarcosporidies du cheval, pulpes dans la glycérine, libèrent une substance toxique qui provoque chez le lapin des phénomènes morbides et rapidement mortels rappelant ceux que MM. Laveran et Mesnil ont obtenu en opérant avec la sarcosporidie du mouton. La dose mortelle représente la pulpe de cent kystes pour un lapin de deux kilos. Une diarrhée cholériforme précoce constitue le symptôme saillant. Une dose de dix kystes épargne l'anima! et ne le vaccine pas. PROCÈS-VERBAUX 53 Séance du 26 avril 1911. Présidence de M. A. Bardié, président. CORRESPONDANCE M. Gruvel a informé le secrétaire général qu'il fera deux conférences sous les auspices de la Société, les mercredi 4 et jeudi 5 octobre 1911, sur les résultats scientifiques de sa mission en Afrique occidentale. PERSONNEL M. LE Président a la douleur d'annoncer à la Société la mort d'un de ses plus anciens membres, M. Albert Oranger. Lettre de candidature du Carnegie Muséum de Pittsbarg-Pensylvannia U. S. A. Le vote sur cette candidature est renvoyé à la prochaine séance. ADMINISTRATION La Commission des Archives décide d'accepter, en principe, l'échange avec la Revue entomologique « Insecla ». COMMUNICATIONS M. Manon signale la propagation possible des maladies infectieuses par les Stercoraires : Aphodius, Staphylins et toute la série des Bousiers. Dans une de ses garnisons, M. Manon a observé une épidémie de dysen- terie occasionnée par l'imprudence des cavaliers qui se désaltéraient dans le même abreuvoir que les chevaux. Dans cet abreuvoir venaient s'abattre d'abondants Stercoraires qui polluaient l'eau. Ces insectes sont d'autant plus dangereux qu'ils franchissent de beaucoup plus grandes distances que les mouches ordinaires. M. Bardié soumet un intéressant compte-rendu du VP Congrès Préhistorique, à Tours, au mois d'août 1910. Après avoir donné un aperçu des séances, des vœux et des confé- rences, il insiste sur les excursions et les visites auxquelles il lui a été donné d'assister. C'est ainsi qu'il promène successivement ses auditeurs à l'abbaye de Marmoutiers, parmi les monuments et les vieilles maisons 54 PROCÈS-VERBAUX de Tours, au dolmen du Mettray (Saint-Antoine du Rocher), à la Taille- rie de silex de Meusnes, au Menhir de la Pierre Bachelière, enfin au Grand Pressigny. Séance du 3 mai 1911. Présidence de M. A. Bardié, président. ADMINISTRATION M. Barrère rend compte des obsèques de M. H. Oranger. La Société décide de demander à M. Uegrange-Touzin une notice biographique sur son regretté membre honoraire. Sur rapport du Conseil d'administration sont nommés membres corres- pondants cotisants : M. Lambert, de Troyes, s'occupant de Conchyliologie, présenté par MM. Daleau et Tabbé Labrie. Le Carnegie Muséum de Pittsburg-Pensylvannia U. S. A. présenté par MM. Bardié et Barrère. COMMUNICATIOiNS M. LE Président informe la Société que sa première excursion, à Gradignan, Canéjan, Gazinet a eu heu le dimanche 30 avril, quoiqu'un peu contrariée par le mauvais temps. Sur vingt et un adhérents, treize étaient au rendez-vous de départ. Après une visite instructive au jardin botanique de Talence, onze excursionnistes allaient déjeuner à Canéjan où devait les rejoindre M. Motelay. M. DoiNET dépose une note sur le Congrès de Caen, et présente les champignons ramassés par ses collègues à la première excursion de Canéjan : Polyporus ovinuS;, Dacr\jomitra glossoides, Polyporus fulvus. M. Bardié dit avoir remarqué, dans une église du Poitou, sur un pilier intérieur, l'existence d'une splendide fougère en pleine vitalité. M. Muratet a, lui-même, observé le même fait dans une petite église du pays landais (Aubagnan) et dans la chapelle de Sainte-Rose (Sama- det, Landes). PROCÈS-VERBAUX 55 Découverte d'Urocystis violse (Champignon, tribu des Ustilaginées) dans le département de la Gironde. Par M. M. Lambertie. La Mycocécidie que je présente à la Société Linnéenne, a été trouvée cette année, dans mon jardin, sur une Viola. Voici ce que m'écrit, à son sujet, mon aimable collègue M. C. Houard, à qui je l'avais adressée pour la détermination. « Cette cécidie est fort intéressante. Autant que je puisse en juger par les échantillons desséchés que j'ai sous les yeux, il s'agit de la belle mycocécidie engendrée sur les Viola par YUrocysiis violse Son., cham- pignon du groupe des Ustilaginées. » Elle a déterminé sur l'échantillon que j'ai trouvé, dans le cas actuel, des déformations de la fleur, de la feuille et de la tige. La fleur s'est transformée de la manière suivante : les pétales se sont gonflées en durcissant et en prenant une coloration verte ; l'ovaire s'est durci et le pédoncule, épaissi, s'est recourbé sur lui-même. La nervure médiane de la feuille s'est également gonflée en son milieu. Enfin la tige s'est déformée, au niveau des bifurcations, s'est épaissie, durcie, en prenant vaguement la forme d'une corne de chèvre. Sur une végétation anormale d'un Convolvulus sepium L. par M. L. Motelay. Le fait dont je vais vous entretenir m'a paru suffisamment intéressant pour retenir un instant votre attention. L'an dernier, me trouvant au mois d'Août à Ax-les-Thermes, Ariège, je prenais des douches dans une salle de 4 mètres environ en contre-bas d'un jardin. Une grande fenêtre au ras du sol éclairait suffisamment la pièce par en haut. Tous les jours, pendant près d'un mois, j'observais une première racine d'un pied de Convolvulus sepium L. qui s'était glissée sous la boiserie de la fenêtre et grandissait très rapidement, mais en descendant. Bientôt apparurent des petites feuilles jaune pâle, de forme normale, triangulaires, en flèche mais très petites prenant peu à peu la couleur verte, et enfin sans grandir beaucoup, se garnirent de chlorophyle comme les feuilles des tiges extérieures. 56 PROCÈS-VERBAUX Quelques jours après, une seconde racine prit le même chemin et daas les mêmes conditions de végétation me tint compagnie ; puis une troisième et une quatrième me permirent de revoir ce que j'avais déjà noté. Mon départ prématuré ne me permit pas de suivre assez longtemps cette végétation absolument anormale de sève descendante et non volubile de ce Convolvulus. J'ai pu constater que j'avais affaire à des racines malgré les feuilles dont elles étaient garnies. En effet elles étaient rondes, cylindriques, et non un peu anguleuses comme les tiges ; l'extrémité était hyaline, transparente, s'allongeant rapidement vers le sol comme pour chercher un point de contact et former un nouveau pied ; il y eut émission de nouvelles racines à l'aisselle des feuilles, à la place qu'occupent sur les tiges ordinaires les pétioles des fleurs. Ces racines secondaires sont en tout semblables à la racine qui les porte. Enfin, il y avait perte complète de volubilité. J'ai même essayé de la mettre en contact avec une corde un peu forte, afin de voir si la racine s'enroule- rait ; après quelques jours je n'ai constaté aucun indice de torsions autour de la corde qui était pourtant tendue et bien placée. D'un autre côté ces racines ont des dispositions à devenir tiges, par l'émission de feuilles plus petites mais vertes, et normales comme formes générales, par l'émission à l'aisselle de chaque feuille, d'un pétiole unique qui dans le cas présent, se convertit en racine au lieu de porter la grande fleur blanche. Si le temps me l'eût permis, j'eusse voulu voir si la première de ces racines, la plus âgée, remise dans le jardin d'où elle venait, n'eut pas, comme je le pense, émis des fleurs sous l'influence du soleil, et ne serait pas redevenue volubile, c'est-à-dire de racine descendante passer tige normale et ascendante. Ce fait donne une idée des modifications que certains milieux peuvent apporter aux organes importants de la végétation. N.-B. — Les échantillons qui ont servi à cette petite note sont dans mon ex-herbier, au Jardin des Plantes, dans la chemise des Convolvulus sepium L. PROCÈS-VERBAUX 57 Séance du 17 mal 1911. Présidence de M. A. Bardié, président. CORRESPONDANCE Lettre de M. Lambert /de Troyes) remerciant de son élection comme membre correspondant. Lettre du président de l'Association des Etudiants qui se met à la disposition de la Société pour faire afficher dans son local les progra- mmes des Excursions de la Société Linnéenne. . Lettre de faire part annonçant la mort de M. Georges Durand, ancien imprimeur et membre de la Société. MM. le Président et l'Archiviste assisteront aux obsèques de M. Durand. COMMUNICATIONS M. Bardiiî rend compte à la Société de la réception qui a été faite, au Château Carbonnieux (Léognan) par le docteur G. Martin, aux excur- sionnistes Linnéens, le 14 Mai. Des remerciements unanimes sont votés à M. Martin, qui a mis le comble à l'amabilité en invitant la Société à célébrer un de ses prochains banquets dans la magnifique salle du château. M. Charron entretient la Société d'un phénomène particuher de putréfaction des œufs d'une poule. Ayant sacrifié celle-ci, notre collègue a pu observer une sorte de tumeur contenant huit œufs, à divers stades de développement. Cette tumeur était, en réalité, constituée par une évagination de l'oviducte ayant abouti à la formation d'une sorte de sac appendu à ce dernier. Par un mécanisme indéterminé, les œufs, à cer- tains moments, pénétraient dans ce sac, s'y putréfiaient, puis retombaient dans l'oviducte, où ils se revêtaient de la membrane coquillifère. La poule pondait ainsi successivement des œufs normaux, qui avaient traversé sans arrêt l'oviducte et des œufs putréfiés, ayant parcouru le cycle précédent. M. Lambertie signale les cécidies récoltées à Léognan et Cadaujac, le 14 mai : Pemphigus Spirothecse Pass., Aphis persicx Fons., Ero- phyes Tilise Pagenst., Dasxjneura Sisymbryi Schrank. M. Barrère lit un article médical notant la coloration rouge sang des 58 PROCÈS-VERBAUX uriaes après la consommation de Lactarius deliciosus. M. Doinet s'efforcera de répéter l'expérience, mais il fait remarquer qu'il y a deux champignons qui se ressemblent et qu'il faut étudier séparément; ce sont les : Lactarius deliciosus et Lactarius sanguifluus. MM. Charron et Llaguet exposent le programme de la Fête Linnéenne à Saint-André-de-Cubzac. M. BoYER transmet l'offre de M. Dubreuilh, ancien membre de la Société, qui tient, à la disposition de celle-ci, sa collection des Actes de 1875 à 1890 environ. Cette aimable proposition est acceptée et des remerciements seront adressés à M. Dubreuilh. Séance du 7 juin 1911. Présidence de M. A. Bardié, président. COMMUNlCATIOiNS M. RoziER présente une fort belle collection de dents fossiles trouvées dans la région du sud-ouest : Carcharodon megalodon Ag. (Léognan); C. sp. ? (Salles) ; C. angus- tidens Ag. (Léognanj; C. pohjgurus Ag. (Léognan); Odontaspis contor- tidens Ag. (Léognan); 0. ferox Risso. (Léognan-Saucats) ; Oxyrhina hastalis Ag. (Léognan, Salles); 0. Spallanzani Bon. (Léognan); 0. cyclodonta Ag. (Léognan); Galeocerdo aduncus Ag. (Léognan); G. latidens Ag. (Léognan); Notidanus griseus Gmel. (Léognan); N. Theve- nardi Delf. (Léognan); Hemipristis serra Ag. (Léognan-Saucats). M. Llaguet montre un rouleau feuilleté d'écorce de bouleau. M. Muratet montre deux nouveaux cas tératologiques floraux : un œillet et une fleur de coignassier. Compte-rendu de l'excursion du 14 mai 1911 à Léognan et Gadaujac. Par M. G. Boyer. Cette excursion, favorisée d'un meilleur temps que la première, a obtenu un indiscutable succès. Le public invité à y participer a répondu à notre appel et son empres- PROCÈS-VERBAUX 59 sèment, son désir de s'instruire, nous font bien augurer de nos pro- chaines randonnées. Partis à une heure du boulevard de Talence par le tramway de Léognan, nous descendîmes au Bicon, et nous nous dirigeâmes d'abord vers les dolmens curieux qu'on y trouve. Nous les avions déjà exami- nés lors de la dernière Fête Linnéenne et j'ai donné à cette occasion dans le compte-rendu de cette fête, des renseignements sur ces monu- ments préhistoriques. Je prie le lecteur de s'y reporter. Chemin faisant M. le professeur Boutan, secrétaire général de la Société de Zoologie agricole, nous montre sur les vignes, dont la végéta- tion est encore peu avancée, un grand nombre d'altises, insectes qui produisent de grands dégâts sur les bourgeons et les feuilles qu'ils dévo- rent, surtout dans leur jeune âge. Après nous avoir fait connaître le para- site, M. Boutan nous indique les moyens de le combattre. Les Bulletins de la Société d'études et de vulgarisation de la Zoologie agricole renferment plusieurs articles sur cet important sujet. Je donne cette indication pour les personnes qui, n'ayant pas assisté à l'excursion, désirent se documenter sur la question. Après le Bicon, nous devions nous rendre au château du Thil, mais la réputation de nos laborieux géologues, leurs outils d'aspect redou- table firent sans doute reculer d'effroi le propriétaire qui ne put accepter une telle invasion. Nos bonnes intentions, notre discrétion et notre absolu respect de la propriété furent mieux compris par l'un des propriétaires du château Carbonnieux, le D'" Georges Martin, spécialiste de talent, homme char- mant, ami des sciences et de tout ce qui peut contribuer à leur utile diffusion. Il nous réserva dans son antique demeure un cordial accueil dont nous fûmes très touchés et dont nous le remercions bien vivement. Il voulut même nous faire déguster quelques fines bouteilles de son vin blanc du Duc d'Epernon. Prenant la parole il souhaita la bien- venue à la Société, Il nous rappela que la Linnéenne fit une de ses premières fêtes vers 1820 au château Carbonnieux, qui s'est toujours montré hospitaUer aux œuvres scientifiques et d'intérêt général. Nous constatons avec joie que les propriétaires actuels perpétuent dignement d'aussi nobles traditions. Notre président, M. Bardié répondit, en excellents termes, au D"" Martin auquel il adressa des remerciements bien mérités. Puis, tournant nos regards vers toutes les belles choses qui nous entouraient, nous admirâmes les vignobles modèles qui avoisinent le 60 PROCÈS-VERBAUX château, la belle vue dont on y jouit. Un poirier, plus que centenaire, abrita sans doute il y a longtemps nos prédécesseurs. Enfin, le Château du xvii^ siècle et une belle cheminée renaissance, située dans la grande salle, captivèrent notre attention. M. Martin tint ensuite à nous faire visiter les dépendances du château ; d'abord les locaux indispen- sables à toute exploitation viticole, le cuvier, le pressoir particuliè- rement remarquable par son importance, son ancienneté, j'entends les bâtis, car les presses elles-mêmes sont munies des perfectionnements modernes. M. Martin nous donna d'intéressants détails sur leur agen- cement, leur fonctionnement. L'ancien et trop accrédité, voire même discrédité, foulage par les... vignerons n'est plus à Carbonnieux qu'une légende. Le bouquet du vin n'y a rien perdu... Nous savons par expé- rience qu'il est exquis. Après visite de l'étable (vaches de race bordelaise) nous quittâmes ce domaine hospitalier pour côtoyer, à une certaine distance de là, la pro- priété du Thil. Récolté près de la route un lot d'orchidées dont orchis militaris (très rare). Après arrêt dans un village pour les rafraîchissements que solda notre trésorier, toujours récoltant, les uns des plantes, les autres des insectes et des galles, nous arrivions à Cadaujac non sans avoir, par un crochet, été explorer les bords de l'Eau Blanche. Au total excellente journée qui fait grand honneur aux Linnéens et aux participants étrangers guidés par MM. Bardié, Lamarque, Barrère, Neyraut, etc. La nombreuse assistance avide de grand air et de savoir qui s'attacha à nos pas et usa de notre enseignement, nous permit d'évoquer et de nous représenter les jours prospères où Clavaud, entraînant avec lui une nombreuse suite, faisait goûter à son auditoire charmé les joies simples mais saines et réconfortantes de la botanique, en même temps que tous y gagnaient en hygiène morale, intellectuelle et physique. Ce beau temps est bien loin de nous, mais ne pourrait-il pas revenir? L'excursion du 14 mai nous en donne une espérance formelle. Je sais bien qu'aujourd'hui le public est sollicité de toutes parts par de nombreuses manifestations sportives ou plus ou moins artistiques, sans parler des attractions gastronomiques, que notre Société n'exclut pas d'ailleurs, témoin nos fêtes hnnéennes. Mais gardons-nous de délaisser pour cela les plaisirs champêtres ! Quand donc voudra-t-on bien se convaincre ou se souvenir que tout ce qui est art, plaisir, savoir réside dans la nature, cette fée inimitable, PROCÈS-VEFiBAUX 61 qui a placé à notre portée immédiate des merveilles incomparables que rien ne saurait jamais égaler. L'aviation est certes une invention admirable, mais avant l'aéroplane l'oiseau vola et vole mieux ! Pour comprendre, ne fut-ce qu'en partie, la grandeur et l'attrait des beautés naturelles, il suffit de jeter les yeux sur les brillants ornements qui, durant la belle saison, font resplendir d'un vif éclat nos admirables campagnes. Laissez venir à nous, tous ceux que passionnent leurs charmes puissants et constamment renouvelés! Si l'ascension vers les beautés de la nature exige parfois des guides éclairés, ceux-ci ne feront pas défaut, à la Linaéenne. Que seulement, nos instructeurs se sentent en complète communion d'idées avec leur auditoire, et leur zèle attisé et réchauffé s'efforcera d'être toujours inlassable ! Prenaient part à l'excursion : Quinze Linnéens : MM. Artigue, Bardié, Barrère, Bial de Bellerade, P"" Boutan, D"" Boyer, Brown, Lacouture, D^ Lamarque, Lambertie, D'' Llaguet, D'' Manon, Neyraut, Rozier, Souleau. Invités participants : M"*^ Manon, Godemet, Dantras, Jacquet. M"®* Lamarque, Neyraud, Kreyssig, Le More, Dantras (2), Barthe. MM. Godemet, Dan'ras, Fouquet, Sigalas, Soulé père, Soulé fils. Bouchon, Imbert, J. Barrère, Souleau frère, D"" Chambrelent, Hippieu, Barthe, Léglise, Eyquem, Colombier. Liste des plantes récoltées le 14 Mai 1911, en allant du Bicon à Cadaujac par Carbonnieux et le Thil. BICON. — Bois (dolmens) Œnanthe pimpinelloides L. Potentilla tormentilla Nestler. Pteris aquilina L. » splendens Ram. Calendula arvensis L. Carex panicea L. Dactylis glomerata L. Scorzonera humilis L. Anthoxanthum odoratum L. Arenaria montana L. Lotus corniculatus L. Lychnis dioïca D. C. Trifolium pratense L. Ranunculus acris L. — subterraneuin L. » bulbosus L. Ulex eiiropœus. Briza média L. Linum angustifolium Huds. Orobus tuberosus L. 62 PROCES-VERBALX Prairies, Chemins : Salvia pratensis L. Ajuga reptans L. Géranium rohertianum L. Charophyllum silvestre L. Chelidonium majus L. Veronica chaviaedrijs L. Glechoma hederacea L. Sambucus ehulus L. (non en fleurs) Rhinanthus major Ehrh. Galium aparine L. Crataegus oxyacantha L. (en fleurs). Lathraea clandestina L. Acer pseudo ptlatanus L. (Erabfe sycomore). Euphorbia silvatica L. Stellaria Holostea L. Eryngium campestre L. (non en fleurs) Lithospermum officinale L. Primula grandiflora Lam. (encore en fleurs). Lijclinis flos cuculi L. Viola silvesiris Lam. Polygala vulgaris L. CARBONNIEUX. — Bois, che- mins : Pulmonaria angustifolia L. Silène inflata Sm. Riimex acetosa L. Rumex acetosella L. Euphorbia angulata Jacq. Conopodium denudatum Kocli. Galium cruciata Scop. Galium laeve Th. Galium vernum Scop. ^Myosotis sylvalica Hoffm. Ophrys aranifera Huds. Bellis perennis L. Capsella bur s a pas loris Mœnch. Barbarea vulgaris R. Br. var. stricta. Spergula arvensis L. Spergularia rubra Pers. Melampyrum pratense L. Cerastium triviale Link. » glomeratum Th. Sagina ap étala L. Arabis thaliana L. Sisymbrium officinale Scop. Orobanche rapum Th. 7V/m silvestris Desf. Alliaria officinalis D. C. Murs : Ceterach officinarum Willd. Asplenium trichomanes L. Poterium dictyocarpum Spach. Chemins, Bois : Plantago coronopus L. Sanicula europaea L. Orchis maculata L. (digité). Orobus niger L. Polygonatum officinale Ail. Aristolochia rotunda L. Ficfa sepium L. Muscari comosum Mill. Neottia ovala Rich. = Listera ovata R. Br. Mœhringia trinervia Clairv. THIL. Bois. Lycopsis arvensis L. Orchis bifolia L. — montana Schmidt. — morio L. Serajnas lingua L. Erysimum alliaria L. PROCÉS-VERBAUX 63 Carduus pycnocephalus. Iris pseudo acorus L. Orchis militaris L. Avena pubescens L. Carex pilulifera L. Equisetum palustre L. Papaver rliaeas L. Arum italicum MilL Quercus Tozza Bosc. Cardamine pratensis L. Ghjceria fliiitans R. Br. CADAU JAC. — Prairies, bords du ruisseau. Champignons : Veronica Oeccahunga L. Marasmius oreades Boit. Carex hirta L. Siropharia stercoraria Fr. Euphorbia pilosa L. Compte-rendu de l'Excursion du 25 Mai 1911 à Gradignan, Ganéjan, Gazinet Par M. Lacouture. Cette troisième excursion a, comme la seconde, parfaitement réussi. Un grand nombre de personnes avait répondu à J'appel de la Société parmi lesquelles des étudiants, des dames, des demoiselles ; ces der- nières, du reste, n^'ont pas été les moins empressées, dans le courant de la journée, à s'intéresser aux plantes qui frappaient leurs regards par le coloris de leurs tleurs. A 8 h. 30 tout le monde était déjà réuni au Boulevard de Talence lorsque arriva le tramw^ay de Gradignan, dans lequel une voiture avait été réservée pour notre Société. Une quarantaine de personnes y pren- nent place et l'on quitte Bordeaux, heureux de constater que le ciel est pur et que le soleil va nous prodiguer largement — trop largement — ses rayons. Quel contraste avec le temps pluvieux et sombre de la même excursion, il y a un mois ! Arrivés à Gradignan, la première visite est pour les ruines de Cayac devant lesquelles M. Bardié, en archéologue érudit, fait en quelques mots l'historique de cette étape de nos ancêtres des Xll^ et XllI^ siècles lorsqu'ils se dirigeaient en pèlerinage vers St-Jacques de Compostèle. Puis, deux groupes se forment, l'un composé plus spécialement des botanistes, explore, sous la conduite savante de M. Neyraut, les prairies avoisinant « l'Eau-bourde » et fait une ample récolte de plantes dont la Uste figure plus loin. 64 PROCÈS-VERBAUX L'autre groupe, comprenant le plus grand nombre des excursionnistes, prend le chemin du Castéra. C'est ainsi qu'on nomme dans le pays les ruines pittoresques du Château d'Ornon. On y parvient en traversant la propriété de M. Courbin, qui, très aimablement, accueille la Société Linnéenne et ses invités. A travers un touillis de grands arbres on aperçoit les épaisses murailles du Casléra qu'un large fossé entoure complètement. Le lieu est sauvage et semble propice aux études de nos passionnés naturalistes. Mais on ne peut trop s'attarder car il faut visiter l'établissement de pisciculture de M. Lestandi situé un peu plus loin sur la route et alimenté par l'Eau- Bourde. Un événement malheureux, survenu tout récemment, a été celui de l'empoisonnement de la rivière. Cette Eau-Bourde si réputée, dont les eaux alimentèrent jadis notre Bordeaux Gallo-Romain, a vu en quelques heures toute sa gent poissonneuse anéantie par suite de la rupture des murs qui renfermaient d'importantes réserves de potasse emmagasinées à quelques kilomètres plus loin sur le bord de la rivière. M. Lestandi a perdu du même coup plusieurs milliers de kilos de poissons. Aussi a-t-il Iç regret de ne pouvoir nous montrer que les alevins de truites arc-en- ciel que nous voyons disposés dans de minuscules bassins au nombre de 10.000 par récipient. Il nous explique la nourriture et le genre de vie de ces poissons. Il nous montre les grands bassins à sec que les alevins peupleront bientôt — à la place des poissons qu'il a vu disparaître malencontreusement. Cependant il assure que dans toute catastrophe, il y a des rescapés. Ici ce sont les carpes mères qui ont survécu. Nous les voyons assez nombreuses dans un grand vivier. Notre intérêt pour ces poissons reproducteurs est d'autant plus grand et nous acceptons en quittant cet endroit charmant, l'invitation de M. Lestandi de revenir voir l'établis- sement quand il sera entièrement repeuplé. A midi, tout le monde se retrouve au restaurant Cazaux, à Canéjean. Le déjeuner lut joyeux — comme toujours. Au dessert, le Président, M. Bardié, souhaite la bienvenue à M. Delau- nay, président de la Société d'Agriculture de la Gironde, qui a bien voulu se joindre à nous et lui dit combien il est heureux de voir cette Société qui est en somme une filiale de la Société Linnéenne, représentée à cette excursion. M. Bardié remercie ensuite les personnes présentes d'être venues en aussi grand nombre et témoigner ainsi qu'elles s'inté- ressent aux beautés de la nature. PROCES- VERBAUX 65 M. Delaunay répond que la Société d'Agriculture est heureuse de se dire une fille de la Société Linnéenne. Il parle ensuite de la crise de la viticulture. L'après-midi, la promenade continue, à travers bois, le long de l'Eau- Bourde, jusqu'au pont de Fourc, où la troupe un peu fatiguée par le grand soleil, rencontre le groupe venu de Gazinet et fait halte quelques instants. Puis d'intrépides chercheurs explorent encore les alentours et finalement, à 7 heures, toute la caravane est réunie à Gazinet d'où le train la ramène à Bordeaux. Prenaient part à l'excursion : Quatorze Linnéens : MM. Bardié. Barrère, Bial de Bellerade, Bontau, Boyer, Brown, Feytaud, Lacouture, I.ambertie, Llaguet, Manon, Neyraut, Rozier, Souleau. Invités participants : M"""^ Beylard, Dantras, Godemet, Manon, Taisne. M"^^ Crapuchet, Dantras, Rreyssig, Le More, Mavier, Neyraut, Rozier. MM. Beauseigneur, Beylard, Borkowsky, Bonchon, Boyer fils, D'" Chambrelent, Chambrelent fils, Dantras, Delaunay, Donezan, Fou- quet, Godemet, Godillon, Hochmann, D"" Imbert, Rotgès, Rotgès fils, Sigalas. Taisne. PLANTES RÉCOLTÉES : Ranunculus sceleratus L. Barbarea strie ta Boreau. Cardamine silvatka Link. Cardamine impatiens L. Thlaspi arenarium Jord. Silène Gallica L. Lychnis diurna Sibth. Arenaria trinervia L. Nardus stricta L. Osmunda regalis L. Nitella capitata Nées. Vicia angustifolia var. V. Bobar- tii Fors t. fMthijrus Aphaca L. Montia fontana L. Saxifraga tridaclyhtes L. Valeriana officinalis L. Carduus pijcnocephalus Jacq. Chondrilla Juncea L. (non fleuri). Onrithopus roseus Dufour. Myosotis silvatica Hoffm. Lysimachia Nummularia L. (non fleuri). Euphorbia angulata Jacq. » pilosa L. Myrica Gale L. Elodea canadensis Rich. Arum italicum Mill. var à spathe maculée. Ophris api fer a Huds. Convallaria Polygonatum L. » Maialis L. ("passé fleur). Ornithogalum umbellatum L. Allium ursinum L. Carex pseudo-brizoides Clav. » jjunctata Gandin. 66 PROCÈS-VERBAUX Carex panicea L. Avena longifolia Thore. Aira prœcox L. Danthonia decumbens D. C. Avena pubescens L. A propos de cette excursion, M. Doixet montre : / Peziza sculellala L. i Pohjporus nigricans Fr. trouvés à Gazinet par M. Boyer. Séance du 21 juin 1911. Présidence de M. le D'' Barrère, Secrétaire général. CORRESPONDANCE Circulaire de FAssociation française pour Tavancement des Sciences invitant la Société à sa 40" Session qui sera tenue à Dijon du 31 juillet au 5 août. ADMINISTRATION Le Président remercie MM. Daydie et Breigxet qui ont offert à la Société 4 années de procès-verbaux manuscrits manquant à sa collection. COMMUNICATIONS M. Castex présente des Guettardia Thiolati Arch., dont un exem- plaire avec ses ailes, qu'il a récoltées à Biarritz (La Gourépe). M. DoiNET montre des Dxdalea récoltés par M. le D'' Muratet. Compte rendu de la visite des Collections de M. le Dr Manon. Par M. H. Gouin. M. le Df Manon avait adressé aux membres de la Société Linnéenne, une invitation ayant pour but la visite de ses collections d'histoire naturelle. Cette invitation fut acceptée avec empressement, et le 19 jan- vier, à 10 heures, MM. Motelay, Bardié, Llaguet, Doinet, Boyer, Lacou- tare, Souleau, Lambertie et voire rapporteur se trouvaient réunis dans les salons de notre aimable collègue. Tour à tour, ]\I. Manon fit passer devant nos yeux émerveillés de nom- breuses boîtes de lépidoptères et chaque espèce plus intéressante que ses congénères était l'objet d'une démonstration savante. C'est ainsi que PROCÉS-VERBAUX 67 nous admirons tout d'abord la série des B ombijc ides SiV^c leurs chenilles, cocons et chrysalides. M. Manon attire notre attention sur VOcneria dispar, espèce des plus nuisibles en tant que chenille : polyphage et ne vivant pas en société, elle cause de nombreux ravages aux arbres de nos promenades. Le meilleur moyen de s'en débarrasser est de détruire les œufs, ce qui est facile quand on connaît les mœurs de cette espèce. La boîte des Sphingkles vient ensuite charmer nos yeux; nous y voyons le Deilephila Nerii ou sphinx du laurier rose, remarquable par la coloration de ses ailes ressemblant à nos plus beaux marbres des Pyrénées; le Deil. alecta, micœa avec sa chenille; le Smerintiuis Ire- mulœ, rarissime espèce. Je crois pouvoir ajouter au sujet de cette inté- ressante espèce qu'un jeune entomologiste, M. Couteau, a fait l'an der- nier une ample moisson de iremulœ, en élevant des chenilles d'Algérie. Nous voyons aussi le S. quercus, signalé comme très rare dans la Gironde et que notre collègue M. Daydie avait rencontré lors d'une excursion de la Société à Saint-Emilion. Dans les boîtes suivantes, signalons au hasard (car il faudrait les nommer tous). Cossus, terebra et arenicola, Arctia flava, une superbe variété de Callimorpha Dominula, la yariété Italica, Rhyparia piir- purata. Notre collègue ayant fait l'élevage de cette espèce a remarqué que les chenilles se dévorent entre-elles au moment de faire leurs cocons. Pareil fait se rencontre chez les noctuelles, notamment chez Heliothis scutosa. Dans la série des Lasiocampa, surnommés feuilles mortes par suite de la couleur et de la découpure des ailes, notons : L.popuUfolia, L. Tremulifolia, L. Ilicifolia, L. Pruni, Paclvjpassa, Otus, etc. etc. Les noctuelles et géomètres viennent ensuite, et malgré que la livrée de ces bestioles soit plus sévère, elles n'en sont pas moins des plus curieuses. Nous admirons la série des CuculUa, celle des Plus/a, des Caiocala ; mais notre attention est surtout attirée par Grammodes Rogenhoferi espèce des plus rares. Les exotiques nous permettent d'admirer tout d'abord, la magnifique collection de Séricigènes parmi lesquels citons : Snmia promethea, S. Cecropia, Epiphora, Danheniœ, Philosomia Cgnlhia, Attacus, Atlas dont un des exemplaires ne mesure pas moins de 34 centimètres d'envergure, Att. Edwarsii, Orizaba, Tropaca luna, Actias silène et sa variété Mingfoana dont les spéci- mens sont remarquables de fraîcheur et enfin Anlherea, Yama-maï et Anlh. Perngi, dont les cocons servent à fabriquer toute la soie prove- nant du Japon, de la Chine et du Tonkin. Que dire des Ornithoptora et des Papilio? Nous marchons de surprise 68 PROCES-VERBAUX en surprise et il faudrait les citer tous. Notons cependant Ornilhoptera Priamus et 0. Crœsus, l'un d'un beau vert, l'autre d'un beau jaune d'or, 0. Helena, HippoUlus, Uhjsses, Impériales, etc. elc. C'est un ébloiiissement pour nos yeux. L'heure passe rapidement et les instants sont trop courts; à la hâte nous examinons une collection inédile de sauterelles étalées d'Algérie, en particulier la fameuse sauterelle dévas- tatrice Pèlerin que nous voyons depuis sa naissance, à l'état de criquet, jusqu'à complète transformation. Avant de prendre congé de M. Manon, nous examinons aussi avec curiosité une série de corps organiques pétrifiés, de provenance algérienne, tels que troncs d'arbres, navets, graines, reins de cheval ou de chameau, condyle fémoral, etc. etc. Midi sonne ; il faut nous séparer à regret de notre aimable Collègue. M. Bardié se fait notre interprète en remerciant M. Manon et en l'assurant du plaisir que nous a causé cette trop courte, mais si inté- ressante visite. A notre tour nous adressons une fois de plus, à M. Manon, nos plus sincères remerciements lui disant au revoir pour visiter les collections de coléoptères et de reptiles. Sur quelques espèces d'Hétérakis du Dahomey. Par le D' E. Gendre. Je donne, dans la présente note, la liste des espèces de Nématodes parasites, appartenant au genre Heierakis, que j'ai récoltées pendant mon séjour au Dahomey, de juillet 1909 à mars 1911. Il en est aussi quelques-unes qui m'ont été obligeamment communiquées par M. le Di" Bouet, médecin-major des troupes coloniales, en mission dans la colonie, et par M. le vétérinaire Pécaud, d'Abomey. Sur les onze espèces que contient cette liste, trois sont nouvelles, six existent au Fouta-Djalon, en Guinée française, d'où je les ai antérieu- rement rapportées et décrites (1), une est européenne et la dernière brésilienne. La présence sur la Côte Occidentale d'Afrique, de parasites du Brésil et d'Europe, n'a pas lieu de surprendre, si l'on songe que les hôtes sont des animaux domestiques et, qu'historiquement, depuis les premiers temps de la colonisation portugaise jusqu'à la période récente de la sup- (t) E. Gendre : Notes d'helniinlholojjie africaine, deuxième et troisième noie (Proc. verb. Soc. linn. Bordeaux, vol. LXIII, IDUi», pp. XXXIII-XLI cl LXXlV- LXXXIII). PROCÈS-VERBAUX 69 pression de la traite des noirs, les échanges directs ont été considérables entre ces trois régions du globe. HÉTÉRAKIS DES REPTILES Heterakis strongylura Mtiller. Syn : Strongi/luris brevicaudata A. Millier, 1894. Dans la portion terminale de l'intestin de l'Agame des colons, Agama colonorum Daud., vulgairement connu des Européens sous le nom de « margouillat ». Heterakis elegans Gendre. Dans le gros intestin des Caméléons sp ? à Abomey. L'abondance des exemplaires me permet de préciser ma première description. Sur les onze paires de papilles de la queue du mâle que j'avais décrites, dix seulement existent d'une façon constante; la seconde paire de papilles postanales, submédianes et libres, n'est, en effet, très souvent représentée que d'un seul côté, parfois même elle lait complètement défaut. Dans ce dernier cas, la disposition générale rappelle celle de VB. strongylura et peut prêter à confusion, mais l'examen de la queue des femelles, dont la forme est aiguë chez //. elegans et obtuse chez H. strongylura, enlève tous les doutes. Heterakis af ricana Gendre. Trouvée, une seule fois, à Abomey, dans l'intestin d'un Varan du désert, Varanus arenarhis Dum. et Bibr. Je l'avais récoltée en Guinée, chez une tortue terrestre^ Cinixys belUana Gray. Le nombre des papilles préanales de cette espèce est de douze paires au lieu de onze, car il y a quatre paires dont les deux premières ont à peu près la même taille, sur les côtés latéraux de la ventouse. HÉTÉRAKIS DES OISEAUX Heterakis maculosa Rud. Cet helminthe se rencontre très fréquemment et parfois en grande abondance dans l'intestin grêle des Pigeons domestiques, Columha domestica L., originaires des cercles d'Abomey et d'Alhiémé. J'en ai récolté, une fois, 271 sur un même individu, il y avait 151 mâles et 120 femelles. Je l'ai trouvé encore, mais plus rarement, chez le Pigeon vert, Vinago (Treron) calva Tem., à Irocogny, dans le cercle de Zagnanado. 70 PROCÈS-VERBAUX l.a longueur maxima qu'on lui assigue d'ordinaire, de 26 à 30 milli- mètres pour le mâle et de 40 millimètres pour la femelle, est trop réduite- Les dimensions données par Stossich (1) se rapprochent plus de la réalité, il n'est pas rare de recueillir des mâles de 35 à 37 millimètres et des femelles de 50 à 55 millimètres. Un mâle de taille exceptionnelle, extrait d'un Pigeon vert, mesurait 45'n"i08. Il existe un certain désaccord, entre les auteurs, sur le nombre des papilles de la queue du mâle. Schneider (2), à qui on doit la première diagnose précise de 1'//. maciilosa, fixe ce nombre à dix paires, mais il est à remarquer que dans la figure annexée au texte, il en a dessiné onze, plus une papille impaire sur le coté droit de la queue, en avant de la ventouse. Stossich donne la description suivante : « Les papilles de rextrômité caudale du mâle sont grandes et globuleuses, exception faite pour la papille apicale ; elles sont au nombre de dix (de chaque côté), il y a : trois préanales, trois papilles, celle du milieu étant la plus grande, à la hauteur du cloaque, et quatre postanales situées à égale distance les unes des autres ». Le chiffre de dix est encore adopté par Railliet (3) et Neumann (4) qui le reproduisent dans leurs traités. Selon von Linslow (5), au contraire, tontes les descriptions précédentes sont inexactes, VH. maeiilosa possède quatorze paires de papilles, décompo- sables, d'après le dessin de cet auteur, en six préanales, trois paranales et cinq postanales. Chez tous les vers que j'ai examinés, j'ai retrouvé constamment le même nombre de onze paires que Schneider avait dessinées, avec la même disposition qu'il leur a donnée, à savoir : trois paires en avant, trois paires au niveau et cinq paires en arrière de l'orifice ano-génital. La paire de papilles postanales supplémentaires, inaperçue par Stossich, mais signalée par von Linstow, que Schneider n'avait pas comptée dans son dénombrement, se trouve sur les lianes du mamelon (1) M. Slossich : Ricerclie elminlologiclie {BoU. Soc. Adrhit. Trieste, vol. XVII, pp. 121-122). (2) A. Schneider : Monographie der Nemaloden. Berlin, 186^), p. 72, fig. (3) A. Railliet : Traité de zoologie médicale et agricole. 2""" édit. Paris, 1895, pp. 406-407. (4) L. G. Neumann : Parasites et maladies parasitaires des oiseaux domestiques.- Paris, 1909, 140-148. (5) V. Linstow : Nemaloden ans der Berliner Zoologischen Samnilung (3//. Mus. Berlin. Ed. I, Heft 2, p. 11, Taf. 2, fig. 17). PROCÈS-VERBAUX 71 cloacal. J'ai retrouvé aussi les trois autres paires de préanales, indiquées par von Linstow (la papille impaire de Schneider appartient à ce groupe), mais celles-ci ont une situation et des diuiensions moins constantes que les papilles précédentes. Quelquefois on les voit, comme von Linstow les a figurées, dans le prolongement antérieur et sur le même axe que les trois premières préanales ; le plus souvent elles sont disposées sur une ligne latérale, plus externe, qui chevauche en partie sur la ligne des papilles internes. Leur taille, en général plus faible que celle de ces dernières, va en diminuant progressivement de la troisième à la pre- mière qui est parfois difficilement perceptible. Si on examine attentive- ment la queue d'individus de grande taille, préalablement bien éclaircis avec de la glycérine, on s'aperçoit qu'elles appartiennent à une double rangée de petites papilles latéro-ventrales, peu saillantes, échelonnées le long de la face inférieure du corps, en avant de (a ventouse, dont elles sont, par leurs dimensions, les éléments les plus caractéristiques. Il y a encore une petite papille, impaire et médiane, qui a été décrite pour la première fois par Stossich, dans la paroi de la ventouse, à l'extrémité postérieure du diamètre longitudinal. La queue de la femelle p':*ésente deux ou trois papilles, disséminées dans la longueur, au voisinage des champs latéraux. Heterakis calcarata Gendre. Je l'ai souvent récoltée dans l'intestin grêle et quelquefois dans les appendices cœcaux, chez la Pintade domestique et sauvage, Niunidn meleagris L., dans les cercles d'Abomey et de Zagnanado. Elle m'a été aussi envoyée d'Agouagon par le D'" Bouet, et rapportée du Haut- Dahomey par M. le vétérinaire Pécaud, Le D'' Bouet l'a trouvée, une fois, en octobre 1910, chez un Saurien, Mahuia perroteti Dum. et Bibr., mais je présume qu'il s'agit là d'nncas de pseudoparasitisme dû à l'ingestion récente de tripes de pintade par cet animal, analogue à ceux qu'on observe souvent chez les serpents peu de temps après qu'ils ont avalés des proies à parasites connus. Parmi les exemplaires recueillis, beaucoup dépassent les dimensions maxima de 28 et de 30 millimètres que j'avais données au mâle et à la femelle dans ma première description. Il existe des mâles de 35 milli- mètres et des femelles de 48 à 50 millimètres. VB. calcarata se rapproche beaucoup de VH. maculosa Rud., par certains caractères anatomiques, tels que la forme des lèvres, celle de "œsophage en massue et sans ventricule, et le type des spicules. 72 PROCES-VERBAUX Heterakis brevispiculum n. sp. Dimensions. — Mâle : longueur totale, 5™°'34 à S'^^SS; largfur, 1 , 1.1 0"™25 à 0"'"'30 ; œsophage ~ et queue à — de la longueur totale. Femelle : longueur totale, 6™™38 à lO^-^CO; largeur 0"''"20 à 0"'"3G; œsophage =-; à £- : et queue r-r de la longueur totale. ■■ ° 7,5 8,4 ^ 8,5 ~ Cette nouvelle espèce présente une ressemblance frappante avec VH. vesicularis Frolich, et VB. isolonche v. Linst. (1). Les dimensions, le nombre et la disposition des papilles caudales du mâle (Fig. 1), la forme des lèvres peu saillantes, celle de l'œsophage dont l'extrémité est renflée en ventricule, de la queue qui est effilée dans les deux sexes, sont, en effet, à peu près les mêmes chez tous ces helminthes. Elle se distingue de VH. vesicularis par l'égalité de taille des deux spicules, de même que VH. isolonche, et par la disposition de la deuxième paire des papilles préanales qui est intimement accolée à la ventouse dont l'anneau chitineux présente deux encoches aux points d'émer- Fig. 1 © © © Fig. 2 Fis:. 3 Fig. 4 gence (Fig. 2). Chez H. vesicularis, au contraire, il n'y a pas de relation étroite entre la ventouse et les papilles, et l'anneau chitineux a un contour très régulier (Fig. 3). (1) V. Linslow : Nemaloden des zoologischen Muséums in Kûnigsberg {Arch. Nalg., Berlin, 72, Bd. I, 1906, p. 252. Taf. XVII, fig. 7). PROCÉS-VERBAUX 73 Le principal caractère dislinctif de Yff. brevispiculum et de VH. iso- lonche réside dans la différence de longueur des spicules (prûbablement aussi de leur forme, mais le peu de détails fournis par von Linstow ne permet guère la comparaison). Ceux-ci sont très longs, par rapport aux dimensions du corps, chez H. isolonche où ils mesurent 1™"41, tandis qu'ils sont très courts chez H. brevispiculum, la longueur ne dépasse pas 0°'™40. Leur aspect très caractéristique, est celui d'un petit clou à tête élargie et à pointe renforcée par une saillie dorsale en forme d'épine (Fig. 4). Ils sont munis d'une aile transparente latérale-externe. Chez la femelle, la vulve, peu saillante, se trouve au niveau du miheu du corps; l'appareil génital est double; les œufs sont elliptiques et pondus après la formation de l'embryon, ils mesurent en moyenne 03 p de long sur 36 p. de large. Trouvée à Abomey et à Zagnanado dans les appendices cœcaux de la Poule domestique, Gallus gallinaceus Pallas, et de la Pintade, Numida meleagris L., et récoltée à Agouagon, en juin lOiO, par le D"" Bouet chez un Francolin, hrancolinus bicnlcaraius L. Heterakis suctoria Molin. Dans les appendices cœcaux et quelquefois dans l'intestin de la Poule domestique et de la Pintade domestique et sauvage; recueillie, en jan- vier 1910, chez le Francolinus bicalcaratus L. par le D"" Bouet. Ce para- site vit la plupart du temps en compagnie de VH. brevispiculum. Heterakis similis Gendre. Dans les appendices cœcaux d'un Rapace nocturne, Scops leucotis Tem., d'un RôUier, Eurystomus afer Lath., et d'un Coucou, Centropus monachus Rupp. Ses dimensions chez ce dernier hôte sont de 9'""'4 à i3°""08 de lon- gueur pour le mâle et de ll^'^OO à 18'"™4 pour la femelle. Heterakis leprincei Gendre. Une femelle de 18'"'"20 de long, trouvée dans les appendices cœcaux d'un Engoulevent, Caprimulgus Fossii Lath. 74 PROCÈS-VERBAUX HÉTÉRAKIS DES MAMMIFÈRES Heterakis Boueti n. sp. Dimensions. — Mâle : longueur totale, Q'^'^SS à ll^nmiO; largeur 0™'"44 à 0"°'48 ; œsophage 5-5 à - et queue ^^ à ^p^ de la longueur totale. Femelle : longueur totale, 15°""52 à IS^'^TS; largeur 0°'°'60 à 0'""64; œsophage — à — et queue îj-q à jj-g de la longueur totale. « Le corps est jaune paille et aminci de part et d'autre, principalement en arrière, dans les deux sexes. Il possède latéralement deux très petites ailes membraneuses. La cuticule est finement striée. L'extrémité céphalique, tronquée, n'offre ni trace de lèvres, ni ligne de démarcation d'avec le reste du corps. Elle porte six papilles fongi- formes, à peu près équidistantes : quatre submédianes et deux latérales, disposées en cercle autour de l'orifice buccal qui est béant, large et circu- laire. La bouche est vaste et cyUndrique; trois fortes dents musculeuses, revêtues de chitine, en garnissent le fond. Le pharynx est court. L'œso- phage s'épaissit graduellement jusqu'à son extrémité postérieure où il présente un léger renflement. Le bulbe est arrondi. L'intestin très dilaté et plus large que le bulbe à l'origine se poursuit en ligne droite et sans grandes variations jusqu'à l'anus. L'orifice de l'appareil excréteur se trouve à la face ventrale, au tiers antérieur de la longueur de l'œsophage. La région postérieure du mâle (Fig. 1 et 2), toujours recourbée du coté ventral, est terminée par une queue conique, pointue, suivie d'un petit appendice mucroné. Elle est munie d'une bourse dont les ailes bien développées s'étendent de la région de la ventouse qui est fibreuse et ovalaiYe, jusqu'à la base de l'appendice caudal. Les papilles, au nombre de onze paires, se décomposent en cinq paires de papilles préanales et en six paires de papilles postanales. Les trois premières préanales sont submédianes et situées respectivement : la première au niveau du milieu de la ventouse, la seconde à peu près à égale distance de celle dernière et de l'anus, la troisième en avant du cloaque. Les deux autres sont latérales et voisines; la cinquième la plus externe sou- tient la bourse caudale. Le groupe, des postanales comprend : deux paires, grosses et submédianes, à la partie antérieure de la queue, deux paires plus petites dont la dernière est la plus externe, au voisinage de l'extrémité, et deux paires latérales, intermédiaires, proches des précé- PROCES-VERBAUX 75 (lentes. La quatrième postariale, de dimension très réduite, est la plus petite de toutes les paires de papilles. L'appareil génital mâle est simple, mais il n'y a qu'un seul spicule au lieu de deux, à Tinverse de ce qui existe chez toutes les espèces connues d'Heteraliis. Ce spicule (Fig. 3), arqué, robuste et finement strié Flg. 1 Fie-. Fiff. 6 dans le sens transversal, est situé à droile; il mesure 0"''"94 de longueur et se compose de deux parties distinctes : l'une, la plus courte, terminée par une tête en entonnoir, est cylindrique, l'autre taillée en pointe, est 76 PROCÈS-VERBAUX munie de deux ailes latérales. La pièce accessoire (Fig. 4 et 5, vues de trois quarts antérieure et postérieure) a la forme d'une alêne brus- quement élargie à la base. Elle présente sur sa face ventrale, une gouttière, le long de laquelle le spicule glisse à l'état normal, qui est constituée par une simple dépression du côté de la base et par deux petits replis membraneux, très souples, du côté de la pointe. Chez la femelle, la queue (Fig. 6) est droite, conique et terminée par une petite pointe comparable à celle du mâle. La vulve est très saillante et visible à l'œil nu; elle s'ouvre transversalement, à la face ventrale, dans la moitié antérieure du corps (environ au — de la lon- gueur). L'appareil génital est double. Les œufs, de forme arrondie et à coque mince, mesurent en moyenne 62 fx de long sur 52 p. de large; ils sont pondus après la formation des embryons qu'on aperçoit tous enroulés sur un mode uniforme, en colimaçon, k Dédiée à mon confrère et ami le D"" Bouet qui l'a trouvée en novem- bre 1909, à Agouagon, dans Tintes lin d'un Ecureuil, Xerus erijthropus E. Geoff. Heterakis dahonaensis n. sp. Dimensions. — Mâle : longueur totale, 8™"'72 à 9'""'84; largeur, 0'"'"38 à 0"""40 ; œsophage t^^ et queue — à — de la longueur totale. Femelle : longueur totale, 10'""'92 à 12'"'"20; largeur, 0"""48 à 0"""52; œsophage t— r et queue jr de la longueur totale. « Le corps est blanc-jaunâtre et aminci de part et d'autre, principa- lement en arrière dans les deux sexes. 11 présente latéralement deux ailes membraneuses qui vont du voisinage de la tête où elles sont bien développées au voisinage de la queue. La cuticule est finement striée. L'extrémité céphalique est constituée par trois petites lèvres, peu saillantes, une dorsale et deux latéro-ventrales, dont le bord Ubre surbaissé, est arrondi et dont la base se confond avec le reste du corps. Chacune porte deux papilles sur la face externe. Le pharynx est muscu- leux et court. L'œsophage s'accroît graduellement d'avant en arrière et se transforme en un petit bulbe à l'extrémité postérieure. L'intestin est très dilaté à l'origine et droit jusqu'à l'anus. L'orifice de l'appareil excréteur se trouve à la lace ventrale vers le milieu de la longueur de l'œsophage. La région postérieure du mâle (Fig. 1 et 2) est terminée par une queue conique et ■ pointue. Elle est ornée latéralement de deux larges PROCES-VERBAUX 77 expansions membraneuses, amples et festonnées, qui constituent une grande bourse caudale d'aspect très élégant. Les papilles, au nombre de neuf paires, comprennent : deux paires de papilles pédonculées de chaque côté de la ventouse, deux paires de papilles sessiles, submé- dianes, autour du c'.oaque, deux paires de petites papilles dans la moitié Fis. 1 Fia-. 2 Fig. 5 Fi^ postérieure de la queue, et trois paires de papilles latérales, piriformes, qui soutiennent la bourse caudale dans la région ano-génitale. Ces der- nières paires de papilles sont toutes très grosses, mais la première est de beaucoup la plus forte, son volume est au moins quadruple de celui des deux autres. 11 existe en outre une petite papille, impaire et médiane, 78 PROCÈS-VERBAUX dans la paroi de la ventouse, à l'extrémité postérieure du diamètre lon- gitudinal. La ventouse, plus large que longue, possède un anneau chitineux et fait saillie en avant de la paroi du corps. L'appareil génital mâle est simple. Les spicules (Fig. 3 et 4), au nombre de deux, sont égaux, droits, en forme de bâtonnets, et striés longitudinalement. Leur flexibilité est extrême, surtout celle de la moitié terminale, on peut presque les nouer sans les rompre, au cours de manœuvres d'isolement (la figure 4 représente un spicule tordu dans ces conditions). Ils mesurent 0"""40 de long. Chez la femelle, la queue (Fig. 5), est conique, pointue et recourbée du côté dorsal; son amincissement, progressif dans les deux-tiers antérieurs se fait d'une façon plus brusque à partir du tiers posté- rieur. La vulve s'ouvre à la face ventrale vers le milieu de la longueur du corps; elle est limitée par deux lèvres transversales, très proémi- nentes, au voisinage desquelles se trouvent trois saillies verruqueuses, analogues à des papilles, disposées sur une même ligne longitudinale médio-ventrale. Une de ces saillies est immédiatement en avant de la vulve, les deux autres sont échelonnées à peu de distance en arrière. L'appareil génital est double. Les œufs sont elliptiques et mesurent en moyenne 64 ,u. de long sur 44 «, de large; ils sont pondus après la for- mation de l'embryon. » J'ai trouvé cette espèce à Abomey, en avril 1910, dans le cœcum d'un Rat de Gambie, Cricetomys gambianus Wath. Encore une Cécidie (Lasioptera Eryngii Vallot). Par M. M. Lambertie. Avant fait une excursion avec notre collègue M. L. Doinet, le 11 juin dernier, au Moulin du Thil, j'ai trouvé sur VErijngium campestre L. une Cécidie, Lasioptera Eri/»gii Vallot, qui se distingua par un gon- flement pluriloculaire vert à la base du pétiole. Elle atteint 3 cm. de long sur 2 cm. de large. PROCÈS-VERBAUX 79 Séance du 5 juillet 1911. Présidence de M. A. Bardié, président. CORRESPONDANCE Lettre de MM. les D''» Barrère et Lamarque s'exciisant, en raison de leur deuil récent, de ne pouvoir assister à la séance. M. le Président dit toute la part que la Société prend au deuil cruel qui frappe nos deux dévoués et sympathiques collègues, en la personne de leur mère et belle mère. CANDIDATURES A l'unanimité sont élus membres de la Société Linnéenne : Titulaires : M"" Sarrazin ; M. le D'' Abadie (de Bourg). Auditeurs : M"*' E. Kreyssig ; M. Bouchon. ADMINISTRATION La Société délègue M. Bardié pour la représenter au Congrès du Préhistorique qui tiendra ses assises à Nîmes. M. LE Président demande, qu'à l'avenir, les rapporteurs des excur- sions ne mentionnent dans leurs comptes rendus que les trouvailles rares et intéressantes. Les vulgarités ne devront être signalées qu'à l'occasion d'observations spéciales et importantes. COMMUNICATIONS Note sur la marche des Insectes. Par le D' A. Baudrimont. Je voudrais présenter quelques observations relatives à la marche des insectes, ainsi que quelques empreintes obtenues en faisant courir certains d'entre eux sur une feuille de papier préalablement enfumée. Bien que je ne veuille pas faire ici une étude d'ensemble sur cette ques- tion, mais présenter une simple note, il me semble intéressant de dire d'abord un mot des principaux travaux que la locomotion des insectes a suscités. Cette étude est relativement récente. En 1879, Carlet, dans une 80 PROCÈS-VERBAUX communication faite à l'Académie des Sciences, montre que, chez les insectes, le jeu simultané des pattes est beaucoup plus régulier que l'on pourrait le croire. La seule règle posée jusqu'alors par les auteurs était que les deux pattes d'une même paire ne se mouvaient pas simulta- nément. Expérimentant sur des insectes à allure lente (Oryctes nasi- cornis, Timarcha tenebricosa), il voit que les pattes se meuvent dans l'ordre suivant, les chiffres représentant les pattes en place et indiquant de plus l'ordre dans lequel elles se déplacent : Les pattes 1, 2, 3 se soulèvent presque en même temps, les trois autres étant à l'appui et se soulevant à leur tour dès que les premières reviennent au sol. L'insecte repose donc sur un triangle de sustentation formé par les deux pattes extrêmes d'un côté et la moyenne du côté opposé. Pour rendre la chose plus apparente, il compare la marche des insectes à celle de trois hommes placés l'un derrière l'autre et marchant rapidement, le premier et le dernier étant au pas, celui du milieu allant au pas contraire. En 1880, J. Demoor entreprit des recherches sur la marche des insectes et des arthropodes en général, recherches qu'il continua jus- qu'en 1890. 11 montre lui aussi que le système mécanique hexapode des insectes est celui du double trépied à mouvements alternatifs et étudie leurs traces en les faisant marcher sur une feuille de papier après avoir enduit leurs pattes de couleurs différentes. Il voit le rôle qui revient à chaque patte dans le mécanisme de la progression : l'antérieure est un levier de traction, la postérieure un levier de poussée et la moyenne un levier d'appui. Il observe de plus les oscillations du corps et les dépla- cements du centre de gravité. C'est à Graber que l'on doit l'étude la plus détaillée sur le mécanisme de la marche chez les insectes. Après avoir minutieusement étudié leurs pattes au double point de vue anatomique et physiologique, il décrit les mouvements de chacune d'entre elles prise isolément et passe ensuite au jeu combiné des trois paires se mouvant simultanément. Pour cela, il choisit des insectes à longues pattes et à marche lente {Blaps morti- PROCÈS-VERBAUX 81 saga) et, après avoir enduit leurs tarses de substances colorantes, les fait se déplacer sur une feuille de papier. Même résultat que Carlet : les deux pattes extrêmes d'un même côté et la moyenne du côté opposé se soulèvent en même temps, tandis que les trois autres supportent le corps. H remarque sur ces empreintes que les traces laissées par les pas successiis tombent juste, ou presque, l'une sur l'autre et étudie Tordre dans lequel elles se produisent. 11 observe de plus les traces dues au déplacement du corps traînant plus ou moins sur le sol. il remarque enfin que, quelle que soit l'allure de l'insecte, la longueur du pas est sensiblement la même. L'exactitude de ces observations a été vérifiée par JMarey au moyen d'instantanés. Enfin, on trouvera une excellente et très complète étude d'ensemble sur l'appareil locomoteur et le mécanisme de la marche des insectes, ainsi que la reproduction des tracés de Graber et le résumé de ses tra- vaux, dans le traité d'Entomologie de Packard. J'ai entrepris, en 1906, une série d'observations sur le même sujet et suis arrivé aux mêmes conclusions générales que les auteurs précédents. Mes recherches n'ayant été influencées en rien par la notion antérieure de leurs travaux que je n'ai consultés qu'après coup, si elles ne révèlent aucune particularité absolument nouvelle, n'en gardent pas moins dans toute son intégrité la valeur d'expériences de contrôle. J'ai cru de plus intéressant de vous présenter un certain nombre d'empreintes obtenues en faisant marcher quelques coléoptères {Luca- nus cervus ç^ et Ç , Blajis mortisaga, Cetonia aurata, Cetonia stictica, H[{drophilus piceus) sur des feuilles de papier préalablement enfumées. Ces quelques recherches peuvent se résumer ainsi : 1° Lorsque l'insecte, au départ, n'a pas encore pris une allure trop rapide, les pattes se soulèvent dans l'ordre suivant, s'il part de la première patte gauche : 14 5 ^2 3 6 82 rROCÈS-VERBAUX la première patte gauclie, la deuxième du coté opposé et la dernière du côté gauche se levant presque simultanément, tandis que les trois autres 4, 5, 6 restent à l'appui pour se soulever à leur tour dès que 1, 2,3 se fixeront au sol. ]Mais, dès qu'il augmente sa vitesse, les pattes 1, 2, 3 se soulèvent en même temps et retombent en même temps, il en est de même des pattes 4, 5, G; on a donc alors le tableau suivant : 1 2 1 2 Dans les deux cas, on voit que l'insecte repose toujours sur le sol par trois pattes, tandis que les trois autres se portent en avant; par suite, le polygone de sustentation est un triangle dont les deux pattes extrêmes d'un côté et l'intermédiaire du côté opposé marquent les angles. Une dissociation aussi nette des mouvements des diflérentes pattes (1, 2, 3, 4, 5, 6) se voit assez bien au départ chez les cétoines [Cetonin aurato, Celonia slictica); je l'ai également observée chez le Blaps mortisaga. Les autres coléoptères que j'ai examinés, ayant même au départ une allure trop rapide, ne m'ont permis de saisir qu'une dissociation incomplète : 13 I 1 3 Cijhixlo- Jlœxrli \ ■^ ,'- Lucanns cervns / / 2 Chez l'hydrophile cette décomposition des mouvements est assez diffi- cile à surprendre au départ et, l'insecte accélérant sa marche presque aussitôt, on arrive au tableau suivant : 1 2 2 ^1 1 2 PROCÉS-VERBAUX 83 2° soit le tableau : «, 'j. étant les pattes de la première paire, h, S celles de la deuxième et c, y celles de la troisième. Si l'on s'en tient à la définition générale du pas, on peut dire que l'insecte aura fait un pas lorsque la patte a, partie du sol, reviendra à l'appui après avoir décrit son trajet dans l'espace. Mais, lorsque l'allure est tant soit peu rapide, 5 et c touchent le sol presque en même temps que a ; on pourra donc dire que l'insecte aura effectué un pas lorsque les pattes a, ,'5, c ou «, h, 7, ayant pivoté chacune autour de leur axe respectif, reviendront à leur positiuu d'appui. 3" La longueur du pas est, à peu de chose près, invariable quelle que soit l'allure de Finsecte (voir figure 4 et suivantes). 4° On remarquera facilement sur les empreintes qui suivent, particu- lièrement sur celle du Blaps (fig. 0), que les traces des dilférentes pattes tombent liés près les unes des autres, le plus souvent la trace de la deuxième patte se trouvant en dehors et un peu en arrière de celle de la première, la dernière étant située en dedans et plus en arrière. Cela se voit nettement sur la fig. 1 qui représente le schéma d'une empreinte obtenue en faisant marcher un Blaps mortisaga, les pattes préalablement enduites de couleurs différentes, sur une feuille de papier blanc. (Les pattes antérieures étaient enduites de bleu de méthylène, les moyennes d'éosine, les postérieures de \iolet de Parme). 5° Ce n'est pas tout de savoir dans quel ordi'e les pattes se meuvent les unes par rapport aux autres, il faut voir encore dans quel ordre chacune d'entre elles laisse son empreinte sur le papier. Si l'on sup- pose un Blaps en marche (fig. 1) de telle manière qu'il se trouve reposer sur le triangle de sustentation 'j., h, 7, les autres pattes a, 5, c étant en l'air (en appelant toujours «, b, c les pattes de gauche et «, 5, 7, celles de droite), tiré en avant par la patte c/. en même temps que poussé par les pattes b et 7, il progressera tandis que la première patte de gauche (a) viendra se fixer en 1, l'intermédiaire de droite (5) en 2 et la dernière de gauche (c) en 3. Les pattes 1, 2. 3 soutiendront à leur tour le corps et le feront avancer, tandis que c^. se portera en 4, b en 6, 7 eu G et ainsi de suite. 6° Chez certains insectes, le corps est totalement isolé du sol pendant 84 PROCÈS-VERBAUX la marche; chez d'autres, au contraire, il traîne plus ou moins sur un point quelconque de sa face ventrale (métasternum chez le Lucane, Si k O O / O / / o ,\ o ) ■/' ^-%- \ 4- o \ >^' ' FiG. 1. — Emproinle laissée par le passag-e d'un Blaps morlisaga (Pig'ure schématique, grandeur naturelle) — a, «, traces des deux i>re- niières pattes: b. S, des intermédiaires; c, y, des pattes pos- térieures. La flèche indiqtie la direction de l'insecte; les chiffres Tordre dans lequel les différentes pattes se déplacent. extrémité du pygidiimi chez les Cétoines) et la trace plus ou moins sinueuse qu'il laisse sur le papier peut être ou continue ou interrompue à intervalles plus ou moins réguliers (voir empreintes), 7» Les observations de J. Demoor, montrant que les oscillations réac- tionnelles du corps se font dans les trois plans horizontal, vertical antéro- postérieur et vertical transversal, sont faciles à vérifier (Fig. 7 et 8). 8° Malgré la différence des attitudes qui caractérisent l'insecte en marche et au repos (Fig. 2 et 3), et malgré les travaux de Carlet, de Demoor, de Graber, de Marey, on trouve encore dans la plupart des PROCES-VERBAUX 85 ouvrages des planches où des insectes, prétendus en marche, sont cependant représentés dans l'attitade du pUis parfait repos. C'est ainsi FiG. 2. — Carabe en marche (d'après Graber). FiG. 3. — Le même au repos. que l'une d'elles, reproduite un peu partout, montre un brachine immo- bile fuyant devant un carabe également immobile; ce qui, pour un esprit prévenu, produit le même effet que ierait un tableau représentant des cavaliers chargeant sur leurs chevaux arrêtés. 90 Si Ton veut étudier maintenant le rôle que joue chaque patte dans la progression de l'insecte, on peut voir, en faisant marcher un Lucane Cerf- volant sur un plan horizonlal, que la première patte d'un côté, une fois fixée, tire le corps en avant, tandis que la dernière du même côté le pousse dans la même direction et que l'intermédiaire du côté opposé lui sert de soutien. On peut donc dire, avec Demoor, que la première patte est un levier de traction, la dernière un levier de propulsion et l'intermédiaire un levier d'appui. J'ajouterai de plus que cette dernière n'est pas étrangère à la progression de l'insecte ; c'est ainsi que chez le Lucane, en plus de son rôle de soutien, elle vient manilestement ren- forcer la troisième paire dans son mouvement de propulsion. Je n'ai envisagé ici que la marche sur un plan horizontal. 86 PROCES-VERBAUX Ces quelques notes montrent que mes observations concordent exac- tement avec celles des auteurs précédemment cités. FiG. 4. — Traces proilulles p;ir un Lncaniis ccrvus Ç en inarclie. — a. a, Iraces des pâlies antérieures (enicliels; : b, f:i. traces des pattes inlermétliaires (crocliets) : <•. y, empreintes des pattes postérieures, la double trace élanl produite en dedans par l'éperon inféro-exlerne, en deluu's par rexlréniité même du tibia; c/, empreinte laissée par le métaslernum traînant sur le papier. Dans cette figure et les suivantes la tlèche indique la direc- tion de l'insecte. PROCKS- VERBAUX 87 FiG. 5 . — Traces produites ptir un Lucanus cervus cf . — a, y., crocbels ant. ; h, ^.crochets inlerméd.; c, y, Iraces des exlrémilés inle- rieures des libias posl., <•', y', élaiil celle des crochets des mêmes pattes; (7, trace du mélaslermim. On peut remarquer dans la partie intérieure de l'empreinte que, par exception, ;du coté gauclie, la dernière patte tombe en dedans de la première, tandis que du coté droit elle tombe eu ttehoi's; dans la pai'tie supérieure, au contraire, elles che- minent toutes deux eu dedans île la première, ce qui doit être regardé comme le cas habituel chez le Lucane marchant droit devant lui. Les figures 4 et 5 montrent, en outre, les diderences d'as- pect que peuvent présenter à première vue des empreintes pro- duites par des insectes de la même espèce. PROCES-VERBAUX FiG. 6. — Traces produites par un Blaps morlisaga. — a, «, pâlies anl. ; 6, 5. pâlies inlerméd. ; c, y, libias posl.; c', y', crochets des pâlies posl. Les chiffres 1, 2. 3, 4, 5, 6 indiquent l'ordre dans lequel les pattes se succèdent dans leur mouvement en avant : 1, pre- mière patte gauche — 2, deuxième patte droite — 3, dernière palle [gauche — 4, première patte droite — 5, deuxième palle gauche — 6, dernière palle droite. PROCES-VERBAUX 89 FiG. 7. Traces produiles par une GeLonia aurala. — b, p, pâlies inler- méd. ; c, y, traces des tibias posl. ; r/, trace sinueuse et dis- continue produite par le pyg-idium traînant sur le papier et traduisant ainsi les oscillalions réaclionnelles du corps dans les deux plans horizunlal et vertical anléro-posiérieur. FiQ. 8. — Traces produiles par une Celonia sliclica. — a, «, pattes ant. ; b, /3, pâlies interméd. ; c, y, tibias posl. laissant sur le papier une succession de traces obliques s'imbriquanl les unes sur les autres et donnant à l'empreinte l'aspect général d'un épi renversé. — d. exlr. du pygidium se soulevant régulièrement à chaque pas traduisant ainsi les oscillalions réaclionnelles du corps dans le plan vertical anléro-postérieur. 90 PROCES-VEBBAUX FxG. 9. — Traces produites par un Hydi'ophilus piceus. — Les (races lais- sées successivement par les trois pattes de chaque côté le superposent plus ou moins. Celle du milieu est due à la face ventrale de l'insecte traînant sur le papier. PROCÈS-VERBAUX 91 INDEX BIBLIOGRAPHIQUE Carlet, g. — Sur la locomolion des insectes et des arachnides. Comptes rend. Acad. des Se, 1879, T. 89, pp. 1124, 1125. — De la marche d'un insecte rendu tétrapode par la suppression d'une paire de pattes. Comptes rend. Acad. des Se, 1888, T. 107, pp. 565, 566. Demcor, ,1. — Recherches sur la marche des insectes et des arachnides. Etude expérimentale d'Anatomie et de Physiologie comparées. Arch. de Biologie, Liège, 1880, 42 pp. 3 Pis. — Recherches expérimentales sur la locomotion des Arthropodes. Comptes rend. Acad. des Se, 1890, T. 111, pp. 839-840. Graber, Vitus. — Ueber die Mechanik des Insektenkôrpers. Biolog. Central!)!., IV, 1884, pp. 560, 570. — Die ausseren meclianischen Werkzeuge der Tiere. II Teil, Wir- hellose Tiere, 1886, pp. 175-182, 208-210. Di.xoN, H. H. — Preliminary note on the walking of some of tlie Arthropoda. Proc. R. Du!>!in Soc. VII, pp. 574-578, 1892. A!so Nature. 1897. Marey, E. J. — Le mouvement. Paris, Masson, 1891, pp. 267, 268.— In Pac- kard, A. A Tert-Book of Entomologjj. p.' 111. Packard, A. — A Text-Book of Entomology . New -York. Tlie MacmiUan compagny, 1909, pp. 103-111. Séance du 19 juillet 1911 Présidence de 'SI. A. Bardié, président. CÂND1D.\TURES M. Claverie, 17, cours Gambella, à Talence, et xM. Godillon, 36, ave- nue des Camps (Le Bouscat), s'occiipanl le premier de botanique, le second d'histoire naturelle, sont élus membres auditeurs. COMMUNICATIONS Lecture est donnée du rapport de M. Lacouture sur l'excursion du 9 juillet, à Lacanau-lac. M. le D"" Manon montre une collection de papillons, avec leurs che- nilles, récoltés à Lacanau-lac et notamment une Lithosia imita que 92 PROCÈS-VERBAUX M. Manon n'a jamais rencontrée en France, mais dont il possède des exemplaires du Caucase. M. Artigue présente une Matricaire cultivée dans son jardin sur laquelle pousse avec beaucoup de vigueur et d'abondance discuta mi)wr. M. DoiNET montre des planches des derniers champignons récoltés par lui : Clitocijbe paradoxa C. et D. Boletus edidis var. reticulatus Fi , Tricholoma terreum var. cœgijraceum B. Remarques sur diverses Cécidies. Par Maurice Lambertie. Rhabdophaga Salicis Schrank. (Diplère. Cecidomyide). Cécidie fusiforme à Tentre-nœud des feuilles du Salix repens L., trouvée à Lacanau. Rhabdophaga dubia KiefT. Cécidie en forme de mamelle à la place du bourgeon du Salix cinei-ea L., récoltée par M. Rob. Brown. Notre collègue M. Lacouture m'a porté de Quinsac une cécidie sur une Clemalis que j'ai déterminée comme étant une Eriophyide et M. le D'" Muratet une galle du Chêne, produite par Andricus fecundator ilariig (Gynipide). A la dernière excursion do Lacanau, je signalerai enfin : Sur le Saule rampant : Pentomia proxima Lepel. (Tenthrédinide). Sur le Chêne : Cijnips Quercus-tozx Bosc. (Hyménoptère). Sur l'Aulne : Eriophjes hevis Nal. (Acarien). Séance du 4 octobre 1911 Présidence de M. A. Bardié, président. ADMINISTRATION M. LE PRÉsmENT souhaitc la bienvenue aux nouveaux membres audi- teurs : M"'' Kreysig, MM. Bouchon et Godillon. PROCÈS-VERBAUX 93 M. Breignet fait part des décès de M. le Général Paris et de M'"^ la Comtesse Lecointre. l.e Président charge le Secrétaire général d'adresser une lettre de condoléances à la famille Lecointre. M. LE Président annonce que M. Gruvel, professeur à la Faculté des Sciences, chargé de mission, membre de la Société Linnéenne, fera sa conférence le jeudi 30 novembre. M. Goum annonce à la Société que M. Rondou vient d'être nommé Officier d'Académie. Une lettre dé félicitations lui sera adressée. M. Breignet remet le nouveau catalogue de la bibliothèque et demande que ton travail soit soumis à la Commission des publications. M"'^ Granger, fille de notre regretté Collègue, désire se défaire de la bibliothèque scientifique de son père. Les ouvrages qu'elle contient pourraient peut-être intéresser les membres de la Société. ■ DON M. Llaguet offre à la Société une photographie de notre regretté collègue M. le Professeur de Nabias. M. le Président lui adresse les remerciements de la Société. COMMUNICATION M. DoiNET présente un ceitain nombre de champignons parmi lesquels : Boletus lividus B. BoJetus chnjsenteron B. — granulatus L. Colhjbia nummularia var. rumosa B. Polyporus lucidus Leys. Lepiota procera var. prominens Viv. Lepiota seminuda Fr. Remarque sur quelques Hémiptères. Par Maurice Lambertie. Je crois être utile à mes collègues s'occupant d'entomologie en leur faisant connaître quelques captures faites dans le département de la Gironde et de la Charente-Inférieure. Grâce à l'obligeance de quelques amis, j'ai pu compléter la liste des Hémiptères que je présente aujourd'hui à la Société Linnéenne de Bordeaux. Les déterminations ont été vérifiées par le D''G. Horvâth de Budapest. 94 PROCÈS-VERBAUX Chlorochroa juniperina L. Cette intéressante espèce a été prise par M. H. Laborderif», à Saint- Georges-de-Didonne^ en Avril, sur le Genévrier. Dans mon travail publié en 1910 (1), je la cite comme ayant été capturée dans le département de la Gironde, par M. Rob. Brovvn. 11 faut espérer que je la rencontrerai un jour ou l'autre dans notre région. Elle a été observée dans les départements suivants : Allier (Olivier); Aube (Abbé d'Antessanty); Aude (Gavoy); Fontai- nebleau (Amyot et Serville); Landes (D'' Gobert) ; Lyon (Mulsan et Rey); •Moselle (Bellevoye) ; Oise (Carpenlier); Toulouse (Marquet;; Vosges (D'- Puton) ; Yonne (D'' Populus). Nezara viridula SI Al var. torquata F. Cette variété a été prise à la Poinle-de-Grave, en juin, en fdochant. Elle est fort rare dans le département. Elle fut jadis signalée par feu Samie, à Cabzac, dans une salle d'hôtel. Elle se distingue de l'espèce par une bande jaune au devant du pro- notum et de la tête. Elle n'est signalée que du Midi de la France et de Corse (D'' Puton); Var (Guérin). Serenthia leeta Fait. var. confusa Put. Cette intéressante variété, prise à Saint-Médard-d'E ijraus , en Octobre, en filochant sur les joncs, est nouvelle pour le département. Elle a été signalée : Loire-Inférieure (abbé Dominique); Gers, Flautes- Pyrénées, Lyon, Vosges (D'' Puton). Aradus versicolor H. -S. Pris à Gajac, en juin, à l'état de nymphe. Cette espèce fort intéressante au point de vue géographique, est nou- velle pour le déparlement. Elle a été observée dans les départements suivants : Allier (Olivier); Ain, Charente, Gers, Nancy, Lyon, Paris (D'' Puton); Hautes-Pyrénées (Pandellé); Saône-et- Loire (Marchai). (t) M. Lamberlie. Gonlrii)ulion h ta faune des Hémiptères, Héléroptères, Cica- dides el Psyilides du Sud-Ouesl de la France (2" édition) (Exlr. Mise. Enloii. 1910). PROCÈS-VERBAUX 95 Microvelia Schneider! Schllz. J'ai pris cette espèce nouvelle pour le déparleinenl à Pessac (F Alouette), en août dernier, dans une mare. Elle est citée de : Aube (Abbé d'Antessanty); Corse, Morbihan, Nord, Vosges (D^Puton); Toulouse (Marquet) ; Yonne (D'' Populus). Macropsis lanio L. var. brunnea I-'alI. J'ai pris cet intéressant Homoptère à Saint-Vinceni-de-Paul, en juin dernier, et à Cazaiix, sur le chêne. Celte variété est nouvelle pour le déparlement. Aucun des ouvrages que je possède, ne la signale comme ayant été trouvée en France. Graphocrserus ventralis Fall. Celte nouvelle espèce a été capturée à Cil on, en septembre, en filochant. Elle est citée de TAIsace CD"" Pulon); Moselle (Bellevoye) ; Somme (Dubois). Ptyelus exclamationis Tliunb. Cette intéressante espèce a été prise à Cilon, en septembre. Elle est nouvelle pour le département. Elle signalée de Remiremont (D'' Puton); Vosges (Bellevoye) ; Yonne (Di" Populus). Agallia reticulata II. -S. Cette espèce a été prise à Camarsac, en avril, sur le Genévrier. Idiocerus ustulatus M. R. A été capturé à Camarsac, sur le Genévrier, en avril. Je cite cette espèce dans ce compte-rendu à cause de son habitat. On la prend ordi- nairement sur le Peuplier. Sur une espèce nouvelle d'Oxysoma. Par le D" E. Gendre. Les Oxysoma constituent un tout pe[it genre de Nématodes parasites, isolé, en 1806, par Schneider, du groupe des Ascaris et des Heterakis tel que le comprenaient Rudolphi et Dujardin. On en connaît actuel- 96 PROCÈS-VERBAUX lement neuf espèces : trois ont pour hôtes des Batraciens, trois vivent chez les Chéloniens, deux chez les Oiseaux et une chez les Marsupiaux. L'espèce dont je donne ci-dessous la description et cjue je dédie, en sou- venir, à mon Maître et ami M. le Prof. Ch. Pérez, a été trouvée dans le gros intestin d'un Saurien, Chamœleon gracilis Hall., en juia 1907, à Labé, en Guinée Française. Oxysoma Perezi n. sp. Dimensions. — 3J(iIe : longueur totale, 5'°™24; largeur, 0""30; œsophag-e — et queue -— de la longueur totale. Femelle : longueur totale, 7'^°'24 à 8""™60; largeur, 0'""'40 à 0""n52; œsophage g-g à ^^ et queue — à ~^ de la longueur totale. « Le corps est blanc et aminci de part et d'autre dans les deux sexes. La cuticule est finement striée. L'extrémité cépluilique (Fig. 1) est constituée par trois petites lèvres, semi-globuleuses et égales, peu saillantes, dont la base se con- fond avec le reste du corps. Une de ces lèvres est dorsale, les deux autres sont latéro-ventrales; chacune porte une grosse papille, en forme de verrue, au milieu de la lace externe. La bouche est étroite. L'œso- phage très régulièrement cylindrique dans toute sa longueur, sauf à l'exlrémité postérieure, se termine par un bulbe arrondi. L'intestin dilaté et beaucoup plus large que le bulbe à l'origine et dans son tiers antérieur, est rétréci dans les deux autres tiers. L'orifice de l'appareil excréteur, très apparent, se trouve à la face v^entrale, en avant du bulbe. II présente le même aspect que celui de VO. hrevicaudatum dans les dessins de Dujardin (1). La région postérieure du mâle (Fig. 2) est terminée par une queue conique, pointue et effilée. Les papilles, toutes de très petite taille, sont au nombre de onze paires qui se décomposent en cinq paires de préa- nales et en six paires de poslanales. Les préanales sont submédianes et disposées de chaque côté du corps sur une même ligne longitudinale, à peu près à égale distance les unes des autres. Les postanales compren- nent : deux paires dont la première est latérale et la. seconde submé- diane, en arrière du cloaque, et quatre paires, deux ventrales et deux latéro-dorsales, à l'extrémité de la queue. La première des paires ven- trales ou quatrième postanale est extrêmement petite. (i) DLijardiii : Hi^loire nalurelle des Helmiiilhes, Paris. 1845 (PI. 5, Rg'. E' et E»). PROCÈS-VERBAUX 97 » L'appareil génital mâle est simple. Les spicules (Fig. 3) au nombre FiG. 2. FiG. 1. FiG. 3. FiG. 4 et 5. FiG. 6. de deux, sont égaux et légèremant arqués. Ils possèdent deux ailes mem- braneuses, latérales, et ont la pointe entourée d'une gaine hyaline; leur longueur est de 0"'"29. En arrière, se trouve une petite pièce acces- soire de forme naviculaire sur laquelle glissent à l'état normal les spicules. La longueur de cette pièce représentée de profil dans la figure 4, et vue de face dans la figure 5, est de 85 f/. Chez la femelle, la queue est droite, conique et pointue comme celle du mâle (Fig. 6); la vulve est située à la face ventrale, dans la moitié postérieure du corps (au — environ de la longueur). — Le mauvais étal de conservation des œufs ne m'a pas permis d'en étudier les caractères. » 98 PROCÈS-VERBAUX Compte-rendu de la QS^e Fête Linnéenne à Saint-André-de-Cubzac, le 25 Juin 1911. Par M. le D<^ A. Baudrimont. La 93°"' fêle de notre chère Société Linnéenne fut célébrée à Saint- André-de-Cubzac le dimanche 25 Juin 1911. Dès 7 heures du matin, et malgré l'apparence peu propice d'un ciel encore tout voilé de ses brumes matinales, nos fidèles collègues, exacts au rendez-vous, arrivent les uns après les autres, séparément ou par petits groupes à la gare de l'État. Etaient présents MM. les Docteurs Beilleet Boyer, MM. Breignet, Brown, Doinel, Lacouture, Lambertie, D'' Llaguet, Neyraut, Souleau et votre serviteur. L'heure du départ se faisant proche, chacun de nous prend place sur les banquettes du traiu-tram, après avoir amarré dans les filets au- dessus de nos têtes, boîtes, cartonniers, piochons, filets-fauchoirs, et autres instruments de chasse ou de récolte. Bientôt après, notre véhicule s'ébranle avec lenteur, tandis cpie dans notre petite caravane la con- versation devient générale. A la Benauge, M. Bial de Bellerade, fidèle à la tradition, prend place au milieu de nous; le voyage se continue instructif et agréable, et c'est sans nous être aperçu de la durée du trajet que nous débarquons à Saint-Vincent-de-Paul, où nous sommes chaleureusement accueillis par notre sympathique et dévoué collègue M. le D'" Louis Charron qui est venu à notre rencontre. Leurs derniers préparatifs une fois terminés, les Linnéens. par petits groupes, s'échelonnent rapidement le long de la route qui côtoie, à gauche, la ligne du chemin de fer et longe les marais de Saint-Vincent- de-Paul. Nous ne tardons pas à arriver au pont de Saint-André-de- Cubzac, sous le viaduc duquel passe le chemin que nous suivons. Mais le ciel se fait de plus en plus sombre, les nuages s'amoncellent et bientôt une pluie torrentielle nous oblige à nous réfugier sous le couvert d'une ferme voisine. Nous ne sommes heureusement pas prisonniers bien longtemps, la bourrasque s'apaise peu à peu, la pluie cesse, et la récolte, déjà fructueuse, peut se poursuivre avec entrain. Tandis que les botanistes remplissent avec ardeur boîtes et cartons, les mycolo- gistes font ample et intéressante moisson; les entomologistes eux-aussi, quoique peu favorisés par le temps, n'en sont pas moins assez heureux, et nombreux, les insectes de toute sorte vont remplir leurs flacons. Ensuite, malgré une nouvelle averse, le pont-roule est allègrement PROCÈS-VERBAUX 99 franchi et nous admirons au passage les remarquables pépinières qui, sur les talus, bordent de chaqae côté le viaduc. Par la route empierrée, autrefois nationale, qui menait au bac faisant la traversée de la Dordogne, et par laquelle est passée Tarmée de Napoléon, puis par les sentiers ileuris et bordés d'aubépine, nous arrivons à Tentrée des carrières où nous sommes accueillis par le per- sonnel des Caves de M. Cousteau. Armés de flambeaux, nous nous profilons en un monôme lumineux dans les couloirs noirs et humides, entre deux imposantes théories de pyramides surchargées de bouteilles. Après avoir examiné les appareils à saccharification, visité la chambre à température surchauffée et constante, nous pouvons observer les principales manipulations par lesquelles doit passer toute bouteille de vin champagnisé avant d'être livrée au commerce. Ces diverses opéra- tions nous sont au fur et à mesure savamment expliquées, et nous sortons ravis de cette intéressante promenade souterraine pendant laquelle, la Linnéenne ne perdant jamais ses droits, botanistes et biolo- gistes ont fait ample récolte de moisissures et de champignons. Enfin nous revenons à la clarté, et, en compagnie de notre distingué collègue M. Daleau, qui est venu nous rejoindre, nous nous rendons en hâte à la terrasse de l'hôtel de la Dordogne où nous attend un déjeuner copieux et bien organisé. Au pied de cette belle terrasse, la vallée de la Dordogne s'étend à perte de vue en un splendide et grandiose pano- rama, tandis que dans le lointain brumeux ses contours de plus en plus effacés se perdent peu à peu dans le gris du ciel. Le déjeuner, rendu intéressant par la conversation scientifique et les savantes explications de nos collègues sur leur récolte du matin, peut se résumer en deux mots: gaieté et cordialité. Au dessert il nous est permis de déguster le vin mousseux dont nous connaissons maintenant toute l'histoire, grâce à la générosité de notre collègue M. Charron. Après une rapide visite aux raines du Château des Quatre-fils-Aymon, nous prenons place dans les voitures et, le soleil se décidant enfin à être des nôtres, nous nous rendons à la hâte vers St-André-de-Cubzac et St-Laurent-d'Arce. Le parcours a lieu par un soleil radieux; de chaque côté des terrains calcaires couverts d'une luxuriante végétation, creusés par espaces de carrières profondes et élagées, forment un con- traste frappant avec notre étape du matin au milieu des marais de St Vincent. Peujard ! Nous me'.tons pied à terre pour saluer M. le D'" Abadie, qui, en automobile, est venu à notre rencontre, pour faire escorte à son 100 PROCÈS-VERBAUX ami, M. Daleau, dans noire visite à la grotte de Pair-non-Pair. Notre aimable collègue nous a donné sur ses découvertes et sur ses travaux des explications aussi détaillées qu'instructives, et nous a montré, taillées dans le roc sous forme d'équidés, de cervidés, etc. les diverses manifes- tations artistiques de nos ancêtres des premiers âges. Puis, par les terrains cultivés ou incultes, mais partout émaillés des richesses d'une merveilleuse végétation, nous rejoignons les quelques botanistes qui, enthousiasmés par la variété et l'abondance des espèces, ont continué leurs herborisalions. A St-Laurent-d'Arce, nous reprenons nos véhicules pour nous rendre par la route poudreuse aux Châteaux du Mas et du Bouilh. Après une rapide course au milieu des chênes séculaires, nous pouvons admirer la vieille fontaine et les curieuses colonnades de ce vaste palais resté inachevé. Les heures s'étaient vite écoulées, et c'est à la tombée du jour, qu'après avoir dépassé le coteau de Montalon, nous atteignons les premières maisons de St-André et arrivons à notre dernière étape, l'hôtel du Lion-d'Or. Notre Président M. Bardié ne tarde pas à nous y rejoindre; M. le D'' Barrère, M. Gouin, MiM. les Docteurs Lamarque et Muratet l'accompagnent; mais la joie que nous éprouvons à les re- trouver, est attristée par le départ de M. Daleau que nous cherchons en vain à retenir. Nous sommes ensuite présentés à M. le D'' Charron, maire de St- André-de-Cubzac, et l'Assemblée Générale a lieu dans un local spécia- lement affecté pour notre traditionnelle réunion. La séance terminée, l'on se dirige vers la salle du Banquet, et chacun peut prendre place autour d'une table élégamment servie, noire Prési- dent ayant à sa droite M. le D'" Abadie qui remplaçait le Conseiller général, à sa gauche M. le D'" Charron, Maire de St-André-de-Cubzac. M. Robin en ami avait bien voulu se joindre à nous. Table artistement fleurie, mets savoureux, conversations intéres- santes, franche et cordiale gaieté ! Mention spéciale doit être faite des excellents vins du pays dont la réputation n'est plus à faire. Nous ne saurions trop à ce sujet, remercier les hôtes généreux qui nous avaient véritablement comblés. Au Champagne, notre Président, M. Bardié^ en termes vibrants et émus, nous esquisse rapidement les brillantes étapes parcourues par notre Société et rappelle qu'il y a neuf ans, les Linnéens s'étaient déjà réunis dans cette même salle. En notre nom à tous il adresse des souhaits de PROCÉS-VERBAUX 101 bienveaue à M. le D"" Abadie, dont la candidalure vient de lui être présentée, et fait revivre le souvenir de l'aide dévouée et des efforts soutenus qu'il a prodigués à notre collègue, M. Daleau, dans ses recher- ches préhistoriques. A M. le D^" Charron, dont le dévouement nous a valu un si cordial acceuil, il exprime toute notre gratitude et le remercie de la grande marque d'estime qu'il nous a donnée en faisant entrer dans nos rangs son fils, notre sympathique collègue, M. le D"" Louis Charron. M. le D'' Abadie nous donne ensuite l'assurance de son entier dévoue- ment et, sans s'engager pour son collègue dont 14 est le représentant, il veut bien cependant nous faire la promesse de son appui auprès du Conseil général. M. le D'' Charron se lève à son tour et, après avoir renouvelé ses sentiments de sympathie pour notre Société, la remercie de la visite qu'elle vient de faire à sa localité. M. Robin nous exprime sa satisfaction, et le souvenir agréable qu'il garde des heures si vite écoulées au milieu de nous. Enfin, pour clore la série, M. le Docteur Llaguet, notre dévoué Vice- Président, adresse au nom de tous de sincères et chaleureux remercie- ments à M. le D'" Louis Charron, organisateur de cette brillante journée. Mais hélas ! tout a une fin et c'est avec regret que nous voyons venir l'heure de la dislocation ; il faut partir et après avoir une dernière fois remercié nos aimables hôtes, nous nous rendons à la gare, emportant dans nos cœurs le souvenir ému et profond de cette fête si simple et si cordiale qui, tous les ans, nous trouve plus nombreux et plus imis en une même pensée : Science et vulgarisation. Compte rendu botanique de l'excursion faite à l'occasion de la 93e Fête Linnéenne. Par E.-J. Neyraut. Nos récoltes botaniques du 25 Juin on été faites : Entre la gare de Saint-Vincent-de-Paul et le pont de Cubzac (Station I) ; — autour des ruines du chàteau-fort que la tradition attribue aux quatre fils Aymon (Station llj ; — dans les carrières au S-0 de Saint-Laurent-d'Arce (Station III) ; aux abords du château de Bouilh (Station IV). A ma connaissance, cette région de Saint -Vincent à Saint-Laurent avait déjà été explorée trois fois par la Société à l'occasion de ses fêtes 102 PROCÉS-VERBAUX annuelles; les 28 juin 1838, 28 juin 1891 et 25 juin 1899. Mais, les chemins parcourus à ces différentes dates n'ont pas été toujours les mêmes ; seules les stations I et II ont été visitées en 1838 et les stations TII et IV, en partie, en 1891. Entre Saint-Vincent et le pont de Cubzac, nous avons eu le plaisir de noter deux plantes signalées en 1838 par Ch. Des Moulins : Galega officinalis, évidemment cultivé pour Tornement des jardins, et, Stachys palustris. Nous avons remarqué, en outre, sur notre chemin, un bon nombre de plantes plus ou moins communes chez nous : Œnanthe fistulosa L. Roripa amphibia Bess., var. indivisa Reichb. Hottonia palustris L. Dianthus Carthusianoram L., etc., elc. Puis, une plante bien plus rare : Vicia hirsuta S. -F. Gray, var. macrosperma Clavaud, fï. de la Gironde p. 319 ; variété décrite d'après un échantillon trouvé à La Bastide par Delbos. Cette dernière vient dans les hdies, à gauche de la route, en allant vers le pont de Cubzac, en compagnie de Vicia bitlvjnica L. Station II. — Les abords du château des quatre fds Aymoh nous ont donné : Asterisciis spinosus G. -G. Ammi glaucifolium L. (déjà observé en 1838). Agropijrum campestre G. -G. {Triticum repens L., var. intermedium Lloyd;. Bupleurum protraclum Hofîm. et Link., etc. et le sommet du vieux château, deux variétés de Rosa canina L. : la var. ramosissima (Déségl.) Rau, que Ton retrouve dans la Gironde, à Abzac (récolte Neyraut) et la var. Amansii (Déségl. et Rip.) Rouy, encore peu connue. La station III de notre excursion a été sans contredit la plus intéres- sante de la journée. A peine un quart d'heure, demi-heure au plus — trop peu — passé dans les carrières de Saint-Laurent-d'Arce, nous a permis de récolter presque toutes les plantes qui y avaient été observées le 28 juin 1891 : Iberis aniara L. (Cette plante correspond à la forme ruficaulis Lejeune /. drcipiens Jord.). Sedum anopetalum DC. (var. genuinum Rouy.). Ononis natrix L. (var. major Boiss.). PROCÈS-VERBAUX 103 Helichrysum stœchas DC. Linum tenuifolium L. Helianthemum pulvenilentum DC. Fumana procumbens G. -G. {Helianthemum procumbens Lloyd et FoLicaud). Coronilla minima L. (var. genuina G..G.)- Inula montana L. Convolvulus Cantabrkus L. (ce dernier observé bien plus abondant qu'en 1891!) Seuls : Echinospermum Lapulla Lehm., Ammi majus L., Specularin spéculum. k\^\i. DC., Ononis columnx Ail., ont échappé à nos recherches. Nous avons cueilli, en outre, dans ces mêmes carrières de Saint- Laurent : Hippocrepis comosa L. yar. genuina Rouy. Coronilla scorpioides Koch. Bupleur'um proiractum Hoffm. et Link. Thesium humifusum DC. Observés dans la région soit en 1831, soit en 18C9, mais non dans ces carrières; puis les espèces suivantes dont la plupart ont dû passer inaperçues au cours des excursions précédentes, et qui, à mon avis, méritent d'être signalées : Chxnorrhinum minus Lange {Linaria minor Desf.). Stachys recta L. Asperula cynanchica L. Arabis hirsuta Scôp. var. A. pubigera Jord. Kœleria setaceta Pers., var.glabra G. -G. (A'. Valesiaca Gaud) et var. ciliata G. -G. [K. setacea DC). A ma connaissance cette espèce non encore signalée dans la Gironde. Euphrasia Tatarica Fisch., var. E. slricta Ilost. [E. rigidula Jord.). Reseda lutea L. var. vulgaris J. MiUL Anthyllis vulneraria L., f^ A. communis Rouy. Prunus Mahaleb L. (un seul pied — très probablement nouveau pour la Gironde). Globularia vulgaris L. sp. G. Wilkommii Nym. Centranthus ruber DC. Teucrium chamsedrys L. Teucrium montanum L, var. lavandulifolium Rouy. Potentilla verna L., Huds., var. vulgaris Ser. Fumana Spachii Gr. et Godr. var, genuina Rouy et Fouc. {Helian- 104 PROCÈS-VERBAUX themum Fumuna Ltoyd et Fouc. fl. Ouest), que l'on retrouve, en outre, clans la Gironde, sur les coteaux au sud de Saint-Michel, près de La Réole (récolte Neyraut, 26 juin 1892). Cet(e espèce est absente de la flore de Clavaud; mais, dans celle de Lloyd et Foucaud, parue à la même époque, elle est parfaitement indi- quée à Saint-Laurent-d'Arce (Merlet 1882). Notre récolte du 25 juin ne fait donc que confirmer les indications de Foucaud. Enfin, pour clore la liste, trois Rosa évidemment négligés : R. micrantha Sm. et Sow., var. Borseana Rouy {R. nemorosa Boreau). R. stijlosa Desv. var. systyla (Bast.) Baker, que Ton retrouve à Saint- Emilion (récolte Neyraut, 23 juin 1907). R. Canina L., var. curticola (Pug.) Rouy. — Ce dernier vient égale- ment entre Facture et Lamothe, en compagnie de Rosa tomentosa (récolte Neyraut). Le Fumana procumbens G. -G. que nous avons rapporté des carrières de Saint-Laurent, n'est pas typique. C'est un sujet stérile, un état téra- lologique qui, par le port, la disposition des feuilles étalées, très serrées, ses tiges et ses rameaux tortueux, entièrement couverts, surtout dans le haut, par les cicatrices des anciennes feuilles, rappelle certains Passe- rina dioica Ram. à feuilles très étroites. L'état normal, fructifère, a échappé à nos recherches. La station IV, au château de Boiiilh, que nous avons vue très rapi- dement, ne nous a donné rien d'intéressant, si ce n'es-t Anchusa italica Retz., observé d'ailleurs, dans ces parages, en 1891, puis, Orchis mon- tana, récolté dans le parc du château. PROCÉS-VERBAUX; 105 Séance du 18 octobre 1911. Présidence de M. A. Bardié, président. COMMUNICATIONS M. DoiNET étudie les champignons qu'il a recueillis dans ses dernières sorties : Clitocijbe viridis Scop., Mijcena Seynii Q., Flammula chrysopJiylla Fr., Polyporus verskolor L., Boletus scaber, var. aurantiacus ; enfin une Amanita ovoidea à volve ocracée. Compte rendu entomologique de la Fête Linnéenne du 25 Juin 1911 à St-André-de-Cubzac. Par M. Maurice Lambertie. C'est aux environs de Saint-Vincent-de-Paul que les entomologistes se sont rendus. Si les insectes recueillis sont, pour la plupart, communs dans le département, parmi eux s'en trouvaient cependant quelques-uns de nouveaux : Macropsis lanio L. var. brunnea Fall. et Psyllopsis fraxi- micola Frst. Voici les espèces d'Hémiptères récoltés : Lyctocoris campestris Fab Sur le frêne. Pilophorus perplexus Scott Sur l'aulne. » clavatus L. — Phylus Coryli L Sur le coudrier. » melanocephalus L Sur le prunellier. Psallus alnkolla Dgl. S Sur le chêne. Alebra albosiriella Fall. ■ — Empoasca smaragdula L. — Eupterix concinna Ger. — Macropsis lanio L. — » » var. brunnea Fall. — 106 PROCÈS-VERBAUX Deltocephalus argus Marsh Sur le peuplier. îdiocerus scurra Germ. — » confusus Flor. — Pediopsis nassata Germ. — » virescens Fabr., var. graminea Fabr. — Ptyelus spumarius L Sur le chêne. Issus coleopfrata Fab. — Psijlla Crntœgi Schik. — Psyllopsis fraxinkolla Frst Sur le frêne. Séance du 8 novembre 1911 Présidence de M. A. Bardié, président. CORRESPONDANCE Lettre de M. Rondou demandant à être nommé membre correspondant. ELECTIONS La Société procède à Téleclion des membres du Conseil et des Com- missions annuelles. Sont nommés membres du Conseil MM. Bardié. Barrère, Boyer, Breignet, Daydie, Degrange-Touzin, Devaux, Lamarque, Lamrertie, Llaguet, Muratet, Rozier. A la Commission des Archives : MM. Boyer, Fe\teau, Peyrot. A la Commission des Finances : MM. Baudrimont, Daydie, Lacouture; celle des publications de MM. Doinet, Muratet, Rozier. COMMUNICATIONS M. Degrange-Touzin donne lecture de la notice nécrologique qu'il a consacrée à notre regretté collègue, M. Oranger. Cette notice sera pubUée dans les Actes. M. Bardié fait admirer deux papillons, Lycœna batica, trouvés dans un appartement et provenant sans doute de légumineuses apportées d'une excursion botanique dans les Pyrénées. M. DoiNET fait passer sous les yeux de ses collègues les champignons PROCÈS-VERBAUX 107 ci-après, provenant d'une excursion mycologique faite à Gradignan, par M. J. Bardié, frère de noire Président : Tricholoma sulfureum var. bufo- Mycena zeplura Fr. nium Pers. (de très grandes di- Omphalia câlina Fr. mensions). Cortinarius collinitus Sow. Colhjbia longipes B. Stropharia œruginosa Curt. radicata ¥r. F. Dan. Polyporus frondosus Lactarius lactifluus Sch. var, albocyanea Desm. Russula Queletii ¥v. (chapeau blanc-violet). Sur les tubes de Fistulina hepatica. Par M. Doinet. En examinant un champignon de taiUe moyenne de l'espèce Fistulina hepatica Huds., j'ai remarqué que les tubes en étaient très écartés les uns des autres, et avaient une longueur dépassant huit millimètres. N'ayant pas eu l'occasion de faire une observation semblable sur les très nombreux individus de cette espèce qui me sont passés sous les yeux, jusqu'à présent, et qui, tous, avaient une couche fructifère formée de tubes courts et serrés, il me parait intéressant de signaler cette particularité. Sur la croissance de Volvaria gloiocephala. Par M. Doinet. C'est un fait connu que certains champignons, principalement ceux dont le stipe est bulbeux, tels que les amanites, les lépiotes, etc., conti- nuent à croître après avoir été détachés du sol. Je viens d'en faire la constatation. Notre collègue, M. le D^ Boyer, a bien voulu m'apporter hier soir, un champignon à l'état naissant, portant sur son chapeau une large squame, débris de volva, champignon qu'un examen sommaire, à la lumière d'une lampe, m'a fait prendre tout d'abord, vu sa forme et la coloration blanche des feuillets, pour une amanite. En examinant aujourd'hui ce nouveau né, je vis que depuis la veille ses formes s'étaient sensiblement modifiées et qu'il appartenait non au genre Amanita, mais au genre Volvaria, à l'espèce gloiocephala que 108 PROCÉS-VEPBAUX depuis longtemps je recherchais à l'état naissant, pour compléter mes planches. J'en fis immédiatement le dessin, et, après mon déjeuner, je me préparai à le colorier. Nouvelle surprise : mon dessin n'était plus exact! Le champignon, pendant mon repas, avait augmenté d'une façon très visible. Je me mis à l'ouvrage. Le coloris terminé, je constatai que mon modèle avait continué à s'épanouir, et que le diamètre de son chapeau, en deux heures, s'était accru de i centimètre 1/2. Remarque sur quelques Hémiptères nouveaux ou rares pour le département de la Gironde. Par M. Maurice Lambertie. Comme suite à ma communication du 4 Octobre dernier, voici la liste des espèces nouvelles que j'ai capturées l'an passé, avec l'indication des nouvelles localités des espèces rares pour le département. Geotomus elongalus H. -S. — Nouvelle espèce; Soulac, dans le sable, au pied des plantes. Bothroslelhus annuUpes Costa. — Nouvelle espèce; Lacanau-Océan (côte d'Argent), en Juillet, sur le Genêt. Nyzius punclipennis H. -S. — Nouvelle espèce; Soulac, en Juillet, dans le sable, au pied des plantes. Macropterna marginalis Fieb. — Cette intéressante espèce a été capturée par le capitaine R. Léon-Dufour, à Cazaux, en Juillet dernier, courant sur le sable du bord de l'étang. Nouvelle pour le département. Fort rare, elle n'a été prise qu'à Toulouse par J. Duval. Paromius leptopoïdes Ramb. — Capturée à Cormeillan, en Janvier, sous des débris d'ajoncs, par M. Giraud. PUnthisus brevipennis Latr. Cormeillan, en Juillet, sous des ajoncs coupés. Pionosomus varius Wolff. — Capturée à Soulac, en Juillet, par mon ami et collègue M. H. Laborderie, dans le sable, au pied des plantes. Piesma quadrata Fieb. var. dilatata Jak. — Nouvelle variété; Cor- meillan, en Juillet, sous des débris de paille. Piezostethus obliquus i^osia.. — Nouvelle espèce; Soulac, en Juihet, au pied de graminées. PROCÈS-VERBAUX 109 Antiiocoris SarroUiamni D. S. — Nouvelle espèce; Soulac, en Juillet, au pied des plantes. Thamnotellix Fieberi var. txniatifrons Kb. — Camblanes, en Août, sur le lierre. Je cite cette espèce à cause de son habitat. On la prend ordinairement sur le prunellier. Platymeiopius guitatus Fieb. — Citon, en Août, sur le chêne. Ulopa trivia Germ. — Nouvelle espèce; Le Verdon, en Juillet, dans le sable des dunes, au pied des plantes. Ptyelus minor Kb. — Nouvelle espèce; Lacanau-Océan, en Juillet, sur le genêt. Psyllopsis fraxinicola Frst. — • Nouvelle espèce, St-Vincent-de-Paul, en Juiu dernier, sur le frêne. Dans ma communication du 4 octobre dernier, j'ai mentionné le Chlo- rochroa Juniperina Lin. en exprimant Tespoir de le retrouver un jour ou Taulre dans le département. J'ai trouvé, le 15 octobre, un grand nombre de ces hémiptères au Château du Thil (Gajac). Séance du 22 Novembre 1911 Présidence de M. A. Bardié, président. COMMUNICATIONS M. MoTELAY rapporte de Saint-Georges-de-Didonne un coquillage fos- sile et deux champignons qu'il soumet à ses collègues. M. DoiNET montre de nouveaux champignons parmi lesquels une Volvaria gloiocephala récoltée dans un jardin de la rue de St-Genès, puis Tricholoma russula B., Tricholoma columhetta Fr., Clitocybe cyathiformis B., Laclarius serifluus Fr., Laclarius uvklus Fr., Xylaria polymorpliis. En réponse à une question posée par la Société mycologique de France à sa séance du 4 mai 1911, M. le D^ Boyer fait remarquer que non seulement le Tricholoma terreum est comestible mais encore que celui des truffières est d'un goût fort délicat. 110 PROCES-VERBAUX Compte rendu de l'Excursion du 9 Juillet 1911, à Lacanau Par M. Lacoutune. Etaient présents : M. Bardié, M. et iM'"" Llaguet, M. Rozier et son fils, M. Brown, M. Artigaes, M. Boyer et son fils, M. et M"^ Lacoutiire, M. Lambertie, M. Neyraut, M. et M°"^ Manon, M. et M"'^ Baudrimont, M.' Bouchon, M. Souleau, M. Godillon, M"'' Kreyssig, M. Claverie, M''-^ Hucher, M"*^ Sarrazin, M. L. Vigie, M. Sigalas fils. En tout vingt-six linnéens et leurs invités. L'excursion fut des plus réussies. Les bords du lac furent d'abord explorés par les botanistes et les entomologistes qui y trouvèrent les plantes et les insectes caractéristiques de cette région. Après un repas charmant à l'hôtel Marian, le groupe se dirigea de nouveau vers l'étang où des barques l'attendaient et le transportèrent à l'Ile aux boucs, et ainsi s'acheva l'après-midi. ±0 Liste des plantes récoltées. Lotus Jiispidus Desf. lUesebrum verlicillatum L. Oxalis cernua Thunb., échappée Mijrica Gale L. des jardins. Alisma ranime uloides L. Hydrocotijle vulgaris L. Carex punctata Gaudin. Galiiim palustre L. Anthoxanthum Puelii Lecoq. Ment ha puleghim L. Lobelia iirens L. Festuca oraria Dum. Carex trinerois Degl. Salix repens L. Psainma arenaria Roem. Utricularia intermedia Dreveset Hayne » m in or L. Jibijnchosphora alba Valhl. » fusca Roem et Sch. Ilyperkum clodes L. Genista anglica L, Radiola linoides Gmel. Corrigiola littoralis L. Nymphéa alba L. var. minor. Gnaphalium uliginosum L. Euphragia viscosa Griseb. Ptychotis Thoret G. G. Myriophyllum alterniflorum D. G. Juncus pygmœiis Lam. Drosera intermedia Hayne. » tenegeia Elirh. Cladium mariscus R. Br. Sagina nodosa Fenzl, Sagina subulala Wim. Lobelia Dortmanna L. non fleuri. Cicendia pusilla Griseb. Aira uliginosa Weihe. Cicendia filiformis Delarbre. PROCÈS-VERBAUX iii 2° Liste des insectes capturés. Par M. Maurice Lambertie. HÉMIPTÈRES Sciocoris maculalus Fieb A la base des graminées. Eusarcoris xneiis Scop Sur l'aulne. Pentatoma ru/îpes L. — Arma custos Fab. — Elasmostethus griseus L. — Bothrosteihus amiulipes Costa A la racine des genêts. Telraphleps vittata Fieb. — — Juponia Hippophaës Fieb. — — Athysaniis lineolatus Briillé. — — Acocephalus hislrionicus Fieb. — — » albifrons L. — — Plyelus minor Kb. — — Psijlla Spartii Guér. - — — Arytaina Geniske Latr. — — Cymus glandicolor llahn En filochant sur les joncs. Ischnorhynchus Resedœ Pz. — — Delphax albosiriata Fieb. — — Agallia oenosa Fait Sur le chêne. Ptyelus spumarius L. var. Unealus F. — » » ù fasciatus F. — NÉVROPTÈRES Myrmeleo formkarius L Au vol sur le bord du lac. Excursion mycologique du 22 octobre 1911, à Tresses-Mélac. Par M. Doinet. Cette excursion mycologique (la première, peut-être, qu'ait faite la Société depuis sa fondation) a réuni vingt-quatre personnes : Neuf linnéens : MM. Bardié, Boyer, Doinet, Godillon, M"^ Kreyssig, MM. Lacouture, Lambertie, Neyraut, M"" Sarrazin. Quinze invités : M. Boyer fils, M. et M^^ Claverie, M. Fontebride, M. et M'"'' Gary et leur fils, M. et M""*^ Godemet, M. Graton, M'"^ Hucher, M'ie Henriette Lacouture, M. Marcel Lacouture, M"« Lemore, M"-^ Poulin. 112 PROCES-VERBAUX Le nombre des espèces de champignons récoltés à Texcursion de Tresses-Mélac, le 22 octobre, a dû très probablement être double du nombre des espèces figurant sur la liste ci-dessous. Malheureusement le temps, très favorable à l'éclosion des cryptogames, l'était beaucoup moins à leur conservation. Malgré les précautions prises, la pourriture et les attaques des larves ont arrêté, après quelques jours, les travaux de détermination. La liste suivante est donc très incomplète. Liste des Champignons récoltés. Amanita ovoidea B. » citrina Sch, « » var. mappa Fr. » phalloides Fr. » rubcscens Fr. Lepiota excoriala Sch. » granulosa Bat. » » var. cinnaba- rina A. et S. ArmUlaria mellea Vahl. » macida Schr. » rhagadiosa Fr. Tricholoma nudum B. , » sulfureum B. » » var. èw/bwnonPers. )) terreum Sch. » columbetta Fr. w decastes Fr. Clitocijbe nebularis Batsch. » inversa var. flaccida S. » infandibuUformis var. catina Fr. » cerussata Fr. Omphalia tigrina A. et S. Colhjbia fusipes B. » longipes B. » rndicnta Relh. Marasmins oreades Boit. Bggrophorus limacinus Scop. Hggrophorus conicus Scop. » aureus Arrh. Laccaria laccata Scop. » » var. tortiUs Boit. » » vav.amethystina Vaill. » » var. sandicina Fr. Cantharellus aurantiacus Wulf. » cibarius Fr. Lactarius vellereus Fr. » piperatus Scop. » ru fus Scop. » controversus Fr, » azonites B. » zonarius B. » serifluus Fr. » lactifluiis Sch. » subdiilcis B. w de li ci os us L. Bussula emetica Sch. » heterophglla Fr, » adusta Pers. » fœtens Pers. » furcata Pers, » Quelelii Fr. » sanguinea B. )) virescens Sch, » xerampelina- Sch . PROCES-VERBAUX 113 Nictalis parasitica B. Mycena galericulata Scop, » 2^'^''^^ Pers. Pleur otus geogenius DC. » ostreatus Jacq. SchyzopJtillum commune Fr. Entoloma lividum B. Pholiota fegerita Fr. » subsquarrosa Fr. » Paxillus Fr. Cortinarius collinitus Sow. » decumhens Pers. » anomalus Fr. Inocybe sambucina Fr. » repanda B. PsaUiota arvensis Sch. PsaUiota pratensis Sch. » silvatica Sch. Hypholoma fasciculare Huds. » transversum R. » lacrymahundum B. Stropharia coronilla B. » ieruginosa Curt. Panœoius papilionaceus Fr. Coprinus Brunaudi Q. » dômes tiens Pers. » stercorarius Fr. Boletus granulatus L. » bovinus Kr. » chrysenteron B. Polyporus fumosus Pers. » resinaceus BoLid. » incanus Q. » intybaceus Fr. » Schweinitzii Fr, Dsedalea quercina L. Fistulina hepatica Hads. Clavaria gracilis Pers. » délicat a Fr. s epichnoa Fr. » cinerea B. » palmata Pers. Craterellus sinuosus, var. crispus Sow. » cornucopioides L. Scleroderma vulgare Fr. » verrucosum B. Xylaria hypoxylon L. Note sur l'origine des signes cf, 9. ^ Par M. le D' A. Baudrimont. D'aucuns d'entre vous, Messieurs, se sont peut-être demandé quelle pouvait bien être l'origine des signes cf, Ç, $, que nous employons tous les jours pour désigner les sexes mâle et femelle et l'hermaphro- disme. Ne s'arrêlant pas au seul énoncé du problème, les uns ont peut- être cherché et trouvé une solution satisfaisante; les autres, l'esprit tendu vers leurs travaux, n'ont sans doute fait qu'effleurer la question sans s'attarder à la résoudre; d'autres, enfin, ne s'en sont peut-être même jamais préoccupés, ne voyant en ces symboles qu'une notation conventionnelle et commode, née du caprice du premier qui s'en est servi, et transmise jusqu'à nous par l'usage. H4 . PROCÉS-VERBAUX Ayant été embarrassé par cette même question et en ayant trouvé par la suite une explication, sinon la vraie, tout au moins pleinement satis- faisante, il nous a paru intéressant de vous la communiquer. Si elle est exacte, tant mieux ; si elle engendre la discussion, tant mieux encore, de la discussion jaillit souvent la lumière; il se peut enfin qu'un de nos savaats Collègues veuille bien nous en donner une meilleure et ces modestes lignes auront alors à nos yeux le mérite de l'avoir provoquée. Quelle est donc Torigine des signes cf, Q, $? Employés en botani- que et en zoologie pour désigner les sexes mâle et femelle et Therma- phrodisme, nous les retrouvons en astronomie, (^ représentant la pla- nète Mars, 9 Vénus, ^ Mercure. Or, d'après la croyance ancienne, il existait pour les Alchimistes certaines relations entre les métaux et les divers membres du système solaire; nous ne sommes donc nulleuient surpris de voir astres et métaux désignés par les mêmes symboles. C'est ainsi que cf représentait à la fois Mars et le fer, 9 Vénus et le cuivre, ç^ Mercure et le mercure. Que Mars et le fer soient figurés par le même signe, rien de plus natu- rel; l'on sait, en effet, que le fer était dédié à Mars, dieu de la guerre, de là l'adjectif martial qui sert à qualifier certaines préparations ferrugi- neuses, de là encore le nom de vitriol de Mars donné autrefois au sul- fate de fer. Il en est de même du cuivre auquel les anciens chimistes avaient donné le nom de Vénus à cause, suivant les uns, de la teinte bleutée de ses sels rappelant plus ou moins l'éclat bleuâtre de l'étoile du matin; suivant les autres, ils l'auraient dédié à la déesse de l'amour « à cause de sa grande tendance à se combiner avec les autres corps » (1). C'est ainsi que l'acétate de cuivre se nommait encore cristaux de Vénus (cristulli Vencris)^ le sulfate, vitriol de Vénus. Moins apparent est le rapport qui unit le dieu Mercure au métal liquide. 11 nous semble cependant pouvoir s'expliquer par le fait qu'Her- maphrodite, dont on sait l'aventure avec la nymphe Salmacis, était le fils de Mercure et que, d'autre part, l'on regardait autrefois le mercure comme susceptible de se multiplier, il était pour les Anciens le principe de tous les métaux et corps solides et fixes. Ces quelques notions nous donnent la clef de l'emploi des signes cf , 9 et ?^ en Histoire naturelle. Qu'y a-t-il d'étonnant en effet à ce que le signe cf , qui représente Mars, dieu de la guerre, et le fer qui donne la force, désigne encore le sexe mâle? que la même notation 9 (1) Bescherelle, Dictionnaire Xalional, 1862, l. II, p. 1G07. PROCÈS- VERBAUX 115 symbolise à la fois Vénus et le sexe femelle? Il était tout naturel enfui de représenter le mercure, Mercure et Fliermaphrodisme par le même signe ^ , puisque Hermaphrodite était le fils de Mercure et que, d'autre part, les alchimistes regardaient le mercure « argent imparfait » comme susceptible de se reproduire lui-même. Telle est, nous semble-t-ii, l'explication ou tout au moins une des explications de ce petit problème que nous nous étions donné de résou- dre. Encore une fois, nous n'affirmons rien et si quelqu'un de nos Collègues en connaît une meilleure, bien aimable à lui serait de nous la communiquer. Séance du 6 décembre 1911 Présidence de M. le D"' Llaglet, vice-président. ADMINISTRATION M. Daleau transmet l'oflre de M""^ Parret-Lalerrade du portrait de Charles Laterrade par un Linnéen, le docteur Adolphe Charropin. L'offre est acceptée. COMMUNICATIONS M. DuBALEN signale VHelix constricta k Hagetmau (Landes). M. Daydie montre un exemplaire seneslre de Testacelta Mangei. Au nom de M. Doinet, M. Boyer donne les noms des deux rares Geaster apportés par M. Motelay : G. Schmideli Wilt. et G. elegans Witt., puis montre divers autres champignons : Pleurolus ostreacus, C. conchatus, Polhjhia biiti/racea, Inocybe deslricta. M. Castex a déterminé comme étant le Lima gigantea du Senonien, le coquillage présenté par M. Motelay, Migrations d'Hirondelles. Par fVI. François Daleau. Retenu à ma propriété de Barbe, commune de Bourg, durant les travaux vinicoles, j'ai observé, le mardi 3 octobre dernier, dans l'après- midi, par une pluie fine presque froide, j'ai observé dis-je, le passage lie PROCÈS-VERBAUX de petites hirondelles ainsi colorées : manteau noir à reflets bleus, le dessus et plus particulièrement le dessous du bec avec plumes mar- ron; la poitrine et le ventre d'un blanc sale; la queue un peu plus longue que les ailes. Cette espèce appelée Grison dans le Bourgeais, est VHirundo rustica, Lin. (hirondelle de cheminée) jeune, d'après la détermination qu'en a fait obligeamment M. Chaîne, maître de Confé- rences de zoologie à la Faculté des Sciences, sur un exemplaire que nous lui avons soumis. Ce dit jour, pendant que cinq hommes foulent et pressent la vendange, six ou sept de ces petites hirondelles volant avec peine, pénètrent dans le cuvier, se posent sur les poutres, un peu partout, essaient de capturer des mouches, des araignées sur les parois de ce local, puis elles entrent dans la cuisine, voltigent deci, delà, se reposent sur la corde d'un tour- nebroche, sur le manteau d'une grande cheminée, voire même sur une table ou j'écris; une d'elles, exténuée, se laisse prendre à la main : elle est éiique, paraît mourir de faim. Le soir vers 8 heures, j'entends quelques uns de ces oiseaux qui gazouillent sur les chevrons de la cuisine. Mon frère, qui était à Château-Coudet, commune de Saint-Laurent- d'Arce, soit à environ six kilomètres de Barbe, a constaté, ce joui^-là, à la même heure, pareil passage de ces oiseaux migrateurs qui, exténués, se réfugiaient dans les maisons où on aurait pu les prendre à la main. Le 4 octobre. — Le soleil paraît le malin, la température est un peu moins basse, mais il bruine par intermittences. Des hirondelles plus grandes, plus fortes, cehes que nous voyons ordinairement dans la région du Bourgeais, qui sont encore des Hirundo rustica^ mais adultes, passent en nombre, rasant la terre, se dirigeant vers le midi, ne paraissant pas incommodées par la température; il n'en est pas ainsi des individus jeunes qui, aujourd'hui plus nombreux, vol- tigent avec peine, passent, repassent près de moi à portée de mes mains. Vers midi, je constate encore leur présence dans la cuisine, où plusieurs ont passé la nuit; on m'en apporte trois ou quatre mortes, absolument maigres, desséchés. Le lendemain, le beau temps étant revenu, ces pau- vres oiseaux sont partis laissant des morts un peu partout. Ce passage d'Hirondelles familières (la faim fait dit-on, sortir le loup du bois), plutôt affolées, sans doute faute d'aliments (les insectes dont elles se nourrissent ne volent probablement pas pendant la pluie), le passage dis-je, de ces malheureux petits oiseaux a été remarqué le même jour, 3 octobre : 10 à Vérac, canton de Fronsac, par mon ami et nouveau collègue PROCÈS-VERBAUX 117 Linnéen M. le D"" Abadie. — 2° à Bourg, par les employés de la gare du chemin de fer; S" à Saint-Ciers-sur-Gironde par M. Davril, directeur de l'Ecole communale de Bourg. Ces émigrants partis peut-être le même jour d'une même région, devaient être nombreux à en juger par la distance qui sépare les loca- lités où on a constaté leur présence; en effet, le parcours de Saint- Ciers-sur-Gironde, à Vérac, par Bourg, est d'environ soixante kilomètres, sur une largeur de six kilomètres entre Barbe et Château-Coudet. Ces oiseaux affaiblis, à bout de forces, allant à peu près du Nord au Sud, ont suivi la rive droite du fleuve et de la rivière qu'ils n'ont pas osé traverser. Il serait intéressant de savoir si le passage de ces migrateurs affolés a été remarqué, ce même jour, en aval de Saint-Ciers-sur-Gironde, en amont de Vérac et sur la rive gauche de la Dordogne et de la Gironde. Boutons anciens renfermant des insectes et des graines. Par le D"^ A. Baudrimont. A côté de l'entomologie pure qui étudie les insectes au triple point de vue anatomique, physiologique et taxilogique, qui en observe les mœurs, en interroge l'histoire, se place tout naturellement l'entomologie appli- quée qui n'est, en somme, qu'une branche de la première et qui, elle, étudie les insectes ou tout au moins un certain nombre d'entre eux à un point de vue plus spécial : agricole, industriel, thérapeutique, etc. Parmi les différents chapitres de l'entomologie appliquée, il en est un qui, pour n'être pas le plus important, n'en est cependant pas le moins intéressant; je veux parler du rôle que les insectes ont joué ou sont appelés à jouer dans les arts, que les artistes se bornent simplement à les reproduire avec plus ou moins de fidélité et d'exactitude ou bien encore que l'homme, sauvage ou civilisé, emprunte à l'insecte lui-même et son éclat parfois incomparable et la richesse de son coloris pour lui servir de parure. C'est ainsi que certains indigènes de l'Amérique du Sud, entre autres les Roucouyennes, rehaussent leurs pendeloques de l'éclat métallique des élytres de Buprestes, c'est ainsi encore que nous avons tous vu certains coléoptères exotiques, Buprestes, Curculionides ou autres, montés en' broches, boucles d'oreilles, épingles de cravate, etc. etc.. Cherchant depuis peu à me documenter à ce sujet, j'ai cru devoir vous soumettre quelques exemples. 118 PROCÈS- VERBAUX Les quelques spécimens que j'ai Tlionneur de vous présenter sont certainement plus curieux que vraiment artistiques et tirent plutôt leur intérêt de leur originalité et de leur ancienneté relative. Ce sont trois boutons qui, d'après M. Descamps, l'expert bien connu, seraient de l'épo- que du Directoire. Ils sont formés par une sorte de cupule métallique fermée en avant par un verre convexe, le tout encerclé à la périphérie par une bandelette de cuivre; leur diamètre est de trois centimètres et demi. Ils renferment, le premier trois hémiptères (Pyrrhocoris apterus), vulgairement connus sous le nom de soldats, qui primitivement devaient être disposés en triangle; le deuxième une cantharide (Cantharis vesica- toria); le troisième des graines. Insectes et graines sont plus ou moins entourés de brindilles de mousse. Le verre, rayé en tous sens, indique bien que ces boutons ont servi. Enfin, à côté de ces exemples où les insectes figurent eux-mêmes, permettez-moi de vous présenter une petite mosaïque florentine montée sur argent, de la fin du xvni^ siècle ou du commencement du xix^, ne mesurant que vingt-trois millimètres et représentant avec assez de bonheur, tout au moins pour ce qui est de la forme, un petit coléoptère de la tribu des Mélolonthiens. Séance du 20 décembre 1911 Présidence de M. A. Bardié, président. ADMINISTRATION Les dates des séances pour Tannée 1912 sont ainsi fixées Janvier . . . .. 10-24 Juin , .. 5-19 Février 7-28 Juillet .. 3-17 Mars , 6-20 3-17 Octobre , .. 9-23 Avril Novembre ... 6-20 Mai 1-15 Décembre .... .. 4-18 COMMUxNICATIONS M. Degrange-Touzin lit divers passages d'une importante contribution à l'étude de VAquilanien dans la vallée de la Douze (Landes). La Société décide de faire paraître ce travail dans ses Actes. ' PROCÈS-VERBAUX 119 M. Peyrot remet une nouvelle partie de la Conchologle néogénique de l'Aquitaine, comprenant la fin des Pelecypodes dimyaires avec toutes les planches s'y rattachant. Ce travail paraîtra dans les Actes, au cours de l'année 1912. M. DoiNET montre de superbes planches mycologiques ainsi que des champignons récoltés par M. J. Bardié, frère de noire Président, parmi lesquels deux échantillons que M. Uoinet voit pour la première fois dans la Gironde : Bacryomitra glossoides Pers. et Colhjbia orhifonnis, var. dito- jjus Fr. A propos de Lithosia unita Hbn. Par M. H. Gouin. J'ai lu avec beaucoup de plaisir, dans le dernier fascicule des procès- verbaux de la Société (juillet-octobre 1911), la note de notre collègue M. le D'' Manon, au sujet de Lithosia unita Hbn. Je me permets aujourd'hui d'y ajouter quelques mots. Cette espèce n'est pas nouvelle pour la France, ni pour le département de la Gironde. En 1894, j'ai eu le plaisir de prendre, à la miellée, à Soulac- sur-mer, un exemplaire de Lithosia unita Hbn, et un second exemplaire de sa variété Vittllina, Tr. Depuis je l'ai reprise fréquemment dans la même localité, soit à la miellée, soit à la lampe. En 1903, j'en pris égale- ment plusieurs sujets, dans l'entre-deux-mers, entre Daignac et Nogent. De son côté, M. Brown signale, en 1899, dans nos procès-verbaux, la variété, Arideola Hering., deLignan, et Flaveola. Ramb., deCaudéran. Lacanau n'est donc qu'une nouvelle localité pour notre département. En France, Lithosia unita est signalée des Pyrénées par notre collè- gue M. Rondou et par M. iMaurice Sand, de la France centrale (Indre), qui signale en même temps les deux variétés flaveola Ramb. et arideola Hering. TABLE DES MATIÈRES (PROCÈS-VERBAUX 1911) (0 BOTANIQUE Pages Arïigue Cuscula minor sur une matricaire 92 Bardié Fougères dans une église 54 BoYER (D') Champignons de couche obtenus au moyen de blanc pur oblenu par un procédé nouveau 48 — Tricholoma terreum (Comestibililé du) 109 DoiNET Ulililé de préciser le sens de certaines expressions usitées en Mycologie 34 . — Présenlalion de champignons 20-46-54-93-105-107-109 — Présenlalion de Dœdalea récoltés par M. le doc- teur Muratet 66 — Présenlalion de planches reproduisant des champi- gnons 92-119 — ■ Sur les tubes de Fistulina hepatica 107 — Sur la croissance de Volvaria gloiocephala 107 — Excursion mycologique à Tresses-Mélac 111 — Compte rendu mycologique de la 93"'' fêle linnéenne. 47 Lacouture Présentation de champignons 48 — Plantes observées à Lacanau le 9 juillet 1911 110 Lambertie Présenlalion de mycocécidie : Urocystis Violas (Usti- laginées) 55 Llaguet (D"') Présentation de rouleau feuilleté d'écorce de Bou- leau 58 MoTELAY Convolvulus sepium L. (Végétation anormale d'un). 56 — Geaster Schmideli et elegans à Saint-Georges-de- Didonne) 109-115 MuRATEï (D"') Fougère dans une église 54 — Tératologie florale — Présentation de fleur d'OEiUei et de Cognasaier 58 Neyraut Compte rendu botanique de la 93° fêle linnéenne . . 101 (1) La table des matières contenues dans les Actes, se trouve à la page 347, à la fin de la 1'''= partie du volume. 122 PROCÈS-VERBAUX ZOOLOGIE Pages Baudrimont (D'') Note sur la marche des insectes 79 Gendre (D'') Heterakis du Dahomey (Note sur quelques espèces). 68 — Oxysoma (Note sur une nouvelle espèce) 95 Llaguet (D') Cysticercus pisiformis dans une lapinière 50 Daleau (P.) Migrations d'Hirondelles 115 Daydie Présentation de Testacella Mangei senextre 115 ENTOMOLOGIE Bardié Sur Lycœna bœtica 106 DoiNET (L.) Éclosion de mouches pendant le mois de janvier . . 46 GouiN A propos de Lithosia unita 119 Lambertie (M.) Présentation de Gécidie : Perrisia affinis 48 — Gécidies récoltées à Léognan et Gadaujac, le 14 mai . 57 — Gécidie Lasioptera Eryngii 78 — Gécidies (Remarques sur diverses) 92 — Remarques sur quelques hémiptères 93 — Remarques sur quelques hémiptères nouveaux ou rares 108 — Gompte rendu entomologique delà 93^ fête linnéenne. 105 — Insectes capturés à Lacanau, le 9 juillet 111 Manon (D'') Gocons de lépidoptères renfermant des larves de mouches 46 — Présentation de collection de papillons, avec leurs chenilles, récoltés à Lacanau-lac 91 — Lithosia unita 93 — Note sur Leptidea brevipennis 29 BIOLOGIE-MÉDECINE Barrère (D") Goloralion des urines par Lactarius deliciosus 51 Gharron (D"') Putréfaction d'œufs de poules avant la ponte 57 Llaguet (D"') OEufs de poules décalcifiés et difformes 46 Lamarque (D"') OEufs de pigeonnes présentant la même particularité 46 Manon (D") . .• De la propagation possible des maladies infectieuses par les Stercoraires 53 Sabrazès (D'') et Muratet (D"'*. Toxicité des pulpes glycérinées des Sar- cosporidies du cheval 51 ANTHROPOLOGIE, PRÉHISTOIRE Bardié VP Gongrès Préhistorique, à Tours 53 Daleau L'Anthropologie au Gongrès de Toulouse 20 Dubalen Gravures sur os, de figure humaine, trouvées dans la grotte de Rivière 51 PROCÈS-VERBAUX 123 GÉOLOGIE, MINÉRALOGIE Pages Castex Présentation de quelques oursins fossiles de Biarritz. 32 — Guetlardia Thiolati à Biarritz 66 DuBALEN Hélix constricta à Hagetmau 115 RoziER Présentation de dents fossiles du Sud-Ouest 58 MoTELAY Présentation d'un Lima gigantea 115 SUJETS DIVERS Administration. — Membres du Conseil et des Commissions pour 1912... . 106 Dates des séances pour 1912 118 Bulletin bibliograpliique 7 Distinctions tionorifiques 19-49-93 Dons divers 47-49-58-66-93-115 Installation du Bureau (1911) 19 Personnel de la Société 3 Admissions i 30-54-79-91 Démissions 19 Décès 53-57-93 Projet de Loi concernant IcS fouilles préhistoriques. x\dhésion de la Société Linnéenne aux protestations de la Société Préhistorique 30 Barrère (D"') Compte rendu des travaux pendant l'année 1910 ... 36 Bardié Procédé pour obtenir des empreintes de feuilles fraîches '. 20 Baudrimont (D') Compte rendu de la 93'' fête linnéenne 98 — Sur l'origine des signes (^ ^ "^ 113 — Boutons anciens renfermant des insectes et des graines 117 Boyer (D') Compte rendu de l'excursion du 14 mai, à Léognan et Cadaujac 58 DoiNET Rapport de la Commission des Publications ....... 46 Feytaud Piapport de la Commission des Archives 41 GouiN Compte rendu de la visite des collections de M. le D' Manon 66 Lacouture Rapport de la Commission des Finances 43 — Compte rendu de l'excursion du 25 mai 63 Bordeaux — A. Sauonac, impr., 3, place d'Aquitaine. *^1^ m POUR LA VENTE DES VOLUMES S'adresser : ATHÉafÉE rue des Trois-Conils, 53 w 667 ®^&^v£,t^